Petitcollin encore :

“Il est à noter que les jeux psychologiques servent également à éviter soigneusement toute solution constructive aux problèmes qu’ils soulèvent. Cela se comprend lorsqu’on sait que les problèmes évoqués lors des jeux ont pour fonction d’alimenter notre besoin d’échanges.

Ce garage en désordre est une vraie bénédiction. Que de belles parties nous nous sommes offertes grâce à lui! Ce serait une catastrophe que mon mari finisse par le ranger. C’est pourquoi ma demande sera toujours formulée de façon à attiser sa rébellion, plus qu’à lui donner la motivation de s’y mettre.”

Pour ceux qui seraient de croire que ces jeux ne s’appliquent qu’aux autres :

“Comme le jeu est involontaire, répétitif, prévisible et pourtant surprenant, nous le prenons souvent pour une simple communication ratée. Son aspect confus et ambigu nous donne l’impression qu’il est inévitable, et surtout qu’il a été généré par l’autre. Plus ou moins long, plus ou moins désagréable, le jeu nous fait mobiliser nos comportements les plus négatifs.”

Ou encore ceci :

“Un coup d’envoi, des enjeux, des règles codifiées… tout y est pour parler de jeu. (…) Ainsi, à chaque fois que vous vivez une relation négative, décourageante et frustrante, il y a fort à parier que vous vous êtes fait entraîner dans un jeu de triangle.

On peut même parler de jeu de rôles car vous retrouverez dans les instigateurs de vos difficultés, un des profils suivant :

Une victime : elle est pure et innocente, passive et impuissante, plaintive et pitoyable mais étrangement gaffeuse et souvent exaspérante.

Un bourreau : critique et dévalorisant, blessant et cruel, menaçant voire violent, il est en overdose d’une frustration qu’il cherche à évacuer sur… une victime innocente, bien sûr.

Un sauveur : bon et généreux, fort et altruiste, protecteur et infantilisant, mais surtout très culpabilisant. « Avec tout ce que j’ai fait pour toi! » est son leitmotiv.

Bref, la victime apitoie, attire, énerve, excite.
Bref, le bourreau attaque, brime, donne des ordres et provoque la rancune.
Bref, le sauveur étouffe, apporte une aide inefficace, crée la passivité par l’assistanat.

Vous êtes peut-être déjà en train de vous demander quelle est votre place dans ce triangle, et vous vous êtes probablement reconnu partiellement dans les trois rôles. C’est normal, car si nous avons tous notre rôle préféré pour entrer dans le jeu, nous allons nous faire voler notre place, à un moment ou à un autre, comme au jeu des chaises musicales.

À partir du moment où on se laisse embarquer dans le triangle, on va alternativement passer par les trois cases et jouer les trois rôles.”