Par Valmont le 31.08.2006 @ 11:46 am

Je résiste très mal à l’envie de vous refiler un tout petit truc sur la confiance dans tout ce qu’il y a de plus flaubertien, c’est-à-dire situé dans le faire, non dans le subir et les incantations magiques.

C’est en fait une chronique un potage comme seul le sieur de Foglia est capable d’en bichonner.

Ça se passe à Hanovre le 7 juillet dernier, pendant le Mundial de soccer.

“Quand j’ouvre mon ordi le matin je vais aux dernières nouvelles d’athlétisme, de vélo, de basket, de hockey, à peu près dans cet ordre. Jamais le foot.

Il y a deux mois vous auriez pu me faire croire que Ribéry était un joueur de tennis. Alors que j’écrive, après France-Togo, que la France ne se rendrait pas en quarts de finale, bof, ça vient d’où ça vient. Mais au fait, que disaient ces bibles du foot que sont France Football? FourfourTwo? L’Équipe? Et tous les autres docteurs es-football?

Pierre Foglia : la petite flammeIls disaient exactement comme moi. Ils disaient: la France? Ah! ah! ah! la France! Questions posées par L’Équipe du 21 juin : Pourquoi Raymond Domenech - le sélectionneur des Bleus - est-il incohérent? Pourquoi ne décide-t-il jamais de rien? Pourquoi a-t-il semé la discorde entre les nouveaux et les anciens?

On n’était pas loin du lynchage, trouvez pas?

La France qui venait de faire match nul contre la Suisse et la Corée, la nullité de Zidane dans le match contre la Corée justement (il quittera le terrain furieux contre Domenech), la France du premier tour c’était n’importe quoi, sauf une équipe.

Mais voilà soudainement que cette non-équipe, touchée par la grâce, livre deux matches lumineux. Contre l’Espagne et le Brésil. Contre l’Espagne surtout, mais on a retenu le Brésil, parce que c’est le Brésil et que Zidane a fait dans ce match-là un grand numéro.

Ne me dites pas que c’était calculé. La fameuse « montée en puissance », mon cul. Cela voudrait dire que la France jouait médiocrement exprès au premier tour. Au risque de se faire éliminer, ce qui aurait très bien pu arriver d’ailleurs. Votre montée en puissance ne tient pas debout.

Alors? Alors il ne faut pas chercher l’explication dans le foot. Ni dans le plan de match. On n’est plus dans le sport. On est dans la tête, plus précisément dans ce recoin de la tête où vacille cette petite flamme que l’on appelle la confiance. Qu’elle s’éteigne, c’est le noir. Qu’elle monte trop, elle brûle (les Brésiliens se sont brûlés).

La flamme des Français est venue tout près de s’éteindre, en fait elle s’est éteinte durant le match contre le Togo.

Vers la 50e minute, les Français étaient dans le noir, c’est alors que le meilleur d’entre eux, Patrick Vieira, peut-être aussi le meilleur joueur de la Coupe, dans un geste presque désespéré, a soufflé sur la cendre encore chaude, il a eu de la chance: la flamme est revenue, chétive, tremblottante, mais elle était là. Et les autres, comprenant qu’ils l’avaient échappé belle, se sont mis à souffler dessus aussi.

Je l’ai vérifié souvent, les athlètes passent leur temps à parler de confiance, mais n’ont aucune idée de ce que c’est. Ils pensent que c’est de la magie. J’ai devant moi une photo pleine page de David Beckham dans Fourfourtwo, les bras écartés, sûr de lui, ce n’est pas une pub, c’est un message aux Anglais: « It’s all about belief. If you believe you’ll beat Brazil, then you will ». C’est exactement ce que n’est pas la confiance. De la magie. Une recette. Une formule. Un truc qui se tartine comme de la confiture, envoye mets-en, c’est bon.

L’équipe de France est en train d’en faire la démonstration, la confiance qui donne des ailes, c’est celle qu’on retrouve.

Pour la retrouver il faut l’avoir perdue.

La confiance qu’on a naturellement en soi, comme on a du cholestérol ou de l’albumine ne sert pas à grand chose, sauf à se péter les bretelles (comme les Anglais et les Brésiliens). C’est le processus qui donne des ailes, la joie, mêlée de gratitude, de voir que la petite flamme est revenue. En prendre soin. La faire grandir. Mais pas trop. Je ne sais pas comment vous expliquer, mais 80 % de la confiance utile, celle qui mène au dépassement est faite d’humilité.

Est-ce que cela signifie, maintenant, que les Français sont pleins de confiance, qu’ils vont gagner la Coupe? Pas forcément. Un match de foot n’est pas seulement affaire de confiance. C’est aussi affaire de foot. Faut vraiment tout vous expliquer.”

Par Valmont le 28.08.2006 @ 2:11 am

Vous ne le saviez peut-être pas mais en cet été 2006, la mode était sadique.

la croix : Galliano rencontre Sade“Il n’y a pas que de la dentelle et des effluves glamour de cyprine chez le Divin Marquis.

Il y a surtout le sang, la violence et le rapport au sacré.

Le créateur de mode John Galliano chez Dior a sublimé ces trois éléments, en les interprétant.

Adieu les Courtisanes à la mode Lady Di.

Vive les Succubes assoiffées de sang, les vampires contemporains, qui n’ont plus peur du crucifix. Vive le syncrétisme !

À tel point qu’elles le transforment en accessoire, parjure suprême…”

Par Valmont le 26.08.2006 @ 5:15 pm

Ce texte est une traduction par libertas du texte Pearls before pony-girls de Jon Jacobs. L’original en anglais se trouve dans le site de submissivewomanspeak.

“Récemment, parmi les gens que j’ai personnellement conseillés, de même que parmi ceux qui ont demandé de l’aide ou des conseils en nous écrivant à Polly ou à moi-même, j’ai pu constater une véritable épidémie de femmes qui, cherchant un partenaire de jeux BDSM, se retrouvent dans une situation où elles essaient de faire de leur conjoint leur Maître, que celui-ci ait ou non des besoins de cet ordre.

Cette situation délicate et difficile mène rarement vers un résultat positif, bien que cela puisse fonctionner chez certains couples.


Bodypaint 02 ou la soumise sculpte ses désirs, par les peoplepainters.com
Les femmes ressentant un besoin profond de soumission se retrouvent généralement dans cette position pour deux raisons fondamentales.

La situation la plus courante étant celle de la femme déjà engagée dans une relation avec son conjoint.

Cette femme découvre et accepte ses besoins de soumission, bien qu’elle soit réticente à détruire sa relation actuelle afin d’aller à la recherche d’une personne dominante.

Cette femme essaie de confier à son partenaire ses besoins de soumission en espérant que celui-ci les comprennent et les acceptent. Et la cerise sur le sundae, que le tout éveille en lui ses propres besoins et aptitudes face à la domination.

La moins courante des situations est celle de la femme qui découvre ses besoins de soumission avant de s’engager dans une relation et qui commence à s’impliquer avec un partenaire qui prétend être un dominant ou en lequel elle voit ce potentiel.

Bien qu’inhabituel, j’ai pu le constater suffisamment de fois pour que cela vaille également la peine d’en parler.

Les situations décrites plus haut sont parmi les plus dangereuses pour une femme soumise, mis à part le risque de se retrouver brusquement pieds et poings liés à la merci de quelque idiot lui tenant une lame sur la gorge.

Certainement, le danger est plus émotionnel que physique, mais le résultat peut être dévastateur.

Je tiens à préciser : je comprends, et en aucune façon je ne juge ou dévalorise les raisons pour lesquelles une femme hésite à briser une relation déjà bien établie au moment où elle réalise l’étendue de ses besoins de soumission.

J’attache une importance considérable à l’intimité et aux expériences partagées dans un couple uni depuis longtemps.

De telles expériences, même si la relation peut avoir certains aspects négatifs, sont merveilleuses et ne peuvent être balayées du revers de la main.

Lorsque des enfants sont en cause, bien sûr la situation est encore plus sérieuse. Ajoutant aux difficultés que les divorces causent aux enfants, et ce même dans une relation conventionnelle, se trouve la terrible possibilité qu’un méprisable partenaire utilise les besoins de soumission de sa conjointe comme prétexte pour lui enlever la garde de ses enfants. Ceci devient alors un argument de taille.

les masques du coupleÉtant donné tout ce que j’ai cité plus haut, il est tout à fait naturel qu’une femme soumise nourrisse en elle-même l’espoir que son actuel mari conventionnel cache à l’intérieur de lui-même le dominant de ses besoins et de ses rêves.

La plupart des femmes dans cette situation font de grands efforts pour essayer d’éveiller en lui cette nature dominante.

Toutefois, la triste réalité est que plus souvent qu’autrement, il n’y a aucun trait de dominant en lui. Une femme qui explique, du mieux qu’elle peut, à son mari ou amoureux ce dont elle a besoin et pourquoi elle a ce besoin, peut se trouver face au rejet ou à la colère de ce dernier.

Dans ces cas c’est une bonne chose car, dès lors il est clair qu’il n’y a pas de dominant à la maison.

Plus souvent, l’homme impliqué a suffisamment d’attentions et d’amour envers sa partenaire pour faire de son mieux afin de la comprendre et chercher en lui la capacité de la satisfaire, sans comprendre que la “satisfaire” n’est pas du tout ce qu’elle veut.

C’est là que les vrais problèmes commencent.

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Par Valmont le 25.08.2006 @ 2:29 pm

Regine Deforges : « Comment trouve-t-on la paix dans le supplice ? »

Pauline Réage : « Parce qu’on est enlevé à soi-même je pense. »

Dans O m’a dit, Entretiens avec Pauline Réage, 1995, p. 107.

Zuzana 3 dans Errotica Archives

Photo : Errotica Archives.

Par Valmont le 24.08.2006 @ 9:59 am

“Censorship, like charity should begin at home; but unlike charity, should end there”.

Clare Booth Luce

Par Valmont le 20.08.2006 @ 11:37 am

Adaptation en français par nayz{J} du texte 24/7: A dose of reality, avec la permission des auteurs Master Stern & slave yielding.

Lors de la création et de la publication de ce site, nous avons rencontré quelques sceptiques et plusieurs questions concernant la practicalité et la possibilité d’un style de vie BDSM structuré et sévèrement défini.

Nous avons lu et entendu que le BDSM 24/7 ne fonctionne pas « après tout », une connaissance nous ayant dit une fois « vous ne faites pas cela tout le temps ». Nous aimerions saisir l’opportunité de répondre à cette affirmation.

the offeringBien sûr, nous ne le faisons pas « tout le temps ».

Personne ne le fait « tout le temps ».

Nous ne mangeons pas « tout le temps » non plus.

Ni ne dormons « tout le temps », parlons « tout le temps », sourions, rions ou pleurons « tout le temps ».

N’empêche que ce que nous appelons la relation BDSM sur une base 24 heures par jour, 7 jours sur 7, est essentielle à nos vies comme toutes ces choses-là.

Nous croyons que la relation BDSM 24/7 se définit en terme d’attitude, et non comme une série prédéfinie de comportements.

Maître Stern n’arpente pas toujours la maison avec une cravache à la main, et l’esclave yielding n’est pas toujours en train de nettoyer et de ramper.

Cependant, il n’y a jamais de doute sur l’identité du Maître et celle de l’esclave. Voilà ce qui nous définit comme un couple 24/7. Ceci est en réalité ce qui définit tout couple vivant une relation BDSM 24/7.

Dans les domaines possibles et quand l’heure s’y prête, nous vivons comme Maître et esclave. Il y a certaines choses que nous faisons « toujours » et d’autres choses que nous ne faisons que quand nous le pouvons. Mais même en l’absence de certaines conditions, nous demeurons complètement conscients de qui prend les décisions finales et qui contrôle la situation.

Nous continuons à grandir comme couple et comme individus. Ni esclave yielding ni Maître Stern ne sont des automates de quelque sorte que ce soit. Les deux sont intelligents, les deux ont une personnalité, un sens de l’humour, des besoins individuels, des désirs et des préférences. Aucun de nous ne se sent dénigré par la structure de la relation BDSM 24/7.

En fait, nous avons trouvé la liberté d’être qui nous voulions toujours être et d’être aimés inconditionnellement dans ce contexte. Nous sommes tous les deux devenus de meilleures personnes grâce à la pratique du style de vie 24/7. Notre estime de soi a grandi ainsi que nos attentes vis-à-vis de nous-mêmes, vis-à-vis l’un de l’autre et vis-à-vis de notre relation.

Nous sommes d’accord que ce style de vie n’est pas fait pour tous; certainement pas pour l’individu qui croit que cela engloberait toute une existence au dépens de toute autre.

Comme nous le déclarons tout au long de ces pages, la relation BDSM 24/7 ne devrait pas être le «premier pas» dans le monde du BDSM. C’est seulement au fil des jours que le Dominant ou la soumise deviennent capables d’intégrer les besoins spéciaux d’une relation 24/7 dans la vie de tous les jours.

C’est rare qu’un individu puisse soutenir ce genre de style de vie à ses débuts. En fait, nous n’avons jamais rencontré quelqu’un qui clame l’avoir fait.

Nous ne voulons que personne ne lise ces pages en croyant que nous sommes des «experts» dans le domaine du BDSM. Ce que vous trouverez ici fonctionne pour nous et est basé sur notre expérience. Si des déclarations générales sont faites, elles le sont probablement pour des raisons de lisibilité et de rédaction, et non pas parce que nous croyons qu’une chose est vraie pour tous.

Nous ne désirons pas insulter votre intelligence en mettant une décharge après chaque affirmation. Ni ne voulons nous donner l’impression que tout ce que l’on dit est vrai pour chacun. Nous devons, à un certain moment, laisser libre court au lecteur de déterminer la faisabilité de ces pages pour lui-même.

Si vous croyez qu’une relation BDSM amoureuse, épanouissante et pratique de 24/7 est une impossibilité, alors ca l’est probablement pour vous. Ceci est un jugement que vous seul pouvez faire.

Photo : The Crow Hand.