Skin TWO Films Presents London Fetish Girls
Par Valmont le 16.11.2009 @ 4:48 pm

Entendu ce matin à Christiane Charette :

“Dévoiler ses émotions est plus exigeant que baisser ses culottes.”

Par Valmont le 23.09.2009 @ 12:17 am

Je n’ai jamais compris toutes ces chicanes entre l’inné et l’acquis, chicanes qui prennent feu dans toutes les sphères de la vie humaine.

Je comprends encore moins quand on (se) pose la question en matière d’échange de pouvoirs érotiques, ni à quelles fins cela peut bien réellement servir.

Quel que soit la réponse qu’on souhaite donner à cette question, il n’en demeure pas moins que dans toutes les sphères, l’humain cherche à améliorer ses connaissances, à augmenter ses capacités, à corriger ce qui ne va pas et à rendre meilleur ce qui va déjà bien.

Pourquoi il en serait différent dans la sphère sexuelle?

Tous les matins, les sportifs du monde entier (y compris des millionnaires qui gagnent leur pain de cette façon) se lèvent pour pratiquer, garder la forme, se remettre en train. Des gens d’affaires assistent à des séminaires de formation sur le leadership, la résolution de conflits, les styles de gestion. Des gens de tous les horizons suivent des ateliers sur xyz intérêt. Des mamans et des papas ont l’humilité de reconnaître qu’ils n’ont pas tous les outils pour encadrer leur marmaille et recourent à l’aide disponible.

Pourquoi il en serait différent dans la sphère sexuelle?

Il y a de ces discours continuellement émaillés des termes “naturel”, “instinctif”, “naturellement”, lesquels reflètent le courant de pensée le plus largement partagé dans la mouvance bdsm, courant de pensée selon lequel la domination est naturelle, l’autorité est naturelle, la soumission est naturelle, obéir est naturel, servir est naturel.

On peut avoir de très bonnes intentions, on peut vouloir fort, on peut même être bon et laisser l’amour fleurir. N’empêche qu’apprendre à communiquer ses besoins et ses émotions (que l’on n’apprend nulle part) n’a rien de naturel. Gérer les légitimes et saines tensions au sein de la relation (que l’on n’apprend nulle part) n’a rien de naturel. Si l’autorité ne s’improvise pas, apprendre à distinguer les désirs des besoins de la personne soumise est un long apprentissage, autant pour la personne dominante que la personne soumise. On peut vouloir en faire l’économie, cela regarde chacun.

Oh, entendez-mouah bien : apprendre à manier les boules chinoises ne fait pas de nous un dominant. Lire tous les livres de Pat Califia ou de Jay Wiseman ne fait pas de nous un dominant.

Entendu au début de l’été dans une conversation devant un repas aussi copieux que délectable : “être dominant ne s’apprend pas; dominer s’apprend”.

Je trouve la nuance fort intéressante.

À mon sens, tout ce débat entre l’inné et l’acquis occulte deux points vitaux dans l’approfondissement de la relation basée sur l’échange de pouvoirs érotique :

  • dominer s’apprend,
  • dominer requiert du travail, sur soi et sur l’autre.
Par Valmont le 23.03.2009 @ 9:03 am

Au fil du temps, je me fais souvent demander quel genre de Maître je suis.

C’est-à-dire… par rapport aux activités que je pratique? Au style de domination que j’aime exercer? Ce qui me branche en termes d’atmosphère? de musique? d’accessoires à manier? de vêtement? Au “genre” de soumise qui me plaît? Aucune de ces réponses?

Quelle est votre “vraie” question, alors?

Ah je pourrais lancer quelques mots-clés en l’air, du genre que Monsieur est exigeant mais juste (la belle affaire), agent provocateur, opiniâtre, patient, coquin, gredin, monstre, ardent, un tantinet baveux — un québécisme savoureux —, bin baveux mais avec classe, tsé.

Je pourrais reprendre telle quelle une formule utilisée il y a quelques lunes dans un contexte pourtant vanille… :

« La meilleure façon de me mettre à nu, c’est de vous dire que je donne tout mais je prends tout itou. Que le mot intense n’est pas une figure de style. Je prends, je flagelle, je griffe, je mords, je donne : tout. J’exige : tout. J’exige d’elle sans calcul et lui offre tout mon inventaire des jurons du capitaine.

Tout sauf les remords, les regrets.

Tout sauf la peur d’aimer, autant dire la peur de prendre des risques… “Oui mais j’ai été blessée dans le passé…” Next !

On en revient à la confiance et à l’audace, deux bijoux à polir inlassablement. »

Quand on lit sur les caractéristiques du Dominant, on apprend généralement que celui-ci doit avoir du temps, beaucoup de temps. Évidemment, je présume que ça doit dépendre du type de relation souhaitée.

Un dominant doit avoir de l’énergie, des ressources physiques. De la patience, du tact, du cran. De la psychologie en masse (qui est la plus grande part de son travail).

Ce qui est sans doute le plus grand paradoxe dans l’exercice de l’échange de pouvoirs, autant les personnes soumises cherchant une figure d’autorité forte sont nombreuses (intuition masculine : ce nombre va aller croissant), autant toutes les figures d’autorité que l’on reconnaissait jusqu’à il y a peu sont battues en brèche (le père, le prêtre, le policier, le prof, le médecin, le juge).

Il n’est pas inintéressant de constater que toutes ces figures d’autorité ont leur “pendant bdsm”.

Il est tout aussi intéressant de prendre la mesure de l’adéquation entre cette recherche d’autorité et la remise en question de l’autorité. Combien de personnes soumises recherchent tout aussi éperdument “Le” Maître que “La” faille dans l’armure qui justifiera leur refus, leur hésitation ou leur incapacité à se soumettre?

Par Valmont le 08.02.2009 @ 12:01 am

Je lisais il y a quelques jours un texte de Schwule dans le groupe Fetlife de Jay Wiseman, intitulé A Field Guide to Creepy Dom, que je traduis très librement par Le Guide du parfait salaud vêtu de cuir.

Dans sa conclusion, Schwule écrit avec justesse :

“What is so intoxicating, and also so dangerous, about Creepy Dom, is that he does not distinguish between the scene and reality.

To him, it is not a game. He is not looking for a safe, sane and consensual relationship, with limits, safewords, and boundaries. He is a real control freak who wants to hurt you.

It can be really hot, at first, because let’s face it– none of us fantasize about negotiations and limits. We fantasize about some big rough brute coming up to us in the corner of a dark club and demanding exactly what he wants. And that’s pretty much what this guy does. He makes it all real, and that is the source of his charm. That is also why he will destroy you.”

Je traduis tout ça fort librement par ce qui suit :

“Ce qui est si enivrant, et en même temps si dangereux, avec le parfait salaud vêtu de cuir, c’est qu’il ne distingue pas la séance de la réalité.

“Pour lui, ce n’est pas un jeu. Il ne cherche pas une relation sécuritaire, saine et consentie, avec des limites, droit de veto et des frontières. C’est un maniaque du contrôle qui veut vous faire du mal.

“Au début, tout ça est très excitant. Regardons les choses en face : aucune soumise ne fantasme sur le processus de négociations et l’établissement des limites. Nous fantasmons sur ce mec corpulent là-bas au fond du bar avec son air méchant. S’il pouvait nous tasser dans un coin sombre et prendre son dû, nous prendre. Nous lui donnerions, n’est-ce pas? Et c’est ce qui arrive avec ce parfait salaud. Il rend ce fantasme possible et c’est ce qui fait son charme. C’est aussi ce qui vous détruit.”

Quand je lis des propos qui disent en substance : “moi je veux juste être soumise, pas réfléchir, ne pas devoir dire non, juste être possédée”, j’ai l’impression de voir l’envers du miroir de ce parfait salaud vêtu de cuir.

Je me trompe ou illusion d’optique?

Par Valmont le 23.01.2009 @ 6:45 am

« Nous sommes un jeudi; Julien ne viendra chercher Marie (sa femme) que dimanche. Si les séances représentant un simple intermède d’une ou deux heures dans la vie d’une soumise ne souffrent pas d’une organisation préméditée de ma part, laissant une large place à l’improvisation, les longues périodes, comme celle que je m’apprête à vivre, nécessitent mûre réflexion et exacte planification.

Marie ignore tout, ou quasiment, de ce qui l’attend, et c’est à ce programme dont je tiens à maîtriser chaque rouage que je songe, alors que nous sommes attablés dans un restaurant chinois, où nous dînons innocemment, comme n’importe quel couple anodin. Mais anodins nous ne sommes pas. Il ne faut jamais oublier, en dépit des sentiments amoureux qui peuvent nous animer, que nous ne sortons à aucun moment du rapport de domination : c’est l’essence même, le moteur de notre relation, laquelle n’existerait pas sans cela. »

Patrick Le Sage dans Journal d’un maître, récit, Flammarion, 2005.

Par Valmont le 12.01.2009 @ 11:43 am

«Il faut inciter les joueurs à faire ce qu’ils ne veulent pas faire pour qu’ils puissent accomplir ce qu’ils veulent accomplir.»

… dixit le directeur-général de l’équipe professionnelle de hockey la plus prestigieuse au monde, Bob Gainey, parlant de son rôle. On pourrait remplacer le mot joueurs par soumise, et la phrase garderait tout son sens.

Reste maintenant à lui faire dire ce qu’elle veut réellement accomplir.