Par Valmont le 28.03.2007 @ 8:57 am

Parlant de Chuck Jones, voilà une image qui me fait penser à tous ces clowns qui n’ont que le mot punition à la bouche.

will e coyote trying something new..

Photo : Dystopos.

Par Valmont le 23.03.2007 @ 1:07 pm

“Censorship, I believe, is the most dangerous enemy to all human communication, and piety of intention is probably the most dangerous, the most virulent and the most self-satisfying.”

Chuck Jones

Par Valmont le 21.03.2007 @ 9:44 am

la soumise et son guideIl y a un an jour pour jour, cercle O renaissait sous la forme de ce blogue.

Ah j’avais bien commencé un carnet bdsm dans Blogger en 2002 que je souhaitais intégrer au site cercleo.com, mais la plateforme était tellement mal foutue et compliquée…

Cette renaissance il y a un an correspond en fait à mon retour vers la pratique des échanges de pouvoirs érotiques de façon plus motivée et structurée.

Photo : phae one.

En décembre 2005 via Réseau-Contact, j’écrivais à s.. une soumise désabusée :

« J’ai trop souvent malheureusement entendu les personnes soumises déçues ou carrément meurtries d’avoir confié leur soumission et leur vulnérabilité aux mauvaises personnes ou dans des conditions qui ne cadraient pas avec leurs besoins.

Je dois moi-même comme dom affronter ma soumise devant la Cour supérieure du Québec. Elle justifie son refus de la garde partagée des enfants par le fait qu’elle n’était pas d’accord de se soumettre, que je la forçais à faire des choses malgré elle et qu’elle a toujours eu peur de moi. La grossière déformation de la réalité, l’horreur !

Depuis ce temps, j’ai bien rencontré quelques soumises, mais ça ne cadrait pas avec ce que je recherche moi-même. Il faut dire qu’avec ce qui s’est passé, j’ai encore plus de misère avec ces jeux de “faire comme si”, ces refus de s’ouvrir à l’autre, tous ces jeux malsains de manipulation.

Je ne parle même pas de tous ces gens qui fantasment sur le pouvoir en matière de sexualité et qui se révèlent absolument incapables de concrétiser leurs pensées pour toutes sortes de bonnes et de mauvaises raisons.

Ce qui ne m’empêche pas d’être optimiste, tout de même.

Ce désir d’absolu ne me quitte pas. »

Je dois pas être le seul à porter ce désir : en un an, plus de 80 000 personnes sont passées par ce site. Une trentaine de personnes reviennent en moyenne chaque jour, sans compter la quarantaine de visiteurs qui passent par le fil rss du blogue pour lire cercle O dans leur logiciel aggrégateur.

Les gens cherchent, reluquent, lisent, s’interrogent, doutent, avancent à tâtons. Ils n’écrivent pas beaucoup, je reçois bien peu de commentaires, mais je m’en accomode très bien. Ce n’est pas le plus important à mon sens. Le commentariat dans tous ces blogues de soumises qui se montrent le cul ou ceux de tous ces couples où le mari met sa femme à poil en pâture, is so useless in my point of view.

Les vrais échanges sont bien rares, anyway.

Il m’arrive de croiser des gens dans des salles de clavardage ou même dans des soirées publiques, que je ne connais pas et qui me demandent si je suis bien “le Valmont de cercle O”. Cette expression a toujours l’heur de m’orner d’un sourire à mi-chemin entre celui de Mowgli et celui du Vicomte de Malkovich dans un moment d’égarement tendre. J’avoue sentir dans leurs compliments le réconfort que peut leur apporter ma modeste contribution à la découverte d’eux-mêmes.

Il y a alors là un courant qui passe, et qui dépasse les mots. Et cela me suffit très bien.

Des fois, il me vient l’envie de tout balancer la carrière par-dessus bord et d’orienter mes énergies vers ce mouvement kink-aware professional qui rassemble des gens ayant les ressources appropriées sur le plan médical, psychologique et juridique pour répondre à certaines questions que les uns et les autres peuvent avoir touchant les échanges de pouvoirs érotiques et leurs implications dans la réalité.

Il y a quand même tout près de 15 % de la population qui gravite autour du bdsm sous ses différentes formes.

Dans tout le branle-bas lié à la séparation d’avec la mère de mes enfants, par exemple, je me suis bien rendu compte à quel point les spécialistes du milieu de la santé et des services sociaux québécois étaient bien peu outillés pour appréhender et comprendre les échanges de pouvoirs érotiques.

Me semble qu’il y aurait quelque chose à faire de ce côté-là.

Par Valmont le 20.03.2007 @ 11:31 am

« “Est-il bon de diffuser le savoir BDSM, ou cela doit-il rester l’apanage de cercles restreints?”

En terme plus clair, doit-on être élitistes ou faire au contraire de la vulgarisation, en sachant quand même que la population “vanille” non informée est un vivier formidable pour les abuseurs en tout genre. »

Que voilà un beau sujet dans l’espace de clavardage de BDSM ou abus : parlez-en !, un forum d’aide pour toutes les victimes de violences physiques et psychologiques liées aux dérapages du bdsm, que je trouve particulièrement biaisé (soumises victimes et dominants prédateurs), mais pas inintéressant.

Vivement des compte-rendus de ces séances de… clavardage.. :- )

Par Valmont le 12.03.2007 @ 6:39 am

La question de la distance revient souvent dans les forums bdsm. Par exemple (en anglais) et .

Pour moi, la distance est un outil extraordinairement utile dans la relation bdsm.

Est-ce qu’une relation bdsm “sérieuse” à distance peut marcher? Très certainement. Parcourant la vaste toile bdsm depuis 1998, combien de fois ai-je croisé des soumises québécoises avec des Goréens de l’Ouest canadien ou des doms du Vieux-Continent?

Ayant connu la vie de couple avec bdsm sous le même toit et la relation bdsm à distance avec une soumise mariée à un autre, je constate avec le recul à quel point la distance est bien utile pour creuser les motivations au bdsm de l’autre et d’abord les siennes.

Selon mon appréciation, la distance sert les quatre éléments suivants de la relation d’échange de pouvoir érotique : la mise en place du cadre, l’adaptation des parties, le temps requis et le recul nécessaire.

Lire la suite »

Par Valmont le 04.03.2007 @ 6:09 am

J’aime bien lire la diariste quand elle se lance dans les grandes déclarations de principe… les soirs de pompes, les grandes phrases… ukazes décochés à la vitesse de la soie dans la nuit vénitienne.

J’aime bien lire la diariste quand elle se targue de posséder “depuis longtemps” la traduction en français du texte de Diane Vera, Les Neuf degrés de la soumission qualifié de texte fondateur à juste titre.

Pour tout schématique et réducteur que soit le texte, l’élémentaire courtoisie recommande néanmoins comme le dit si bien ailleurs la diariste, de citer ses sources.

Dans ce cas-ci par exemple, de dire que ce texte Les Neuf degrés de la soumission sur son site est le fruit de mon travail et de ma plume alors qu’il figure sur http://www.cercleo.com depuis 2001, et repris dans ce blogue. Situation que j’ai déjà signalée aux bons soins de la diariste par courriel il y a plus d’un an, sans réponse hélas.

Ce texte est par ailleurs publié sous le pseudonyme de Valmont dans la revue Corps & Âme en (retrouver la date).

À vrai dire, un peu décontenancé à l’époque par la traduction que Pierre possède depuis longtemps dans son cercle BDSM, je m’en étais néanmoins librement inspiré pour reprendre le texte de Diane Vera de bout en bout. Ce qui n’enlève rien en soi à Pierre & Katherine qui sont d’infatigables acteurs importants de la scène bdsm montréalaise et outaouaise depuis quelques années.

C’est quand même sur leur site que j’ai découvert ce texte important dans mon cheminement pour comprendre ce que je faisais comme dominant. Il m’a aidé à situer mes désirs et mes besoins, et à situer ceux de la personne en face de moi, la soumise.

Tout ça pour dire que je serai bon prince. Le texte qui suit est une traduction d’Aurora qui affirme par ailleurs que son anglais est approximatif. Tant d’humilité.

Ça me rappelle vaguement Marie Cardinal qui à Montréal dans les années 90, avait adapté Peer Gynt au théâtre, mais… diantre, elle parlait pas le norvégien !

By the way, le texte qui suit porte sur les degrés de la domination.

Bonne lecture ! :- )

le dragon

“1° degré : l’amoureux non-dominant

Il n’est pas dans l’échange de pouvoir ni dans le contrôle et ne donne pas d’ordres. Il apprécie seulement l’intensification de sa sexualité que lui apporte la mise en scène BDSM. Il se sent conforté dans ce jeu si la partenaire en tire du plaisir.

Il n’essaiera pas de nouvelles pratiques sans en avoir auparavant discuté avec elle et être certain que cette dernière appréciera ce changement.

Son plaisir est avant tout axé sur l’activité sexuelle et non pas sur la « fessée » ou le contrôle de l’autre.

2° degré : Le jeu de rôle dominant mais pas maître

Très souvent, il trouve ses partenaires sur le Net. Il sera dominant et semblera être capable de tout contrôler. Il aimera jouer des rôles : sur le registre de l’humiliation, sa « soumise » devra le servir, se mettre à genoux ou agir comme il veut. Il aime « former » de nouvelles soumises. Il se sent ainsi sûr de lui malgré son peu de connaissance du D/s. Il ne forcera pas la soumise dans ses limites, sauf dans une relation de cybersexe.

Ce type de « dominant » se vantera des esclaves qu’il a eues et de celles qu’il a formées.

3° degré : le jeu de rôle dominant/maître

Il aime jouer au « maître » qui contrôle le jeu. Il veut que sa « soumise » porte un collier avant même qu’un premier rapport soit établi. Dans les conditions qu’il aura dictées, il se fera servir et la soumise devra satisfaire à ses besoins.

Il ne se préoccupe absolument pas de la progression de sa soumise. Il ne donne que rarement des « exercices » et même dans ce cas, le feed-back est minimal.

Et s’il est dans un registre de contrôle et de domination, celui-ci ne servira pas à faire progresser la partenaire.

4° degré : le véritable dominant non-Maître

Il contrôle et commande la soumise mais à titre provisoire et dans les limites convenues. La différence avec le précédent c’est que celui-ci sait que le pouvoir vient du sujet soumis. Il est habituellement excité d’être servi sexuellement. Il n’éprouve pas de satisfaction à forcer la soumise. Il met plutôt leurs jeux en scène dans les limites définies. Et bien qu’il cherche son plaisir dans la domination, il est certain que sa soumise y trouvera elle aussi et grandement le sien.

5° degré : le véritable dominant maître de jeu

Il prend aussi le contrôle mais c’est une habitude provisoire et dans des limites consenties. Il éprouve de la satisfaction d’être servi. Il met en scène, en jouant sur la soumission de sa partenaire et la douleur légère qu’il lui apporte.

Malgré cela, il ne va pas assez loin pour libérer des endorphines chez la soumise. Il tire plaisir à être à l’origine de la douleur et non de ce que peut éprouver cette dernière.

S’il contrôle la soumise, il ne contrôle pas la « séance » et celle-ci se terminera au même niveau d’intensité qu’elle avait commencé.

6° degré : le maître dominant non engagé dans le temps

Il domine le rapport, mais peut avoir convenu de limites. Il veut être servi par la soumise tant dans les activités érotiques que non-érotiques. Dans les limites consenties, la soumise doit satisfaire à ses besoins et ses désirs. Il donnera des taches à exécuter à sa soumise sans pour autant se préoccuper de leur accomplissement.

Il jouera le rôle du dominant seulement quand il sera dans l’humeur de le faire. Le jeu de rôle peut durer plusieurs jours («Maître le week-end seulement ! ») mais en conservant, pour chacun, la liberté de renoncer à tout moment. Cette durée est habituellement définie par les contraintes du temps qu’ils peuvent passer ensemble. Lorsque la relation perdure, il a toujours une bonne raison pour que celle-ci ne soit pas à plein temps.

7° degré : le vrai maître à temps partiel

Dans la relation « Maître/esclave » en cours, il considère sa soumise comme sa propriété exclusive à plein temps. Il cherche à distinguer ce qu’elle veut et/ou a besoin et souhaite que sa soumise « grandisse ». Habituellement il règlera les détails de la vie courante de sa soumise (taches à exécuter, vêtements à porter, etc…). Il consacre la majeure partie de son temps à ses divers engagements mais réserve le maximum de son temps libre à sa soumise.

Ses mises en scènes ont pour but de faire progresser sa soumise. Il contrôle les réactions de la soumise, en observe constamment les changements physiques et maîtrise la progression de l’action en fonction de la libération des endorphines pour l’amener dans le « subspace ». Il a à cœur de l’accompagner dans « son retour » et se préoccupe alors de ses besoins.

8° degré : le maître à plein temps

Il a le contrôle total du rapport mais pense aussi au bien-être de l’esclave. Les limites posées sont considérées comme des occasions de faire progresser la soumise par des « devoirs » à exécuter dans le cadre de la relation.

Il considère sa soumise comme un bien précieux et consacre du temps à la façonner, « la polir » par la formation. Au quotidien même si son rôle est semblable au « mari vanille », il demeure le gardien de la relation et le garant du bien-être de la soumise.

En raison de l’échange total de pouvoir, celui-ci s’étend sur les différentes facettes de la vie de l’esclave (physique, émotionnel et mental). Une relation de ce type est habituellement définie beaucoup plus soigneusement que le mariage traditionnel.

Souvent un contrat est signé spécifiant la durée du contrat, les règles à respecter par l’esclave. Ce contrat est normalement basé sur les règles de D/s dans des termes qui seront agréés par les deux protagonistes. Il contiendra aussi les modalités de progression de la soumise.

La rupture du contrat ne peut intervenir que par le fait du maître qui peut aussi le renouveler lorsque le contrat arrive à expiration.”