Pour être accepté par le “milieu” BDSM, pour y faire sa place, nous devons nous conformer aux normes établis en BDSM. Les comportements sont beaucoup plus conditionnés par les normes en vigueur qu’on ne le pense; par le consensus, par cette culture underground du « Tout le monde le fait ainsi, fais-le donc ».

Mais jusqu’où peut-on se conformer sans perdre son autonomie et sa liberté ? C’est là la question. La pression exercée par le milieu est telle qu’il est difficile de s’y soustraire, même relativement, sans être perçu comme “déviant” et risquer l’exclusion.

La société tolère mal que nous soyons différent de la norme, que l’on choisisse de vivre différemment.

Dans le monde BDSM, cela est encore plus criant.

Tout est conçu dans ce monde underground de telle sorte qu’il faille se conformer, se dépersonnaliser, s’adapter … Cela est criant des deux côtés. Un « vrai » dominant fera ceci ou cela. Une « vraie soumise dans l’Âmmmmmme » agira de telle façon, elle apprendra cela, elle exaucera tous les désirs de son “Masterrrrrr”, sous peine d’être traités de « faux » et de « fausses » et d’être ainsi rejetés par cette même communauté qui… prône l’acceptation de la différence.

Nous assistons à un cocooning BDSM, c’est-à-dire à une façon de vivre au milieu de son confort, préoccupé par son seul bien-être, d’un repli sur soi, d’un refus d’assumer la responsabilité de ses choix.

Le BDSM est-il devenu seulement « voyeur » et non plus acteur de nos vies?

J’ai de la difficulté à croire que les personnes BDSMistes préfèrent se contenter d’un rôle de figurant au rôle principal de leur propre vie.

Choisir une sexualité alternative comme le BDSM, c’est accepter d’être rejeté, mis à part de la société. Et cela je le savais dès le départ, au moment de mon choix.

Ce que je ne savais pas, c’est que cela voulait dire aussi être mis à part du « milieu » si tu n’obéis pas au code et règles de vie et comportements. Alors même que l’on affiche sa marginalité, que l’on exige le respect de sa différence, à l’intérieur même de cette micro-société, on exige la normalité et le conformisme.

M. Jacques Languirand exprime très bien la différence et l’excentricité dans ce passage :

« L’initié, c’est celui qui a le courage de mourir à l’être collectif, à l’être indifférencié, pour naître à l’être individuel; qui a le courage d’être autonome et d’affirmer sa différence en ne craignant pas d’agir, de penser, de vivre autrement que tout le monde; qui a le courage de se définir en dehors de la norme et d’être libre.

Si vous êtes conformiste dans votre manière d’être, d’agir et de penser, il est grand temps que vous mettiez fin à ce comportement dangereux pour votre équilibre tant physique que psychique. Surtout si vous aspirez à demeurer jeune longtemps ! Devenez donc créateur de votre vie. Ouvrez-vous à ce qui est différent. Faites preuve d’imagination et comportez-vous autrement. Votre salut est dans la folie… À la rigueur je consens à dire : dans une certaine folie.

Car les gens vieillissent comme ils ont vécu. Si aujourd’hui vous pensez toujours comme tout le monde, si vous agissez toujours comme tout le monde, bref, si vous êtes comme tout le monde : conformiste, terne et plat, vous le serez de plus en plus en prenant de l’âge; vous vieillirez comme tout le monde et vous mourrez d’ennui – comme à peu près tout le monde.

Il est donc capital, à l’occasion, de transgresser les règles. À la condition, bien sûr, que ça ne fasse de tort à personne. Transgresser les règles est une expérience libératrice.

Être libre c’est être différent de tout le reste. Être différent, c’est être vivant.

La vie se manifeste dans la diversité. Étonnez-vous les uns les autres ! Soyez différents les uns des autres mais soyez-le rapidement avant que nous ne mourions tous d’ennui… Naissez à vous-mêmes ! Soyez vivants !»

Chacun de nous à des valeurs fondamentales qui constituent sa personnalité et qui ne peuvent être détruits, pas même par amour.

Si vous n’êtes pas Vous, qui le sera?