Skin TWO Films Presents London Fetish Girls
Par Valmont le 22.01.2008 @ 9:14 am

« Il est absolument clair que dans l’activité que j’exerce, il n’y a pas place pour les fabulateurs, les psychopathes, les obsédés sexuels qui ne viendraient pas chez moi pour puiser dans la richesse de mes rites et dans l’esthétique de mes pratiques, mais simplement chercheraient à assouvir des pulsions incontrôlables ou déviantes. La satisfaction d’un goût pervers dénué d’aspiration à la beauté sacrée du jeu est exclue; un peu comme dans un camp de naturistes, lorsque des voyeurs habillés viennent mater la nudité des corps et sont immédiatement écartés du groupe.

Les femmes qui me confient leur intimité doivent pouvoir avoir une confiance aveugle en leur Maître, même si la jouissance que je leur procure est fondée sur la peur. Peur, oui, mais une peur dont j’ai fixé le cadre de A à Z, où le risque n’a pas sa place. Je n’ose un instant imaginer que dans l’Alcôve, lorsque je livre la soumise aux godes à pattes, celle-ci se trouve confrontée à un individu qui la violentera pour de bon, qui ne respectera pas les règles de la mise en scène du viol…

Ne resterait que la douleur, l’humiliation sans plaisir, le corps brutalement saccagé. »

Patrick Le Sage dans Journal d’un Maître, récit, Flammarion, 2005.

Par Valmont le 21.01.2008 @ 7:08 am

sécheuse équestre

Photo : via Susie Bright’s Journal.

Par Valmont le 20.01.2008 @ 12:15 am

Lesage dans son récit Journal d’un maître répond à cette belle question : La domination érotique s’apprend-elle?

« J’appris à effleurer un corps du revers de la main, comment manier crescendo le martinet et ses lanières de cuir, comment doser la redoutable morsure de la cravache, j’appris à enserrer les mains, les chevilles, le cou, j’appris à respecter infiniment la femme dominée, j’appris à jouir de la volupté qu’elle m’offrait sans éprouver le moindre désir d’enfouir mon sexe dans son sexe, j’appris à regarder, à me nourrir du plaisir donné. J’appris à développer mon sens de l’esthétique, de la mise en scène indispensable à l’envol des corps, j’appris l’amour de la perfection, de la lenteur du cérémonial étroitement lié aux pratiques de l’éducation anglaise. »

Bon, lui il appelle ça l’éducation anglaise. Dans le même sens que d’autres disent SM ou BDSM.

« J’appris enfin à maîtriser ce qui fonde le ciment même de ce désir accru, démultiplié, lors d’une séance de domination : la délicate alchimie du désir, du jeu et de la peur.

soumise à la cire de chandelleJ’aimerais vous confier ici une recette simple, applicable par tous. Seulement voilà : cette alchimie secrète, si recherchée par les femmes de qualité, ne peut se réduire à une formule. Il faut sentir, apprécier, varier, redéfinir sans cesse les ingrédients de la douleur, maintenir le plaisir, l’accentuer avec le précédent ingrédient sans franchir les limites du soutenable – et puis reculer toujours, au fil des séances, ces fameuses limites.

Je découvris peu à peu cette sorte de plaisir, purement intellectuel, provoqué par l’acte de domination. Maîtriser au millimètre près les mises en scène, les varier à l’infini, surprendre sans relâche la soumise en déployant des trésors d’originalité, tout cela était un immense défi, et suscitait une excitation ravageuse.

Mais ce qui s’empara de moi au fil de mon apprentissage résida davantage encore dans le goût suprême de dominer, d’avoir un pouvoir inégalé, inégalable sur l’être exposé à mes supplices – et aux bonheurs sexuels qui en découlent -, l’attrait, la drogue insensée diffusée directement dans mes veines par la confiance absolue, la passivité, l’obéissance parfaite – oui, parfaite – de la femme livrée à moi.

Ce pouvoir-là vaut toutes les érections du monde, tous les orgasmes masculins quels qu’ils soient. Ajoutez à cela le plaisir doux-amer et piquant lié à la transgression des tabous… »

… et nous avons là l’essence d’un programme de vie intensément fol et follement intense. :- >

Photo : Eric Charles.

Par Valmont le 18.01.2008 @ 12:26 pm

L’amour, l’amour, toujours l’amour…

« Il me faut préciser ici qu’en matière d’éducation anglaise durable, il n’existe pas de domination sans sentiment. La soumise doit aimer son Maître; et le Maître son esclave. »

C’est un Maître qui le dit. Pourquoi l’arrêter en si bon chemin?

« La relation paradoxale qui s’installe entre celui qui ordonne, et celle qui subit, est forcément marquée du sceau de l’amour. Non que je veuille aller dans le sens de l’adage « Qui aime bien châtie bien », mais tout de même il y a quelque chose qui tient à cela, qui constitue du moins le nectar étrange, siroté jusqu’à la lie, dont les ingrédients sont un doux mélange de douleur et de jouissance pour atteindre un plaisir au plus haut du ciel.

Ce qui explique que la relation Maître/soumise, lorsqu’elle perdure, est infiniment personnalisée, et sans ce qu’apporte le domaine affectif en sensations exacerbées, il n’existe pour moi point de salut : toute pratique qui en fait abstraction relève de méthodes sadomasochistes décadentes ou de simples désirs d’échangisme déguisés. »

Plus loin, ledit dominant ajoute :

« J’évite autant que possible ces dérives en ma Cave (l’espace donjon de l’auteur), mais je mentirais si j’affirmais qu’aucune femme ne s’y présente avec pour unique motivation de se faire enfiler par mes godes à pattes. Cette engeance ne possède pas une once de ce qui transcende une soumise, elle ne donne rien, et se contente de prendre ce qui l’intéresse : de grosses queues à la chaîne.

Je veille au grain, naturellement. Mais je dois confier que les authentiques soumises ne sont pas si nombreuses que cela. Et elles seules me captivent, car leur quête du plaisir est couplée à une complète forme d’abandon de soi.

L’on comprendra mieux sans doute que « j’aime » mes soumises d’un « amour » sans équivoque, et qui ne sort – en principe – jamais du cadre du Donjon : elles ont en effet pour la plupart un homme dans leur vie, parfois un dominateur, et je me garde bien d’entrer en compétition avec eux dans quelque registre que ce soit. Je ne prends dans la vie de mes soumises que la place qui m’est accordée, pas un centimètre de plus, et je mets un point d’honneur à établir une sorte de séparation entre l’Église et l’État : les enthousiasmes excessifs à mon égard, qui débordent du cadre établi, sont systématiquement réfrénés par mes soins.

Je conserve les lettres d’amour que je reçois, mais j’évince, en toute élégance, celles qui voudraient conduire leur couple vers une situation périlleuse à cause de ma présence. L’expérience de plaisirs interdits que je prétends leur apporter ne peut en aucun cas nuire à l’équilibre de leur relation amoureuse, et si je m’y immisce quelquefois – c’est extrêmement rare -, nous nous placerons alors dans une triangulaire souhaitée, et totalement assumée. »

Patrick Le Sage dans Journal d’un maître, récit, Flammarion, 2005.

Par Valmont le 16.01.2008 @ 10:20 pm

« La soumise doit avoir entièrement confiance en son Maître, mais le peut-elle vraiment? »

Patrick Le Sage dans Journal d’un Maître, récit, Flammarion, 2005.

Par Valmont le 15.01.2008 @ 8:01 am

Les dominants parlent si rarement, on va écouter ce qu’ils ont à dire quand ils osent se confier :

« Je suis un Maître : un prédateur. J’attire à moi les soumises, qui me confient leur éducation sexuelle, une éducation très spéciale, que l’on nomme anglaise, et qui consiste à faire jaillir le désir hors de toute limite, à le sublimer jusqu’aux confins de la souffrance et de l’orgasme.

Les corps sous mes doigts, sous mes punitions voluptueuses et tranchantes, donnent naissance à d’autres corps, d’autres femmes, bien vite droguées par le plaisir et par les spasmes illimités qui les emportent en vagues immenses, déferlantes, meurtrières et créatrices du dépassement absolu de soi. »

J’ai lu au cours des derniers jours des critiques virulentes à l’endroit de l’auteur de ces lignes, un dénommé Patrick Le Sage, lequel serait une figure connue de la scène bdsm parisienne. Je ne me prononce pas plus avant. Je ne connais pas le bonhomme et je me fous qu’il ait un voilier ou qu’il soit sarkozyste, voire qu’il fasse écrire ses flûtes par un nègre une négresse, fut-elle verte.

Je m’en tiens à ce qui est écrit. Je me suis fort bien amusé à faire la lecture de ce récit entouré de toutes ces mines patibulaires dans les transports en commun, bien que la plume l’ayant composé ne partage pas le souffle de Ducharme, tsé.

Anyway, je n’entre nullement ici dans le lynchage public, les procès d’intention et les règlements de comptes. Je laisse ces minces plaisirs aux blogues bdsm qui donnent dans la pureté quasi ethnique, cette lubie qui frappe tous les groupes minoritaires et pas seulement en Bosnie.

Je poursuis la présentation de ce dominant :

« Elles viennent à moi, ces femmes de tous milieux, de toutes régions, de tous pays, d’horizons et de niveaux sociaux multiples, mariées la plupart du temps, car c’est leur propre mari qui les conduit dans mon antre.

N’imaginez pas, en lisant ce préambule, que ces femmes, ces épouses, ces maris sortent tout droit d’un ghetto d’obsédés sexuels ou de pervers jamais rassasiés, ou encore de personnes à la santé mentale douteuse, qui auraient plutôt besoin d’un psychiatre.

Non : ces femmes, ces hommes, vous les croisez dans la rue, vous partagez leurs dîners, ils font partie de votre entourage, exercent des activités professionnelles parfois très haut placées, sont banquiers, avocats, médecins, journalistes, patrons d’entreprise, et sont parfaitement intégrés dans leur vie sociale. Il sont « normaux ». En somme, cela pourrait être vous. En lisant ce qui va suivre, ayez toujours à l’esprit que votre meilleure amie, votre supérieure hiérarchique, ou simplement votre boulangère habituelle est peut-être passée entre les mains du Maître. »

Patrick Le Sage dans Journal d’un Maître, récit, Flammarion, 2005.