Par Valmont le 09.02.2010 @ 8:16 am

La chasteté a mauvaise presse.

Plusieurs croient qu’il s’agit d’un désintéressement de la chose, d’un manque d’intérêt envers l’autre, d’un endormissement des sens, d’une disposition d’esprit propre aux tarés d’une certaine droite religieuse, d’une restriction inacceptable pour la personne dominante. Que nenni!

À un soumis qui demandait si imposer la chasteté était primordiale ou simplement un jeu, je répondis ce qui suit :

Imposer la chasteté à la soumise, c’est aussi enrober cette restriction d’un aura sulfureux.

C’est lui lancer des propositions salaces, accompagnées de mouvements du corps équivoques, en la regardant dans le blanc des yeux : “Il me semble que ce serait bon de…” sans terminer sa phrase.

C’est la plaquer contre le mur sans crier gare et lui retirer sa culotte frénétiquement, avant de lui glisser dans le creux de l’oreille : “Ah non, pas maintenant…”

C’est lui refuser tout net de venir se frotter contre notre poitrine.

C’est lui faire faire une recherche de vidéos coquins qui mettent en scène des fantasmes à elle, tout en lui demandant d’exprimer par écrit ce qui l’allume là-dedans…

C’est de l’appeler au téléphone et de gémir tout doucement.

À ce régime sur une durée qui varie selon le moment et les conditions, la femelle devient incandescente de concupiscence. Elle miaule, grogne, tremble, gémit, sort les dents, implore, est prête à faire des tas de choses pour mettre fin à la tension qui la tenaille; la chasteté devient un bel exercice à la fois de maîtrise de soi pour le dom et d’assujettissement de la volonté de la soumise.

Le moment de la libération de cette tension érotique devient un volcan puissant, où l’animalité de la soumise prend toute son ampleur.

On serait fou de s’en passer :- )

Par Valmont le 27.01.2010 @ 6:51 am

Il y a quelques lunes dans Fetlife, un dom demande : “Avez-vous des suggestions sur les moyens d’augmenter son emprise à distance sur une soumise qui demeure dans un autre pays?”

Cela m’a inspiré une réponse sortie d’un seul jet.

Outre la question “physique”, il n’y a pas à mon sens de différence entre la faire ramper à distance ou la faire ramper en face-à-face. Être proche de ses propres sentiments et sensations, les partager avec elle, prendre le temps de le faire, imposer son rythme tout en respectant le sien. Tout est là.

Et pour ça, tous les moyens moraux et immoraux sont bons :- )

  • écrit en direct
  • écrit en différé
  • écrit à la main
  • voix en direct
  • enregistrement
  • captation vidéo

Un dominant peut déployer à distance tout un dispositif en vue d’approfondir la soumission de sa petite et la lui faire sentir dans sa chair et au plus profond de son être… sans même l’avoir touchée encore avec le bout des doigts.

Ça peut devenir très physique et intense…

Photo : joshcarroll.co.uk.

Par Valmont le 21.01.2010 @ 6:38 am

Suite à une charmante mise en contexte d’une séance, l’auteure Mona Sammoun livre dans Soumise en Rangers une certaine “définition” de l’échange de pouvoirs érotique qui me rejoint à plus d’un titre :

    “L’art du SM tel que je l’aime et le pratique… douceur et sévérité, proximité et distance, excitation au fil du rasoir, moments voluptueux et une certaine violence consciente et consentie… dans une confiance mutuelle totale. Je serais heureuse si j’arrivais à transmettre cette complexité.”

Vivre cette complexité et la transmettre est très gratifiant. Nous avons alors l’impression de transcender notre humanité.

By Eric Charles

Photo : Eric Charles.

Par Valmont le 19.01.2010 @ 10:30 am
Par Valmont le 18.01.2010 @ 2:40 pm

Je rigolais en douce à la lecture en diagonale du Petit traité de domination à l’attention des jeunes Maitresses glané dans le blogue de Séverine, un rivage à l’abandon comme tant d’autres blogues à caractère coquin.

On y trouve des formulations aussi candides que maladroites dans ce petit traité, il va sans dire. Et certains passages, ma foi, fort justes et évocateurs. Comme le passage suivant, malgré quelques raccourcis, qui m’a inspiré le titre de ce billet : les cinq verbes préférés du dominant méthodique.

Si vous êtes nouvelle dans la Domination il y a cinq mots dont vous devez vous souvenir pour commencer votre relation de Domination/soumission : exciter, promettre, dénier, contrôler et punir.

P.S. J’ai conservé la formulation originale du texte qui met en scène la femme dominante et le mâle soumis.

Exciter : vous obtenez sa plus grande attention lorsque vous l’excitez sexuellement. Lorsqu’il est au maximum de sa frustration sexuelle, il dira ou fera n’importe quoi pour pouvoir jouir.

Explorer le registre érotique explicite comme inducteur d’attention, soit. C’est d’ailleurs sans doute le chemin le plus fréquenté par les dominants en chasse. Le hic, c’est de ne réduire son intérêt qu’à la chose sexuelle. Une soumise qui ne se soumettrait que pour le cul, c’est un peu court si comme dominant, vous souhaitez ressentir la force du bouleversement jusqu’au fin fond de votre être… et du sien.

Dans ce contexte, l’exciter sans chercher à l’exciter de façon explicite me semble une avenue fort raisonnable. Discuter de sujets chauds sans utiliser des mots tels … ou … ne peut qu’enflammer son imagination.

Lui permettre de faire quelque chose, sans qu’elle puisse terminer, est un bon moyen de la garder en suspens.

Por cima... de Luna

Promettre : avant de le laisser jouir, faites-lui promettre de faire quelque chose pour vous.

Le plaisir de l’érotisme ne tient-il justement dans la lenteur? Ce plaisir délicat de la faire languir… tout en observant ses regards, ses postures, ses mots.

- “Dites-mouah femelle, feriez-vous cela pour moi?”
- “Si cela est de nature à vous faire plaisir, oui, Monsieur.”
- “(pensif) Hum…”

Dénier : déniez-lui le droit de jouir jusqu’à ce qu’il ait tenu promesse.

L’exciter d’abord pour la frustrer ensuite? Que voilà un charmant va-et-vient à instaurer patiemment, tout en augmentant progressivement l’intensité de l’excitation et de la frustration.

- “Humm.. ah et puis non. Pas tout de suite, la jouissance. Vous devrez d’abord faire ce que je vous demande.”
- “Monsieur !!! Et si je fais maintenant ce que vous me demandez, pourrez-vous…?”
- “Pourrez-vous…? Finissez votre phrase.”
- “Vous savez très bien.”
- “Ah non, je suis comme Jean Gabin, mouah, je ne sais rien. Terminez votre phrase, femelle.”
- “Monsieur !!!”
- “Allo j’écoute. Pourrez-vous…”
- “Pourrez-vous me permettre de… (elle rougit, baisse les yeux) de jouir, Monsieur?”
- “Ah mouah, je veux presser avec mes doigts juste là, mais il faut me regarder dans les yeux quand vous me parlez. Vous disiez?”

Imposer le châtiment du déni à une femelle excitée par nos mots et nos gestes est un doux plaisir… surtout si elle est chaste depuis un bon moment.

Mais attention, lui imposer la chasteté ne veut pas dire tenir son corps endormi, inactif. Il faut éveiller chacun de ses sens un à un. Je ne sais pas moi, genre en mangeant un pêche bien mûre et juteuse, tout en lui tenant des propos équivoques sur les plaisirs de la bouche et des regards à peine concupiscents de luxure.

Ou genre, en lui téléphonant alors qu’elle se trouve au boulot juste avant l’heure du dîner.

- “Mademoiselle, je viens d’avoir une idée. Une belle idée.”
- “Monsieur? Oh!”
- “Vous souhaitez la connaître?”
- “Je sens que votre imagination me fera souffrir très bientôt, Monsieur.”
- “Oh, une souffrance bien douce. Enfin, douce… Je souhaiterais qu’après cet appel, vous vous rendiez aux toilettes. Et de là, que vous retiriez votre culotte, afin que durant tout l’après-midi, vos pensées demeurent… concentrées.”
- “C’est que cet après-midi, j’ai une rencontre avec un comité qui est composé uniquement d’hommes!”
- “Ah! Encore mieux alors. Mon idée arrive alors à point nommé. Surtout que ces hommes ne sauront pas qu’ils ont à faire à une femme chaste sans culotte particulièrement dépravée. S’ils savaient.
- “Monsieur!!”
- “Oui, c’est moi. Alors vous la retirerez votre culotte, femme lubrique?”
- “Si tel est votre souhait, oui Monsieur.”
- “Bien, docile femelle. Alors bon après-midi!”

Contrôler : une fois la promesse tenue, contrôlez comment, où et quand il peut jouir. Tacher de retarder au maximum son orgasme.

Oh oui, je vais relâcher la tension qui tenaille son corps. Mais quand?

Il est vrai qu’à son retour du boulot, elle risque d’être particulièrement chaude et humide…

Punir : s’il ne tient pas sa promesse, utilisez la punition pour renforcer votre déception. La punition peut aller de la dénégation jusqu’à la douleur physique.

La punition est une arme à manier avec soin. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler dans le billet sur la constance du jardinier.

Si la nana revient du boulot et nous avoue qu’elle n’a pas obéi à notre demande de retirer sa culotte, il devient clair qu’elle se punit elle-même. Le dominant a alors l’occasion d’asseoir son autorité sur elle, soit en lui refusant toute attention, soit en lui dispensant une fessée à la canne cuisante qui n’aurait rien d’érotique.

Ou encore : “Moi qui avait conçu divers moyens de vous faire jouir ce soir, si vous saviez, il faut croire que cela n’arrivera pas avant quelques jours.”

Si vous utilisez ces cinq mots dans votre dressage, il deviendra très attentif à vos souhaits et dans des temps records, vous serez traité et adoré comme une déesse.

Dans des temps records, c’est vite dit.

Mais il est vrai que l’on peut accomplir de belles et vibrantes choses, si la personne soumise est bien disposée.. et la personne dominante, patiente.

Photo : Luna.

Par Valmont le 08.01.2010 @ 6:07 am

Un billet de mlle Bondless, BDSM et famille, m’a inspiré.

“Comment vous êtes-vous rencontrés?”

Dans une fête de famille où la question est lancée, après sourires échangés et regards lumineux entre mademoiselle et mouah, l’envie me prend toujours de tout balancer (un peu comme dans ces scènes exagérées dans Six Feet Under) :

“- Bah, pendant plus d’un mois, à 400 km de distance, après m’avoir offert sa reddition, je lui ai imposé la chasteté, tarabustant son esprit avec les propositions les plus salaces et des indications destinées à la tourmenter toujours davantage.


“- Puis, par un bel après-midi de juillet au Parc Lafontaine, imaginez la scène : moteur éteint, elle est assise dans sa voiture, tel que convenu, les yeux fermés (nous ne nous étions jamais vus auparavant), les jambes bien ouvertes. Tout à coup un inconnu entre dans la voiture, s’asseoit à l’arrière, ne dit rien, jusqu’au moment où cet inconnu, c’est-à-dire moi-même, lui souffle dans le creux de l’oreille : bonjour mademoiselle, vous allez bien?

“- Je la sens frissonner de tout son être et frissonne avec. Et là, je pose un bandeau sur ses yeux, lui retire lentement son soutien-gorge, puis sa culotte, prenant le temps de la humer, de la toucher du bout des doigts, de l’examiner en souriant, lui faisant remarquer qu’une odeur provenant de son sexe se fait de plus en plus prenante; la femelle est à découvert.

“- Puis, je la fais sortir de la voiture afin qu’elle vienne me rejoindre à l’arrière. Pliée en deux, ses cuisses sur mes genoux, je peux d’une main la saisir par la tignasse et de l’autre lui offrir une chaude fessée savoureuse jusqu’à l’orgasme, avant de la remettre sur ses genoux afin qu’elle recueille le breuvage chaud de Monsieur en bouche.

“- Et là, je me rhabille et lui souhaite un bon après-midi en sortant, la sommant de retirer son bandeau et n’ouvrir les yeux que dans quelques minutes, le temps qu’elle ne puisse m’apercevoir.

“- C’est comme ça que nous nous sommes rencontrés. Charmant, n’est-ce pas?”

J’imagine alors les regards envieux et les chattes humides des soeurs et cousines…