«Jadis, les esclaves avaient des maîtres en chair et en os, dont ils pouvaient aimer, redouter ou haïr le sourire narquois, ou la voix glacée.

Ils leur étaient attachés à vie et à mort, à ces hommes dont la richesse résidait dans la possession de seigneuries ou de latifundia.

Comme tout a changé depuis. Le savoir fait la fortune, le travail — comme l’amour d’ailleurs — est devenu volontaire et passager, malléable à merci.

L’esclave d’aujourd’hui est l’homme qui désespère de donner un visage à son maître, lequel n’a ni yeux, ni oreilles, ni même plus d’empreinte de papier!»

Marc Chevrier, Féodalités d’argent.