Parution initiale : Cosmopolitan, février 2000.
Alexandre Dupouy, fessologue, est l’auteur de l’Anthologie de la fessée et de la flagellation aux éditions La Musardine.
D’où vient votre intérêt pour la fessée?
D’un goût pour les vieilles choses, les vieilles cartes postales et les vieux bouquins que j’ai découvert à 12 ans dans un grenier.
J’ai découvert par la même occasion que l’érotisme existait bien avant Playboy ! En matière d’érotisme, la fessée m’a plu par son côté désuet et sympathique, pas trop compromettant, marginal.
La fessée est beaucoup moins compromettante qu’un rapport sexuel et même qu’un baiser à pleine bouche.
Qu’est-ce qu’une vraie fessée?
Elle se donne uniquement avec la main, sans instrument, bien que l’on puisse utiliser parfois une planchette en bois. Mais j’estime que, dans ce cas, ce n’est plus vraiment une fessée.
Il y a plusieurs types de fessée, certaines la préféreront caressante, échauffant à peine les fesses sans les rougir, d’autres préféreront des coups plus violents. Finalement, la fessée fait partie de l’acte amoureux, elle réchauffe une zone du corps qui fait vibrer le clitoris.
Pour vous qui êtes un fesseur, qu’est-ce qu’un beau derrière?
Bien ample, bien rond, charnu. Il doit dominer physiquement la main qui vient le frapper. De petites fesses creuses avec les os saillants, c’est moche. La fessée est quelque chose de gourmand, une relation entre gens qui mangent bien.
Parmi les adeptes, y a-t-il plus de femmes que d’hommes?
Je ne crois pas.
En interrogeant les femmes, on découvre souvent qu’elles ont reçu une fessée par leur papa quand elles avaient fait une bêtise ou alors qu’elles ont été fessées par un amant.
Mais les rôles sont un peu figés entre hétérosexuels.
Le dominant protégera sa soumise, il n’y a pas de grand partage, ni de grande communion. Une soumise qui se balade de mains en mains pour se faire fesser est assez rare, à moins d’être passionnée par l’échangisme.
En revanche, les homosexuels masculins font tourner les rôles. Il existe un club gay de la fessée qui marche très bien.
Le profil de l’adepte féminine?
Elles aiment toutes ça si c’est présenté gentiment et que cela entre dans une vie de couple ou un relationnel amoureux.
Beaucoup diront « non, non, c’est pas mon truc », mais elles reviendront plusieurs fois à la charge et, là, il faut commencer à tendre l’oreille car on se rend compte, en fait, que ça les intéresse et les excite. Il suffit de les faire glisser tout doucement.
Comment?
En les mettant en situation, en échangeant une fessée contre autre chose, une bêtise qui a été commise, un plaisir. C’est une expérience.
Mais il y a aussi un bon pourcentage de femmes qui n’ont été fessées qu’une fois et qui n’en redemandent plus jamais !
Photos : Alexandre Dupouy.





