On y parle des ados dans ce texte, mais est-ce vraiment différent du côté des “adultes”?

Un reflet de la sexualité proposée aux ados
par René-Charles Quirion
dans le journal La Tribune
publié sur le site de Cyberpresse
Le lundi 02 octobre 2006

La diffusion de pornographie juvénile d’élèves de la polyvalente La Frontalière de Coaticook à l’intérieur même des murs de l’école ne serait que le reflet de la sexualité proposée aux adolescents.

La porte-parole du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuelles (CALACS) en Estrie, Josée Anctil se demande où est rendue la normalité dans les rapports sexuels.

«Les adolescents doivent apprendre à développer leur sens critique car on ne sait pas où ça va s’arrêter. On pense toujours avoir vu le pire», signale la porte-parole du CALACS.

Josée Anctil croit que les adolescents qui ont accepté d’être filmés dans des positions sexuellement explicites ne réalisaient pas qu’une fois sur Internet, leur chambre n’est plus un lieu privé.

«La pensée s’est arrêtée à la caméra sans se projeter au plan des conséquences à long terme. Maintenant que les images sont diffusées, un sentiment de honte et de culpabilité doit y être relié. On ne parle plus de celui qui a diffusé les images, mais de la personne qui y apparaît. C’est encore la victime qui se retrouve avec les plus lourdes conséquences», déplore Josée Anctil.

Selon le sexologue Alain Desharnais, les adolescents qui sont à l’origine de la production et de la diffusion de ces images de pornographie juvénile de leurs camarades de classe étaient simplement inconscients de ce qu’ils faisaient ou motivés par une certaine inconscience nourrie par la vengeance.

«La banalisation extrême de la sexualité ouvre la porte à ce type d’incident dans nos écoles. Sans compter que ça se produit à un âge où l’équilibre sexuel est fragile ou n’est pas encore atteint», mentionne Alain Desharnais.

Le sexologue sherbrookois croit qu’il faut sévir sévèrement contre les jeunes à l’origine de ces cas de cybercriminalité. «Il faut envoyer un message clair pour dire que ça ne se fait pas. C’est un crime qui ne passe pas», soutient Alain Desharnais.

Le porte-parole de la Sûreté du Québec en Estrie, Louis-Philippe Ruel, explique que ce type d’incident où des photos compromettantes d’adolescents sont distribuées à l’école vient banaliser la sexualité.

«Cette banalisation peut déboucher sur des abus ou mêmes des agressions sexuelles. C’est une question à laquelle il faut réfléchir», estime l’agent Ruel.