Quand je parcours ce blogue in Wonderland, je pense souvent à cette scène dont l’image suivante est tirée.
Et résonne cette question de la psy, à la fois si simple et si difficile :
- “Vous attendez quoi, Adèle?”
Quand je parcours ce blogue in Wonderland, je pense souvent à cette scène dont l’image suivante est tirée.
Et résonne cette question de la psy, à la fois si simple et si difficile :
- “Vous attendez quoi, Adèle?”
La personne dominante n’est pas à l’abri des mauvaises rencontres. Dans le bdsm comme ailleurs, on peut tomber sur une personne soumise qui joue à des jeux psychologiques qui ne sont pas sains, ou qui éprouve des difficultés relationnelles importantes.
Dans les sites de rencontres, les forums et les salles de clavardage à saveur bdsm, combien de soumises ne croise-t-on qui se déclarent des victimes. Victimes de dominants peu scrupuleux, victimes de dominas qui se défoulent sur elles sans égard envers leurs préoccupations et leur santé, victimes de situations désavantageuses, victimes dont personne ne tient compte, sinon pour les inviter à un diner une soirée de cons connes en guise de chair à fessée.
Les victimes de la vie sont nombreuses dans la sphère bdsm.
J’ai déjà abordé brièvement dans ce blogue la question de la confiance, une condition psychologique essentielle à mon sens, et dont le dominant doit tenir compte lorsqu’il souhaite asservir une soumise sur une période plus ou moins longue, au lieu de s’en tenir uniquement aux formes de son cul ou à ses promesses de docilité et de perversités.
Il y a quelque temps à la Grande Bibliothèque, je suis tombé par le plus grand des hasards sur un tout petit bouquin au titre sans équivoque : Victime, bourreau ou sauveur : comment sortir du piège ?. Son auteur, Christel Petitcollin, y écrit des trucs fort tripatifs, comme dirait l’autre.
Oui, je sais, vous me direz que les dominants ne se font jamais prendre à aucun piège de la sorte.
“Le rôle de la victime consiste à être pur, innocent et réduit à l’impuissance. La victime est une personne fragile en apparence, plaintive voire pleurnicharde, malheureuse et passive. Pleine de bonne volonté, mais poursuivie par des catastrophes, elle est de surcroit gaffeuse et si énervante qu’on ne peut s’empêcher de la remettre à sa place.
Cela vous semble si loin du bdsm, j’aurais dû m’en douter. Et pourtant, read on por favor.
Elle cherche à vous culpabiliser d’aller bien quand elle est si mal. Elle insinue que vous avez de la chance (et pas elle), niant les moyens que vous vous donnez pour avoir ce que vous avez. Son objectif : vous inspirer de la pitié pour que vous la preniez en charge et vous rendre responsable de sa souffrance comme de son éventuel futur bonheur.
Toujours pas convaincu ? Comme dirait le jeune clerc amouraché d’Emma Bovary, “continue cocher, continue!”
“Pour arriver à ses fins, elle peut aussi se faire séductrice et vous flatter : « Tu es la seule personne qui me comprenne » ou « Je ne sais pas ce que je deviendrais sans toi ! » Si elle est adroite, elle arrivera même à vous faire croire que vous avez beaucoup à gagner à vous occuper d’elle.
J’attire votre attention sur le fait que grammaticalement, le terme de victime n’existe qu’au féminin. Pourtant, de nombreux hommes sont tout aussi capables que les femmes d’être passifs et gaffeurs, tout aussi doués pour se faire prendre en charge et savent aussi très bien inspirer de la pitié et de la culpabilité.”
Bien entendu, vous n’avez jamais croisé une telle personne soumise victime dans votre vie.
Les bénéfices d’être une victime
Il existe de nombreux bénéfices à jouer le rôle de la victime, et non des moindres.
“Le rôle de victime attire la sympathie et la pitié. Il permet donc de monopoliser beaucoup d’attention. Il assure aussi une impunité totale et donne la possibilité de ne pas répondre de ses actes, puisque le postulat de base est qu’une victime est pure et innocente. La plupart des transactions de victime consistent à faire porter la responsabilité aux autres.
« C’est la faute de ce cruel bourreau (ou celle de ce mauvais sauveur) si j’en suis là aujourd’hui. Moi je n’y suis pour rien. »
S’il n’y a pas de bourreau à incriminer, la victime pourra s’en tirer en jouant à Stupide : « Je ne l’ai pas fait exprès. Je ne savais pas. Je n’avais pas compris. » En refusant de faire face à ses actes et à leurs conséquences, la personne qui se place en victime cherche surtout à échapper à la honte. Car lorsqu’on ne sait pas s’évaluer avec objectivité et que l’estime de soi est très basse, la prise de conscience de ses imperfections et de ses erreurs est extrêmement cuisante. Heureusement, il n’est nul besoin de faire son auto-critique, dans le coin de la victime !
Dans les bénéfices secondaires du rôle de victime, il faut aussi tenir compte de ce masochisme dont Éric Berne disait qu’il était un « faute de mieux ».
Jacques Salomé va plus loin et nous invite à reconnaître avec honnêteté l’aspect jouissif de la position de victime.
« , Il y a, dit-il, un grand plaisir à geindre, à se plaindre et à se croire réduit à l’impuissance. »”
Le mécanisme de la culpabilisation
Il y a quelque temps, dans le forum BDSM ou Abus : parlez-en ! qui se présente comme un forum d’aide destinées aux victimes de violences physiques et psychologiques liées aux dérapages du bdsm, je fus assez surpris par la violence des réactions à mon propos sur les prédateurs et les prédatrices dans l’univers bdsm.
Après tout, mon discours depuis toujours en est un de responsabilisation de nos actes.
En lisant Petitcollin, je n’ai pu m’empêcher de repenser à cette “discussion” :
“Le victime est d’une certaine façon un gardien de but : le ballon « responsabilité ne doit absolument pas passer par son coin. Puisqu’une victime est pure et innocente, elle n’a forcément aucune responsabilité dans ce qui lui arrive.
C’est pourquoi, dès qu’on va insinuer qu’elle pourrait peut-être avoir une implication dans ses ennuis, elle va vivement s’indigner, c’est-à-dire bloquer puis relancer le ballon le plus loin possible. Comment osez-vous l’accuser si cruellement alors qu’elle a fait de son mieux et que tout est de la faute d’un bourreau qui la persécute ou d’un sauveur dont l’aide inadéquate l’a mise en difficulté !
Je vous invite à observer l’habileté des victimes à rejeter toute part de responsabilité dans leur propre malheur. C’est quelquefois du grand art, surtout quand elles vous font la prise du judo morale d’abonder dans votre sens en s’autodénigrant. Vous vous sentirez très vite monstrueux d’avoir accablé cette si fragile personne en lui rappelant à quel point elle est nulle, stupide, incapable… Mais si votre victime est une véritable professionnelle du triangle, l’idée qu’elle puisse avoir une quelconque part de responsabilité dans son malheur ne vous effleurera même pas.
Que devient le ballon « responsabilité lorsque la victime l’a si adroitement bloqué et renvoyé ? Eh bien, il atterrit dans les bras du bourreau ou dans ceux du sauveur. Et l’essai ainsi transformé convertit comme par magie la « responsabilité en « culpabilité » : culpabilité d’être un si mauvais sauveur qui enfonce sa victime au lieu de la secourir ou culpabilité d’être si cruel avec une personne si vulnérable.
C’est d’ailleurs un avantage non-négligeable de la position de victime : elle est « désarmante », c’est-à-dire qu’elle permet réellement de désarmer l’ennemi.
La culpabilisation consiste à rendre l’autre responsble de ce que l’on vit. La culpabilité, en retour, provient du fait d’accepter de se rendre responsable de ce que vit l’autre. Le grand oublié de ce trafic de responsabilités est le pouvoir d’agir qui devrait y être systématiquement associé.”
Je ne peux que recommander à tout personne dominante de lire Victime, bourreau ou sauveur : comment sortir du piège ?, avant de lui donner son premier rendez-vous à cette garce.
Que voilà quelques soirées de lecture bien investie.
Je reviendrai sur les jeux psychologiques. Ce sont des mécanismes qui à défaut d’être plaisants à vivre, sont très intéressants à “voir” et à démonter.
Je reprends ici un billet pondu dans une mare quelque part.
La distance est un outil extraordinairement utile dans la relation bdsm.
Aimer ou ne pas aimer la relation bdsm à distance me semble un faux débat. C’est comme se demander si on préfère jouer au foot un jour de canicule ou un jour de pluie.
La vraie question me semble plutôt être : s’il pleut, on fait comment pour pas échapper le ballon? :*)
J’ai écrit un petit texte il y a quelques années sur le sujet du langage érotique et de la séduction. Malheureusement les choses ne semblent pas changer. Je ne veux pas être méchante, mais plusieurs dominants dans diverses salles de clavardage devraient prendre le temps de s’instruire sur la séduction.
Séduction vient du latin seducere signifiant “amener à l’écart pour obtenir des faveurs”. L’objectif de la séduction est d’attirer l’attention d’une personne par tous les moyens possibles afin d’en prendre le contrôle émotionnel et s’assurer ainsi une source de plaisir.
Les étapes et les rituels de séduction sont universels, à quelques nuances près. On les retrouve autant dans le monde végétal, animal qu’humain, et ils sont beaucoup plus semblables qu’on oserait le croire.
Par exemple, dans toutes les espèces, c’est la femelle qui est le sujet de la séduction et le mâle, l’objet de la séduction. Le chasseur n’est pas nécessairement celui que l’on imagine.
Vous ne me croyez pas, messieurs ? Essayez donc de séduire une femme qui ne veut pas être séduite et vous verrez qui possède le pouvoir dans ce processus de séduction.
Par contre, si vous connaissez bien les différentes étapes de la séduction et ce qu’il faut faire pour l’entretenir, vous partez évidemment gagnant.”
Cet article a été publié sous le titre La séduction : un art à développer, dans le magazine Corps et Âme par Yvon Dallaire, psychologue et sexologue.
Le savoir-vivre est important. Le langage érotique et la séduction l’est tout autant, et cela est valable pour une relation d’un soir.
Messieurs, lorsque vous voyez une femme nue et que vous dites qu’elle est bandante, que vous désirez lui mettre votre machin dans le cul… Qu’est-ce que cela vous apporte ? Croyez -vous sincèrement qu’elle va vous tomber dans les bras immédiatement, ne pouvant résister à vos demandes si crues ?
Il en est de même pour la gente féminine. Est-ce que vous utilisez ce langage, croyant que cela plaira davantage aux hommes ? Croyez-vous être plus dans l’ère du temps, plus virtuellement à la mode ? Utilisez-vous ce langage dans la vie réelle ?
Pour ma part, je trouve plus excitant, valorisant, d’entendre des termes élogieux pour décrire les rapports BDSM ou simplement sexuels. À ce moment c’est l’imagination qui fait son travail, le fantasme, le rêve.
Lors de rapports intimes, il y a des mots que j’apprécie, qui me font aussi voyager, mais cela est réservé à Maître. Ce que j’aime de sa part ne veut pas dire que je l’accepte d’une personne qui m’est étrangère.
J’ai l’impression que pratiquement plus personne n’ose s’exprimer sans la vulgarité. Je le déplore sincèrement, car c’est tellement plus excitant de lire des textes, des annonces, des histoires, avec des mots appropriés, respectueux.Il est tellement plus séduisant de faire la conquête de l’homme et de la femme avec ces mots qui en somme décrit aussi leur auteur.
Il en est de même pour ces photos que l’on met dans son profil.. Messieurs, croyez-vous sincèrement qu’une femme voyant votre pénis sur la photo se dira… “WoWWWW !!! Il me faut cette queue immédiatement ”ou encore “Quel homme !!!!! Quel étalon !!! Je dois prendre contact immédiatement !
La plupart du temps, elles hocheront la tête en se disant : “pauvre type, il n’a que ca à démontrer de toute sa personnalité…”
Pour la femme avec ce même genre de photo, je ne saurais dire, car je ne suis pas un homme… Mais je me demande quel genre d’homme elle veut attirer, quel genre d’homme elle veut dans sa vie, et quelle est l’estime qu’elle a d’elle-même pour croire qu’elle ne peut attirer qu’en démontrant son corps et son intimité… cela de façon non érotique, mais simplement vulgaire…
Je ne suis pas prude, loin de là, ni moraliste. Mais je trouve que dans les communautés et dans pratiquement tous les sites, il y a beaucoup de laisser-aller, et c’est à qui sera le plus vulgaire.. Allez faire un tour sur Mirc, canal sexe. Si c’est cela que les gens désirent vraiment, alors je me dis que nous sommes tombés bien bas…
Est-on encore capable de séduire l’autre sexe sans être vulgaire ?
Messieurs et Mesdames, est-ce ainsi que vous aimez la séduction ?
Est-ce par manque de temps ou par peur de voir l’autre se lasser ?
Oseriez-vous aborder quelqu’un de cette façon en face à face ? Dans le style : “salope, j’ai une belle queue de 9 pouces à te fourrer dans le cul… est-ce que tu viens chez moi ou l’on va chez toi ?”
Est-ce que le mot “respect” est encore dans l’esprit des gens et ceci à tous les niveaux ?
Pour moi, ce sont des mots qui tuent l’imaginaire, la séduction, l’amour… et le respect que j’aurais pu avoir de l’autre personne.
Le plaisir des yeux, c’est la caresse de l’esprit… Entendre de jolis mots est aussi le plaisir de l’imagination.
Je ne suis pas un fan des soirées fetish, ces parades de mode latex-cuir-etc. Ces rencontres entre amateurs de bdsm et fetish dolls ne sont jamais très constructives.
Il convient néanmoins de souligner des événements ayant lieu au Québec, comme ce Montreal Fetish Weekend 2007. Ces événements sont la partie visible du iceberg kinky.
Photo : ErosArtist.