J’aime bien lire la diariste quand elle se lance dans les grandes déclarations de principe… les soirs de pompes, les grandes phrases… ukazes décochés à la vitesse de la soie dans la nuit vénitienne.
J’aime bien lire la diariste quand elle se targue de posséder “depuis longtemps” la traduction en français du texte de Diane Vera, Les Neuf degrés de la soumission qualifié de texte fondateur à juste titre.
Pour tout schématique et réducteur que soit le texte, l’élémentaire courtoisie recommande néanmoins comme le dit si bien ailleurs la diariste, de citer ses sources.
Dans ce cas-ci par exemple, de dire que ce texte Les Neuf degrés de la soumission sur son site est le fruit de mon travail et de ma plume alors qu’il figure sur http://www.cercleo.com depuis 2001, et repris dans ce blogue. Situation que j’ai déjà signalée aux bons soins de la diariste par courriel il y a plus d’un an, sans réponse hélas.
Ce texte est par ailleurs publié sous le pseudonyme de Valmont dans la revue Corps & Âme en (retrouver la date).
À vrai dire, un peu décontenancé à l’époque par la traduction que Pierre possède depuis longtemps dans son cercle BDSM, je m’en étais néanmoins librement inspiré pour reprendre le texte de Diane Vera de bout en bout. Ce qui n’enlève rien en soi à Pierre & Katherine qui sont d’infatigables acteurs importants de la scène bdsm montréalaise et outaouaise depuis quelques années.
C’est quand même sur leur site que j’ai découvert ce texte important dans mon cheminement pour comprendre ce que je faisais comme dominant. Il m’a aidé à situer mes désirs et mes besoins, et à situer ceux de la personne en face de moi, la soumise.
Tout ça pour dire que je serai bon prince. Le texte qui suit est une traduction d’Aurora qui affirme par ailleurs que son anglais est approximatif. Tant d’humilité.
Ça me rappelle vaguement Marie Cardinal qui à Montréal dans les années 90, avait adapté Peer Gynt au théâtre, mais… diantre, elle parlait pas le norvégien !
By the way, le texte qui suit porte sur les degrés de la domination.
Bonne lecture ! :- )

“1° degré : l’amoureux non-dominant
Il n’est pas dans l’échange de pouvoir ni dans le contrôle et ne donne pas d’ordres. Il apprécie seulement l’intensification de sa sexualité que lui apporte la mise en scène BDSM. Il se sent conforté dans ce jeu si la partenaire en tire du plaisir.
Il n’essaiera pas de nouvelles pratiques sans en avoir auparavant discuté avec elle et être certain que cette dernière appréciera ce changement.
Son plaisir est avant tout axé sur l’activité sexuelle et non pas sur la « fessée » ou le contrôle de l’autre.
2° degré : Le jeu de rôle dominant mais pas maître
Très souvent, il trouve ses partenaires sur le Net. Il sera dominant et semblera être capable de tout contrôler. Il aimera jouer des rôles : sur le registre de l’humiliation, sa « soumise » devra le servir, se mettre à genoux ou agir comme il veut. Il aime « former » de nouvelles soumises. Il se sent ainsi sûr de lui malgré son peu de connaissance du D/s. Il ne forcera pas la soumise dans ses limites, sauf dans une relation de cybersexe.
Ce type de « dominant » se vantera des esclaves qu’il a eues et de celles qu’il a formées.
3° degré : le jeu de rôle dominant/maître
Il aime jouer au « maître » qui contrôle le jeu. Il veut que sa « soumise » porte un collier avant même qu’un premier rapport soit établi. Dans les conditions qu’il aura dictées, il se fera servir et la soumise devra satisfaire à ses besoins.
Il ne se préoccupe absolument pas de la progression de sa soumise. Il ne donne que rarement des « exercices » et même dans ce cas, le feed-back est minimal.
Et s’il est dans un registre de contrôle et de domination, celui-ci ne servira pas à faire progresser la partenaire.
4° degré : le véritable dominant non-Maître
Il contrôle et commande la soumise mais à titre provisoire et dans les limites convenues. La différence avec le précédent c’est que celui-ci sait que le pouvoir vient du sujet soumis. Il est habituellement excité d’être servi sexuellement. Il n’éprouve pas de satisfaction à forcer la soumise. Il met plutôt leurs jeux en scène dans les limites définies. Et bien qu’il cherche son plaisir dans la domination, il est certain que sa soumise y trouvera elle aussi et grandement le sien.
5° degré : le véritable dominant maître de jeu
Il prend aussi le contrôle mais c’est une habitude provisoire et dans des limites consenties. Il éprouve de la satisfaction d’être servi. Il met en scène, en jouant sur la soumission de sa partenaire et la douleur légère qu’il lui apporte.
Malgré cela, il ne va pas assez loin pour libérer des endorphines chez la soumise. Il tire plaisir à être à l’origine de la douleur et non de ce que peut éprouver cette dernière.
S’il contrôle la soumise, il ne contrôle pas la « séance » et celle-ci se terminera au même niveau d’intensité qu’elle avait commencé.
6° degré : le maître dominant non engagé dans le temps
Il domine le rapport, mais peut avoir convenu de limites. Il veut être servi par la soumise tant dans les activités érotiques que non-érotiques. Dans les limites consenties, la soumise doit satisfaire à ses besoins et ses désirs. Il donnera des taches à exécuter à sa soumise sans pour autant se préoccuper de leur accomplissement.
Il jouera le rôle du dominant seulement quand il sera dans l’humeur de le faire. Le jeu de rôle peut durer plusieurs jours («Maître le week-end seulement ! ») mais en conservant, pour chacun, la liberté de renoncer à tout moment. Cette durée est habituellement définie par les contraintes du temps qu’ils peuvent passer ensemble. Lorsque la relation perdure, il a toujours une bonne raison pour que celle-ci ne soit pas à plein temps.
7° degré : le vrai maître à temps partiel
Dans la relation « Maître/esclave » en cours, il considère sa soumise comme sa propriété exclusive à plein temps. Il cherche à distinguer ce qu’elle veut et/ou a besoin et souhaite que sa soumise « grandisse ». Habituellement il règlera les détails de la vie courante de sa soumise (taches à exécuter, vêtements à porter, etc…). Il consacre la majeure partie de son temps à ses divers engagements mais réserve le maximum de son temps libre à sa soumise.
Ses mises en scènes ont pour but de faire progresser sa soumise. Il contrôle les réactions de la soumise, en observe constamment les changements physiques et maîtrise la progression de l’action en fonction de la libération des endorphines pour l’amener dans le « subspace ». Il a à cœur de l’accompagner dans « son retour » et se préoccupe alors de ses besoins.
8° degré : le maître à plein temps
Il a le contrôle total du rapport mais pense aussi au bien-être de l’esclave. Les limites posées sont considérées comme des occasions de faire progresser la soumise par des « devoirs » à exécuter dans le cadre de la relation.
Il considère sa soumise comme un bien précieux et consacre du temps à la façonner, « la polir » par la formation. Au quotidien même si son rôle est semblable au « mari vanille », il demeure le gardien de la relation et le garant du bien-être de la soumise.
En raison de l’échange total de pouvoir, celui-ci s’étend sur les différentes facettes de la vie de l’esclave (physique, émotionnel et mental). Une relation de ce type est habituellement définie beaucoup plus soigneusement que le mariage traditionnel.
Souvent un contrat est signé spécifiant la durée du contrat, les règles à respecter par l’esclave. Ce contrat est normalement basé sur les règles de D/s dans des termes qui seront agréés par les deux protagonistes. Il contiendra aussi les modalités de progression de la soumise.
La rupture du contrat ne peut intervenir que par le fait du maître qui peut aussi le renouveler lorsque le contrat arrive à expiration.”



Suite à la parution de ce billet, la diariste a écrit un billet dans son blogue intitulé Blog BDSM: Le Vicomte sarcastique, la commentatrice hargneuse et…un Manara pour me consoler!
J’ai bien tenté de répondre à son billet dans la zone commentaires dans son propre blogue, mais manifestement, il y a un problème car je ne suis pas en mesure de le faire.
Là, après plusieurs essais infructueux et un échange de courriels avec la diariste, basta. Je la publierai ici ma réponse à son billet.
La voilà :
Vous avez l’épiderme sensible, madame.
C’est l’effet Journée internationale de la fammmmme?
Nulle part dans cercle O je ne pourfends la qualité de vos écrits, ni la valeur de vos opinions et découvertes. Ni de celle de personne d’autres d’ailleurs.
Ce serait bien faire preuve de malhonnêté de ne pas reconnaître votre site comme un rare oasis dans le désert pornographique. Je m’offre même cette coquetterie depuis quelque temps de lire par l’entremise d’un aggrégateur de billets quelques voix dans l’érosphère, y compris la vôtre. Et ce, malgré votre penchant prononcé pour l’opinion, dans le droit fil de la tradition journalistique française, réputée plus “impressionniste” que l’école nord-américaine avec laquelle je me sens plus d’affinités, bien que je ne dédaigne nullement la joute oratoire. (Pour moi, bloguer est un genre journalistique à part entière.)
Des insultes dans cercle O? Je mets quiconque au défi de m’en citer une seule. Ce n’est pas le genre de la maison. Des insinuations malveillantes à votre propos? Je vous invite cordialement à me relire. Prendriez-vous pour du mépris ce qui serait tout au plus de légères piques saillantes? Je vous prête plus de jugement.
Cela dit, je vous remercie de mentionner désormais le nom du traducteur de la version en français du texte de Diane Vera sur votre site.
La république des petizamis peut faire les gorges chaudes sur le texte de Vera ou tout autre. Voire sur la figure du Vicomte. C’est de bonne guerre.
Bien sûr que le texte en question de Diane Vera est daté, personne ne s’en cache. C’est à peine une esquisse, un premier jet, un squelette rachitique alors qu’on voudrait un Rubens. Avec le temps requis pour ce faire, on souhaiterait approfondir quelque aspect fascinant, identifier des ressorts qui sont différents chez les uns et les autres, bien que les principes de l’échange de pouvoirs demeurent intacts.
C’est un texte écrit pour des lesbiennes, hooon, ce n’est pas la moindre de ses ironies. Mais c’est toujours mieux d’avoir ce texte à notre disposition pour apprendre à se situer quelque part que rien du tout, non? Idem pour ces degrés de la domination.
Non mais, à partir de quand sommes-nous des curieux et à partir de quand sommes-nous des adeptes? Quelle est donc cette nouvelle distinction? Peut-on laisser parler les principes et laisser les individus et les étiquettes de côté? Pour des gens qui redoutent les catégorisations et les outrances de la schématisation… Voilà à quoi réfèrent le côté “ukases” que je déplore parfois dans vos écrits, madame, fussent-ils de soie.
Ces textes de Diane Vera et al. n’ont pas de réalité? C’est de la bdsm-pop, du folklore? Alors pourquoi publier? Pour mieux s’en moquer? Ah ah ah, comme c’est drôle. C’est là que je décroche et trouve la modestie un tantinet fausse : chez vous comme ailleurs, ça déplore en général l’absence de repères, de prise de parole (surtout masculine), mais si quelqu’un ose, propose, c’est les hauts cris, les railleries, les prêts d’intention et de pensées les plus extravagants, au lieu de prendre ces textes pour ce qu’ils sont : des balises et rien de plus.
Que des gens s’en servent à tout propos, je veux bien.
Mais viendrait-il à l’idée des papillons de critiquer les ouvrages d’entomologie sous prétexte qu’ils sont trop schématiques?
P.S. Ce message, qui est mon troisième de la lignée à cause de l’erreur de manip, n’a pas passé la première fois.
Que me dit donc le message-système? “Votre message contient surement du spam…” Il semble qu’il faudrait demander à votre formulaire si d’aventure, il serait pas un peu parano.
Ce qui expliquerait peut-être pourquoi vous avez reçu mon premier message en 2006 sur la réouverture de cercle O, mais pas les suivants. Hypothèse que vous semblez rejeter du revers de la main dans notre échange de courriel qui a suivi pour dénouer l’impasse. M’enfin.
Comment par Valmont — March 27, 2007 @ 3:51 pm
Tiens une autre traduction du même texte, intitulé ici 8 Types de dominants?, indiquant comme source le site Albany Power Exchange.
L’original se trouve en fait dans ce texte intitulé Dom Types.
Comment par Valmont — February 27, 2008 @ 6:15 pm