Par Valmont le 28.11.2008 @ 9:11 pm

plumeauLe site Count Tradition’s Blog consacré à la culture du service, salue les soubrettes, domestiques et femmes de chambre qui respectent les critères suivants :

  • apprécier le sens réel de l’acte de servir
  • porter l’uniforme qui convient
  • honorer et respecter votre rang
  • bénéficier d’un bon entraînement
  • dispenser un bon service

On trouve également dans ce site de nombreuses ressources sur l’art de servir dont des sites sur les styles occidental et japonais, quelques références littéraires (Mirbeau, Maupassant, Genet) et cinéma (Bunuel), de même que des adresses de domestiques tenant site ou blogue en différentes langues.

Un charmant détour qui tient en éveil mon intérêt croissant pour cette forme de soumission qui ne s’adresse pas aux fantasmeuses narcissiques.

Par Valmont le 24.11.2008 @ 4:56 pm

“Maintenant que ce bandeau est bien fixé, nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses.”

Je sens le tissu de sa robe au bout des doigts. Je résiste mal à lui arracher sur le champ. Je lui fais part de mes pensées avec un mélange de sourire dans la voix et de ferveur carnivore. Une odeur âcre monte aussitôt dans l’air : un parfum de femelle en chaleur.

“Monsieur… je…”

“Monsieur a-t-il autorisé la soumise à parler?”

“Euh… non, Monsieur. Je… j’en suis désolée.”

“Bon, eh bien puisqu’elle ouvre la bouche, la soumise souhaite-t-elle faire part à Monsieur de quelque chose?” Devant son silence fort gêné, je poursuis. “Je présume que la femelle sent comme Monsieur ce soudain parfum de femme qui… il semble bien qu’il n’y a pas que votre bouche qui s’ouvre…”

Je l’entends avaler. Elle veut s’arc-bouter mais je réprime son mouvement aussitôt. Son corps dit ce qu’elle n’est manifestement pas en mesure d’exprimer à voix haute. Comme cela est charmant.

“Je crois que ce parfum si caractéristique indique clairement à Monsieur que la soumise est mûre pour la suite. Est-elle prête pour la suite, la femelle?”

“Oui… oui Monsieur. La soumise est prête pour la suite.”

Lire la suite »

Par Valmont le 23.11.2008 @ 10:12 am

For many years, it was assumed that the erotic novel Story of O
had been penned by a man: What woman could—or would—write with such love about female mortification?

Albert Camus stated defiantly, definitively, “A woman could not write this book.” As a male fantasy of domination, the story makes Sadean sense, but as a woman’s fantasy, it would threaten two thousand years of prevailing notions about female sexuality — and upset numerous husbands.

“Women are as immoral as men,” says the author, Dominique Aury (aka Pauline Réage), in American filmmaker Pola Rapaport’s fascinating documentary Écrivain d’O (Writer of O), newly released on DVD. “But,” she continues, her eyes twinkling with girlish mischief, “no one has noticed.”

Toni Bentley | Bookforum via LIP Media Blog.

Par Valmont le 21.11.2008 @ 3:27 pm

Bonne nouvelle, Mona Sammoun, l’auteure derrière l’essai Tendance SM : Essai sur la représentation sadomasochiste, paru à La Musardine en 2004, a ouvert son propre blogue, appelé Tendance SM.

Tendance SM : Essai sur la représentation sado-masochiste, par Mona SammounDès le premier billet, elle reprend cette belle profession de foi faite à un journaliste des Inrockuptibles à la parution de son livre : “Pour moi, le SM est plus qu’un plaisir : c’est un apprentissage de la liberté.”

J’ai déjà évoqué ici quelques aspects soulevés par Tendance SM, un bouquin utile à plus d’un titre. Notamment ce besoin de nouveaux mots dans nos pratiques, la mode fétichiste, et la part du bdsm dans le contexte de la garde des enfants après la séparation du couple.

Hum, si je n’avais pas égaré mes notes de lecture, j’en aurais pour encore 75 billets à pondre tant cet essai soulève des questions d’intérêt pour les amateurs de bdsm. M’enfin. Ça r’viendra.

Le geste de Sammoun est à ma connaissance le second auteur dans la mouvance bdsm francophone qui fait preuve d’une certaine “ouverture éditoriale” (le premier étant le blogue sur Dominique Aury, par sa biographe Angie David). “Ouverture éditoriale” au sens d’ouverture au dialogue entre l’auteur et le lecteur, et à la mise en commun de sources, ce que permettent des outils sociaux comme le format blogue et des plateformes réseaux telles Facebook et Fetlife, pour ne nommer que celles-ci.

Dans l’anglophonie, deux initiatives semblables ont attiré mon attention depuis quelques semaines dans Fetlife, celles de Laura Antoniou, l’auteure de la réputée série “Marketplace” (The Marketplace, The Slave, The Trainer, The Academy, The Reunion), et Jay Wiseman, un auteur américain de plusieurs livres de recettes et d’essais sur les enjeux et les pratiques des échanges de pouvoirs érotiques.

Enfin, il sera intéressant de voir comment le blogue de Mona Sammoun va évoluer. Je présume qu’elle ne s’en tiendra pas qu’aux représentations des codes et des signes à consonnance érotique et bdsm dans la culture populaire.

[Via Rue Bricabrac.]

Par Valmont le 19.11.2008 @ 9:09 pm

Amusant ce “papier” paru aujourd’hui dans le site Branchez-vous! sur les blogues de nature sexuelle, intitulé Du sexe au menu.

Gracieuseté de Edouard H. Bond, le blogueur de Satan was a lesbian, où l’écriture oscille entre celle de Ducharme, Stephen King et San Antonio (mouah qui ne trippe pas sur le genre gore outre mesure, j’ai beaucoup ri à la lecture de 3-4 billets), l’auteur dudit papier a pu découvrir cercle O dont il dit : “Blogue sur le BDSM. Intellectuel, porté sur la psychologie. Parfait pour s’initier à ce monde. ”

Le blogue cercle O, intellectuel? Hum, faut queue je trouve un extrait de Kant au ps.

Porté sur la psychologie, han? C’est peut-être parce que le plus fabuleux organe sexuel s’appelle.. le cerveau :- ) Tu l’as même pas touchée encore et elle mouille… n’est-ce pas magnifiqueue?

Non, par-dessus tout, ce que j’aime le plus de cette “couverture”, c’est quand je lis : “Parfait pour s’initier à ce monde.” Hiiiii! Ce “monde”? Quel monde? Celui de ces endroits où les androgynes se pavanent en pantalons de cuir moulant et les nymphettes en robe de latex?

Ce “monde” des échanges de pouvoirs n’est-il pas celui de tout un chacun en ce bas-monde, loin des déguisements et des conventions? Au supermarché dans le rayon des yogourts, à la pharmacie, dans un spectacle de danse contemporaine, dans la chambre à coucher d’un technicien de Videotron, à l’assemblée d’investitude du Parti Rhinocéros dans Mont-Royal, dans toutes ces voitures où chacun fait la queue sur le pont Honoré-Mercier, chacun n’est-il pas habité par ses désirs et ses besoins, chacune n’a-t-elle pas ses envies de ceci ou de cela, où la volonté de pouvoir (le prendre ou l’abandonner) joue une dimension viscérale, où les dits et les non-dits se livrent un combat de tous les instants, où l’assumé et le refoulé sont comme deux boxeurs incapables l’un et l’autre de se mettre KO?

Et puis, une fois initié, on fait quoi? Queue-ce qu’on lit?

Par Valmont le 14.11.2008 @ 2:58 pm

En déposant les bouquins des tout-petits au comptoir de retour de la bibliothèque municipale, une autre dame dépose les siens tout contre. Le titre m’accroche tout de suite : “Gardez-vous d’aimer un pervers”.

Comme dirait l’homme à tête de chou, j’ai d’abord un petit rire comme un hoquet.

« Pouvez-vous me le démagnétiser? Je vais l’emprunter, merci. »

Il n’est pas question de bdsm dans ce bouquin psycho-pop. Enfin, supposément…

« Si vous pensez au pervers pathologique, celui que la psychiatrie prend en charge et qui trouve son plaisir à faire souffrir les autres, vous vous direz qu’il ne faut tout de même pas voir ce genre de pervers partout! »

Ah non? Fiou!

« Ce n’est pas de ce pervers-là dont il est question ici. Celui dont je parle n’est pas le Dr Lecter qui nous a fait frémir dans Le silence des agneaux.

Non, ici, c’est Bernard, Ludovic, Francis, Pierre, Philippe… Tiens, justement, ce Philippe que vous avez connu en vacances : le Pervertus Vulgaris, espèce courante qu’on peut rencontrer partout, mais vraiment partout. surtout là où l’on se trouve… Car peut-être, même si la chose est difficile à accepter, avez-vous une propension innée à mettre des pervers en travers de votre route et dans votre lit!

Moi qui ai vécu avec un pervers ordinaire, quasi inodore et insipide mais d’une habileté redoutable dès qu’il était question de démolir, de plonger dans le doute, d’humilier, de disqualifier, je déclarerais tout net à celui ou celle qui me demanderait de résumer nos années de vie commune&nbs;:

Il m’a empoisonné la vie !
Au début avec mon consentement et ma collaboration.
Ensuite, avec mes réticences et mes récidives.
Jusqu’à ce que je prenne mes distances. »

Plusieurs points abordés dans cet extrait me font penser à la façon dont des soumises décrivent leurs partenaires dominants rencontrés au fil du temps. Des hommes et des femmes qui semblent croire que dominer, c’est rabaisser l’autre, le dénigrer. Des hommes et des femmes qui semblent croire que se soumettre, c’est se laisser rabaisser, dénigrer, prendre un rôle passif.

Je parle ici des personnes qui ont bien voulu me confier en privé leurs expériences… ou qui parfois me lancent des appels à l’aide sans les formuler clairement. Si clairement, je n’ai aucune envie de jouer au sauveur auprès des damsels in distress, j’avoue que je ne crois pas plus que donner des leçons soit la réponse.