Par liberté{+} le 31.01.2008 @ 8:41 pm

Il y a quelques semaines, j’ai eu une discussion fort intéressante avec deux copines « Scélérates ». Un grand merci à vous deux.

Cette discussion portait sur la jalousie et l’infidélité. L’une des copines nous a expliqué sa perception de la jalousie versus l’infidélité génétique, mais également sur le besoin ou fantasme qui semble répandu en BDSM, celui de posséder deux ou plusieurs soumises.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette théorie, je vous explique en quelques lignes.

Robert Wright est journaliste scientifique à l’hebdomadaire The New Republic à Washington. Il y a quelques années, il s’est passionné pour les travaux de Charles Darwin et une nouvelle discipline qui les appliquait à l’homme. En août 1994, son ouvrage L’animal moral est publié aux Etats-Unis. Le succès et la polémique le suivent de près.

Selon M. Wright, l’infidélité masculine est inscrite dans l’évolution de l’espèce. Le but vital de l’homme étant d’assurer sa descendance, il se doit de collectionner les conquêtes féminines. En ce qui concerne les femmes, une fois le géniteur idéal déniché, elles n’auraient aucune raison de batifoler ailleurs…

« Les hommes infidèles prétextent l’ennui alors que les femmes évoquent leur envie d’être heureuse. C’est pourquoi en ayant des relations intimes avec le plus possible de femmes, l’homme augmente ses chances de transmettre ses gènes. Sur le plan de l’hérédité, il a tout intérêt à être polygame, au contraire de la femme qui ne cherche pas à passer sa vie enceinte ! Et des femmes infidèles, pourquoi existent-elles ? Au même titre que les hommes fidèles. Nous effectuons des choix moraux qui peuvent contredire le message émis par nos gènes.

Organisé pour vivre une polygamie sans soucis, le mâle est donc majoritairement monogame. Il doit se soucier de protéger ses gènes qu’il multiplie en ayant des enfants. L’homme qui trompe sa femme, quelque soit le prétexte, a l’appétit du chasseur qui ne peut laisser passer une proie aussi séduisante. À ce stade, le biologique s’oppose au psychique : “nous avons inventé la jalousie pour mettre un peu d’ordre dans les choses”.

L’homme est jaloux pour ne pas voir sa femme transmettre les gènes d’un autre et cette dernière est jalouse pour ne pas être abandonnée. Une inégalité flagrante, pourquoi seul l’adultère féminin est-il condamné dans la majorité des sociétés ? Tout simplement parce que ce sont les hommes qui font les lois! »

Référence: Au bonheur des hommes.

Je trouve que cette théorie est la plus belle excuse pour déculpabiliser et excuser l’homme. « Je n’y peux rien c’est dans mes gènes ».

Tromper n’est plus l’apanage des hommes. Les femmes sont aujourd’hui aussi nombreuses qu’eux à tenter l’aventure extraconjugale.

une femme entre deux hommesLorsque j’amène la situation qu’une « soumise » aimerait aussi ou qu’elle a aussi comme fantasme de connaître l’expérience BDSM avec d’autres dominants que le sien, on allègue que les « hommes et particulièrement dominants » peuvent facilement dissocier amour et sexualité, « les femmes et les soumises libertines » elles, s’engagent davantage dans une relation affective que sexuelle. Plus portées à éprouver un sentiment de culpabilité, elles ont également plus d’états d’âme.

L’infidélité les amène à s’interroger sur le sens du bonheur, de leur couple, de leur vie. Elles sont tentées de tout remettre en cause. Selon certaines études, les femmes sont aussi plus enclines à tout quitter pour leur amant, tandis que les hommes n’envisagent presque jamais de poser un tel geste. Autre différence : l’infidélité féminine semble moins préméditée.

Les hommes repèrent, s’organisent, partent en chasse, puis trompent. Leurs compagnes succombent presque par hasard, par accident. Il suffit d’un élément déclencheur, d’une rencontre inattendue.

Si les femmes éprouvent une jalousie émotionnelle et redoutent que leur douce moitié ne s’attache à une autre et les abandonne, elles et leur progéniture, les hommes craignent surtout que leur compagne ait des rapports sexuels avec un autre et qu’elle soit fécondée à leur insu. Cette jalousie sexuelle typiquement masculine s’expliquerait par la crainte des mâles de devoir prendre en charge un enfant qui n’est pas le leur. Comme le dit l’adage : « On sait toujours qui est la mère, mais on ne sait jamais qui est le père. »

Peut-être que cela avait du sens il y a quelques années. Mais aujourd’hui, sachant que la femme prend des moyens contraceptifs, qu’elle se protège, car même aujourd’hui cela appartient à la femme de voir à cela, je me demande pourquoi les « hommes dominants » ou certains « hommes dominants » afin de ne pas généraliser, pourquoi ces hommes refusent que leurs soumises soit « prêtées » ou simplement accepter qu’elle vive leur sexualité avec d’autres partenaires.

On demande à la soumise de canaliser, contrôler, dépasser sa jalousie lors de l’arrivée d’une autre soumise, mais je trouve que certains dominants se cachent derrière des prétextes comme «  tu n’es pas prête »ou « je dois voir à ton éducation car elle est loin d’être parfaite » ou « je dois voir à ta sécurité », prétextes selon moi, pour ne pas affronter leur propre jalousie, craintes ou peurs. Refuser à une soumise certaines libertés et en plus lui imposer une forte abstinence jusqu’à ce que le Maître décide que cela suffit à son éducation (!!) il ne reste à ce moment à la soumise que le choix entre un désir qui sera toujours inapaisé, l’infidélité ou la névrose.

Pourquoi la soumise doit-elle accepter d’être monogame tandis que le dominant soit polygame ? Il y a quelques choses de faux lorsque l’on demande d’accepter d’autres partenaires et de ne pas permettre la réciproque. Je ne crois pas à cette infidélité génétique pour justifier le désir de posséder d’autres soumises. Je ne crois pas davantage que cela fasse partie intégrante de l’évolution, du cheminement de la personne soumise.

Il y a des couples pour qui ce cheminement est accepté de part et d’autres, pour des raisons qui leur appartiennent et c’est très bien. Il y a aussi des hommes et des femmes qui veulent expérimenter la pluralité et c’est aussi très bien. Nous ne parlons plus d’infidélité à ce moment mais d’un choix de cheminement. Mais lorsqu’un couple affiche la monogamie et pour une raison quelconque, l’un des partenaires choisit d’introduire une tierce personne et que l’autre doit assumer ce choix (le plus souvent ce que je vois ou entend c’est la soumise qui doit accepter) alors oui il y a des questions à se poser.

L’infidélité n’a rien d’une fatalité génétique. Ses véritables origines ? Des besoins légitimes insatisfaits tout simplement.

Plusieurs soumises comparent leur couple ou relation BDSM à un mariage. La même philosophie et principes s’y rattachent, du moins de la part de la soumise. Plusieurs expriment qu’elles ne désirent surtout pas reproduire le « mariage vanille » qu’elles ont connu pendant des années. Pourtant, plusieurs d’entre elles veulent transformer leur « Maître » en mari. Elles n’ont pas compris qu’en faisant cela, elles ne récolteront « qu’un mari » justement.

L’inverse est aussi vrai. Interdire d’expérimenter la pluralité chez sa soumise, c’est vouloir aussi la transformer en « épouse » et c’est ce qu’ils récolteront « qu’une épouse ».

Est-ce possible de dissocier le mari, l’amant et le Maître en nous ?

Est-ce possible de dissocier la soumise, l’épouse, et la putain en nous ?

Les soumises travaillent très fort pour canaliser leur jalousie pour cheminer vers une relation différente de ce qu’elles ont apprise ou connue. Certaines d’entre elles arriveront à dépasser ce sentiment afin que son partenaire puisse vivre librement ses fantasmes. Malheureusement je vois très rarement le contraire, les dominants se cachant derrière l’éducation de leur soumise pour refuser de faire ce même cheminement ou alléguant l’infidélité génétique.

Photo : Terry Richardson via thistle138.

Par liberté{+} le 17.11.2007 @ 7:27 pm

Ce texte date de février 2006.

Monsieur demande :

« Suite à une remarque intéressante , j’aimerais savoir si le sujet de la possession a déjà été abordé sur ce forum : Les Dominants ont-ils toujours ce grand besoin qu’une femelle leur appartienne? »

Les personnes qui me connaissent bien, savent que je suis une inconditionnelle de l’Amour. Je vous fais parvenir un texte sur le désir d’être possédée. Il traduit ma pensée, bien mieux que je ne saurais le faire. J’aimerais m’excuser auprès l’auteur de ce texte, je n’ai malheureusement pas conservé le lien, mais si quelqu’un connaît l’auteur, je serais très heureuse et reconnaissante de redonner à César ce qui appartient à César.

Le désir d’être possédée

“Le “féminin” de la femme réside dans le dépassement, toujours à reconquérir.

Son moi déteste, hait la défaite, mais son sexe la demande, et plus encore, l’exige.

Il veut la chute, la défaite.

Tout ce qui est insupportable pour le moi est précisément ce qui contribue à la jouissance sexuelle : à savoir l’effraction, l’abus de pouvoir, la perte du contrôle, l’effacement des limites, la possession, la soumission, bref, la “défaite”.

L’énigme féminine se définit ainsi : plus elle est blessée plus elle a besoin d’être désirée; plus elle chute, plus elle rend son amant puissant; plus elle est soumise, plus elle est puissante sur son amant. Et plus elle est vaincue, plus elle a de plaisir et plus elle est aimée.

La défaite féminine c’est la puissance de la femme. Une femme libidinale, dont le sexe exige d’être vaincu, possédé, mais dont le moi, le narcissisme anal déteste, hait la défaite ? Un sexe qui dit « ouvre-moi ! », tandis que le moi dit « tu ne m’arracheras rien ! », ou « rien de ce que je ne veux pas te donner !

Ce masochisme, chez la femme, est celui de la soumission à l’objet sexuel.

Il dit « fais de moi ce que tu veux ! », à condition d’avoir une profonde confiance en l’objet.

L’amant de jouissance investit le masochisme de la femme en la défiant, en lui parlant, en lui arrachant ses défenses, ses tabous, sa soumission. Parce qu’il lui donne son sexe et la jouissance, donc un plaisir extrême, et parce qu’il élargit infiniment son territoire de représentations affectées, la femme sollicite de lui l’effraction et l’abus de pouvoir sexuel.

Ce masochisme érotique est donc le gardien de la jouissance sexuelle. Il est aussi, comme le dit Freud, le meilleur « gardien de vie »

La femme se soumet par amour. Elle ne peut se donner pleinement sans amour. C’est pourquoi elle est plus exposée, comme le dit Freud, à la perte d’amour. C’est ce qui pose sa dépendance et sa soumission à la domination de l’homme dans la relation sexuelle. Mais la jouissance sexuelle, mêlée de tendresse, apporte un tel bénéfice de plaisir que l’ « âme en peine » peut devenir une « âme en joie ».

Une femme sait quand on la désire constamment, c’est ainsi qu’elle se sent aimée. Elle sait aussi qu’une relation sexuelle à poussée constante ne s’use pas, et qu’elle creuse de plus en plus son féminin. L’homme va aussi se sentir dominé par la capacité de la femme à la soumission, à la réceptivité et à la pénétration. Plus la femme est soumise sexuellement, plus elle a de puissance sur son amant. Plus loin l’homme parvient à défaire la femme, plus il est puissant.”

Par liberté{+} le 29.10.2007 @ 6:23 am

“Fidèle ou infidèle” est un interview de Paule Salomon dont la source se trouve sur le site http://1libertaire.free.fr.

Réel : A partir de quel moment les amants forment-ils un couple?

Paule Salomon : Dans son acceptation la plus courante, le mot amant implique un très fort désir sexuel et une relation intense qui mobilise le niveau hormonal, celui de la reproduction, de la séduction, du territoire, du “comment posséder l’autre”, “comment se rassurer par sa possession”, “comment entretenir le feu du désir, le sien et celui de l’autre pour soi.”

Le désir pose la question de la distance. On croit toujours que le désir est physique alors qu’il est sous-tendu aussi par beaucoup d’autres facteurs psychologiques, notamment l’admiration, la fascination de la différence que l’autre incarne. Par exemple je peux être séduite par le côté organisé, ponctuel, sécuritaire de l’autre alors même qu’il m’envie ma fantaisie, mon aspect bohème, artiste et désorganisé. Il y a là un programme d’échanges. Chacun s’efforce de ressentir comment l’autre fait pour être ce qu’il est, quel secret de vie se cache derrière son comportement et porte le projet souvent inconscient de s’enrichir, de se compléter dans cette alliance.

Réel : A quel moment ça va faire couple?

P. S. : Quand les amants s’installent, créent une structure plus permanente, ils s’institutionnalisent. La différence cesse d’être seulement attractive, elle fait le jeu de la complémentarité. Chacun se repose un peu sur l’autre. C’est là qu’il y a danger… car au lieu d’échanger, on risque alors de s’installer dans une différence qui devient peu à peu menaçante.

D’ailleurs nous nous quittons pour les mêmes raisons que celles qui nous ont poussés l’un vers l’autre : la différence de l’autre devient insupportable, comme une privation de liberté et d’espace pour évoluer. Et le désir s’évanouit.

Réel : Et pourrait-on être là, infidèle?

P. S. : Oui. On croit souvent qu’on est infidèle par manque d’amour, mais en fait on l’est pour retrouver un espace de croissance et de liberté. La conception du couple dans la culture actuelle est romantique, fusionnelle, comme telle elle implique un enfermement dans le deux et une exclusion du tiers.

Réel : Par peur?

P.S. : Par peur et par devoir. L’injonction sociale reste celle-ci “Dans la vie de couple, le désir doit être circonscrit sur une seule personne”.

Or la question se pose : Le désir peut-il s’entretenir dans l’exclusivité sexuelle ? N’y a-t-il pas une antinomie entre désir et fermeture ? N’y a-t-il pas dans l’essence du désir une nécessaire liberté de choix ? Le désir implique la distance, sauf chez un couple qui a évolué vers une attraction plus subtile, une relation d’âme. C’est alors un facteur de confiance qui se joue car éventuellement nous mutons au cours de notre existence et la notion d’amour s’ouvre alors vers quelque chose de plus intérieur, de moins clivé autour du sexe et du désir.

Réel : Comment être fidèle à l’autre, fidèle à soi et être libre?

P. S. : C’est une exigence très moderne. Dans le couple, aujourd’hui, il y a cette triple invitation : être fidèle à soi, à l’autre et à ses engagements.

Pour réaliser ce programme, chacun doit accepter un parcours d’évolution, une éclosion créative vers plus d’autonomie et moins de possessivité conflictuelle. Tout se passe comme si nous héritions d’un émotionnel archaïque qui ne connaît que la réactivité de la guerre des sexes.

Aimer s’apprend par un double mouvement d’acceptation de soi et de l’autre. Ma différence s’affirme, celle de l’autre aussi et pourtant nous nous comprenons toujours davantage. La relation d’alter ego suppose un dépassement de l’un et de l’autre. Seule la relation d’alter ego peut créer un espace de liberté dans l’amour.

Réel : Cette évolution fait-elle s’estomper la jalousie?

P. S. : Notre propre liberté est une conquête qui peut être assez facile, mais aimer la liberté de l’autre est quelque chose de plus difficile car elle signifie ne plus être jaloux. La jalousie est-elle une question de nature ou de culture ?

Serge Chaumier a introduit en sociologie la notion de couple fissionnel. Nous sommes tous les deux d’accord pour considérer la jalousie comme une question de culture. Par expérience, j’ai vu qu’une partie de moi-même reste toujours possessive, archaïquement possessive, essayant de se rassurer par son territoire. Mais une autre partie de moi évolue vers plus de liberté. En aimant ma propre liberté, je me suis rendu compte que le sentiment de jalousie n’était plus aussi violent. C’était comme si ma mâchoire intérieure se desserrait. Finalement, assez naturellement, la jalousie s’en est allée. Que l’autre puisse aimer, regarder ou même faire l’amour avec quelqu’un d’autre ne m’exclut pas nécessairement. La fidélité du cœur peut aller de pair avec un nomadisme sexuel.

Réel : Cette polyfidélité que vous proposez, est-ce une nouvelle culture?

P. S. : Effectivement. La polyfidélité suppose de pouvoir rester fidèle à plusieurs passions, amoureuses, artistiques ou autres. Elle est une ouverture sur l’amour non exclusif. Mais tout le monde n’est pas “polyfidèle”. Il y a des gens qui sont plus “mono” que “poly”. Certains hommes ont plus une structure de Tristan que de Don Juan. Tristan est l’homme d’une seule femme, Don Juan l’homme de plusieurs.

De même certaines femmes sont plus Eve que Lilith ou inversement, Eve incarnant la femme d’un homme et Lilith celle qui n’appartient à personne.

Nous sommes tous structurés mono ou poly selon les conditions de notre éducation et nous cherchons une marge de sécurité. Mais il nous faut en même temps une marge d’insécurité. La personne ” mono ” sera amenée à beaucoup plus dramatiser une infidélité que ne le fera la personne ” poly ” mais dans les deux cas c’est finalement l’amour de soi et l’autonomie qui garantiront le mieux une sécurité affective quoi que fasse l’autre.

C’est pour traduire cette complexité paradoxale que j’ai adopté ce titre “Bienheureuse infidélité” dans mon dernier livre. L’infidélité est une insécurité, et en même temps, une occasion de grandir. Beaucoup de personnes ont pu évoluer à travers leurs infidélités, et des couples ont mûri en traversant cette épreuve.

On peut même se demander parfois si les couples ne se créent pas des occasions d’infidélité pour se redonner des conditions d’éveil.”

Par liberté{+} le 23.10.2007 @ 9:49 am

J’ai écris ce texte en juillet 2005.

Le BDSM versus la violence, en particulier la violence sexuelle?

Est-ce que les Dominants/es sont des gens violents?

En BDSM, pour moi, une femme fouettée n’est pas une femme battue. Étant cette femme fouettée de temps à autres, rien ne m’a jamais été imposé. Je ne me suis jamais considérée comme une femme battue, ni comme une femme humiliée dans le cadre de ma relation amoureuse et BDSM.

Jamais une relation érotique BDSM ne sera déséquilibrante, si notre compagnon que nous avons choisi est un homme qui a comme conviction l’égalité des sexes dans tous les domaines de sa vie. On peut alors, en toute confiance s’abandonner, lui accorder ce pouvoir. Il en fera bon usage.

Dire de sa relation avec son Dominant, ‘’je m’en vais me faire battre'’, cela implique que mon partenaire est violent.

Personne ne devient violent du jour au lendemain. Il s’agit d’un long processus, où l’on retrouve différents facteurs, tels que le manque de respect, le besoin de se sentir puissant ou dominant, et de fausses idées au sujet de la sexualité humaine. La violence envers les femmes trouve ses racines dans la haine de l’altérité et la croyance que la domination est un mode de survie viable.

Bien sûr, il existe au sein de notre communauté des relations violentes. Ces ‘’dominants'’ à la petite semaine, qui ne cherchent qu’à avilir la femme, ou même qui la menace de violence, cela a principalement comme conséquences de maintenir les femmes dans un état de peur ou de vulnérabilité constante.

Dire ‘’je m’en vais me faire battre'’, c’est aussi minimiser la violence envers des femmes qui la vivent cette violence à tous les jours. Les répercussions qu’endurent les femmes victimes de violences ne sont jamais anodines. C’est toujours une personnalité entière qui est ébranlée, une remise en cause totale qui s’opère.

Paradoxalement, quelles que soient les circonstances et les formes de violences subies, les femmes ressentent honte et culpabilité. Honte de ce qu’elles ont subi comme effraction de l’intime, comme négation de leur libre arbitre et de leur intégrité physique et psychologique. Culpabilité de n’avoir soi-disant opposé aucune résistance (la réalité est en fait un peu plus complexe). Et ce, dans tous les coins et recoins du monde au sud comme au nord, à l’est comme à l’ouest.

C’est aussi inculquer une image fausse du BDSM, une image malsaine, où les dominants sont des personnages violents sans moralité ni principes, où les soumises sont des femmes dépendantes, subissant leurs vies.

Il est temps que nous nous posions comme question : quelle est l’image du BDSM que je veux transmettre à mon entourage, à la société ? Est-ce une image de violence, de souffrance, de jeux pathologiques ?

À mes yeux, le principal reste que la soumission est une volonté de la femme soumise et non une soumission imposée par un homme violent. Je préfère parler de femmes qui aujourd’hui, peuvent tout simplement se libérer et vivre librement leur sexualité, de cette sexualité qui était considérée auparavant comme marginale.

Par liberté{+} le 19.10.2007 @ 6:39 am

Pour être accepté par le “milieu” BDSM, pour y faire sa place, nous devons nous conformer aux normes établis en BDSM. Les comportements sont beaucoup plus conditionnés par les normes en vigueur qu’on ne le pense; par le consensus, par cette culture underground du « Tout le monde le fait ainsi, fais-le donc ».

Mais jusqu’où peut-on se conformer sans perdre son autonomie et sa liberté ? C’est là la question. La pression exercée par le milieu est telle qu’il est difficile de s’y soustraire, même relativement, sans être perçu comme “déviant” et risquer l’exclusion.

La société tolère mal que nous soyons différent de la norme, que l’on choisisse de vivre différemment.

Dans le monde BDSM, cela est encore plus criant.

Tout est conçu dans ce monde underground de telle sorte qu’il faille se conformer, se dépersonnaliser, s’adapter … Cela est criant des deux côtés. Un « vrai » dominant fera ceci ou cela. Une « vraie soumise dans l’Âmmmmmme » agira de telle façon, elle apprendra cela, elle exaucera tous les désirs de son “Masterrrrrr”, sous peine d’être traités de « faux » et de « fausses » et d’être ainsi rejetés par cette même communauté qui… prône l’acceptation de la différence.

Nous assistons à un cocooning BDSM, c’est-à-dire à une façon de vivre au milieu de son confort, préoccupé par son seul bien-être, d’un repli sur soi, d’un refus d’assumer la responsabilité de ses choix.

Le BDSM est-il devenu seulement « voyeur » et non plus acteur de nos vies?

J’ai de la difficulté à croire que les personnes BDSMistes préfèrent se contenter d’un rôle de figurant au rôle principal de leur propre vie.

Choisir une sexualité alternative comme le BDSM, c’est accepter d’être rejeté, mis à part de la société. Et cela je le savais dès le départ, au moment de mon choix.

Ce que je ne savais pas, c’est que cela voulait dire aussi être mis à part du « milieu » si tu n’obéis pas au code et règles de vie et comportements. Alors même que l’on affiche sa marginalité, que l’on exige le respect de sa différence, à l’intérieur même de cette micro-société, on exige la normalité et le conformisme.

M. Jacques Languirand exprime très bien la différence et l’excentricité dans ce passage :

« L’initié, c’est celui qui a le courage de mourir à l’être collectif, à l’être indifférencié, pour naître à l’être individuel; qui a le courage d’être autonome et d’affirmer sa différence en ne craignant pas d’agir, de penser, de vivre autrement que tout le monde; qui a le courage de se définir en dehors de la norme et d’être libre.

Si vous êtes conformiste dans votre manière d’être, d’agir et de penser, il est grand temps que vous mettiez fin à ce comportement dangereux pour votre équilibre tant physique que psychique. Surtout si vous aspirez à demeurer jeune longtemps ! Devenez donc créateur de votre vie. Ouvrez-vous à ce qui est différent. Faites preuve d’imagination et comportez-vous autrement. Votre salut est dans la folie… À la rigueur je consens à dire : dans une certaine folie.

Car les gens vieillissent comme ils ont vécu. Si aujourd’hui vous pensez toujours comme tout le monde, si vous agissez toujours comme tout le monde, bref, si vous êtes comme tout le monde : conformiste, terne et plat, vous le serez de plus en plus en prenant de l’âge; vous vieillirez comme tout le monde et vous mourrez d’ennui – comme à peu près tout le monde.

Il est donc capital, à l’occasion, de transgresser les règles. À la condition, bien sûr, que ça ne fasse de tort à personne. Transgresser les règles est une expérience libératrice.

Être libre c’est être différent de tout le reste. Être différent, c’est être vivant.

La vie se manifeste dans la diversité. Étonnez-vous les uns les autres ! Soyez différents les uns des autres mais soyez-le rapidement avant que nous ne mourions tous d’ennui… Naissez à vous-mêmes ! Soyez vivants !»

Chacun de nous à des valeurs fondamentales qui constituent sa personnalité et qui ne peuvent être détruits, pas même par amour.

Si vous n’êtes pas Vous, qui le sera?