« Il est absolument clair que dans l’activité que j’exerce, il n’y a pas place pour les fabulateurs, les psychopathes, les obsédés sexuels qui ne viendraient pas chez moi pour puiser dans la richesse de mes rites et dans l’esthétique de mes pratiques, mais simplement chercheraient à assouvir des pulsions incontrôlables ou déviantes. La satisfaction d’un goût pervers dénué d’aspiration à la beauté sacrée du jeu est exclue; un peu comme dans un camp de naturistes, lorsque des voyeurs habillés viennent mater la nudité des corps et sont immédiatement écartés du groupe.
Les femmes qui me confient leur intimité doivent pouvoir avoir une confiance aveugle en leur Maître, même si la jouissance que je leur procure est fondée sur la peur. Peur, oui, mais une peur dont j’ai fixé le cadre de A à Z, où le risque n’a pas sa place. Je n’ose un instant imaginer que dans l’Alcôve, lorsque je livre la soumise aux godes à pattes, celle-ci se trouve confrontée à un individu qui la violentera pour de bon, qui ne respectera pas les règles de la mise en scène du viol…
Ne resterait que la douleur, l’humiliation sans plaisir, le corps brutalement saccagé. »
Patrick Le Sage dans Journal d’un Maître, récit, Flammarion, 2005.



Eh bien !!! Une chose est certaine : il ne m’inclura jamais dans son Fond-de-Commerce le Sage de service.
La peur, en soi, me fait fuir et les godes à pattes de même.
(Mais j’y pense…avant d’émettre un tel avis, faudrait peut-être que je consulte ” ma marraine ” …)
Comment par alicine — January 23, 2008 @ 3:51 am
Je me demande comment peut se réaliser l’échange de pouvoirs pleinement effectif sans l’élément de la peur qui me semble un ingrédient incontournable.
Avec la peur de la soumise, le dominant dispose d’une énergie probablement aussi puissante que la libido pour oeuvrer.
Je compare souvent cette peur, source d’adrénaline chez la majorité des soumises que j’ai croisées dans ma vie, à celle des gens qui s’excitent à se faire peur avec un livre de Stephen King. On pourrait aussi évoquer les trapézistes et les amateurs de bungee, les escaladeurs de Kilimanjaro et autres fous à lier.
C’est sans doute en ce sens qu’il m’arrive de qualifier le bdsm comme étant des jeux de confiance extrêmes.
Dans tous ces cas réside un comportement qui m’apparaît extrêmement sain, et non pathologique. Bien que moi-même je n’apprécie pas ce sentiment de la peur et ne dépenserai jamais 30 piasses pour me procurer un bouquin du King.
Mais un saut en parachute, je dirais pas non. Et vous, mademoiselle? :- )
Comment par Valmont — February 1, 2008 @ 9:56 pm