“Si la grosse se donne, la belle se vend.”
Dans Éloge de la graisse d’Olivier Bardolle.
Lorsque j’ai débuté en BDSM, j’imaginais que les soumises étaient toutes de belles femmes minces.
D’ailleurs les sites pornos regorgent de ces beautés à couper le souffle. Comment ne pas être complexée devant de si beaux corps ? Comment ne pas envier le désir qu’elles provoquent ?
Puis je fis connaissance avec des soumises en réel. Ce fut la surprise totale.
Je ne sais pas si cela est un hasard, mais je constate que sur les canaux de discussions, une très grande majorité de ces femmes sont en surplus de poids. Elles se décrivent comme étant bien en chair, plantureuses, enveloppées, grassettes, et tous les autres synonymes servant à éviter de prononcer le mot obésité.
La plupart ne diront pas leur poids ou passeront sous silence ce léger détail. Du moins elles tairont ce détail jusqu’à ce que des liens se tissent et peut-être ainsi donner une chance que la relation se développe au fil du temps.
Pour d’autres qui font partie des chanceuses, c’est-à-dire celles qui ont un corps selon les critères de beauté actuels, elles seront quand même complexées, comme si 100 % des femmes n’aimaient pas leur corps. On peut constater cela par leurs discours et leurs écrits dans différents blogues.
Aujourd’hui, on offre de soigner la femme au corps plantureux, celle-là même qui faisait tourner les têtes voilà moins d’un siècle. Combien sommes-nous à avoir dit en soupirant, suant et soufflant sur nos appareils de mises en forme : « Je suis née un siècle trop tard » ?
Dans les salles de discussions, on entend un nouveau discours de ce Maître “Soigneur”, spécialiste des troubles du comportement alimentaire. Il ordonne et exige à la soumise de perdre du poids dans un bref délai.
Nouvelle lubie : Si tu es vraiment soumise, tu perdras du poids pour Lui. Et même que tu seras heureuse de le faire pour lui, à la limite tu trouveras cela facile. C’est la première condition et parfois c’est “la” condition pour lui appartenir, porter son collier.
En attendant elle demeurera « soumise en probation ».
Ainsi, elle pourra donner la preuve de sa bonne volonté à développer sa soumission, comme si cette femme n’avait JAMAIS essayé de perdre du poids avant de rencontrer ce Maître Soigneur qui ignore tout de la restriction cognitive, des troubles du comportement alimentaire et de la souffrance que cause les diètes alimentaires.
Malgré que l’on prône allègrement que le Maître sait mieux que sa soumise ce qui est bon pour elle, il ne cherchera nullement à comprendre ce problème, car tout le monde le sait, maigrir ce n’est qu’une question de volonté (comme obéir) et le Maître “Soigneur” a de la volonté à revendre.
Comment peut-on avoir de l’estime pour soi-même, s’aimer un tant soi peu, alors que l’on se sent laide et sans grâce, perpétuellement soupçonnée du péché de gourmandise, de passivité, de manque de volonté ?
Perdre du poids ne suffit pas pour qu’on s’aime et qu’on s’estime davantage.
C’est à ce niveau que les dominants devraient travailler pour faire cheminer leur soumise, mais cela peu le comprennent malheureusement.
Fixer un objectif plus ambitieux que celui de seulement perdre du poids, viser à devenir mince aussi à l’intérieur de soi modifient radicalement les perspectives, l’occasion d’évoluer dans un sens favorable.
Volonté, détermination, discipline, dites-vous Messieurs les Dominants? Et si tel n’était pas le problème?
Tant qu’à la soumise, elle affirmera qu’elle n’a aucune volonté, mais avec l’aide de son Maître elle y arrivera. Plus rien ne sera comme avant. Elle aura donné la preuve qu’elle est capable d’accomplir quelque chose de grand, d’admirable. Elle ne sera plus l’esclave de son corps. Elle culpabilisait et se dévalorisait bien avant, maintenant elle saura définitivement que si la relation ne fonctionne pas, c’est à cause de son poids et de son manque de volonté.
Certains admirateurs de grosses (les FA pour les initiés) sont sous le charme de corps féminins ronds, épanouis, bien en chair. Merci à vous, vous donnez l’occasion à des jeunes femmes aux rondeurs exacerbées de prendre leur revanche.
Par contre, je ne ressens que mépris pour les dominants qui clament haut et fort qu’ils préfèrent jouer avec une grosse soumise. Car ils ont trop peur de blesser une soumise mince, comme si la grosse pouvait tout endurer et qu’il était impossible de la blesser.
Discours méchants qui blessent bien davantage.
Photo : www.saudek.com via cercle O - l’album.
Devons-nous comprendre que les caresses, l’affection, la tendresse et le respect sont réservées à la soumise mince, et la fessée et le fouet et toutes ces douleurs très dures et humiliantes pour la grosse soumise ?
Et si c’était vous et votre façon d’être à l’écoute de votre partenaire qui était en faute, et non la grosseur de votre compagne de jeux?
Olivier Bardolle dans son livre sur “L’éloge de la graisse”, décrit très bien le combat de ces femmes à la beauté hors normes et à la dictature de la beauté associée à la maigreur.
“Si la grosse se donne, la belle se vend. Ça change tout.
Tel est bien le plus bel éloge que l’on puisse faire à la graisse : la gratuité. La belle qui se fait belle, qui se sait belle, est toujours putain dans l’âme. Il s’agit de « tirer parti » de cette beauté fugace qui a coûté tant de temps, tant d’efforts, tant d’argent, cette beauté incertaine, toujours précaire, difficile à maintenir dans son éclat (question de fraîcheur, d’ailleurs on parle bien de « chair fraîche »…).
Comment séduire et être choisie, parmi tant de participantes, par Greg le Millionnaire, Gatsby le Magnifique, Rhett l’Aventurier, ou par le prince de Monaco dont la paternité ne cesse de s’étendre ? L’affaire est d’importance. C’est qu’il faut se mettre à l’abri du besoin, réussir à perpétuer ses gènes avec un maximum de tranquillité, et puis aussi pouvoir se passer tous ces petits caprices sans lesquels la vie serait ennuyeuse. Il s’agit d’une course de vitesse, car le temps de la beauté est court (« Mignonne, allons voir si la rose… »).
Comme l’athlète de haut niveau, dopé, surentraîné, obsessionnel, la belle jeune fille sait bien que la carrière est brève, il est vital d’attraper l’homme le plus puissant possible (puissant dans tous les sens du terme) au plus vite, la concurrence est rude et l’on s’épuise rapidement à ce jeu-là.
Et même s’il est de bon ton de ne pas l’admettre, de s’indigner, de se mentir à soi-même en prétendant ne s’intéresser qu’à l’humour, à la gentillesse, à la noblesse des sentiments, il n’empêche qu’au moment de signer, le réflexe sécuritaire joue à plein, en particulier chez la « très belle jeune fille » parfaitement consciente de sa valeur.
Après tout, une telle beauté n’est pas faite pour les cochons ratés, non mais !
Georges Bataille affirmait « qu’une femme se tient elle-même pour un objet que sans cesse elle propose à l’attention des hommes ». En somme, il faut toujours « se vendre », que ce soit en sept minutes dans le speed-dating ou en affichant une fiche technique la plus affriolante possible sur le site Meetic qui, lui, se présente carrément comme un « catalogue de produits » classés par catégories (sexe, âge, région, profession, etc.), « produits » soumis à une véritable compétition de par la profusion de l’offre (il faut présenter son meilleur profil — ça triche même énormément), mais surtout « produits de consommation » rapides, jetables, interchangeables (l’aspect comparatif étant induit dans le procédé même).
C’est là où la grosse est sauvée, parce qu’elle n’ose pas s’afficher ainsi : ses complexes la préservent de tels délires, la mettent à l’abri de l’hystérie séductrice.
Son temps à elle, c’est la lenteur, elle est lourde et lente, elle est aussi hors mode, hors cote, il n’y a pas de marché (sauf pour quelques amateurs éclairés et suspects…), elle n’est pas dans le rapport qualité-prix-performance. Elle est pleinement humaine, elle n’est pas femme-objet.
C’est ainsi, et bien qu’elle soit frustrée de « ne pas en être » (elle croit que les autres s’amusent bien sur leur manège), qu’elle est davantage tournée vers sa beauté « intérieure » pour la faire émaner en toute inconscience et en faire profiter autrui; elle est de la sorte plus attentive à ce qui l’entoure, plus généreuse, plus sympathique, elle règne là où la belle se bat.
Surtout, elle n’en fait pas trop, sa corpulence l’empêche de se perdre dans l’activité frénétique (indispensable à la belle jeune fille qui veut le rester), elle est naturellement paresseuse, pas championne du tout.
C’est ce trait de caractère qui faisait dire à Tchekhov : « Je tiens que le bonheur est impossible sans la paresse. Mon idéal est de ne rien faire et d’aimer une grosse fille. » Cher homme sage, que ce conseil ne contamine-t-il davantage nos contemporains qui mettent tant d’ardeur à se pourrir la vie avec leur maltraitance maigrisseuse, au lieu de se soumettre à l’humaine condition avec la petite dose de flegme et de fatalité que cela implique.
Mais non, comme le souligne Suzanne Kadar dans un essai au vitriol sur la prédation masculine : « Éternellement fraîches, éternellement neuves devons-nous nous montrer, et surtout le rester, à notre corps défendant. Force est de nous rendre conformes à la vision des hommes en étant à jamais regardables, désirables, jolies, et bien d’autres choses encore que la décence (ou mon éducation ringarde) m’interdit d’évoquer.
Il y va de notre peau, au sens fort. Laquelle doit rester, au-delà du biologiquement possible, parfaitement lisse, méticuleusement glabre, adorablement douce, impeccablement tendue. Mais, grands dieux, à quel prix !”
Gérard Apfeldorfer* écrit à propos de ce livre :
Olivier Bardolle est en colère. Il s’en prend au corps modèle unique, ce corps mince qui s’impose à la “belle jeune fille”, dont le top-model est le prototype. La belle jeune fille utilise son corps comme un objet marchandisable, un bien marchand destiné à lui acheter un avenir. Elle prostitue sa beauté, espérant acquérir du pouvoir, de l’argent, une position sociale. En retour, pour prix de son éblouissante compagnie, elle exige en effet un “contre-don infini” car sa beauté le vaut bien.
La belle jeune fille est au régime, bien sûr. Et elle fait du jogging afin d’évaporer les calories restantes. Elle est maigre de corps et d’esprit, et peine à jouir. Elle doit se dépêcher de convertir son capital beauté en capital pécuniaire et en pouvoir, ce qui la rend anxieuse et insatisfaite.
D’une certaine façon, cette belle jeune fille est le prototype de notre société. Nous autres, occidentaux, aspirons tous à être de belles jeunes filles! Nous avons perdu nos capacités à jouir de la vie, à la dévorer à belles dents, à rire, à nous moquer, à faire des bêtises, et nous les avons « troqué contre le principe de précaution et ses aspirations paranoïaques à la sécurité totale ».
La grosse jeune fille, dans un tel contexte, n’est peut-être pas autant à plaindre qu’on pourrait le penser : «elle n’est pas exposée aux rapports de force qui s’instaurent entre les hommes riches et les belles jeunes filles, elle est préservée de la putasserie ambiante. Par nécessité (de son point de vue) elle s’appuie davantage sur les sentiments et les émotions que sur un physique qu’elle juge désavantageux.» La grosse doit se cultiver davantage, penser davantage, faire preuve d’une meilleure capacité d’écoute, de talents empathiques. Elle plaît, à défaut de séduire, et est une mère en puissance, «qui porte, soigne, berce, écoute et comprend».
Bardolle s’en prend encore à la dictature de l’apparence qui pèse si lourd désormais dans les relations humaines. «Pourtant, dit-il, on sait bien que ce n’est pas le corps qui importe, ni la forme du corps, ni son poids, ce qui compte c’est le “corps pensant”, le “corps habité”. La beauté d’un corps tient d’abord à ce qui l’anime. Merci de m’ôter les mots de la bouche !»
Messieurs, des centaines de femmes vous remercient.
*** Gérard Apfeldorfer, psychiatre et psychothérapeute, spécialiste des troubles du comportement alimentaire, est l’auteur de “Maigrir, c’est dans la tête” et des “Relations durables” (Odile Jacob, 2001 et 2004).


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Merci, Mlle liberté, et pour l’éloquence de votre propos et pour m’avoir fait connaître le livre de M. Bardolle que je vais m’empresser d’acheter et de lire.
Je n’avais jamais entendu parler des “Maîtres Soigneurs” mais pour avoir passé une vie entière à me battre contre les démons du surpoids qui bien trop longtemps m’ont fait mesurer ma valeur humaine en nombre de kilos, ce concept m’horrifie. Le poids pour une personne obèse ou en surpoids est un élément qui affecte tellement d’aspects de sa vie qu’il est impensable de vouloir apporter un changement radical à ce niveau par simple “dévotion” ou pire encore par désir de plaire à un autre ou de se valoriser à ses yeux par cet acte. Je ne doute pas que ce soit possible de perdre du poids à court terme avec une telle méthode mais les répercussions à long terme risquent d’être dévastatrices. Que se passera-t-il quand l’élément motivateur, en l’occurrence le “Maître Soigneur” ne sera plus dans le portrait? Et que dire de l’effet sur l’estime de soi pour la femme qui sent que sa seule valeur aux yeux de son Maître, pour qui elle ressent sans doute un fort lien de dévotion sinon d’affection, se mesure uniquement en nombre kilos qu’elle est, ou non, capable de perdre.
J’ai récemment perdu 80 lbs et j’espère en perdre encore 40 à 50 au cours de la prochaine année. Et même si j’ai accepté avec bonheur le soutien moral et pratique de mes proches et de mes amis, je leur ai également clairement indiqué que ce processus ne concernait que moi et que si j’étais prête à partager avec eux mes victoires et défaites, je n’accepterais aucune interférence de leur part.
Lorsque j’ai rencontré celui avec qui je bâtis à présent une relation fondée sur la soumission et une affection mutuelle, je lui ai très rapidement expliqué la même chose. Mais, malgré le lien de confiance qui nous unit, le soutien inconditionnel qu’il m’a offert depuis le début et le soulagement que je ressens de pouvoir lui confier mes succès et mes inquiétudes par rapport à ce long et parfois pénible processus, je ne peux m’empêcher de ressentir une pointe d’inquiétude à l’occasion. Telle est la perversité de l’esprit humain qu’il peut transformer le paradis en enfer en un tour de neurones (pour paraphraser John Milton).
Je ne peux, par exemple, m’empêcher de me demander si le désir manifeste qu’il ressent envers moi maintenant n’est en quelque sorte qu’un “acompte”, qu’un acte de bonne foi en attendant que j’arrive au poids et aux formes qu’il trouvera réellement désirables. Je m’inquiète aussi de savoir ce qu’il arriverait si je ne perdais plus du tout du poids. Je ne suis plus morbidement obèse et du point de vue médical, je pourrais me stabiliser à mon poids actuel sans trop d’inquiétudes. Du point de vue esthétique, c’est une autre histoire. Cette inquiétude s’est cristallisée le jour où je lui ai confié que si je réussissais à me rendre à une taille 12, je serais la femme la plus heureuse au monde. Ce à quoi il m’a répondu qu’il pensait que je devrais viser une taille 8. Je sais que par cette remarque innocente il voulait juste me montrer qu’il avait confiance en ma capacité d’atteindre mon objectif de perte de poids. Mais ma réaction immédiate et qui me hante depuis fut de me demander si je pourrais encore lui plaire si je ne me rendais pas à une taille 8 (ce qui dans mon esprit est aussi probable que de me promener un jour sur la Lune en bikini). La deuxième réaction ce fut de lui en vouloir de me faire sentir une pression indue pour atteindre un idéal féminin qui n’est pas le mien.
Tout ça pour dire que si je suis capable de me torturer ainsi malgré le soutien, le respect, l’affection et surtout le manque de jugement qui caractérisent notre relation, je n’ose imaginer les tourments psychologiques et les dommages infligés à l’estime de soi par une relation où la femme ressent une pression constante de perdre du poids car maintenant “elle saura définitivement que si la relation ne fonctionne pas, c’est à cause de son poids et de son manque de volonté.” Et j’ajouterais à l’intention de ces soi-disant “Maîtres Soigneurs” et de toutes les femmes qui un jour ont laissé une balance ou un miroir décider de leur valeur que certaines des personnes les plus fortes et les plus belles, autant intérieurement qu’extérieurement, que je connaisse sont des grosses et que je me considère chanceuse d’avoir pu les aimer et gagner leur affection et leur amitié.
lylia
Un Maître est celui qui amène mon safeword au bord de mes lèvres lorsqu’il me possède mais qui me prend tendrement dans ses bras juste avant que le cri fatidique ne s’échappe de ma gorge.
Comment par lylia — July 4, 2007 @ 1:23 pm
Merci lylia pour ton témoignage.
On mésestime la souffrance et la stigmatisation que vivent à chaque instant ces personnes. Un Dom qui voudrait vraiment aider sa soumise à ce niveau, devrait lui apprendre à aimer son corps, à l’habiter, le dorloter,à cesser de le traiter en ennemi, de le violenter ou de le mépriser.
Depuis le 19e siècle,le message qu’on adresse aux femmes demeure toujours le même : modifiez votre corps, rendez-le conforme aux règles esthétiques et vous serez aimées… Et nous y croyons.
Lorsque je visite certaines salles de discussions ou forum,blogue, profil MSN je regarde les photos de présentation et je suis souvent consternée par les images qui représentent les participantes. Souvent, pour ne pas dire la plupart du temps, ce sont des photos de très jeunes filles au corps pubère. Ses photos sont adoptées pour le romantisme et “sensualité” qu’elles évoquent.Les Doms en font tout autant, lorsqu’ils nous font parvenir des photos BDSM comme les 12 positions de la soumise. Nous pouvons remarqué le romantisme de ces photos et la beauté presque pubère des mannequins.
Si elle vivait de nos jours Marilyn Monroe, sex-symbol des années cinquante, se soumettrait sans doute à de sévères restrictions alimentaires. Mesurant près de 1,70 m ( 5pi 6 po) et pesant environ 58 kg (128 lb), elle n’était pourtant pas grosse.
Danielle Bourque décrit très bien le corps de la femme et son rejet par la société mais encore davantage par la femme elle-même.
Dans Le corps pornographié, elle écrit :
Danielle Bourque, À 10 kilos du bonheur : L’obsession de la minceur, Ses causes, Ses effets. Comment s’en sortir. Éditions de l’homme.
Comment par liberté{+} — July 4, 2007 @ 10:09 pm
Il y avait un reportage hier soir sur les pro-anna. C’était consternant… et le pire nous fut montré avec des jeunes femmes israaliennes qui se font “recoudre les dents” afin de ne plus pouvoir manger et de maigrir…
Comment par Acidalie — July 5, 2007 @ 3:47 am
En faisant une courte recherche sur Danielle Bourque pour compléter votre commentaire, mlle liberté, je suis tombé sur cette page en rapport avec cette thématique de l’impact d’un modèle esthétique irréaliste sur la vie intime des femmes.
C’est très instructif à mon point de vue d’homme et de dom.
Comment par Valmont — July 5, 2007 @ 2:08 pm
En relisant votre billet et les commentaires suscités, mlle liberté, je relève ceci :
“Perdre du poids ne suffit pas pour qu’on s’aime et qu’on s’estime davantage.
C’est à ce niveau que les dominants devraient travailler pour faire cheminer leur soumise, mais cela peu le comprennent malheureusement.”
Cette façon d’entrevoir la relation bdsm ne s’applique pas qu’avec une soumise ayant un surplus de poids, mais bien avec toute soumise. Quel que soit son poids, sa grandeur, sa couleur ou son apparence pĥysique.
On en revient au focus de la relation d’échange de pouvoirs qui doit porter sur les besoins et les désirs de la personne soumise, et non l’inverse.
Mais à la décharge des dominants, combien de personnes soumises craignent d’apprendre à s’aimer et à s’estimer, car cela induirait un réel changement de paradigme et impliquerait un réel cheminement chez elles?
Se dissoudre au profit de son maitre est tellement plus sécurisant…
Comment par Valmont — July 6, 2007 @ 1:46 pm
Bonjour M.Valmont,
Je vous remercie pour le lien avec Danielle Bourque. Un très beau texte qui exprime très bien la problématique des femmes en général et la relation à leur corps ainsi que celle de la femme obèse.
Je suis tout à fait en accord avec vous, lorsque vous dites :
« Cette façon d’entrevoir la relation bdsm ne s’applique pas qu’avec une soumise ayant un surplus de poids, mais bien avec toute soumise. Quel que soit son poids, sa grandeur, sa couleur ou son apparence physique. »
Par contre mon propos est spécifiquement en relation avec la soumise obèse sans nier que d’autres soumises n’ayant pas ce problème d’obésité puisse ressentir le besoin de développer leur estime d’elle-même.
Tout changement pour l’être humain apporte une insécurité. Prendre conscience et admettre nos lacunes, nos besoins, demandent un cheminement.
Lorsque depuis le début de l’adolescence, on se bat pour atteindre un objectif qui sera toujours impossible à atteindre, parce qu’il est un corps idéalisé.
Lorsque tu es assaillie constamment par le message « Lorsque tu veux, tu peux » et que tu as beau vouloir et essayer autant de fois que tu le voudras, mais malheureusement tu n’atteins jamais ce qui semble si facile pour la grande majorité des gens, mais que l’on continue à te dire que « tu ne fais pas assez d’efforts ».
Lorsque tu entends l’expression « je me trouve laide » et que cette expression signifie en fait « je me trouve grosse »
Lorsque tu entends sans arrêt, les humoristes faire rire des salles entières en parlant avec dégoût de la « tite grosse, épaisse » ou encore « du gars saoul qui se réveille auprès d’une grosse » et je vous laisse en raconter des meilleures.
Lorsque tu entends un Jean-Marc Parent lors du festival « Juste pour rire » faire un monologue sur la grosse qui vient le rencontrer dans sa loge parce qu’elle admire qu’un homme puisse enfin dire ouvertement qu’il aime les femmes bien en chair, rondes et pulpeuses et que ce dernier porte tout son monologue sur la différence entre une ronde et pulpeuse à la Marylin Monroe et un vrai grosse…
Lorsque tu entends toute la salle rire aux éclats devant l’embarras de cet homme essayant d’expliquer la différence entre pulpeuses et grosses à cette dame en pamoison devant lui, en bout de monologue on dira que la grosse est ben fine, mais elle ne provoquera jamais autre chose que le rire bien gras des autres.
Que pensez-vous que ce genre de spectacle à répétition puisque provoquer aux personnes qui souffrent de cette maladie?
Je dis maladie, parce que cela est une maladie, au même titre que l’anorexie, la boulimie… L’obèse « morbide » se laisse mourir tout aussi sûrement que l’anorexique. Alors que l’on pleure devant les difficultés d’une personne anorexique, on fait rire des salles complètes avec l’obèse.
Alors Monsieur Valmont, je ne crois pas que le problème d’estime de soi est du même ordre pour une personne ayant un poids normal et une personne obèse qui est ridiculisée constamment en public et qui a été stigmatisé durant pratiquement toute sa vie.
Je ne crois pas que cette personne refuse de changer. Elle a appris à se soumettre, à ne pas faire de vague afin de ne pas provoquer les sarcasmes. Elle a appris à se donner afin d’être aimé un peu et … d’être accepter dans sa différence.
Est-ce elle, qui a besoin de changer et développer son estime d’elle-même, et je répondrai : oui , elle a besoin de retrouver son estime d’elle-même et d’accepter sa différence, mais en même temps, la société aussi doit se poser des questions. Si l’on se moquait ainsi des personnes de couleurs, de nationalités différentes nous aurions droit à des revendications de plusieurs organismes prônant la défense des droits de la personne, mais qui se lève pour prendre la défense de ces personnes constamment stigmatisées?
Alors, pour moi, il est évident qu’un dominant qui choisit une soumise ayant un problème pondéral, celui-ci doit connaître toute la problématique que vit cette personne, et connaître toute la portée de sa demande, lorsqu’il lui demande de maigrir pour lui…
Comment par liberté{+} — July 7, 2007 @ 12:57 am
Je suis egalement contre la dictature de la minceur, mais de là à faire l’eloge de l’obesite, il y a un grand pas que je ne franchirai pas. Les femmes obeses sont predestinées à avoir des problèmes de santé, et un vieillissement beaucoup plus difficile (condition cardiaque, articulation au niveau des jambes, arteres bouchées, etc….). On ne peut forcer quelqu’un a faire un regime, mais il est presque du devoir du maître de savoir trouver les mots pour inciter sa soumise à consulter un dieteticien ou un endocrinologue.
(Je ne parle pas des femmes ayant des rondeurs, mais des cas d’obesite, plus de 85kg pour moins d’1m75….)
Comment par amateur — October 16, 2007 @ 4:16 pm
Je ne crois pas que personne ne fasse l’éloge de l’obésité ici. Parmi les personnes qui se sont reconnues dans les propos cités, aucune ne semble particulièrement éprouver de fierté à porter x grammes au-dessus des “standards” sanitaires. Aucune ne semble revendiquer une quelconque supériorité, que Dieu nous en préserve. Curieusement, à ce que nous savons, aucun homme souffrant d’obésité ne s’est manifesté dans la conversation… Gode knows why.
Mlle liberté{+} ose briser l’ostracisme dont sont souvent victimes les personnes obèses. Je ne peux que l’en féliciter. Mon seul inconfort face à cette question, c’est que si mouah j’avais osé aborder le sujet, si un homme avait osé soulevé cette question en quelque sorte, on peut imaginer sans peine la grosseur des projectiles dans ma direction… :- >
Je l’ai d’ailleurs déjà effleuré ce sujet dans une salle de clavardage bdsm il y a quelques temps, et je peux dire merci à la distance et à l’écran qui m’ont sauvé du lynchage. C’est bien connu, il faut toujours un coupable. Et quand ce coupable peut être un vicomte, quelle aubaine!
Dans mon esprit, les seules personnes à pointer du doigt dans tout ce débat ne sont ni les femmes minces, oblongues ou isocèles, ni les hommes, ni les serpents à lunettes, ni qui que soit d’autres que les gens qui font de l’argent comme de l’eau avec des tas de potions magiques aussi inutiles que des tétons sur un boeuf, comme dirait le paternel.
Au demeurant, le surplus de poids d’une soumise peut révéler des enjeux importants, tant pour elle que pour son maitre. Comme pourrait l’être sa crainte de l’abandon ou la timidité.
C’est au dominant de creuser ces questions avec la personne concernée, d’en dégager les causes et les effets, et ce qu’il peut tirer de tout ça pour lui et pour elle. Il risque alors d’en apprendre plus sur la personne devant lui que tous les questionnaires d’activités bdsm imaginables…
Mais de là à en faire un devoir de “résultats” tant pour l’un que pour l’autre, voilà une question de choix individuel.
Comment par Valmont — October 18, 2007 @ 2:10 pm
Tout à fait d’accord avec toi mlle liberté{+}.
J’ai même un garçon de neuf ans qui se trouve gros. Il veut maigrir et s’entraîner… Et il n’a pas une once de graisse sur le corps…
Comment par inukshuk — October 19, 2007 @ 4:51 pm
«Perdre du poids ne suffit pas pour qu’on s’aime et qu’on s’estime davantage.»
Je dirais même qu’il faut déjà s’aimer avant de tenter de relever un tel défi, s’aimer pour d’autres raisons que l’apparence. Comment faire preuve de toute la volonté et la ténacité requises pour maigrir si on pense qu’on ne vaut pas tant d’efforts?
Comment par fidelle — October 19, 2007 @ 10:00 pm
salut a toute l’equipe je vous souhaite la contunueté et la reussite merci de m’aider a vivre avec une femme grosse ou obése ou ronde ou de grande taille merci mille fois
Comment par ISHAK — November 10, 2007 @ 12:23 pm