Avant de jouer avec une nouvelle personne ou Quelques règles de gros bon sens dans le monde BDSM, est une traduction en français par libertas du texte COME HITHER: A Commonsense Guide to Kinky Sex de Gloria G. Brame, avec quelques retouches par Valmont.
Dans ce texte, l’expression BDSM désigne une relation fondée sur les échanges de pouvoir érotiques at large. Les jeux de DS (domination-soumission) étant plus spécifiquement des jeux de rôles sans que n’interviennent les jeux de douleur/plaisir et les jeux de restriction.
Ce texte sur la sécurité dans le monde BDSM aborde six questions essentielles pour toute personne qui débute une nouvelle relation BDSM, ou qui assiste à des réceptions et événements où des étrangers jouent ensemble.
1. Qui est cette personne avec qui je suis sur le point de jouer ?
2. Comment savoir à qui je peux faire confiance ?
3. Comme c’est compliqué ! Ne puis-je jamais jouer avec des étrangers ?
4. Est-ce que ça signifie que je ne peux jamais jouer avec quelqu’un que je viens tout juste de rencontrer ?
5. Alors comment me protéger jusqu’à ce que je connaisse bien quelqu’un ?
6. Mais mon droit de veto ne me protège-t-il pas ?

2. Comment savoir à qui je peux faire confiance ?
Après onze ans d’expérience considérable dans le monde de la Scène, j’en suis venue à la conclusion personnelle qu’il n’y a simplement PAS de recette miracle, ni de méthode exacte, pour juger TOUTES les relations romantiques.
Vous DEVEZ toujours prendre le temps de connaître la personne. Si vous croyez que vous connaissez quelqu’un suffisamment pour lui accorder une totale confiance, après une ou deux semaines ou après un échange ardent de courriels, vous vous leurrez.
Si vous cherchez une relation à long terme ou permanente, ce que je recommande (et applique dans ma propre vie) est ce que j’appelle la “fréquentation DS”.
Ce n’est pas très différent d’une fréquentation normale. Vous passez du temps à faire de vrais trucs ensemble - aller au cinéma, prendre des repas, visiter des musées ou n’importe quelle autre activité sociale normale qu’un couple (un trio, un quatuor ou peu importe ce que vous désirez). La différence principale entre une fréquentation DS et une fréquentation normale est qu’au lieu d’avoir du sexe vanille, vous faites dans le BDSM. Le plus souvent possible.
Personnellement, je m’accorde trois ou quatre mois de fréquentation DS avant de prendre un engagement pour une relation à long terme. Je dis à un soumis éventuel que durant cette étape de fréquentation, il est encore libre d’expérimenter avec d’autres personnes. Il ne porte pas mon collier et il n’est pas obligé de m’appeler Maîtresse quand nous sommes en public.
Pourtant, je prends plusieurs décisions (où nous allons, ce que nous faisons et ainsi de suite) mais dans un contexte naturel. En d’autres mots : il me voit dans mes vêtements de ville et comme un être humain complet, non seulement comme une mystérieuse créature qui n’existe que pour répondre à ses fantasmes.
Cette marge nous donne, à moi et à mon partenaire éventuel, l’occasion de voir l’autre dans une large variété de circonstances.
Si au cours des fréquentations je découvre, par exemple, qu’il tend à mentir ou à fausser la vérité, qu’il est généralement irresponsable et insensé, qu’il joue des jeux ou parle et agit de façon très contradictoire ou n’importe quelle autre caractéristique qui, je le sais, fera de lui un partenaire incompatible avec moi, alors la fréquentation se termine là et je ne suis prise dans aucun engagement.
Ce peut paraître long, mais le dédommagement est : lorsque je SUIS prête à conclure un engagement, à devenir la Maîtresse permanente de quelqu’un, je connais vraiment cette personne. Je sais comment il réagit aux situations, je connais ses points sensibles, je sais comment son esprit fonctionne, et naturellement, j’ai développé de l’affection pour lui.
Les avantages que cela apporte à ma capacité de contrôler et dominer un soumis ne peuvent tout simplement pas se mesurer.
Le soumis, pour sa part, a une très ferme base pour placer sa confiance en moi.
Tandis que j’observe son comportement, il observe le mien. S’il est rassuré de voir que je suis forte dans ma vie quotidienne, que j’exerce le contrôle dans le monde réel et que je suis à l’aise à commander dans une variété de situations, sa confiance dans ma dominance est acquise.
S’il est un soumis qui ne fait que chercher un partenaire de jeu sexuel, ou quelqu’un qui porte des vêtements fétiches 24 heures par jour, il apprend vite que je ne suis pas la Maîtresse qu’il lui faut.
Évidemment, si tout ce que vous recherchez ce sont des partenaires de jeu, et pas une relation à long terme, les règles de la “fréquentation DS” ne s’appliquent pas.
[Note de Valmont au 15 août 2002 : Je ne suis pas absolument pas d’accord. Elles devraient s’appliquer tout autant. Quel que soit le statut de la relation, ça reste toujours du BDSM, donc soumis aux mêmes règles. Seules les modalités/activités changent.]
Mais je vous conseille vivement de faire tout votre possible pour en savoir plus sur les personnes avec qui vous allez jouer.


