Ce texte date de février 2006.
Monsieur demande :
« Suite à une remarque intéressante , j’aimerais savoir si le sujet de la possession a déjà été abordé sur ce forum : Les Dominants ont-ils toujours ce grand besoin qu’une femelle leur appartienne? »
Les personnes qui me connaissent bien, savent que je suis une inconditionnelle de l’Amour. Je vous fais parvenir un texte sur le désir d’être possédée. Il traduit ma pensée, bien mieux que je ne saurais le faire. J’aimerais m’excuser auprès l’auteur de ce texte, je n’ai malheureusement pas conservé le lien, mais si quelqu’un connaît l’auteur, je serais très heureuse et reconnaissante de redonner à César ce qui appartient à César.
Le désir d’être possédée
“Le “féminin” de la femme réside dans le dépassement, toujours à reconquérir.
Son moi déteste, hait la défaite, mais son sexe la demande, et plus encore, l’exige.
Il veut la chute, la défaite.
Tout ce qui est insupportable pour le moi est précisément ce qui contribue à la jouissance sexuelle : à savoir l’effraction, l’abus de pouvoir, la perte du contrôle, l’effacement des limites, la possession, la soumission, bref, la “défaite”.
L’énigme féminine se définit ainsi : plus elle est blessée plus elle a besoin d’être désirée; plus elle chute, plus elle rend son amant puissant; plus elle est soumise, plus elle est puissante sur son amant. Et plus elle est vaincue, plus elle a de plaisir et plus elle est aimée.
La défaite féminine c’est la puissance de la femme. Une femme libidinale, dont le sexe exige d’être vaincu, possédé, mais dont le moi, le narcissisme anal déteste, hait la défaite ? Un sexe qui dit « ouvre-moi ! », tandis que le moi dit « tu ne m’arracheras rien ! », ou « rien de ce que je ne veux pas te donner !
Ce masochisme, chez la femme, est celui de la soumission à l’objet sexuel.
Il dit « fais de moi ce que tu veux ! », à condition d’avoir une profonde confiance en l’objet.
L’amant de jouissance investit le masochisme de la femme en la défiant, en lui parlant, en lui arrachant ses défenses, ses tabous, sa soumission. Parce qu’il lui donne son sexe et la jouissance, donc un plaisir extrême, et parce qu’il élargit infiniment son territoire de représentations affectées, la femme sollicite de lui l’effraction et l’abus de pouvoir sexuel.
Ce masochisme érotique est donc le gardien de la jouissance sexuelle. Il est aussi, comme le dit Freud, le meilleur « gardien de vie »
La femme se soumet par amour. Elle ne peut se donner pleinement sans amour. C’est pourquoi elle est plus exposée, comme le dit Freud, à la perte d’amour. C’est ce qui pose sa dépendance et sa soumission à la domination de l’homme dans la relation sexuelle. Mais la jouissance sexuelle, mêlée de tendresse, apporte un tel bénéfice de plaisir que l’ « âme en peine » peut devenir une « âme en joie ».
Une femme sait quand on la désire constamment, c’est ainsi qu’elle se sent aimée. Elle sait aussi qu’une relation sexuelle à poussée constante ne s’use pas, et qu’elle creuse de plus en plus son féminin. L’homme va aussi se sentir dominé par la capacité de la femme à la soumission, à la réceptivité et à la pénétration. Plus la femme est soumise sexuellement, plus elle a de puissance sur son amant. Plus loin l’homme parvient à défaire la femme, plus il est puissant.”

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“Plus la femme est soumise sexuellement, plus elle a de puissance sur son amant. Plus loin l’homme parvient à défaire la femme, plus il est puissant.”
Bonjour, je suis très en phase avec ce texte (dont j’ignore l’auteur)dans quel sens le mot “défaire” doit-il être interprété selon vous? Se défaire d’elle (s’en éloigner)? ou la défaire, tellement la posséder, la faire jouir, qu’elle en est encore plus soumise, jusqu’à en être amoureuse au-delà du possible?
Bien à vous,
Comment par Theman — November 19, 2007 @ 2:28 pm
Donc, dit d’une autre façon, c’est l’aider à se défaire de ce qu’elle était avant d’être une Soumise, pour se refaire plus grande, plus belle, bref s’épanouir?
Voilà le sens auquel j’adhère!
Comment par Theman — November 20, 2007 @ 9:26 am
>Pour moi défaire la femme tel que décrit dans ce texte, c’est amener la femme à l’épanouissement de sa féminité, dans l’amour, la tendresse, la sensualité.
Ce que vous décrit ici me semble n’être qu’un chemin parmi d’autres dans la manière de défaire la femme.
Devant une soumise qui se sert déjà de son corps et de ses charmes pour aller le chercher et le conquérir cet amour des hommes, cette attention des doms, qui se sert déjà de sa féminité et de sa sensualité comme armes de manipulation massive, l’un pourrait être tenté de la défaire en reniant ces aspects. En prenant le contrepied de ses pouvoirs “naturels”.
Comment par Valmont — November 21, 2007 @ 12:03 am
l’auteur du texte est jacqueline schaeffer dans “le refus du feminin”
Comment par zerbib celine — April 10, 2008 @ 9:22 am