Par Valmont le 30.09.2007 @ 8:34 am

Cet article écrit par Christian Geiser et paru dans Cyberpresse il y a un bon moment, parle de l’apprentissage de la sexualité par les adolescents, mais… est-ce si différent dans le cas des adultes ?

“ Ils n’ont pas encore eu de relations sexuelles, mais ils veulent tout savoir. Quoi de mieux que de regarder un film XXX ? Un nouveau livre sur la question s’inquiète des conséquences de cet apprentissage maison. La pornographie est en train de devenir le mode d’emploi amoureux des adolescents. On y voit tout ce que l’on veut voir et c’est facile à trouver. Mais attention! la leçon privée peut s’avèrer incomplète et… perverse.

Coauteure de Alice au pays du porno. Ados: leurs nouveaux imaginaires sexuels, Michela Marzano, philosophe et chercheuse française au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), trace un portrait inquiétant de l’impact qu’a la pornographie sur le développement de la sexualité des adolescents.

Il y a eu une évolution de la sexualité des jeunes, note-t-elle d’emblée, en entrevue téléphonique de Paris. « Avant, ils avaient peur d’en parler. Aujourd’hui, ils craignent de ne pas être à la hauteur. » Ils sont alors en quête d’informations. Ne voulant pas se tourner vers leurs parents et considérant que ce qu’on leur enseigne à l’école ne répond pas à leurs questions, ils cherchent ailleurs; imaginant trouver des réponses dans les produits de l’industrie XXX.

Pas un phénomène isolé

La consommation adolescente de pornographie n’est pas un phénomène isolé. « En effet, 99,9 % des adolescents en ont regardé plusieurs fois », s’alarme Michela Marzano. Nul besoin d’être un crack de l’informatique ou d’avoir des contacts pour se rincer l’oeil. Il est facile d’en trouver. Les sources sont nombreuses. Que ce soit à la télévision, sur les chaînes spécialisées auxquelles leurs parents sont abonnés, dans la vidéothèque particulière de ceux-ci, sur Internet ou dans les sex-shops, le choix est vaste.

Ce qui inquiète également la chercheuse, c’est la précocité du premier contact. Selon l’étude qu’elle a menée, 58 % des garçons et 45 % des filles ont vu leur premier film porno entre 8 et 13 ans. « L’accès est trop facile, ils tombent souvent par hasard sur ces images », prévient-elle.

Alors qu’ils n’en sont qu’aux balbutiements de leur vie amoureuse, le principal danger de ce contact virtuel avec le sexe est une distorsion de la réalité.

Près de 68 % des adolescents regardent de la pornographie par curiosité ou en croyant qu’ils pourront apprendre quelque chose. « La pornographie est devenue une source de renseignements. Mais c’est faux, prévient-elle. Il s’agit d’une représentation stéréotypée et codifiée de la sexualité. »

Résultat: il n’y a plus de liberté propre à la masculinité et à la féminité. « Les bases de la sexualité reposent sur la capacité d’avoir des fantasmes. Mais ils oublient ou ne savent pas qu’ils peuvent aller au-delà de ce qu’ils ont vu. » L’imaginaire sexuel est alors bloqué.

Risque de déconvenues

Filles et garçons ne réagissent pas de la même façon. Constatant le plaisir que semblent tirer les actrices de leurs relations sexuelles, les filles peuvent avoir l’impression que leur partenaire ne les satisfait pas pleinement. Mais l’évidente exploitation de la femme comme objet les embarrasse. « Les adolescentes ne savent alors plus à quoi s’attendre de la sexualité. »

Les garçons, quant à eux, font une distinction entre la fille facile (des vidéos) et celle qu’ils veulent aimer. Considérant le sexe comme quelque chose de sale (qu’ils associent aux filles aux moeurs légères), ils peuvent avoir de la difficulté à vivre une relation amoureuse épanouie.

L’adolescent qui a « appris » par la pornographie risque aussi d’avoir des déconvenues lorsque le « grand jour » viendra. Se fiant à ce qu’il a vu, il sera surpris quand sa partenaire lui refusera ce qu’il croyait normal. « Il peut alors vouloir s’isoler ou forcer la relation par la violence. »

Il y a également un risque de banaliser des comportements extrêmes. Les scènes de viol collectif sont traitées comme la normalité. « Ça peut amener l’adolescent à ne plus se rendre compte que ce qu’il fait n’est pas normal. »

L’effet pervers de la distorsion de la réalité que provoque la pornographie est entretenu par l’aspect réel des films. Les adultes qui consomment de la pornographie savent que ce qu’ils regardent n’est pas une représentation de la réalité. L’affaire est plus délicate dans le cas des apprentis amoureux. La pornographie laisse planer une ambiguïté. Fiction et réalité y sont mélangées.

Même si les adolescents savent qu’il s’agit d’un film, ce n’est pas suffisant. « Comme on voit les parties génitales et même l’éjaculation, qui sont réelles, cela amène de la confusion. » L’histoire serait fictive, mais les relations sexuelles conformes à la réalité.

Les parents sont rarement considérés par leurs enfants comme la ressource à aller consulter quand vient le temps de trouver des explications sur la sexualité. Mais si leur enfant leur pose des questions à ce sujet, il ne faut pas qu’ils tombent dans la censure, croit Michela Marzano. Ils doivent avoir l’honnêteté de répondre.

Les adultes doivent les aider à faire la part des choses entre la réalité et la fiction. Ils doivent leur apprendre que le désir n’est pas une sorte de besoin. « Ce n’est pas comme un morceau de pain que l’on mange et élimine par la suite. Le désir, c’est de se rendre compte qu’on a un manque et que l’autre est là pour nous accompagner. » Les adolescents vont vers la pornographie pour se renseigner. Il faut donc les rassurer en les informant, « mais sans se limiter au biomédical. Ils veulent surtout qu’on les rassure sur leur façon de se comporter avec les autres. »

Mais attention: « Il n’y a pas de recette. » Si on en proposait une, on retomberait dans le piège de la porno en fixant des limites à ce que doit être la sexualité. ”

Alice au pays du porno. Ados: leurs nouveaux imaginaires sexuels, Questions de familles, Éditions Ramsay, 2005, 250 pages.

Source : Cyberpresse.

Par Valmont le 29.09.2007 @ 7:16 am

En tombant sur cette confession d’une soumise au hasard d’une googlerie, ça m’a donné envie de remettre en ligne une séance… de clavardage avec salomé, soumise de Mastermind (l’est-elle encore ?) et auteure du récit Soumise paru en 2002 aux Éditions Blanche. Je laisse tels quels les peudonymes des personnes ayant participé à cet événement, y compris le mien :- )

Ce compte-rendu est paru initialement dans le site www.cercleO.com en 2002.

Soumise par SaloméLe samedi 14 déc. 2002 @ 16h (hre du Québec) dans la salle MSN de la cellule 7.

Cette séance de clavardage est une initiative de www.cercleO.com réalisée en collaboration avec la cellule 7 et le magazine Corps et Âme.

Compte-rendu de la séance de clavardage

[Note de Valmont : le clavardage étant ce qu’il est, j’ai cru bon corriger les coquilles et l’orthographe des interventions, tout en conservant une bonne part de la ponctuation utilisée.]

Première partie : entrevue classique avec soumise_salomé, un à un.

Cellule_7 : Bonjour et bienvenue soumise_salomé. La salle accueille présentement mlle salomé dans le cadre d’une séance de clavardage. Pour le moment, vous êtes SPECTATEUR! Un animateur de la salle viendra vous voir en privé sous peu.

soumise_salomé envoie un aparté à Valmont_nohemie : Bonjour… fin prête et juste à l’heure…
soumise_salomé envoie un aparté à Valmont_nohemie : Allo le knada, je fais quoi? ça fonctionne ou pas? À quelle heure commence-t-on?
Valmont_nohemie : mlle salomé, héhéhé vous pouvez retirer le privé car vous ne me parlez qu’à moi présentement :-)
soumise_salomé : Ok c’est fait

Valmont_nohemie : on va régler quelques menus détails puis on commencera
°sattine©°7 :je suis prête également
Valmont_nohemie : mlle sattine, est-ce que les gens pourront entrer comme ça tout bonnement?
soumise_salomé : Ca me rappelle la TV française )) je vais faire une p’tite sieste et je reviens )
°sattine©°7 : les gens peuvent entrer mais seront automatiquement en mode Spectateur
Valmont_nohemie : et auront une paire de lunettes en entrant?
°sattine©°7 : oui M. Valmont
Valmont_nohemie : d’accord

Valmont_nohemie : alors… la sieste a été bonne mlle salomé?
soumise_salomé : Rapide…. et furtive !
Valmont_nohemie : ça ressemble à un bel élan de cravache, ça…
soumise_salomé : demain, demain, mon Maître a prévu 1 coup de cravache par faute de … frappe. Il fait les comptes.
soumise_salomé : fotr deux frape disé jeux….

Valmont_nohemie : pour casser la glace mlle, et comme ce n’est pas tout le monde ici qui a lu votre bouquin, j’aimerais que vous vous présentiez
Valmont_nohemie : avec le max de fotes de frappe évidemment…

soumise_salomé : Salomé, 30 ans, soumise depuis neuf ans à mon Seigneur et Maître Master Mind, française vivant près de Paris.
Valmont_nohemie : avec une tite pitchoune pour égayer l’après cravache :-)
soumise_salomé : Avec effectivement une p’tite crapule de 6 ans qui attend impatiemment la venue du père Noël …
soumise_salomé : Ok c’est noté (2 coups de cravache supplémentaires au compteur).

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Par la secrétaire de Monsieur le 28.09.2007 @ 5:33 am
Par Valmont le 27.09.2007 @ 9:26 pm

Avant même d’entrer dans l’autobus, nos regards se croisent. Elle est assise aux premières loges, sur le premier banc. Il n’y a personne « au fond ». Une brunette dans la cinquantaine, une grande échalote. Que dis-je, une longiligne tige de lavande.

tige de lavandeJ’acquitte les frais de transport, pivote sur moi-même et jette un 180 degrés vers les usagers. L’autobus est plein.

Elle prend la place « du fond » et m’invite dans un non-dit empli de sourire méridional à prendre place à ses côtés. Je lui souris à mon tour, m’assois, et la remercie. Je tente d’organiser mon espace, sac et manteau, tout en tentant de déposer mon café à mes pieds pour mieux manoeuvrer.

« Je peux faire la table, » lance-t-elle, en se penchant vers moi, tendant la main.

Je lui répond du tac au tac : « Bonne idée. Attendez, prenez cette serviette car c’est chaud, voilà. »

Elle poursuit : “Ce geste me rappelle une sculpture, les mains comme ça, le corps prenant une posture…”

Tout son corps vibre d’un accent provençal qui réveille de vieux souvenirs. Un frisson de plaisir parcourt mon échine. J’adore ces impromptus chantants.

Je stabilise mes trucs, m’asseoit bien confortablement, je saisis la tasse.

- Votre propos me rappelle ce sculpteur qui a influencé Kubrick dans son film Orange mécanique. Comment il s’appelle encore… ah oui, Allen Jones, un britannique excentrique. Ses sculptures sont de très curieux meubles. Dans le film, il y a des scènes dans un bar à lait… oui oui, on n’y sert que du lait. Dans ce bar, on y voit des sculptures et des tables qui sont en fait des créatures humaines peinturées de blanc et dans toutes sortes de postures équivoques. C’est un très beau concept. Très chaud.

- Oui tout à fait.
- Heureusement qu’on n’y sert pas d’alcool !


Elle enchaîne :

- C’est tout de même une curieuse manie qu’ont les gens de boire debout.

Je ris.

- En fait, cette tasse est le résultat d’un 15 minutes de plus passés à la maison. Et ensuite, on court.

Je lui tends la tasse.

- Les gens mangent et boivent en marchant ici, c’est drôle. En Europe, on préfère le boire à la maison ce café.
- Prendre le temps de faire les choses plus lentement… déguster ce qui s’offre à nous… oui…

Nous parlons de Marseille, sa ville de naissance. De la Provence où je déménagerais demain matin sans problème pour y passer le reste de mes jours. De fouilles archéologiques que j’y ai faites dans deux obscurs villages le long du Rhône, il y a vingt ans. De mon jour de marché à Orange… Elle lance : « ils sont frais mes poissons, ils sont frais ». Nous rigolons comme des légionnaires de la XIIIe légion romaine qui se retrouvent.

Elle est massothérapeute, au Québec depuis dix-huit mois. Fiévreuse d’être rejoint par son fils sous peu. Sa fille habite déjà avec elle. Nous devisons sur l’hiver et ses plaisirs, de langues et d’accents. De respect des différences. D’accommodements raisonnables, du caractère paisible de ce pays, tout en contraste avec celui d’où elle vient, dit-elle. Toujours ce phénomène de l’herbe plus verte chez le voisin. Je la sens détendue, pourtant je la vois jouer nerveusement des doigts et des ongles. Déformation professionnelle ?

- Je dois vous dire une chose (je la regarde dans les yeux) : quand je me suis réveillé tantôt, je n’avais pas prévu parler de table humaine dans l’autobus ce matin ! Et encore moins d’en avoir une à ma disposition !

Elle rit.

Merci Marseillaise de cette incandescente conversation.

Photo : carto.net.

Par liberté{+} le 26.09.2007 @ 9:56 am

Je m’exprime en tant que soumise. Je suis davantage soumise psychologique que masochiste. Je suis bien consciente que cette soumission a un lien direct avec l’éducation que j’ai reçue.

En grandissant, je suis devenue plus subtile et plus rationnelle dans mon indépendance, dans mon besoin d’obéir.

Les soumises conservent leur besoin de dépendance longtemps après que soit révolue l’étape de leur développement où ce besoin est normal et sain. À l’insu des autres — pire, à notre insu —, nous portons en nous la dépendance comme une maladie qui nous immuniserait de la prise en charge, qui nous éviterait de nous prendre en charge. Elle nous accompagne depuis notre enfance cette dépendance et nous l’insérons dans notre vie professionnelle et dans ce “compromis” adéquat qu’est le mariage.

Les femmes, particulièrement les femmes soumises, sont des créatures qui ne vivent qu’en fonction de la relation à l’autre. Elles donnent et ont besoin de recevoir. On nous l’a seriné des années durant : c’est dans notre nature.

Voici votre boisson, Maître

Photo : Suze Randall.

Dans le domaine de l’amour, il me faut être très vigilante dans le choix de mon compagnon. Je dois le choisir dans le but de me partager dans la joie, et non le choisir à cause de mon besoin compulsif et indiscriminé d’être aimée, désirée, approuvée, prise en charge.

C’est aussi ce même besoin qui me pousse à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter les disputes, la désapprobation, les regards sévères, la colère de l’autre. C’est aussi le même besoin qui me cache le fait que tout le monde n’est pas gentil et digne de confiance dans la vie, si bien que je m’effondre dès que l’on est méchant ou hostile avec moi. C’est ce même besoin enfin qui me fait prendre la “seconde place” et endosser automatiquement les reproches. Là, je ne suis plus qu’à un pas du syndrome de la ” pauvre-petite-chose-que-je-suis”.

Je suis de ces femmes mues par la compulsion de me mettre derrière, finissant par endommager mes capacités. Dans une certaine mesure, je deviens ce que je me pousse à devenir moi-même : excessivement vulnérable.

Les séances BDSM me permettent de voir comment je contribue à ma faiblesse et à ma vulnérabilité, comment je nourris et défends ma dépendance profonde. Elles me permettent aussi, lentement et paradoxalement, à me sentir plus forte.

Durant les séances, j’affronte mes conflits intérieurs, je trouve mes propres solutions et je gagne de la liberté et de la force intérieure. Un phénomène remarquable se produit, mon énergie grandit — celle qui se perdait jusque là dans la “fuite d’énergie”—, quand je m’épuisais à refouler les aspects de ma personnalité que je trouvais inacceptables ou effrayants.

En séance, je n’ai plus besoin de défendre ou de protéger cette énergie. Elle devient alors disponible et positive. J’ai moins peur de moi-même. J’ai envie de jouer, je me sens pleinement vivante, plus libre que je ne l’ai jamais été d’exercer des choix, d’accepter ou de refuser en fonction des désirs de mon vrai moi. Je vis mon authenticité lors de ces séances, et ce sont toujours des moments très intenses. Je me sens si bien, si sûre de moi parce que je sais que je peux être moi-même, être aimée pour ce que je suis.

la femme-table se regarde dans le miroir, oeuvre du britannique Allen JonesJ’acquiers cette soumission, cette liberté intérieure. Paradoxalement lors de ces séances je dois renoncer à ma dépendance. Je dois agir, accepter, prendre des initiatives ne serait-ce que dans le fait de choisir. Enfin je suis libre d’aimer à ma façon parallèlement que j’apprends à m’aimer.

Photo : Allen Jones.

Je n’ai jamais trouvé cela dans une relation sexuelle dite “vanille”.

J’aurai toujours besoin des séances BDSM. Pour me connaître, comme je le décris plus haut. Pour le jeu, le plaisir, pour la possibilité de me dépasser dans mes fantaisies, pour le plaisir et le besoin de donner à l’autre.

Ma jouissance est aussi cérébrale que physique. Une relation sexuelle vanille me permet la jouissance physique, mais très peu la jouissance cérébrale.

Il y a plusieurs années maintenant, j’ai choisi le BDSM comme mode de vie, comme philosophie, comme un médium d’apprentissage. Je ne pourrais être très longtemps sans cette façon de vivre, de voir la vie. Sans cette façon d’aimer et d’être aimée. C’est un choix qui me rend pleinement heureuse et sereine.

Il y aura toujours danger de la vie routinière dans le couple, qu’il soit BDSM ou vanille. Il y aura toujours danger aussi de transformer le couple BDSM en couple vanille, avec les mêmes valeurs et façon d’agir, ses principes que nous avons toujours connus. J’ai fait le choix de fuir cette façon de vivre et de penser. À tous les jours cette vieille éducation revient. Je dois la dépasser, y prendre garde, car se serait la facilité et la fuite que d’agir en personne vanille.

Pour vivre de façon BDSM, cela demande une imagination débordante, une écoute de part et d’autre, une authenticité sans faille.

Vivre BDSM c’est se dépasser continuellement. Il est normal pour moi et pour mon compagnon de vivre des temps d’arrêt, mais ces temps d’arrêt sont là pour nous ressourcer, nous comprendre, écouter le cheminement de l’autre. Ces temps d’arrêt sont riches d’enseignements et emplis de BDSM cérébral. Le BDSM demeure toujours présent entre nous, que ce soit par des séances, des jeux, ou tout simplement dans notre façon de communiquer, d’aimer l’autre. Le BDSM est présent dans chaque demande, dans la façon de s’adresser à l’autre. Je ne parle pas ici spécifiquement de vouvoiement, mais dans la façon de prendre les décisions et d’agir.

Le BDSM pour moi ne se résume pas à la sexualité. Il est partout dans notre vie, la sexualité en est le cadeau.

Par Valmont le 24.09.2007 @ 7:39 am

Ce texte sur le subspace, dont on n’a pas trouvé de mot équivalent satisfaisant en français pour le moment, trouve sa source dans le défunt site de gwenda, un artisan important de la scène bdsm internet québécoise. Son texte s’inspire d’un texte en anglais intitulé Sub Space de Mistress Steel.

J’aimerais bien un jour connaître les sources utilisées par Steel qui lui permettent d’en arriver à ses assertions.

J’ai laissé le texte tel quel, sauf la correction de quelques coquillettes ici et là.

Dom : La personne dominante, maitre ou maitresse.

sub : La personne dominée, soumis ou soumise.

Le subspace est un état intensif physique et psychique atteint par la personne soumise pendant ses interactions avec son dominant.

Cette interaction va au delà des plaisirs physiques et psychologiques habituellement éprouvés. Pendant cet état, le sub expérimente une surdose chimique d’endorphines. La quantité d’endorphines secrétées intensifie la circulation sanguine généralement.

Le but de la plupart des subs est à la sensation protégée, voulue et contrôlée, de sorte qu’ils puissent tomber dans le subspace.

Le sub devient doux, affectueux et tendre, et très heureux. Cela prend habituellement du temps et de l’expérience pour que le sub puisse s’abandonner au dom et atteindre le subspace. Le point important pour atteindre le subspace est la confiance entre le dom et le sub.

Les sensations que les subs ressentent sont purement le plaisir, donc n’importe quelle douleur infligée (c.-à-d. des flagellations, des coups, l’électricité, etc.) est alors transféré à leur cerveau comme du plaisir.

C’est pour cette raison même que la confiance est primordiale.

Pendant cet état de subspace de différents niveaux, le sub peut ou ne peut pas pouvoir dire son veto ou même ne pouvoir articuler des mots. Le sub sera dans un état de transe, incapable de distinguer le danger.

La confiance est un ingrédient principal dans la réalisation du subspace, la communication entre le dom et le sub est importante et doit être précise. S’ils sont cependant incapables de communiquer, la confiance devient le facteur principal.

La méthode la plus souvent utilisée est celle du fouet progressif, pour permettre à l’endorphine de transformer la douleur en plaisir.

L’intensité des coups sera alors augmentée progressivement pour garder le seuil de plaisir. La progression des coups s’obtient par la diversité des instruments utilisés en partant de martinet doux à fort, battoir (paddle) doux à fort, pour terminer optionnellement avec une cravache ordinaire, une canne ou une cravache à fil.

Il y a quelques niveaux de base de subspace.

TOP SPACE

Le sub est en plein contrôle de lui-même et agit comme bon lui plait.

MARGINALLY DOWN SPACE

Cet espace se produit quand le dom dirige l’attention du sub.

Ceci peut se produire aussi délicatement qu’un regard, un contact léger, un petit bruit ou n’importe quelle combinaison de ces derniers. Le sub est en continuelle attention, souvent par le regard ou l’audition de la prochaine commande venant du dom.

Si l’interaction entre dom et sub est recherchée, il est préférable de rester dans cet espace.

Aux deux prochains niveaux de subspace, le sub est incapable de transmission, étourdi et incapable d’articuler le plus simple des mots.

BLONDE SPACE

Dans cet état, le Q.I. du sub tend à diminuer progressivement, mais revient à la normale à la fin de la séance. Il se sent devenir plus lent mentalement.

À ce moment le sub ne peut pas distinguer le danger, incapable d’utiliser un veto car il lui est devenu incompréhensible. Encore, une autre raison pour laquelle la confiance du dom est essentielle.

Le sub ne peut pas penser pour lui-même, incapable de décider s’il en a assez, s’il est temps d’arrêter. C’est dans cette situation que le dom devra utiliser son jugement.

PRIMAL SPACE

Parfois les doms et les subs pénètrent dans cet état ou le sub perd sa nature soumise. Tandis qu’à ce niveau, la volonté du sub tend à reprendre son comportement normal. La volonté du sub diminuant beaucoup sa nature docile, celui-ci devient primitif comme un animal, dangereux, puissant.

La parole ne vient plus par des mots compréhensibles mais par grognements comme des tonalités et des bruits. Le sub se connecte sur le langage primitif du corps, devenant un prédateur, se soumettant à peine. Si le sub sent la faiblesse, tout comme un félin en panique, il essaie de se libérer du dom. Dans cet état, il est préférable pour la sécurité du dom de ligoter le sub.

Les subs peuvent connaître un degré variable de ces niveaux tout en éprouvant le subspace, mais ils seront tous d’accord pour dire que c’est une sensation merveilleuse, de flotter et de se trouver dans un plaisir constant. Le subspace tend à intensifier les sens. En raison de ce plaisir, les subs seront à la recherche d’un état plus profond, suppliant souvent leurs doms de les envoyer plus loin.