Première parution de ce texte : septembre 2001
Dernière mise à jour : 27 juillet 2003

À la base, le BDSM est un processus d’échange de pouvoir entre une personne qui domine et une personne qui se soumet, dans un contexte préalablement fixé et une durée déterminée.

Ce processus d’échange, qui ne se fait généralement pas du premier coup, exige une négociation et un accord commun entre les personnes impliquées, sur une base de confiance, de respect de l’autre et de sa sécurité. Et de préférence dans le plaisir aussi.

C’est ça le BDSM.

C’est simple, hein?

Consentement

Photo : www.lespelleteursdenuages.com

Et pourtant, c’est pas si simple de trouver le Dom parfait, la soumise parfaite, la scène BDSM parfaite, la relation BDSM parfaite…

C’est comme le reste : il n’y a pas de recette-miracle.

Il fait bon prendre son temps, préciser dans notre tête ce que l’on souhaite faire et ne pas faire, se renseigner, trouver des gens sur la même longueur d’ondes pour discuter de choses pas nécessairement faciles à exprimer, poser des questions, même les plus ingénues, aller au delà des évidences, éviter de juger (trop vite) ce qui se dit ou fait autour, tenter de comprendre, ne rien tenir pour acquis, ne pas craindre d’avouer son ignorance…

Que d’embûches, mais… que de saveurs!

Évidemment, tout dépend de ce que vous souhaitez faire. Vouloir se faire passer les menottes un samedi soir par sa compagne “juste pour voir le feeling” n’implique pas le même degré de discussions que des jeux impliquant des excréments avec de parfaits inconnus, même si à la base, les principes sont les mêmes.

Ce qui devient intéressant dans tout ça, c’est que plus on s’engage dans un échange de pouvoir érotique, plus grand est le besoin d’éclaircissement de ce qui se passe et comment ça se passe.

C’est pour mieux te discipliner, mon enfant, lâcha le loup. :-]

Pour diverses raisons, plusieurs personnes semblent confondre BDSM et power trip. La question est bonne, mais pas les termes. On serait peut-être mieux de se demander s’il y a une différence entre un viol et une séance BDSM.

Cette différence tient en un mot : le consentement entre les personnes impliquées. Et ce consentement, c’est pas juste de le demander à la personne soumise avant une activité, mais aussi de le valider maintes et maintes fois pendant et après.

Que signifient les lettres BDSM?

Le terme anglais BDSM, qui est apparu dans les années 1990, est en fait un acronyme qui englobe les trois grands ensembles d’activités liées aux échanges de pouvoir érotiques :

  • Bondage (ligotage) & Discipline : la restriction des mouvements
  • Domination & Soumission : les jeux de rôles érotiques
  • Sadisme & Masochisme : les jeux de douleur/plaisir

Beaucoup de gens utilisent les termes SM ou sado-masochisme pour désigner le BDSM et vice-versa. Mais le BDSM c’est plus que le SM qui ne renvoie qu’aux seuls jeux de douleur/plaisir.

Quelques remarques utiles

On entend parfois qu’une “vraie soumise”, c’est une soumise maso qui doit aimer recevoir la douleur. Mais rien n’est plus faux. Le cuir, les cris et le fouet, ce peut être bien, mais il y a autres choses aussi. Il existe beaucoup de jeux et de rituels où la “douleur” est absente. Autrement dit, afin d’être le plus clair qui soit : c’est pas parce que vous êtes une personne soumise que vous devez endurer la douleur physique, si la chose ne vous branche pas. Le consentement, vous vous rappelez ?

L’autre point, les gens qui disent pratiquer le BDSM s’adonnent rarement à toutes les activités, soient qu’ils ne se sentent pas à l’aise avec une activité, parce qu’elle ne les allume pas… ou tout simplement parce qu’ils n’ont pas encore eu le temps de la découvrir!

Au delà des jeux, il y a un nombre infini de façons de vivre le BDSM. C’est un formidable puits sans fond de goûts, de fantasmes, de «styles», d’attitudes, d’orientations, d’accessoires et de jouets, à temps partiel ou à temps plein, freelance, en solitaire, en couple, hors du couple, en groupe, avec des personnes inconnues…

… et à la base, toujours cette notion de consentement entre tous les partenaires. Au risque de parler d’abus, de violence conjugale, de viol et d’enlèvement… et de casser le party. On doit se sentir biz dans une cellule de poste de police avec notre look fetish.

L’expérience directe de la domination

Les activités BDSM pratiquées à une certaine intensité «font intervenir des sensations et des émotions puissantes : peur, dégoût, humiliation, ridicule, colère sublimée, tensions érotiques inhabituelles, angoisses, rages détournées» qui ne sont pas à la portée de n’importe qui n’importe quand n’importe comment, ni avec n’importe qui.

«L’expérience directe de la domination et de la soumission nous fait toucher du doigt des techniques puissantes qui, si elles ne sont pas utilisées lentement (le temps d’intégration psychique est fondamental) et distanciées À CHAQUE FOIS par une réflexion qui suivra immédiatement les sensations et les émotions étranges de la mise en scène SM, peuvent amener certains sujets (les personnes soumises) à une ruine psychique sévère (mais momentanée), un dégoût et un rejet fort préjudiciables.»

«Car cette expérience directe, c’est l’acceptation de se mettre en DANGER réel de déstructuration.»

(Source : melusine sm.)

Il est utile de se demander en quoi une personne devrait se soumettre, s’abandonner totalement sinon aveuglément à une personne qui ne sait ni de quoi elle parle, ni ce qu’elle fait.

La question vaut aussi pour les personnes dominantes. Vous le feriez, vous?