Dans cette critique de la lecture de la pièce Les Liaisons dangereuses de Heiner Müller, où Jeanne Moreau et Sami Frey y prêtent tout leur être, cette citation de Descartes :

“L’animal fait voir souvent les signes de la joie, de la colère, ou de la peur; quelquefois même, quand il s’agit d’un animal familier comme un chien, nous croyons qu’il exprime par ses mouvements soit la reconnaissance, soit la honte, soit le repentir.

Les liaisons dangereusesToutefois il y a plus d’une raison de juger que nous lui prêtons ici des pensées qu’il n’a point; et l’idée opposée, qui est que l’animal produit par le seul mécanisme tous ces signes éloquents, éclaire beaucoup, au contraire, les passions de l’homme…

… si nous arrivons à comprendre que, même sans y penser du tout, nous ne produirions pas moins au dehors la plupart des signes de la pitié, de l’indignation, du dégoût, sans en rien éprouver.

D’où l’on conçoit deux choses; la première, qui a été ci-dessus exposée, c’est que tout ce qu’il y a de déraisonnable dans les passions a pour cause la mécanique de notre corps; la deuxième, c’est qu’il n’y a de passions que dans l’âme, c’est-à-dire qu’autant que ces aveugles mouvements du corps changent nos opinions et nos résolutions.”