Par Valmont le 17.10.2008 @ 10:00 am

Pourquoi aimez-vous humilier la soumise, Monsieur?

Pasque.

Bon d’accord, je veux bien vous éclairer.

Dans le Guide des émotions, l’auteure donne un exemple de situation de honte, celle provoquée par la peur de parler en public :

Il est difficile de s’exposer au jugement de l’autre et de consentir à être humilié. Si je considère comme puérile ma peur de parler en public, il est normal que je craigne que d’autres portent le même jugement que moi. En m’exposant à leur critique, je prends le risque d’être humilié.

Par contre, si je ne m’expose pas dans ce que je suis, je perds l’occasion de m’assumer. Il est particulièrement important, pour croître, que je confronte les objets de ma honte. C’est par ce chemin que je puis régler le problème qui en est la source.

Je ne saurais mieux décrire une partie de mon travail de guide dans l’échange de pouvoirs érotique. Juste remplacer dans le texte la peur de parler en public par la peur de montrer son corps… un exemple parmi mille d’un enjeu important auquel peut être confrontée une personne soumise.

Mon but comme dominant, c’est de l’aider cette soumise à mieux accepter son corps, à s’accepter… quitte à la déshabiller devant des inconnus, s’il le faut. Et lui faire tenir les yeux grand ouverts. Non pas pour qu’elle se foute des autres, mais pour qu’elle en prenne conscience, qu’elle sente sur elle toutes ces mines curieuses, allumées, voire les regards les plus conscupiscents…

Mon but comme dominant, c’est de l’aider cette soumise à mieux s’accepter comme personne à part entière. À s’accepter comme femme ayant des désirs et des fantasmes qui ne cadrent pas avec les canons sociaux à l’image de la femme avec laquelle on fait des enfants.

Une mère aussi a du désir.

Pourquoi lui refuser ce que certains de nous souhaitons le plus au monde : être et vivre avec une femme qui assume ses désirs et ses besoins érotiques les plus hardis?

Par Valmont le 10.10.2008 @ 1:48 pm

Un exemple d’humiliation dans un contexte bdsm parmi mille : la soumise fantasme sur le fait de se promener à quatre pattes dans la maison, sous le regard concupiscent de son maître. Cette activité peut la stimuler sexuellement, mais rien n’empêche qu’elle puisse être terriblement dégoûtée par une telle perspective. Cette activité peut même entraîner chez elle une crainte panique.

Et là, je ne vous parle pas encore de la promener ainsi devant des inconnus un soir de partie de cartes chez des amis. Non mais, imaginez…

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Par Valmont le 06.10.2008 @ 7:59 am

Je reviens à cette définition de l’humiliation comme une blessure à l’amour-propre, un accroc à l’image que l’on veut donner de soi-même. Elle est intéressante cette définition dans la mesure où elle situe mon action comme dominant lorsque j’utilise l’humiliation à des fins… pédagogiques.

Quelle est l’image d’elle-même que veut donner la soumise? Qu’elle est :

  • la plus docile?
  • la plus perverse?
  • la plus servile?
  • la plus masochiste?
  • la plus désirable?
  • la plus exhibitionniste?
  • toutes ces réponses?

À l’écouter la soumise, elle serait toujours plus. Cette prétention est fichtrement intéressante car elle mérite alors validation. Est-elle aussi docile qu’elle le dit? Jusqu’à quel point est-elle exhibitionniste, la nana? Des heuuuuuuures de plaisir en perspective.

Vous me direz : “mais non, Monsieur, il y a des tas de soumises qui se disent pas docile, pas perverse ni servile, ni masochiste, désirable ou exhibitionniste”. Oh, voilà qui est bien vrai. Celles-là aiment bien jouer les cachottières.

Je pense à celle à qui je demande de se tenir droite au mur pendant que je retire sa culotte sous sa robe et qu’elle se laisse faire. Je la regarde alors dans les yeux et lui dit : “vous, pas docile? Allons donc, vous êtes la docilité même, femme soumise”.

Il faut voir alors les lueurs dans son regard… son désir soudain de se laisser glisser sous la moquette, la coquette.

On pourrait avancer que l’humiliation dans un contexte bdsm est une situation donnée où le dominant cherche à valider un comportement de la soumise, à dévoiler un désir caché, une préférence tenue à l’écart, un fantasme.

Le dominant obtient par le fait même un grossissement sur l’image que la soumise a d’elle-même, l’image que les autres ont d’elle, et ce qu’elle pense que les autres pensent d’elle. Et la soumise vit alors une réaction d’humiliation devant le jugement de l’autre et du jugement négatif (culpabilité) qu’elle porte elle-même face à ce qui est révélé avec netteté  cette femme offre à d’autres les rênes de sa volonté sur sa personne.

L’humiliation serait une dégradation de l’image de soi, dit la définition. Tout dévoilement de soi à l’autre, d’une partie intime, d’une pensée, d’une intention est dans le contexte bdsm source d’humiliation potentielle de la personne soumise qui devient dès lors dévoilée, mise à nu, percée.

Il s’agit moins de la dégrader son image que d’en souligner les caractéristiques au crayon gras, la crier fortement devant tout le monde, voire s’en moquer, gentiment ou plus férocement, c’est selon l’inspiration du moment.

Lorsque le dominant fait clairement voir à la soumise ce qu’elle ne veut pas (trop) voir, ni montrer ou avouer, cela provoque chez elle un embarras qui se mue en excitation, jusqu’à aller dans le meilleur des cas à une production industrielle de cyprine involontaire…

L’humiliation comme jeu de miroir est un outil extrêmement puissant.

Par Valmont le 03.10.2008 @ 12:28 pm

L’humiliation dans un contexte bdsm est un outil très délicat à manier. Elle est souvent considérée à tort ou à raison, comme une marque d’irrespect de la part du dominant envers la soumise. Comme une atteinte inacceptable à sa dignité.

On accusera volontiers le dominant qui s’amuse à humilier la soumise, qu’il la méprise. La domina humiliant le soumis fera très peur aux mâles autour qui la traiteront volontiers de castratrice.

L’humiliation est classée dans le registre de la cruauté, de la froideur, du clinique, de l’impersonnel.

Avez-vous parcouru le dictionnaire Robert récemment?

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Par Valmont le 07.06.2007 @ 9:31 pm

Ce texte est une réponse faite dans le forum Être à vos pieds dans le fil de discussions intitulé perte d’empathie des Maitres lors des séances de domination.

Comme dominant, nous jouons avec des énergies extrêmement puissantes, lesquelles peuvent nous submerger et nous emporter si l’on n’y prend garde.

Lorsque j’entre en domspace (état à définir), il m’est arrivé à plusieurs reprises d’apercevoir très nettement ce que j’appelle la frontière du mépris. M’en approcher me renseigne utilement sur mes propres motivations et sur ce que je sens et ressens vis-à-vis l’autre.

femme soumise prise fermement par le couIl faut toutefois se garder de la traverser cette frontière, sans quoi nous entrons dans un espace trouble où la soumise, par son entière disponibilité (ou son absence de réelle disponibilité si elle résiste à l’abandon) et sa vulnérabilité, peut induire une forme de dégoût de ma part à son égard.

J’oserais même croire que la soumise le sent très bien ce dégoût d’ailleurs dans ce genre de situation, car elle en fournit une certaine part consciemment envers elle-même.

La soumise peut alors devenir à nos yeux un objet sans grande valeur, négligeable, qui ne mérite pas tout le mal que l’on se donne, qui mériterait d’être jetée… et en plus ça l’exciterait, la garce.

Mais est-ce sain?

On peut alors faire très mal à la soumise à ce moment-là. Tout comme on peut se faire très mal à soi-même comme dominant. Autant psychologiquement que physiquement.

D’où l’importance de jouer avec des gens pour lesquelles nous avons une certaine… affection.

Et d’apprendre à se retirer de l’interaction lorsque le mépris se pointe le bout du museau.

Photo : phae one.