Par Valmont le 08.09.2008 @ 7:05 pm

Le forum “Bdsm ou Abus” inaugure sa nouvelle salle de clavardage ce mercredi 10 septembre à 21h, heure de Paris, je présume.

Par Valmont le 07.02.2008 @ 11:05 pm

un homme traitant une femme avec tous les égardsUn homme fantasmant sur la domination avec sa partenaire de vie écrit dans son blogue :

“Je me sent complètement incapable de devenir un tant soi peu « maître » et pourtant soumettre Evéa me plait dans l’idée. Voila le dilemme !”

Je serais bien curieux que Monsieur développe sa pensée sur le dilemne auquel il dit faire face. Quel est donc ce dilemne? Qu’est-ce qui l’empêche réellement de donner forme à son désir?

Soumettre l’autre à ses désideratas et en prendre soin sont-ils tant incompatibles?

Photo : betoeseses.

Par Valmont le 06.11.2007 @ 8:13 pm

À plusieurs moments, l’homme se découvrant des fantasmes de domination se pose beaucoup de questions. C’est l’occasion pour lui d’identifier ses besoins et ses désirs.

Par le fait même, il devient très vulnérable.

À qui parler? À qui se confier? Avec qui échanger?

Je veux dire… C’est très mal vu d’exprimer notre plaisir de traiter cette femme sur le plan de la libido comme une putain. Les femmes battues et la pédophilie ne viennent jamais très loin dans la conversation.

Plus globalement, la figure du maître, qu’il soit professeur, prêtre, expert, entraîneur, guide, a complètement volé en éclats. La parole du maître est tournée en dérision.

Par liberté{+} le 19.10.2007 @ 6:39 am

Pour être accepté par le “milieu” BDSM, pour y faire sa place, nous devons nous conformer aux normes établis en BDSM. Les comportements sont beaucoup plus conditionnés par les normes en vigueur qu’on ne le pense; par le consensus, par cette culture underground du « Tout le monde le fait ainsi, fais-le donc ».

Mais jusqu’où peut-on se conformer sans perdre son autonomie et sa liberté ? C’est là la question. La pression exercée par le milieu est telle qu’il est difficile de s’y soustraire, même relativement, sans être perçu comme “déviant” et risquer l’exclusion.

La société tolère mal que nous soyons différent de la norme, que l’on choisisse de vivre différemment.

Dans le monde BDSM, cela est encore plus criant.

Tout est conçu dans ce monde underground de telle sorte qu’il faille se conformer, se dépersonnaliser, s’adapter … Cela est criant des deux côtés. Un « vrai » dominant fera ceci ou cela. Une « vraie soumise dans l’Âmmmmmme » agira de telle façon, elle apprendra cela, elle exaucera tous les désirs de son “Masterrrrrr”, sous peine d’être traités de « faux » et de « fausses » et d’être ainsi rejetés par cette même communauté qui… prône l’acceptation de la différence.

Nous assistons à un cocooning BDSM, c’est-à-dire à une façon de vivre au milieu de son confort, préoccupé par son seul bien-être, d’un repli sur soi, d’un refus d’assumer la responsabilité de ses choix.

Le BDSM est-il devenu seulement « voyeur » et non plus acteur de nos vies?

J’ai de la difficulté à croire que les personnes BDSMistes préfèrent se contenter d’un rôle de figurant au rôle principal de leur propre vie.

Choisir une sexualité alternative comme le BDSM, c’est accepter d’être rejeté, mis à part de la société. Et cela je le savais dès le départ, au moment de mon choix.

Ce que je ne savais pas, c’est que cela voulait dire aussi être mis à part du « milieu » si tu n’obéis pas au code et règles de vie et comportements. Alors même que l’on affiche sa marginalité, que l’on exige le respect de sa différence, à l’intérieur même de cette micro-société, on exige la normalité et le conformisme.

M. Jacques Languirand exprime très bien la différence et l’excentricité dans ce passage :

« L’initié, c’est celui qui a le courage de mourir à l’être collectif, à l’être indifférencié, pour naître à l’être individuel; qui a le courage d’être autonome et d’affirmer sa différence en ne craignant pas d’agir, de penser, de vivre autrement que tout le monde; qui a le courage de se définir en dehors de la norme et d’être libre.

Si vous êtes conformiste dans votre manière d’être, d’agir et de penser, il est grand temps que vous mettiez fin à ce comportement dangereux pour votre équilibre tant physique que psychique. Surtout si vous aspirez à demeurer jeune longtemps ! Devenez donc créateur de votre vie. Ouvrez-vous à ce qui est différent. Faites preuve d’imagination et comportez-vous autrement. Votre salut est dans la folie… À la rigueur je consens à dire : dans une certaine folie.

Car les gens vieillissent comme ils ont vécu. Si aujourd’hui vous pensez toujours comme tout le monde, si vous agissez toujours comme tout le monde, bref, si vous êtes comme tout le monde : conformiste, terne et plat, vous le serez de plus en plus en prenant de l’âge; vous vieillirez comme tout le monde et vous mourrez d’ennui – comme à peu près tout le monde.

Il est donc capital, à l’occasion, de transgresser les règles. À la condition, bien sûr, que ça ne fasse de tort à personne. Transgresser les règles est une expérience libératrice.

Être libre c’est être différent de tout le reste. Être différent, c’est être vivant.

La vie se manifeste dans la diversité. Étonnez-vous les uns les autres ! Soyez différents les uns des autres mais soyez-le rapidement avant que nous ne mourions tous d’ennui… Naissez à vous-mêmes ! Soyez vivants !»

Chacun de nous à des valeurs fondamentales qui constituent sa personnalité et qui ne peuvent être détruits, pas même par amour.

Si vous n’êtes pas Vous, qui le sera?

Par Valmont le 04.09.2007 @ 1:18 pm

La semaine dernière, je suis assis dans un wagon du métro de Montréal. Je lis ce roman de K. dont je relaterai certains passages sous peu. Je souris, m’amuse fortement à reconnaître dans le propos une certaine façon de concevoir la domination sexuelle dans un cadre consenti, bien que le roman en question ne traite nullement de bdsm.

Il vient un moment où mon attention semble requise, comme si un regard posé sur moi appelait mon attention. J’aime bien d’ailleurs, lorsque cette situation survient, déjouer cet appel, juste pour voir…

Je lève la tête, regarde autour de moi. C’est la foule ordinaire avec toutes ses formes et déclinaisons, mines hirsutes, regards absents ou jambes longilignes à n’en plus finir.

Puis, comme mon oeil balaie mon champ de vision, je la vois.

la bague de OElle est là, captant soudainement toute mon attention. Elle devient la zone rouge de la cible de l’archer. Mon roman se retrouve sur “pause”. Car elle est fort belle, j’avoue. Elle a la forme d’un O, assez massive, dorée. Je ne me rappelle pas l’air de toutes ces bagues d’O aperçues ici et là dans les boutiques, mais je ne peux m’empêcher de me poser la question. À savoir si c’est bien une de ces bagues… si la personne qui la porte, assise devant moi, avec l’air de quelqu’un perdu dans ses pensées…

Là sont mes questions. Entre McGill et Berri, il y a quoi, trois stations. On parle ici de trois ou quatre minutes. Soit autant de temps à me demander si… D’autant que la personne qui porte cette bague est… un homme.

Par Valmont le 31.07.2007 @ 7:03 am

Valmont : Le fondateur du Dojo, Red-Sensei, m’envoie cette note que je publie illico même si je ne suis pas d’accord avec plusieurs de ses éléments, ni même avec sa thèse principale.

Bonjour M. Valmont!

J’ai écrit un texte plutôt touffu sur Le Dojo; je vous le soumets pour Le Cercle O si vous voyez quelque intérêt à le publier. C’est à propos de la notion de communauté, appliquée au domaine du BDSM. Bonne lecture!

Je vais mettre mes lunettes d’intellectuel et contribuer à cette question qui me fait beaucoup réfléchir depuis à peu près un mois. La discussion qui suit s’inspire de concepts savants empruntés à la sociologie et la psychologie, mais je tenterai de demeurer aussi accessible que possible !

Qu’est-ce qu’une communauté ?

Au plan sociologique, ce genre de groupe social rassemble des individus qui partagent certaines représentations. Par « représentations », comprendre « manières de voir », certaines façons de faire, ainsi qu’une certaine identité communautaire.

Dans le cas de la communauté BDSM, on peut analyser facilement certaines représentations partagées :

  • ce que Véronique Poutrain appelle « une sexualité ludique », c’est-à-dire une sexualité qui dépasse les paramètres qu’on s’attend à retrouver dans le monde vanille pour être plutôt un domaine d’activité en soi (je note au passage que le terme « érotisme ludique » me paraît plus approprié pour inclure ceux pour qui le BDSM est une affaire qui n’implique pas nécessairement une sexualité génitale).
  • Une ouverture quant à ce que la vie sexuelle d’un individu, un couple ou un groupe peut comporter (quoique cet aspect n’est pas universellement reconnu lorsqu’on s’intéresse aux discours d’individus : voir ci-après).
  • Une conception des différentes catégories ou « rôles » que les praticiens du BDSM peuvent adopter ou présenter : Dominant, Maître, soumis, esclave, switch, joueur, etc. Ici encore, les définitions peuvent varier, quoique des recoupements importants existent. Par exemple, on peut argumenter pour déterminer les critères par lesquels on peut dire que quelqu’un est « Dominant », mais ces critères vont, en partie du moins, revenir aux mêmes d’une personne à l’autre.
  • Une préoccupation pour le caractère « safe, sane, consensual » du BDSM. Ceux qui rejettent ces idées, typiquement, ne sont pas rattachés à quelque communauté BDSM.

Lire la suite »