Se pourrait-il que le bdsm ne soit pas fait pour tout le monde?

Oh, avant de me vouer aux gémonies, comprenez-moi bien.

N’importe qui peut faire du bdsm. Point besoin d’avoir égrené toute la phénoménologie hégelienne ou de réciter Baudelaire in-texto pour faire du bdsm.

Dans un donjon, on se fout bien que vous soyez blanc, jaune ou bleu cobalt. Y croiser une femme dominante à la peau ébène offre par ailleurs un raccourci historico-sociologique incroyable.

Quand je me demande s’il se pourrait que le bdsm ne soit pas fait pour tout le monde, je ne parle pas des “conditions” physiques ou intellectuelles.

Je parle des conditions psychologiques.

Combien de mecs pensant se trouver une pute à bon marché se transforment en dominant ? Combien de soumises dépitées et déçues par leurs expériences bdsm, se transforment en dominantes du jour au lendemain ? Est-ce vraiment sain ? C’est sécuritaire pour un soumis, vous croyez, de se confier pieds et poings liés à une personne peu au fait de la maitrise de ses émotions ? Qui perd ses moyens et crie à la première occcasion ? Qui n’a que le mot cruauté en bouche ? Qui est fâchée après les zhommes (c’est un exemple fictif) ?

Vous me direz que ce n’est pas de nos oignons. Nous avons tant de terre à défricher nous-même.

Je veux bien. Mais se pourrait-il aussi que nous ayons le droit de le dire ? C’est bien beau les fantasmes. La sécurité aussi, c’est pas mal.

Dans le film La fessée, un tout petit film produit par le montréalais Bashar Shbib il y a quelques lunes… Ah et puis non, je n’en dis rien. Je vous invite à le visionner.