J’entends déjà certains lecteurs bénévoles s’exclamer : le raffinement, c’est quoi le rapport avec le BDSM ?
Déjà que plusieurs considèrent cercle O comme un endroit parfait pour… les débutants car… “théorique”… avant de passer aux “vraies choses”… les vraies choses… qui sont les techniques, je suppose ? Les z’activités ? Ah celles qu’on retrouve dans une liste que l’on coche et que l’on remet la veille d’une première séance avec une soumise croisée dans une salle de clavardage une semaine auparavant ?
Certes, se lancer dans le ligotage en suspension requiert de la technique, un savoir-faire.
Fouetter une soumise avec une lanière de 12 pieds demande de la pratique et de la ténacité… et d’avoir bien nettoyé ses verres de contact.
(Je me râcle la gorge pour la forme.)
Le raffinement, donc.
Il est vrai que là, c’est plus une question de style que de principes.
Le raffinement peut très bien se passer du bdsm et vice-versa. La ruelle a sa puissance de feu.
Il faut dire aussi qu’il y en a marre de l’univers glauque que l’on voit le plus souvent dans les espaces bdsm. Je suis assez tanné de croiser ces lampes torchères sur fond noir avec des textes écrits en 36 points, comme si cela était l’emblème phare de ces pratiques en marge.
Certes, le mauvais goût a droit de cité.
Le bdsm est encore trop souvent présenté comme ne pouvant être soluble que dans le cuir et le pvc, dans ce nuage informe qui mêle allègrement rédemption, punitions.. et tout ce fatras sémiologique issu de l’univers proprement sado-masochiste qui prend plus de place que requis… et qui rebute une majorité de gens que les promesses de l’abandon allument.
Le raffinement, donc.
En novembre dernier, suite à ma première sortie publique en quatre ans, je suis “tombé” sur le Traité sur le raffinement de Malek Chebel, un anthropologue doublé d’un psychanalyste dont les propos échangés sur son Kama-Sutra arabe avec Le Bigot m’avait séduit il y a quelques lunes.
Je me sens très en phase avec cette pudeur toute érotique.
« Le raffinement est une sensation vivante qui précède le mouvement grâce à une excitation toujours renouvelée de la promesse à venir. »

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Cher Valmont,
Comme souvent vous soulevez les justes sujets.
Complètement en phase avec vous, et encore plus avec cette citation que je découvre.
Je vais même plus loin encore : si la vision du collier autour de ma soumise actuelle peut provoquer des montées d’adrénaline puissantes (de testostérone?), la voir se comporter comme une soumise couverte de chaînes…sans aucune entrave réelle, est un plaisir infini.
Mais ce raffinement ne me parait possible que lorsque Maitre et soumise ont franchi de nombreux degrés de l’échange des pouvoirs, au point qu’un souffle, un regard, suffisent à “matérialiser” le processus. Sans même qu’aucun accessoire en soit utile.
De l’esprit.
Comment par Theman — December 17, 2007 @ 7:42 am