Skin TWO Films Presents London Fetish Girls
Par Valmont le 27.07.2009 @ 11:51 am

Le bdsm n’est pas le sm. Ce n’est pas la même chose.

Ce n’est pas un ou l’autre. On ne peut pas écrire “Le bdsm ou le sm, c’est…”. C’est un contresens, une méconnaissance des dynamiques, au pire, un parti-pris tendancieux et manipulateur.

Le bdsm recouvre l’ensemble des activités placées sous le parapluie des échanges de pouvoirs érotiques : les jeux de restriction (bd pour bondage-discipline), les jeux de rôle (domination-soumission) et les jeux de douleur/plaisir (sm ou sado-masochisme) entre adultes avertis et consentants.

On le voit bien, le sm ne représente qu’une partie des jeux bdsm.

Car voilà, beaucoup de gens jouent sans douleur physique. La douleur physique n’est pas requise, ce n’est pas un must dans l’échange de pouvoirs entre la personne dominante et la personne soumise. Ce n’est pas une obligation. Et ce n’est pas parce qu’une personne soumise refuse les jeux de douleur que cela fait d’elle une personne moins soumise, moins docile, moins obéissante.

C’est irritant lassant à la longue de voir des imbéciles personnes se décrivant comme dominantes dire à des femmes attirées par la soumission que si elles n’acceptent pas la douleur, elles ne sont pas de “vraies” soumises, qu’elles n’ont pas à faire là.

Oui mais pourquoi dire qu’on fait du bdsm si on ne touche pas à la dimension sm?

Beaucoup de gens jouent sans douleur physique, dis-je, ou très peu. Une bonne fessée chaude, nous sommes bien dans le registre sm, mais nous sommes loin de l’apport d’une brique de trois livres sur chaque sein. Beaucoup de gens dans la chambre à coucher s’adonnent aux plaisirs de la fessée bien qu’ils refusent catégoriquement de dire qu’ils font du bdsm, encore moins du sm.

Oui mais pourquoi dire qu’on fait du bdsm si on ne touche pas à l’une de ses dimensions?

Il existe une multitude d’activités et de perversions sexuelles sous le parapluie bdsm, est-ce que ne pas pratiquer l’une ou l’autre de ces activités nous disqualifie pour autant?

Par Valmont le 10.10.2007 @ 6:23 am

Au Canal Vie ce samedi 13 octobre 2007, Ça SEX’plique se penche sur les jeux de douleur/plaisir.

“Pour nous, flagellation est bien souvent synonyme de punition. Pourtant, certaines personnes se soumettent volontiers au châtiment corporel et semblent y prendre du plaisir. Aujourd’hui, on rencontre des adeptes du BDSM, une pratique sexuelle qui s’écarte de la norme et où la flagellation est à l’honneur. Ils affirment qu’au-delà du cuir et du fouet, il s’en dégage d’importantes leçons en matière de sexe. Ils expliquent aussi que le sadomasochisme s’élèverait au niveau de l’esprit.”

Malheureusement, rien ne nous indique qui produit cette émission.

Par Valmont le 24.09.2007 @ 7:39 am

Ce texte sur le subspace, dont on n’a pas trouvé de mot équivalent satisfaisant en français pour le moment, trouve sa source dans le défunt site de gwenda, un artisan important de la scène bdsm internet québécoise. Son texte s’inspire d’un texte en anglais intitulé Sub Space de Mistress Steel.

J’aimerais bien un jour connaître les sources utilisées par Steel qui lui permettent d’en arriver à ses assertions.

J’ai laissé le texte tel quel, sauf la correction de quelques coquillettes ici et là.

Dom : La personne dominante, maitre ou maitresse.

sub : La personne dominée, soumis ou soumise.

Le subspace est un état intensif physique et psychique atteint par la personne soumise pendant ses interactions avec son dominant.

Cette interaction va au delà des plaisirs physiques et psychologiques habituellement éprouvés. Pendant cet état, le sub expérimente une surdose chimique d’endorphines. La quantité d’endorphines secrétées intensifie la circulation sanguine généralement.

Le but de la plupart des subs est à la sensation protégée, voulue et contrôlée, de sorte qu’ils puissent tomber dans le subspace.

Le sub devient doux, affectueux et tendre, et très heureux. Cela prend habituellement du temps et de l’expérience pour que le sub puisse s’abandonner au dom et atteindre le subspace. Le point important pour atteindre le subspace est la confiance entre le dom et le sub.

Les sensations que les subs ressentent sont purement le plaisir, donc n’importe quelle douleur infligée (c.-à-d. des flagellations, des coups, l’électricité, etc.) est alors transféré à leur cerveau comme du plaisir.

C’est pour cette raison même que la confiance est primordiale.

Pendant cet état de subspace de différents niveaux, le sub peut ou ne peut pas pouvoir dire son veto ou même ne pouvoir articuler des mots. Le sub sera dans un état de transe, incapable de distinguer le danger.

La confiance est un ingrédient principal dans la réalisation du subspace, la communication entre le dom et le sub est importante et doit être précise. S’ils sont cependant incapables de communiquer, la confiance devient le facteur principal.

La méthode la plus souvent utilisée est celle du fouet progressif, pour permettre à l’endorphine de transformer la douleur en plaisir.

L’intensité des coups sera alors augmentée progressivement pour garder le seuil de plaisir. La progression des coups s’obtient par la diversité des instruments utilisés en partant de martinet doux à fort, battoir (paddle) doux à fort, pour terminer optionnellement avec une cravache ordinaire, une canne ou une cravache à fil.

Il y a quelques niveaux de base de subspace.

TOP SPACE

Le sub est en plein contrôle de lui-même et agit comme bon lui plait.

MARGINALLY DOWN SPACE

Cet espace se produit quand le dom dirige l’attention du sub.

Ceci peut se produire aussi délicatement qu’un regard, un contact léger, un petit bruit ou n’importe quelle combinaison de ces derniers. Le sub est en continuelle attention, souvent par le regard ou l’audition de la prochaine commande venant du dom.

Si l’interaction entre dom et sub est recherchée, il est préférable de rester dans cet espace.

Aux deux prochains niveaux de subspace, le sub est incapable de transmission, étourdi et incapable d’articuler le plus simple des mots.

BLONDE SPACE

Dans cet état, le Q.I. du sub tend à diminuer progressivement, mais revient à la normale à la fin de la séance. Il se sent devenir plus lent mentalement.

À ce moment le sub ne peut pas distinguer le danger, incapable d’utiliser un veto car il lui est devenu incompréhensible. Encore, une autre raison pour laquelle la confiance du dom est essentielle.

Le sub ne peut pas penser pour lui-même, incapable de décider s’il en a assez, s’il est temps d’arrêter. C’est dans cette situation que le dom devra utiliser son jugement.

PRIMAL SPACE

Parfois les doms et les subs pénètrent dans cet état ou le sub perd sa nature soumise. Tandis qu’à ce niveau, la volonté du sub tend à reprendre son comportement normal. La volonté du sub diminuant beaucoup sa nature docile, celui-ci devient primitif comme un animal, dangereux, puissant.

La parole ne vient plus par des mots compréhensibles mais par grognements comme des tonalités et des bruits. Le sub se connecte sur le langage primitif du corps, devenant un prédateur, se soumettant à peine. Si le sub sent la faiblesse, tout comme un félin en panique, il essaie de se libérer du dom. Dans cet état, il est préférable pour la sécurité du dom de ligoter le sub.

Les subs peuvent connaître un degré variable de ces niveaux tout en éprouvant le subspace, mais ils seront tous d’accord pour dire que c’est une sensation merveilleuse, de flotter et de se trouver dans un plaisir constant. Le subspace tend à intensifier les sens. En raison de ce plaisir, les subs seront à la recherche d’un état plus profond, suppliant souvent leurs doms de les envoyer plus loin.

Par Valmont le 31.08.2007 @ 8:29 am

En parcourant un forum sexualité Doctissimo qui comporte un lien vers cercle O, je fus frappé par une contribution que je sors totalement de son contexte ici, car le restant du propos ne touche pas du tout à ce qui est relevé dans cette contribution.

On y lit ce qui suit :

Je m’en fiche royalement. je répondais une domina qui disait une chose terrible à propos des soumises. Nous avons peur parait-il de modifier notre apparence corporelle en n’assumant pas les coups. Mais toi sûrement es-tu une soumise qui accepte de sortir avec des bleus sur ton visage. C’est cette opinion qui m’intéresse. En tout cas, moi, je préfère garder mon visage intact. Mais je t’admire d’être ainsi soumise, accepter d’être défigurée par ton maitre ou tes maitres.”

On entend ça souvent de la bouche souris de tortionnaires mexicains dominants dans des salles de clavardage à saveur bdsm, voire dans des annonces, à l’effet que beaucoup de soumises n’assument pas les coups. Qu’elles sont obsédées par leur apparence. Qu’elles se prennent pour des bibelots de porcelaine.

Encore faudrait-il savoir pourquoi les coups en question. Dans quel but. À quel usage.

Parlant de coups, quand je demande dans un forum bdsm spécialisé si quelqu’un connaît les effets à long terme des jeux de douleur, eh bien à mon très grand étonnement (le suis-je vraiment ?), quatre mois après avoir posé la question, je n’ai toujours pas reçu de réponse précise, hormis des témoignages.

Quand on sait que la majorité des “adeptes” bdsm sont plus portés vers les jeux de douleur que d’autres choses…

À faire : parcourir les fils de discussions des forums bdsm portant sur l’incidence des jeux de douleur sur le corps.

Par Valmont le 23.08.2007 @ 10:32 am

“Aujourd’hui, l’agressivité fait peur… Pourtant, l’agressivité est une composante essentielle de la sexualité. Dans une relation reposant sur le respect, on est libre de la libérer.”

Par Valmont le 04.02.2007 @ 1:23 pm

Parution initiale de ce texte : Cosmopolitan, février 2000.

Entrevue avec le docteur Pierre Marie, psychalanyste et philosophe. Il a préfacé le Dictionnaire des fantasmes, perversions et autres pratiques de l’amour, paru en 1997 aux éditions Blanche (Encyclopedia of Unusual Sex Practices).

La fessée est-elle une perversion?

Au sens propre, il y a perversion lorsqu’il y a une volonté de mettre à mal son partenaire dans une relation sexuelle. La définition originelle de Freud, qui la décrit comme un détournement de la pulsion sexuelle vers quelque chose qui ne serait pas son objet naturel, n’est plus admise aujourd’hui. Freud était encore à l’époque « piégé » par ses références morales. Lui-même s’en démarquera ultérieurement.

Il n’y a pas de perversion entre adultes consentants en matière de plaisir érotique partagé.

Fesses rougies par des coups de canneExiste-t-il une sexualité normale?

Non.

Au sens étymologique, la sexualité est fondamentalement perverse dans la mesure où elle transgresse les principes d’une société, récuse par avance toute normalisation (« pervertere », en latin : bouleverser, mettre sens dessus dessous). Toute sexualité s’organise sur un plan fantasmatique et le fantasme est par définition hostile à toute normalisation.

En ce qui concerne la fessée, elle apparaît dans de très nombreux comportements sexuels comme un élément de jeu qui, la plupart du temps, est réclamé par les hommes qui aiment être fessés comme un enfant.

Lorsqu’un homme fesse une partenaire, cela s’inscrit dans une autre problématique. Il y a une sorte de célébration de toute la dimension imaginaire et symbolique de ce que les fesses de la femme représentent pour lui.

Ce sont deux démarches différentes.

Quel est le rôle de la fessée de l’enfance?

Beaucoup d’enfants ont été fessés, par forcément sur un mode de violence, mais sur un mode de geste tendre, affectueux, avec une dimension érotique dans la relation parents-enfant. Pour les femmes comme pour les hommes, la fessée est une réminiscence d’émotions anciennes. Un peu comme la madeleine de Proust (rire).

Elle stimule la sphère anale qui est une zone érogène très importante et qui n’est pas mise en jeux uniquement par la sodomisation.

Dans une relation sexuelle, toutes les zones érogènes sont peu ou prou mises en jeu selon les goûts de chacun. La fessée est l’une des modalités les plus courantes pour exciter cette zone anale.

Peut-on dissocier la fessée de la flagellation?

Lorsque la fessée prend une tournure beaucoup plus violente, on passe dans un autre champ, qui s’apparente plus à la recherche de la douleur comme expression du désir et qui n’est plus de l’ordre du simple jeu érotique.

le Maitre avec sa soumise à quatre pattes en laisse, la cravache entre les dents, en attente de recevoir sa fesséeIl s’agit du besoin de réduire son partenaire à l’état de chose, d’objet. Des hommes et des femmes ont besoin d’être réduits à l’état de chose pour jouir. Ce sont des fantasmes que l’on retrouve souvent dans la littérature érotique et dans les films porno.

Le passage à l’acte implique évidemment le consentement des partenaires. Avec l’intervention d’un instrument, nous sommes dans une mise en scène qui ne relève plus de la fessée usuelle.

Comment expliquer le plaisir de la fessée?

La fessée active des fantasmes de punition, mais il ne faut pas perdre de vue que l’on tourne autour de la sphère anale, et la fessée ordinaire est prétexte, la plupart du temps, à sa mise en jeu. Il ne faut pas se voiler la face, la sodomisation est une pratique appréciée par certains et certaines femmes, et la fessée en est un substitut.

Vous avez écrit : « Chacun va où l’appelle son bien-être?

Chacun est organisé d’une certaine manière à partir des premières années de la vie. Mais cela peut évoluer, les fantasmes se réorganisent à notre insu.”

Photos : bdsmpalace.com, Masterem49.

Voir la fessée dans Del.icio.us.