Valmont : Le fondateur du Dojo, Red-Sensei, m’envoie cette note que je publie illico même si je ne suis pas d’accord avec plusieurs de ses éléments, ni même avec sa thèse principale.
Bonjour M. Valmont!
J’ai écrit un texte plutôt touffu sur Le Dojo; je vous le soumets pour Le Cercle O si vous voyez quelque intérêt à le publier. C’est à propos de la notion de communauté, appliquée au domaine du BDSM. Bonne lecture!
Je vais mettre mes lunettes d’intellectuel et contribuer à cette question qui me fait beaucoup réfléchir depuis à peu près un mois. La discussion qui suit s’inspire de concepts savants empruntés à la sociologie et la psychologie, mais je tenterai de demeurer aussi accessible que possible !
Qu’est-ce qu’une communauté ?
Au plan sociologique, ce genre de groupe social rassemble des individus qui partagent certaines représentations. Par « représentations », comprendre « manières de voir », certaines façons de faire, ainsi qu’une certaine identité communautaire.
Dans le cas de la communauté BDSM, on peut analyser facilement certaines représentations partagées :
- ce que Véronique Poutrain appelle « une sexualité ludique », c’est-à-dire une sexualité qui dépasse les paramètres qu’on s’attend à retrouver dans le monde vanille pour être plutôt un domaine d’activité en soi (je note au passage que le terme « érotisme ludique » me paraît plus approprié pour inclure ceux pour qui le BDSM est une affaire qui n’implique pas nécessairement une sexualité génitale).
- Une ouverture quant à ce que la vie sexuelle d’un individu, un couple ou un groupe peut comporter (quoique cet aspect n’est pas universellement reconnu lorsqu’on s’intéresse aux discours d’individus : voir ci-après).
- Une conception des différentes catégories ou « rôles » que les praticiens du BDSM peuvent adopter ou présenter : Dominant, Maître, soumis, esclave, switch, joueur, etc. Ici encore, les définitions peuvent varier, quoique des recoupements importants existent. Par exemple, on peut argumenter pour déterminer les critères par lesquels on peut dire que quelqu’un est « Dominant », mais ces critères vont, en partie du moins, revenir aux mêmes d’une personne à l’autre.
- Une préoccupation pour le caractère « safe, sane, consensual » du BDSM. Ceux qui rejettent ces idées, typiquement, ne sont pas rattachés à quelque communauté BDSM.
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