Par Valmont le 06.10.2007 @ 7:21 pm

Why go de Pearl Jam, voilà une musique qui se marie bien avec la canne : du rythme, de l’énergie, le plaisir de faire corps avec les notes. Tout ça conduit à une belle envolée d’endorphines pour une petite abeille qui fait des bzz bzzz… why go en effet ? et surtout where do you want to go, honey bee ?


Par Valmont le 04.02.2007 @ 1:23 pm

Parution initiale de ce texte : Cosmopolitan, février 2000.

Entrevue avec le docteur Pierre Marie, psychalanyste et philosophe. Il a préfacé le Dictionnaire des fantasmes, perversions et autres pratiques de l’amour, paru en 1997 aux éditions Blanche (Encyclopedia of Unusual Sex Practices).

La fessée est-elle une perversion?

Au sens propre, il y a perversion lorsqu’il y a une volonté de mettre à mal son partenaire dans une relation sexuelle. La définition originelle de Freud, qui la décrit comme un détournement de la pulsion sexuelle vers quelque chose qui ne serait pas son objet naturel, n’est plus admise aujourd’hui. Freud était encore à l’époque « piégé » par ses références morales. Lui-même s’en démarquera ultérieurement.

Il n’y a pas de perversion entre adultes consentants en matière de plaisir érotique partagé.

Fesses rougies par des coups de canneExiste-t-il une sexualité normale?

Non.

Au sens étymologique, la sexualité est fondamentalement perverse dans la mesure où elle transgresse les principes d’une société, récuse par avance toute normalisation (« pervertere », en latin : bouleverser, mettre sens dessus dessous). Toute sexualité s’organise sur un plan fantasmatique et le fantasme est par définition hostile à toute normalisation.

En ce qui concerne la fessée, elle apparaît dans de très nombreux comportements sexuels comme un élément de jeu qui, la plupart du temps, est réclamé par les hommes qui aiment être fessés comme un enfant.

Lorsqu’un homme fesse une partenaire, cela s’inscrit dans une autre problématique. Il y a une sorte de célébration de toute la dimension imaginaire et symbolique de ce que les fesses de la femme représentent pour lui.

Ce sont deux démarches différentes.

Quel est le rôle de la fessée de l’enfance?

Beaucoup d’enfants ont été fessés, par forcément sur un mode de violence, mais sur un mode de geste tendre, affectueux, avec une dimension érotique dans la relation parents-enfant. Pour les femmes comme pour les hommes, la fessée est une réminiscence d’émotions anciennes. Un peu comme la madeleine de Proust (rire).

Elle stimule la sphère anale qui est une zone érogène très importante et qui n’est pas mise en jeux uniquement par la sodomisation.

Dans une relation sexuelle, toutes les zones érogènes sont peu ou prou mises en jeu selon les goûts de chacun. La fessée est l’une des modalités les plus courantes pour exciter cette zone anale.

Peut-on dissocier la fessée de la flagellation?

Lorsque la fessée prend une tournure beaucoup plus violente, on passe dans un autre champ, qui s’apparente plus à la recherche de la douleur comme expression du désir et qui n’est plus de l’ordre du simple jeu érotique.

le Maitre avec sa soumise à quatre pattes en laisse, la cravache entre les dents, en attente de recevoir sa fesséeIl s’agit du besoin de réduire son partenaire à l’état de chose, d’objet. Des hommes et des femmes ont besoin d’être réduits à l’état de chose pour jouir. Ce sont des fantasmes que l’on retrouve souvent dans la littérature érotique et dans les films porno.

Le passage à l’acte implique évidemment le consentement des partenaires. Avec l’intervention d’un instrument, nous sommes dans une mise en scène qui ne relève plus de la fessée usuelle.

Comment expliquer le plaisir de la fessée?

La fessée active des fantasmes de punition, mais il ne faut pas perdre de vue que l’on tourne autour de la sphère anale, et la fessée ordinaire est prétexte, la plupart du temps, à sa mise en jeu. Il ne faut pas se voiler la face, la sodomisation est une pratique appréciée par certains et certaines femmes, et la fessée en est un substitut.

Vous avez écrit : « Chacun va où l’appelle son bien-être?

Chacun est organisé d’une certaine manière à partir des premières années de la vie. Mais cela peut évoluer, les fantasmes se réorganisent à notre insu.”

Photos : bdsmpalace.com, Masterem49.

Voir la fessée dans Del.icio.us.

Par Valmont le 09.01.2007 @ 7:16 pm

corps nu botté fouetté« L’art de fouetter, c’est aussi l’art de peindre. »

Édouard Séville dans Le plaisir mastipyge, préface du roman Le Fouet à Londres de Hugues Rebell, Éditions Viviane Hamy, 1992, ISBN 2-87858-023-0.

Photo : phae one.

Par Valmont le 08.01.2007 @ 8:37 pm

Une liste précieuse pour le dompteur de femmes…

« Vous qui ne vous contentez ni de cravaches, ni de verges de bouleau, ni de brassées d’orties, eh bien sachez que font merveilles : les knouts russes, les martinets de cuir, de soie, de flanelle ou de bandes de drap, et encore : les fouets de valets de mente, les sjamboks, les fouets de gaucho, les cat-o-nine tails, les fouets terminés par des bobines en bois, les fouets en parchemin, en peau d’anguille, aïe ! aïe ! aïe ! »

Dans Le Fouet à Londres de Hugues Rebell, Éditions Viviane Hamy, 1992, ISBN 2-87858-023-0.

Par Valmont le 06.01.2007 @ 4:13 pm

Dans un très mauvais roman comme on en trouve des centaines dans l’internet, un auteur au début du siècle dernier écrit :

” Boldman était le don juan de la flagellation, le dieu du fouet, le maître de la meurtrissure.

Le fouet à Londres de Hugues RebellIl avait l’esprit, l’intuition de cet art difficile, de ce sport aristocratique entre tous, où, dilettante subtil, il savait trouver du nouveau en possédant la quintessence, où il apportait à la fois délicatesse et vigueur, main de velours et de fer, ayant les doigts, le tact, la souplesse, l’élégance, le secret des gradations raffinées, expert à préparer par la caresse, par des suspensions, par des reprises pareilles à des passes magnétiques, puis à nuancer le crescendo, par l’accélération rythmique du mouvement, névralgique et saccadé, amenant au maximum de l’intensité suraiguë, qu’il tienne la cravache ou le fouet, la verge de bouleau ou la brassée d’orties en pleine sève, sachant en faire le sceptre des félicités ardentes, sauvages, effet magique produisant chez les dévotes du plaisir mastipyge une ivresse étrange, d’amertume délicieuse, ensanglantant le paros mouvant de leurs chairs, faisant hurler de fiévreuse joie, provoquant des frémissements, des spasmes, des sursauts de toute la créature secouée de brûlants frissons où larmes et rires se confondent, extase angoissée de sainte ou de damnée, de ciel ou d’enfer, décidant cette explosion des sens, cette passion fauve, cette volupté pantelante assoiffée de possession et d’assouvissement qui, finalement, jette en ses bras froidement triomphants une bacchante échevelée, aux yeux révulsés, aux onomatopées délirantes, aux râles désireux, aux élans vigoureux, aux étreintes frénétiques, se tordant, écumante, en des enlacements fous, toujours plus curieuse, jamais rassasiée, sang de feu, chair vibrante, cœur soumis. ”

Tout ça en une phrase !

Le Fouet à Londres de Hugues Rebell, Éditions Viviane Hamy, 1992, ISBN 2-87858-023-0, pp 31-32.