Avant de jouer avec une nouvelle personne ou Quelques règles de gros bon sens dans le monde BDSM, est une traduction en français par libertas du texte COME HITHER: A Commonsense Guide to Kinky Sex de Gloria G. Brame, avec quelques retouches par Valmont.

Dans ce texte, l’expression BDSM désigne une relation fondée sur les échanges de pouvoir érotiques at large. Les jeux de DS (domination-soumission) étant plus spécifiquement des jeux de rôles sans que n’interviennent les jeux de douleur/plaisir et les jeux de restriction.

Ce texte sur la sécurité dans le monde BDSM aborde six questions essentielles pour toute personne qui débute une nouvelle relation BDSM, ou qui assiste à des réceptions et événements où des étrangers jouent ensemble.

1. Qui est cette personne avec qui je suis sur le point de jouer ?
2. Comment savoir à qui je peux faire confiance ?
3. Comme c’est compliqué ! Ne puis-je jamais jouer avec des étrangers ?
4. Est-ce que ça signifie que je ne peux jamais jouer avec quelqu’un que je viens tout juste de rencontrer ?
5. Alors comment me protéger jusqu’à ce que je connaisse bien quelqu’un ?
6. Mais mon droit de veto ne me protège-t-il pas ?

le dragon

6. Mais mon droit de veto ne me protège-t-il pas ?

Pas nécessairement. Dans la situation d’abus mentionnée au point 1, la soumise utilisait un droit de veto (safe word). Mais elle s’est aussi fait dire que si elle l’employait, elle serait bannie des lieux et n’aurait jamais plus de contact avec les personnes concernées.

Maintenant, avec le recul, vous devez vous dire que toute personne soumise menacée de cette façon devrait avoir le bon sens de partir, à ce moment-là.

En réalité, j’ai rarement connu une personne soumise qui pouvait s’éloigner facilement dans une telle situation.

Tout bêtement, une personne soumise est soumise : c’est une personne qui est, par nature, vulnérable et qui veut faire plaisir. Il/elle peut déjà sentir une sorte de lien avec la personne dominante, il/elle peut être empressé-e de vivre ses fantasmes, ou encore, très inexpérimenté-e, il/elle pense que “le dominant sait toujours ce qu’il faut faire”, et il/elle souffrirait beaucoup plutôt que de risquer de perdre ce lien ou de décevoir le dominant.

La plus merveilleuse et adorable qualité du soumis (le désir de servir et de plaire) est précisément celle que les abuseurs traquent.

Maintenant, considérez ceci : si vous ne connaissez pas bien votre partenaire, comment pouvez-vous être sûr que cette personne arrêtera lorsque vous utiliserez votre veto ? Il y eut un crime notoire dans la scène BDSM à New-York il y a quelques années. Un mâle dominant trouvait ses soumis dans un bar gay cuir. Il les assurait qu’il respectait leurs limites et qu’il leur accordait leur veto. Devinez ce qui se passait, cependant, quand ils étaient seuls une fois à l’appartement ?

Si vous avez deviné qu’il ignorait leur droit de veto et même, qu’il faisait tout pour qu’ils ne puissent le dire (parce qu’ils étaient baillonnés avec du ruban adhésif), vous avez deviné juste.

Finalement, pour ne pas laisser les dominants en reste, eux aussi peuvent avoir des problèmes : s’il-vous-plaît souvenez-vous que tous les soumis ne sont pas crédibles ou authentiques non plus. Il y a pléthore de soumis “fais-moi-ça”, c’est-à-dire des joueurs et des gens qui ne cherchent pas nécessairement une dynamique BDSM, mais simplement quelqu’un pour tirer un coup quand et comment ils le veulent.

Il y a des novices qui n’ont aucune idée de quand et comment utiliser le droit de veto.

Prenez bien votre temps pour être certain que vous comprenez l’un et l’autre vos dynamiques respectives. Ainsi vous vous épargnerez bien des peines et de l’amertume.

On sait aussi que des soumis-es expérimentés-ées peuvent utiliser le veto pour contrôler ou manipuler la personne dominante, plutôt que de s’en servir pour leur indiquer quand ils ont atteint leur vraie limite.

Une des plus troublantes situations est qu’une personne soumise n’utilise pas le droit de veto quand il/elle le devrait. Cela mène le dominant à croire que tout baigne dans l’huile - pour finalement découvrir, des heures, des jours ou des mois plus tard que cette personne soumise a trouvé que vous êtes allé bien trop loin.

Pourquoi les soumis-es n’utilisent pas le droit de veto alors qu’il est fait pour l’être ? Ce peut être un désir irrésistible de la part des soumis de voir les dominants lire dans leurs pensées. Parfois, c’est de la naïveté pure; d’autre fois, c’est dû à un orgueil têtu. Quelques soumis veulent se prouver à eux-mêmes qu’ils sont capables de prendre tout ce que le dominant donne, même s’ils en sont incapables.

C’est une attitude dangereuse pour toutes les personnes concernées.

Les personnes soumises et les personnes dominantes doivent de la même façon se protéger en ne laissant jamais un veto leur permettre de se bercer d’un sentiment de satisfaction de soi. C’est un outil pour jouer en sécurité, mais il n’en est pas une garantie absolue.

Souvenez-vous : jouez prudemment ! Restez prudent ! Et ne laissez pas votre sexe parler quand votre santé est en jeu.