Par Valmont le 14.02.2007 @ 6:06 pm

homme en corset“Longtemps symbole de l’oppression des femmes, devenu dans les années 80 un accessoire de mode leur permettant d’affirmer leur féminité, le corset a entrepris de séduire aussi les hommes.

À vrai dire, le corset pour homme n’est pas vraiment une nouveauté, «il a plus de quatre siècles», souligne Sylvain Nuffer. Il était alors utilisé par les cavaliers pour protéger leur colonne vertébrale. Plus tard, les membres de l’ordre philosophique des Saint-Simoniens le portent également: c’est un vêtement «symbolique d’entraide humaniste», une aide étant nécessaire pour le lacer dans le dos.

Réalisé surtout en camaïeux de noirs, gris, bruns parfois égayés de rouge, de violet, d’or, en lainage, soie, acétate, et même en jean, il n’est pas destiné qu’aux motards mais «remplace, avec le maintien en plus, le gilet de costume» et met en valeur les pectoraux, souligne Hubert Barrère, corsettier.

Ce corset qui s’affiche n’a plus rien à voir avec son ancêtre. Le corset a «longtemps été une meurtrissure pour le corps des femmes», rappelle M. Barrère, «maintenant, c’est une volonté, pas une soumission».”

Par Dominique Schroeder de l’Agence France-Presse, sur Cyberpresse.

Par Valmont le 12.02.2007 @ 9:03 pm

Anecdote : je croise une soumise dans une salle de clavardage, laquelle déclare vouloir du bdsm sans sexualité.

Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire?

Je lui demande. Elle ne répond pas. Des gens rient. Quelqu’un demande de changer de sujet, un autre répond : “Ben c’est évident !”

Je persiste : qu’est-ce que ça veut dire pour vous du bdsm sans sexualité ? Où est la frontière ? Parle-t-on de séances sans aucune génitalité ? Sans sensualité ? Sans caresses ? Sans érotisme ? Pas même de fellation de sa part ? :- ) Elle ne veut pas que le dominant taquine ses lèvres vaginales avant la fessée ? Elle ne veut pas de jeux cérébraux, mais “seulement” de la dureté, de la froideur clinique, à la limite aucun échange de civilités, pas de discussions, aucune mise en scène, seulement de la douleur ou des ordres ?

Bref, ça veut dire quoi du bdsm sans sexualité pour elle ?

Je n’ai finalement pas de réponse de la personne.

“C’est évident !”

C’est tellement évident que comme dominant, je n’ai aucune espèce d’idée des frontières applicables, jusqu’où je peux aller ou ne pas aller, où s’arrête et où commence “sa” sexualité.

P.S. Puisqu’il faut tout dire, ce billet n’est pas une critique de la personne (si elle se reconnaît), mais d’une certaine façon d’être et de faire que l’on croise souvent, cette incapacité (ou est-ce une crainte de se dévoiler ?) de dire les choses.

Par Valmont le 10.02.2007 @ 9:58 am

Lu dans le profil flickr de Lola The Car Chick :

“I have always been fascinated by the concept of the villain and the hero being in one person.” (Alex Kapranos)

Par Valmont le 09.02.2007 @ 6:52 am

Dans un forum il y a quelque temps était posée la question de la faisabilité de la relation bdsm à distance…

Il y a les pour et les contre, forcément… et cette poésie de la plus belle plume vivante au Québec… un journaliste typographe… pis un spaghetti en plus… :- )

Mathias Brunet demande à Pierre Foglia dans son livre Paroles d’hommes…

>Qu’est-ce que ça prend pour réussir sa vie amoureuse bdsm?

«Tu veux dire en plus de tout le reste? Je dirais que ça prend de l’espace. De l’espace réel, en mètres carrés, une grande maison, au moins une pièce à soi, où tu peux te retirer pour lire ou écrire, et de l’espace virtuel, des territoires où tu vas seul, moi c’est le vélo, le jogging, la lecture; elle c’est le jardin, le bricolage, les minous font les liens… C’est un luxe, remarque.

Quand t’as trois enfants, l’espace est forcément moins grand. Faut s’en aménager absolument. Des plages de temps où tu te fais bronzer tout seul. C’est peut-être drôle à dire, mais la vie à deux c’est mieux quand tu peux en faire des grands bouts tout seul.»

Par Valmont le 04.02.2007 @ 1:23 pm

Parution initiale de ce texte : Cosmopolitan, février 2000.

Entrevue avec le docteur Pierre Marie, psychalanyste et philosophe. Il a préfacé le Dictionnaire des fantasmes, perversions et autres pratiques de l’amour, paru en 1997 aux éditions Blanche (Encyclopedia of Unusual Sex Practices).

La fessée est-elle une perversion?

Au sens propre, il y a perversion lorsqu’il y a une volonté de mettre à mal son partenaire dans une relation sexuelle. La définition originelle de Freud, qui la décrit comme un détournement de la pulsion sexuelle vers quelque chose qui ne serait pas son objet naturel, n’est plus admise aujourd’hui. Freud était encore à l’époque « piégé » par ses références morales. Lui-même s’en démarquera ultérieurement.

Il n’y a pas de perversion entre adultes consentants en matière de plaisir érotique partagé.

Fesses rougies par des coups de canneExiste-t-il une sexualité normale?

Non.

Au sens étymologique, la sexualité est fondamentalement perverse dans la mesure où elle transgresse les principes d’une société, récuse par avance toute normalisation (« pervertere », en latin : bouleverser, mettre sens dessus dessous). Toute sexualité s’organise sur un plan fantasmatique et le fantasme est par définition hostile à toute normalisation.

En ce qui concerne la fessée, elle apparaît dans de très nombreux comportements sexuels comme un élément de jeu qui, la plupart du temps, est réclamé par les hommes qui aiment être fessés comme un enfant.

Lorsqu’un homme fesse une partenaire, cela s’inscrit dans une autre problématique. Il y a une sorte de célébration de toute la dimension imaginaire et symbolique de ce que les fesses de la femme représentent pour lui.

Ce sont deux démarches différentes.

Quel est le rôle de la fessée de l’enfance?

Beaucoup d’enfants ont été fessés, par forcément sur un mode de violence, mais sur un mode de geste tendre, affectueux, avec une dimension érotique dans la relation parents-enfant. Pour les femmes comme pour les hommes, la fessée est une réminiscence d’émotions anciennes. Un peu comme la madeleine de Proust (rire).

Elle stimule la sphère anale qui est une zone érogène très importante et qui n’est pas mise en jeux uniquement par la sodomisation.

Dans une relation sexuelle, toutes les zones érogènes sont peu ou prou mises en jeu selon les goûts de chacun. La fessée est l’une des modalités les plus courantes pour exciter cette zone anale.

Peut-on dissocier la fessée de la flagellation?

Lorsque la fessée prend une tournure beaucoup plus violente, on passe dans un autre champ, qui s’apparente plus à la recherche de la douleur comme expression du désir et qui n’est plus de l’ordre du simple jeu érotique.

le Maitre avec sa soumise à quatre pattes en laisse, la cravache entre les dents, en attente de recevoir sa fesséeIl s’agit du besoin de réduire son partenaire à l’état de chose, d’objet. Des hommes et des femmes ont besoin d’être réduits à l’état de chose pour jouir. Ce sont des fantasmes que l’on retrouve souvent dans la littérature érotique et dans les films porno.

Le passage à l’acte implique évidemment le consentement des partenaires. Avec l’intervention d’un instrument, nous sommes dans une mise en scène qui ne relève plus de la fessée usuelle.

Comment expliquer le plaisir de la fessée?

La fessée active des fantasmes de punition, mais il ne faut pas perdre de vue que l’on tourne autour de la sphère anale, et la fessée ordinaire est prétexte, la plupart du temps, à sa mise en jeu. Il ne faut pas se voiler la face, la sodomisation est une pratique appréciée par certains et certaines femmes, et la fessée en est un substitut.

Vous avez écrit : « Chacun va où l’appelle son bien-être?

Chacun est organisé d’une certaine manière à partir des premières années de la vie. Mais cela peut évoluer, les fantasmes se réorganisent à notre insu.”

Photos : bdsmpalace.com, Masterem49.

Voir la fessée dans Del.icio.us.