Par Valmont le 15.05.2008 @ 10:52 pm

En prenant ma place dans le train qui me mène vers le centre-ville, je l’aperçois du coin de l’oeil : une brunette magnifique aux grands yeux bruns curieux, un brin farouche, avec un nez que Panoramix lui-même n’aurait pas renié. Je ne me laisse pas trop distraire, un document dans mon portable occupe toutes mes pensées. Toutes mes pensées? Enfin, presque toutes.

À la sortie à la gare Bonaventure, la file est lente. Oh, c’est jour de contrôle ce matin (c’est un système de paiement sur l’honneur, les trains de banlieue montréalais, comme sans doute partout dans le monde). Je vois la farouchka se diriger sur le côté, à l’indication de l’agent : elle s’est faite prendre, elle n’avait pas de titre de transport!

Quand je passe à ses côtés, la foule pressée m’empêche de lui glisser dans le creux de l’oreille : “Voilà qui mériterait une bonne tape sur les fesses, garnemente.”

Par Valmont le 14.10.2007 @ 9:59 am

Article paru initialement dans Cosmopolitan, février 2000.

« Une bonne petite claque sur le postérieur, ou plusieurs, ça réchauffe l’atmosphère et ça met de bonne humeur. Mais aucune honte à avoir, c’est vieux comme l’érotisme.

Une bonne petite fessée

Ne soyons pas faux-cul, la fervente des claques sur les fesses ne peut être qu’une maso, une soumise qui s’abandonne à son partenaire dominant. Comme disent les connaisseurs, il faut un certain « vernis » de SM (sado-masochisme) pour accepter ou réclamer une fessée.

D’où viendrait donc ce goût pervers par les gens « normaux » ? Peut-être de la fessée donnée par le papa à sa petite fille, mais la relation n’est pas obligatoire. Claques et fessées administrées aux gamins sont aujourd’hui controversées par certains psy : elles fabriqueraient des adultes violents, des parents maltraitants.

Mais restons à nos jeux érotiques entre adultes consentants. Ce plaisir particulier serait un mélange de sensations fortes et troublantes mettant en question l’intimité profonde, le désir de soumission, de sévérité, de protection, le tout assaisonné de réminiscences d’enfance. Les zones érogènes se déchaînant sous la chaleur des frappes, pourquoi donc s’en priver ? A cause des blocages et barrages en tous genres de notre sexualité féminine complexe ?

Pourtant, des fesseurs comme l’écrivain Jacques Serguine, auteur de L’éloge de la fessée (éd. Blanche), ou Alexandre Dupouy, auteur d’une Anthologie de la fessée (éd. La Musardine), soutiennent que la majorité des femmes auraient envie d’être fessées sans oser se l’avouer. D’après ces spécialistes, offrir notre derrière est juste une question de mise en situation.

Et d’habile présentation de la chose.

Il est vrai que le fantasme ne se réalisera pleinement qu’au sein d’une relation de totale confiance avec son partenaire dominant. Quand on s’aime, le jeu est alors chargé de tendresse, de séduction, d’échanges de regards, de paroles.

Entre complices bien rodés, tout peut être prétexte à une joyeuse fessée punitive, même et surtout le quotidien. « Chéri, j’ai encore cassé un verre. » « Ma douce, tu as oublié d’acheter de la moutarde. » Et c’est parti. Dans l’instant (ou plus tard), la main vénérée pourra s’abattre sur la croupe de la soumise pour le plus grand plaisir des deux protagonistes.

Après, c’est à chacune de choisir son rythme. Les plus réservées se contenteront d’une fessée de temps à autre, les plus accro iront jusqu’à des jeux très élaborés, voire mathématiques, et exigeront du dominant un nombre de frappes défini en fonction des circonstances.

Et l’orgasme dans tout ça ? Il peut intervenir au moment de l’attente fébrile des premières claques ou pendant l’action. Mais, dans la plupart des cas, la fessée est plutôt une mise à feu des zones érogènes et le prélude à une partie de jambes en l’air ébouriffante.

Quant aux hommes, ils peuvent aussi être demandeurs. À ce propos, quid des délires du marquis de Sade ? Là, on ne joue plus dans la même cour de récré. Le sadisme pur et dur implique une cruauté volontaire, intellectualisée ou théorisée comme un « art de vivre ». Il n’y a pas de partenaires complices, ni partage de l’émotion, mais un bourreau et une victime non consentante, une pratique à sens unique où seul le sadique éprouve du plaisir à martyriser.

Pouf, restons soft et cherchons plutôt des références dans les images et lectures de punitions infligées aux enfants. La plus redoutable prosélyte de la fessée ne serait-elle pas notre chère comtesse de Ségur ?

Si vous êtes une petite fille tentée par le jeu mais complexée par la rondeur de votre croupion, cessez de vous lamenter : les fesseurs n’apprécient que les culs très rebondis. Les mannequins anorexiques n’ont aucune chance, saississez la vôtre. »

Par Valmont le 04.02.2007 @ 1:23 pm

Parution initiale de ce texte : Cosmopolitan, février 2000.

Entrevue avec le docteur Pierre Marie, psychalanyste et philosophe. Il a préfacé le Dictionnaire des fantasmes, perversions et autres pratiques de l’amour, paru en 1997 aux éditions Blanche (Encyclopedia of Unusual Sex Practices).

La fessée est-elle une perversion?

Au sens propre, il y a perversion lorsqu’il y a une volonté de mettre à mal son partenaire dans une relation sexuelle. La définition originelle de Freud, qui la décrit comme un détournement de la pulsion sexuelle vers quelque chose qui ne serait pas son objet naturel, n’est plus admise aujourd’hui. Freud était encore à l’époque « piégé » par ses références morales. Lui-même s’en démarquera ultérieurement.

Il n’y a pas de perversion entre adultes consentants en matière de plaisir érotique partagé.

Fesses rougies par des coups de canneExiste-t-il une sexualité normale?

Non.

Au sens étymologique, la sexualité est fondamentalement perverse dans la mesure où elle transgresse les principes d’une société, récuse par avance toute normalisation (« pervertere », en latin : bouleverser, mettre sens dessus dessous). Toute sexualité s’organise sur un plan fantasmatique et le fantasme est par définition hostile à toute normalisation.

En ce qui concerne la fessée, elle apparaît dans de très nombreux comportements sexuels comme un élément de jeu qui, la plupart du temps, est réclamé par les hommes qui aiment être fessés comme un enfant.

Lorsqu’un homme fesse une partenaire, cela s’inscrit dans une autre problématique. Il y a une sorte de célébration de toute la dimension imaginaire et symbolique de ce que les fesses de la femme représentent pour lui.

Ce sont deux démarches différentes.

Quel est le rôle de la fessée de l’enfance?

Beaucoup d’enfants ont été fessés, par forcément sur un mode de violence, mais sur un mode de geste tendre, affectueux, avec une dimension érotique dans la relation parents-enfant. Pour les femmes comme pour les hommes, la fessée est une réminiscence d’émotions anciennes. Un peu comme la madeleine de Proust (rire).

Elle stimule la sphère anale qui est une zone érogène très importante et qui n’est pas mise en jeux uniquement par la sodomisation.

Dans une relation sexuelle, toutes les zones érogènes sont peu ou prou mises en jeu selon les goûts de chacun. La fessée est l’une des modalités les plus courantes pour exciter cette zone anale.

Peut-on dissocier la fessée de la flagellation?

Lorsque la fessée prend une tournure beaucoup plus violente, on passe dans un autre champ, qui s’apparente plus à la recherche de la douleur comme expression du désir et qui n’est plus de l’ordre du simple jeu érotique.

le Maitre avec sa soumise à quatre pattes en laisse, la cravache entre les dents, en attente de recevoir sa fesséeIl s’agit du besoin de réduire son partenaire à l’état de chose, d’objet. Des hommes et des femmes ont besoin d’être réduits à l’état de chose pour jouir. Ce sont des fantasmes que l’on retrouve souvent dans la littérature érotique et dans les films porno.

Le passage à l’acte implique évidemment le consentement des partenaires. Avec l’intervention d’un instrument, nous sommes dans une mise en scène qui ne relève plus de la fessée usuelle.

Comment expliquer le plaisir de la fessée?

La fessée active des fantasmes de punition, mais il ne faut pas perdre de vue que l’on tourne autour de la sphère anale, et la fessée ordinaire est prétexte, la plupart du temps, à sa mise en jeu. Il ne faut pas se voiler la face, la sodomisation est une pratique appréciée par certains et certaines femmes, et la fessée en est un substitut.

Vous avez écrit : « Chacun va où l’appelle son bien-être?

Chacun est organisé d’une certaine manière à partir des premières années de la vie. Mais cela peut évoluer, les fantasmes se réorganisent à notre insu.”

Photos : bdsmpalace.com, Masterem49.

Voir la fessée dans Del.icio.us.

Par Valmont le 18.01.2007 @ 2:44 am

Voilà un album de photos d’une séance bdsm à regarder sous format diapo dans flickr… en écoutant la trame sonore de Matrix Reloaded.

Une session du photographe Ken Marcus absolument inspirante trouvée dans le web (fesrouge?).

soumise attendant la fessée de son maitre

Photo : Ken Marcus via cercle O - l’album.

Par Valmont le 03.10.2006 @ 7:27 pm

Vous avez un banc de fessée à vendre et… vous habitez la région montréalaise?

Envoyez donc alors un courriel. C’est pour une bonne cause.