L’expression des sexualités alternatives est devenue un véritable fourre-tout. Si plusieurs personnes mangent à tous les rateliers (rien ne les en empêche, nous vivons dans des temps libres), rien ne différencie plus un amateur de bdsm d’un amateur d’échangisme d’un amateur de parade de mode. Réunir ces trois-là dans la même pièce entraîne des conflits regrettables dont on pourrait très bien se passer.
Ce n’est pas parce qu’on porte du cuir ou que notre cou est orné d’un collier de chien, que nous pratiquons les échanges de pouvoirs.
De la même manière que ce n’est pas parce que nous sillonnons les routes sur une rutilante Harley-Davidson of a bitch que nous sommes de facto membre d’une organisation criminelle.
Depuis une bonne vingtaine d’années, la mode des grands couturiers emprunte allègrement à l’imagerie bdsm sans partager aucune de ses pratiques, sauf à de très rares exceptions, souligne Mona Sammoun dans Tendance SM – Essai sur la représentation sadomasochiste, publié à La Musardine en 2004. Cela génère par le fait même des malentendus et des incompréhensions chez les gens qui abordent le bdsm. Par la force des choses, beaucoup en arrivent à confondre le signe et la pratique.
Il est si facile de se laisser tromper par les apparences.
« Dans la liste des comportements sexuels répertoriés par Krafft-Ebing, le fétichisme apparaît entre le sadisme/masochisme et l’exhibitionnisme. Il est caractérisé comme la “prédilection prononcée pour une partie déterminée du corps de l’autre”.
Comme cela est bien expliqué dans Le Fétichisme dans la collection Que sais-je? de Paul-Laurent Assoun, l’usage de ce mot est d’abord ethnologique : “L’enquête historique révèle l’élaboration progressive d’une conception de la croyance aux fétiches entre la seconde moitié du XVIe siècle – date ou le terme ‘fétichisme’ s’impose.” D’origine portugaise, le mot est inventé en France par de Brosses en 1750. Il se réfère au “culte… de certains objets terrestres et matériels appelés Fétiches chez les Nègres africains, parmi lesquels ce culte subsiste, et que pour cette raison, j’appellerai Fétichisme”.
Ce mot désignait pendant longtemps “un comportement social religieux primitif”, il subira une mutation au début du vingtième siècle pour indiquer “un comportement individuel sexuel moderne”.
Redéfinie par Freud, la notion de fétichisme allie les deux origines, ethnologique et sexologique, produisant un concept psychanalytique concernant aussi bien une réinterprétation de la perversion sous son angle pathologique qu’une définition de quelque chose d’essentiel propre à l’amour dans un comportement normal. »
Aujourd’hui, quand une personne aborde le bdsm et cherche autour d’elle les signes de cette présence, elle croisera ici et là des annonces du type “bar fetish”, “soirée fetish”, “fetish night”, “Latex Night”. Elle y verra plus souvent qu’autrement des femmes aux formes étourdissantes que moulent des tenues affriolantes où règnent le cuir, le latex et le pvc, et où les uniformes et le look gothique sont à l’honneur. C,est là le fameux “strict dress code” que l’on traduirait simplement par tenue vestimentaire si l’on cessait de singer les anglos-saxons.
Le hic dans ces soirées, c’est que très souvent les échanges de pouvoirs sont mal vus!
Sammoun encore :
Le fétichisme se distingue par deux interprétations actuelles.
Une première interprétation évoque l’attirance de certaines personnes pour un vêtement ou un costume (lingerie fine, nuisettes, costume d’infirmière ou de flic), une matière (cuir, latex, pvc, etc.) ou un accessoire particulier, les plus souvent des escarpins à talons aiguilles ou des bottes.
La deuxième interprétation est plus générale. L’adjectif « fétichiste » s’emploie pour désigner tout objet, lieu, support, concernant des personnes pratiquant le sado-masochisme et/ou des personnes simplement intéressées par la mode fétichiste. Cet adjectif renvoie aux codes esthétiques liés au sadomasochisme et au fétichisme. »
Les amateurs de bdsm ont intérêt à se débarrasser du mot « fétichiste » au plus sacrant, car il engendre plus de problèmes qu’il n’en résoud. Entre apprécier la mode et pratiquer de façon effective les échanges de pouvoirs, il y a un pas immense que la majorité des fashionitas ne franchissent pas.
Des problèmes? Les soirées et événements “fétiches” se tenant ici et là sont dans la majorité des cas organisés par… des boutiques qui ont des fringues à vendre. Naturellement, ce genre de soirée attire davantage de gens attirés par les tenues affriolantes que de joueurs bdsm. Pourquoi donc? Pour des raisons plus pratiques que philosophiques : jouer dans un espace rempli à craquer ne favorise pas les élans de martinet. Aussi, jouer dans un espace où la musique est assourdissante ne favorise pas la communication entre la personne dominante et la personne soumise. Or, une scène bdsm sans communication… Sans oublier la présence de l’alcool qui, si elle a le bonheur de désinhiber la timidité naturelle chez certaines, elle a aussi l’horreur de faire apparaître des comportements désagréables chez d’autres.
D’un autre côté, rares sont les événements strictement bdsm car économiquement non viables. Si une soirée annuelle peut faire ses frais sans trop forcer, les soirées mensuelles ou hebdomadaires connaissent leur part de difficultés. Je ne sais si c’est ainsi à Prague ou à Bordeaux, mais à Montréal, c’est nettement le cas. Deux facteurs principaux semblent expliquer ce manque de viabilité financière. D’abord le nombre plutôt restreint de joueurs. Si les amateurs de bdsm sont peu nombreux, il existe encore moins de gens en mesure de se lancer dans une scène bdsm devant public.
L’autre facteur qui rend la viabilité financière d’un bar à vocation bdsm est l’absence de vente d’alcool. Cela évite aux organisateurs (du moins au Québec) d’avoir des comptes à rendre à l’église la Régie qui régit les permis d’alcool. Le hic, c’est avec l’alcool que les bars font leur beurre.

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Tout a fait d’avoir , je praqtique le D/s en dentelle et lingerie fine.
Je ne suis pas du genre cuir,latex et talon haut…
Vrai que c’est beau ce genre de mode et parure, mais combien contreversé…
Vous avez bien raison Mr
lys
Comment par lys — January 10, 2008 @ 9:36 pm