Skin TWO Films Presents London Fetish Girls
Par Valmont le 20.10.2009 @ 7:58 pm

Parution initiale : Cosmopolitan, février 2000. Source : Varonaz.

Maryne, 43 ans, mère de deux grand fils. Elle a découvert le goût d’être fessée en regardant Histoire d’O.

Que s’est-il passé à ce moment-là?

Ce fut un choc érotique. J’ai vu le film au moins trente fois et j’en connais toutes les répliques.

Un film à la télé m’a aussi beaucoup marquée à l’âge de 6 ou 7 ans, l’histoire d’une princesse jeune mariée humiliée et maltraitée par son mari.

Ensuite, j’ai réfléchi sur l’origine de ce fantasme en fouillant dans mon enfance. Fille unique, j’avais un papa très autoritaire et, dès que je faisais une bêtise, boum, c’était la fessée ou une gifle. J’estime maintenant que les punitions étaient justifiées, mais pas à l’époque.

Quand avez-vous pu réaliser vos fantasmes?

La fesséeJ’ai d’abord tendu la perche à un amant qui n’était pas intéressé, j’ai donc mis ma demande en sommeil. Mon mari ne s’est pas montré plus intéressé. Il voulait bien jouer pendant un quart d’heure, mais pas plus.

Comme la soumission fait partie de ma libido et que je vivais un grand manque, il a accepté que j’aie des dominants réguliers. Il les connaissait et il a même eu des rapports amicaux avec l’un d’entre eux.

Comment vivez-vous ces fantasmes aujourd’hui?

Pour l’instant, je n’ai plus de partenaire.

Avec un dominant, certaines choses sont autorisées, d’autres interdites. Le dernier en date a franchi les limites autorisées. Il a cassé le jeu.

Ce qui vous plaît dans la fessée?

Je suis une soumise un peu spéciale, rebelle, car pour moi le jeu de la soumission ressemble au jeu du chat et de la souris. Il faut que le chat s’affirme à un moment ou à un autre, sinon c’est la souris qui gagne.

Ce qui m’excite est de pouvoir acheter le plus de fessées possible. Une bêtise que je fais, une date du calendrier, le nombre de minutes passées dans la salle de bain ou une immatriculation de voiture déclencheront le nombre de claques sur les fesses. Ensuite, je veux voir qui de nous deux pourra assurer le plus. Il y a un défi.

Quand le dominant arrête parce que sa main rougit ou parce qu’il en a marre, alors on passe à une autre jeu érotique!

Photo : via cercle O - l’album.

Par Valmont le 27.07.2009 @ 11:51 am

Le bdsm n’est pas le sm. Ce n’est pas la même chose.

Ce n’est pas un ou l’autre. On ne peut pas écrire “Le bdsm ou le sm, c’est…”. C’est un contresens, une méconnaissance des dynamiques, au pire, un parti-pris tendancieux et manipulateur.

Le bdsm recouvre l’ensemble des activités placées sous le parapluie des échanges de pouvoirs érotiques : les jeux de restriction (bd pour bondage-discipline), les jeux de rôle (domination-soumission) et les jeux de douleur/plaisir (sm ou sado-masochisme) entre adultes avertis et consentants.

On le voit bien, le sm ne représente qu’une partie des jeux bdsm.

Car voilà, beaucoup de gens jouent sans douleur physique. La douleur physique n’est pas requise, ce n’est pas un must dans l’échange de pouvoirs entre la personne dominante et la personne soumise. Ce n’est pas une obligation. Et ce n’est pas parce qu’une personne soumise refuse les jeux de douleur que cela fait d’elle une personne moins soumise, moins docile, moins obéissante.

C’est irritant lassant à la longue de voir des imbéciles personnes se décrivant comme dominantes dire à des femmes attirées par la soumission que si elles n’acceptent pas la douleur, elles ne sont pas de “vraies” soumises, qu’elles n’ont pas à faire là.

Oui mais pourquoi dire qu’on fait du bdsm si on ne touche pas à la dimension sm?

Beaucoup de gens jouent sans douleur physique, dis-je, ou très peu. Une bonne fessée chaude, nous sommes bien dans le registre sm, mais nous sommes loin de l’apport d’une brique de trois livres sur chaque sein. Beaucoup de gens dans la chambre à coucher s’adonnent aux plaisirs de la fessée bien qu’ils refusent catégoriquement de dire qu’ils font du bdsm, encore moins du sm.

Oui mais pourquoi dire qu’on fait du bdsm si on ne touche pas à l’une de ses dimensions?

Il existe une multitude d’activités et de perversions sexuelles sous le parapluie bdsm, est-ce que ne pas pratiquer l’une ou l’autre de ces activités nous disqualifie pour autant?

Par Valmont le 07.11.2008 @ 2:27 pm

“La fessée permet d’exprimer des pulsions sadomasochistes que nous avons tous en nous, sans nécessairement entrer dans une relation Domination/soumission avec tout ce que cela implique.

Elle peut s’exercer pour le simple plaisir. Je l’ai pratiquée ainsi avec la plupart de mes partenaires. A travers ces expériences j’ai acquis la conviction que la fessée peut être le plus bel rapport érotique qui soit, dans le cadre de rapports de confiance mutuelle et de maîtrise de soi.”

… peut-on lire sur le site L’Art de la Fessée érotique par Arnaud.

L Art de la fessée de Milo Manara et Jean-Pierre ÉnardJe ne saurais être plus en accord avec ce propos. Une fessée chaude et sensuelle est un rapport intime capable de catapulter autant le fesseur que la fessée dans des zones extatiques. C’est beau la vie!

On parle souvent du subspace, cet espace psychique et physiologique où la personne recevant une douleur peut vivre un état second proche de la transe. On pourrait évoquer tout autant cet espace atteint par la personne administrant cette douleur. Non seulement ses mains prennent des teintes vermeil et deviennent chaudes et résonnantes, mais tout le corps vibre, le cerveau devient comme un moteur à explosion.

Ce doit être ça la transmutation du plomb en or. Domspace!

Hum, il est bien terrible de lire et d’écrire sur le sujet. Cela me donne l’envie d’offrir à mademoiselle une bonne fessée comme je les aime.

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Par Valmont le 15.05.2008 @ 10:52 pm

En prenant ma place dans le train qui me mène vers le centre-ville, je l’aperçois du coin de l’oeil : une brunette magnifique aux grands yeux bruns curieux, un brin farouche, avec un nez que Panoramix lui-même n’aurait pas renié. Je ne me laisse pas trop distraire, un document dans mon portable occupe toutes mes pensées. Toutes mes pensées? Enfin, presque toutes.

À la sortie à la gare Bonaventure, la file est lente. Oh, c’est jour de contrôle ce matin (c’est un système de paiement sur l’honneur, les trains de banlieue montréalais, comme sans doute partout dans le monde). Je vois la farouchka se diriger sur le côté, à l’indication de l’agent : elle s’est faite prendre, elle n’avait pas de titre de transport!

Quand je passe à ses côtés, la foule pressée m’empêche de lui glisser dans le creux de l’oreille : “Voilà qui mériterait une bonne tape sur les fesses, garnemente.”

Par Valmont le 14.10.2007 @ 9:59 am

Article paru initialement dans Cosmopolitan, février 2000.

« Une bonne petite claque sur le postérieur, ou plusieurs, ça réchauffe l’atmosphère et ça met de bonne humeur. Mais aucune honte à avoir, c’est vieux comme l’érotisme.

Une bonne petite fessée

Ne soyons pas faux-cul, la fervente des claques sur les fesses ne peut être qu’une maso, une soumise qui s’abandonne à son partenaire dominant. Comme disent les connaisseurs, il faut un certain « vernis » de SM (sado-masochisme) pour accepter ou réclamer une fessée.

D’où viendrait donc ce goût pervers par les gens « normaux » ? Peut-être de la fessée donnée par le papa à sa petite fille, mais la relation n’est pas obligatoire. Claques et fessées administrées aux gamins sont aujourd’hui controversées par certains psy : elles fabriqueraient des adultes violents, des parents maltraitants.

Mais restons à nos jeux érotiques entre adultes consentants. Ce plaisir particulier serait un mélange de sensations fortes et troublantes mettant en question l’intimité profonde, le désir de soumission, de sévérité, de protection, le tout assaisonné de réminiscences d’enfance. Les zones érogènes se déchaînant sous la chaleur des frappes, pourquoi donc s’en priver ? A cause des blocages et barrages en tous genres de notre sexualité féminine complexe ?

Pourtant, des fesseurs comme l’écrivain Jacques Serguine, auteur de L’éloge de la fessée (éd. Blanche), ou Alexandre Dupouy, auteur d’une Anthologie de la fessée (éd. La Musardine), soutiennent que la majorité des femmes auraient envie d’être fessées sans oser se l’avouer. D’après ces spécialistes, offrir notre derrière est juste une question de mise en situation.

Et d’habile présentation de la chose.

Il est vrai que le fantasme ne se réalisera pleinement qu’au sein d’une relation de totale confiance avec son partenaire dominant. Quand on s’aime, le jeu est alors chargé de tendresse, de séduction, d’échanges de regards, de paroles.

Entre complices bien rodés, tout peut être prétexte à une joyeuse fessée punitive, même et surtout le quotidien. « Chéri, j’ai encore cassé un verre. » « Ma douce, tu as oublié d’acheter de la moutarde. » Et c’est parti. Dans l’instant (ou plus tard), la main vénérée pourra s’abattre sur la croupe de la soumise pour le plus grand plaisir des deux protagonistes.

Après, c’est à chacune de choisir son rythme. Les plus réservées se contenteront d’une fessée de temps à autre, les plus accro iront jusqu’à des jeux très élaborés, voire mathématiques, et exigeront du dominant un nombre de frappes défini en fonction des circonstances.

Et l’orgasme dans tout ça ? Il peut intervenir au moment de l’attente fébrile des premières claques ou pendant l’action. Mais, dans la plupart des cas, la fessée est plutôt une mise à feu des zones érogènes et le prélude à une partie de jambes en l’air ébouriffante.

Quant aux hommes, ils peuvent aussi être demandeurs. À ce propos, quid des délires du marquis de Sade ? Là, on ne joue plus dans la même cour de récré. Le sadisme pur et dur implique une cruauté volontaire, intellectualisée ou théorisée comme un « art de vivre ». Il n’y a pas de partenaires complices, ni partage de l’émotion, mais un bourreau et une victime non consentante, une pratique à sens unique où seul le sadique éprouve du plaisir à martyriser.

Pouf, restons soft et cherchons plutôt des références dans les images et lectures de punitions infligées aux enfants. La plus redoutable prosélyte de la fessée ne serait-elle pas notre chère comtesse de Ségur ?

Si vous êtes une petite fille tentée par le jeu mais complexée par la rondeur de votre croupion, cessez de vous lamenter : les fesseurs n’apprécient que les culs très rebondis. Les mannequins anorexiques n’ont aucune chance, saississez la vôtre. »

Par Valmont le 04.02.2007 @ 1:23 pm

Parution initiale de ce texte : Cosmopolitan, février 2000.

Entrevue avec le docteur Pierre Marie, psychalanyste et philosophe. Il a préfacé le Dictionnaire des fantasmes, perversions et autres pratiques de l’amour, paru en 1997 aux éditions Blanche (Encyclopedia of Unusual Sex Practices).

La fessée est-elle une perversion?

Au sens propre, il y a perversion lorsqu’il y a une volonté de mettre à mal son partenaire dans une relation sexuelle. La définition originelle de Freud, qui la décrit comme un détournement de la pulsion sexuelle vers quelque chose qui ne serait pas son objet naturel, n’est plus admise aujourd’hui. Freud était encore à l’époque « piégé » par ses références morales. Lui-même s’en démarquera ultérieurement.

Il n’y a pas de perversion entre adultes consentants en matière de plaisir érotique partagé.

Fesses rougies par des coups de canneExiste-t-il une sexualité normale?

Non.

Au sens étymologique, la sexualité est fondamentalement perverse dans la mesure où elle transgresse les principes d’une société, récuse par avance toute normalisation (« pervertere », en latin : bouleverser, mettre sens dessus dessous). Toute sexualité s’organise sur un plan fantasmatique et le fantasme est par définition hostile à toute normalisation.

En ce qui concerne la fessée, elle apparaît dans de très nombreux comportements sexuels comme un élément de jeu qui, la plupart du temps, est réclamé par les hommes qui aiment être fessés comme un enfant.

Lorsqu’un homme fesse une partenaire, cela s’inscrit dans une autre problématique. Il y a une sorte de célébration de toute la dimension imaginaire et symbolique de ce que les fesses de la femme représentent pour lui.

Ce sont deux démarches différentes.

Quel est le rôle de la fessée de l’enfance?

Beaucoup d’enfants ont été fessés, par forcément sur un mode de violence, mais sur un mode de geste tendre, affectueux, avec une dimension érotique dans la relation parents-enfant. Pour les femmes comme pour les hommes, la fessée est une réminiscence d’émotions anciennes. Un peu comme la madeleine de Proust (rire).

Elle stimule la sphère anale qui est une zone érogène très importante et qui n’est pas mise en jeux uniquement par la sodomisation.

Dans une relation sexuelle, toutes les zones érogènes sont peu ou prou mises en jeu selon les goûts de chacun. La fessée est l’une des modalités les plus courantes pour exciter cette zone anale.

Peut-on dissocier la fessée de la flagellation?

Lorsque la fessée prend une tournure beaucoup plus violente, on passe dans un autre champ, qui s’apparente plus à la recherche de la douleur comme expression du désir et qui n’est plus de l’ordre du simple jeu érotique.

le Maitre avec sa soumise à quatre pattes en laisse, la cravache entre les dents, en attente de recevoir sa fesséeIl s’agit du besoin de réduire son partenaire à l’état de chose, d’objet. Des hommes et des femmes ont besoin d’être réduits à l’état de chose pour jouir. Ce sont des fantasmes que l’on retrouve souvent dans la littérature érotique et dans les films porno.

Le passage à l’acte implique évidemment le consentement des partenaires. Avec l’intervention d’un instrument, nous sommes dans une mise en scène qui ne relève plus de la fessée usuelle.

Comment expliquer le plaisir de la fessée?

La fessée active des fantasmes de punition, mais il ne faut pas perdre de vue que l’on tourne autour de la sphère anale, et la fessée ordinaire est prétexte, la plupart du temps, à sa mise en jeu. Il ne faut pas se voiler la face, la sodomisation est une pratique appréciée par certains et certaines femmes, et la fessée en est un substitut.

Vous avez écrit : « Chacun va où l’appelle son bien-être?

Chacun est organisé d’une certaine manière à partir des premières années de la vie. Mais cela peut évoluer, les fantasmes se réorganisent à notre insu.”

Photos : bdsmpalace.com, Masterem49.

Voir la fessée dans Del.icio.us.