Par Valmont le 21.03.2007 @ 9:44 am

la soumise et son guideIl y a un an jour pour jour, cercle O renaissait sous la forme de ce blogue.

Ah j’avais bien commencé un carnet bdsm dans Blogger en 2002 que je souhaitais intégrer au site cercleo.com, mais la plateforme était tellement mal foutue et compliquée…

Cette renaissance il y a un an correspond en fait à mon retour vers la pratique des échanges de pouvoirs érotiques de façon plus motivée et structurée.

Photo : phae one.

En décembre 2005 via Réseau-Contact, j’écrivais à s.. une soumise désabusée :

« J’ai trop souvent malheureusement entendu les personnes soumises déçues ou carrément meurtries d’avoir confié leur soumission et leur vulnérabilité aux mauvaises personnes ou dans des conditions qui ne cadraient pas avec leurs besoins.

Je dois moi-même comme dom affronter ma soumise devant la Cour supérieure du Québec. Elle justifie son refus de la garde partagée des enfants par le fait qu’elle n’était pas d’accord de se soumettre, que je la forçais à faire des choses malgré elle et qu’elle a toujours eu peur de moi. La grossière déformation de la réalité, l’horreur !

Depuis ce temps, j’ai bien rencontré quelques soumises, mais ça ne cadrait pas avec ce que je recherche moi-même. Il faut dire qu’avec ce qui s’est passé, j’ai encore plus de misère avec ces jeux de “faire comme si”, ces refus de s’ouvrir à l’autre, tous ces jeux malsains de manipulation.

Je ne parle même pas de tous ces gens qui fantasment sur le pouvoir en matière de sexualité et qui se révèlent absolument incapables de concrétiser leurs pensées pour toutes sortes de bonnes et de mauvaises raisons.

Ce qui ne m’empêche pas d’être optimiste, tout de même.

Ce désir d’absolu ne me quitte pas. »

Je dois pas être le seul à porter ce désir : en un an, plus de 80 000 personnes sont passées par ce site. Une trentaine de personnes reviennent en moyenne chaque jour, sans compter la quarantaine de visiteurs qui passent par le fil rss du blogue pour lire cercle O dans leur logiciel aggrégateur.

Les gens cherchent, reluquent, lisent, s’interrogent, doutent, avancent à tâtons. Ils n’écrivent pas beaucoup, je reçois bien peu de commentaires, mais je m’en accomode très bien. Ce n’est pas le plus important à mon sens. Le commentariat dans tous ces blogues de soumises qui se montrent le cul ou ceux de tous ces couples où le mari met sa femme à poil en pâture, is so useless in my point of view.

Les vrais échanges sont bien rares, anyway.

Il m’arrive de croiser des gens dans des salles de clavardage ou même dans des soirées publiques, que je ne connais pas et qui me demandent si je suis bien “le Valmont de cercle O”. Cette expression a toujours l’heur de m’orner d’un sourire à mi-chemin entre celui de Mowgli et celui du Vicomte de Malkovich dans un moment d’égarement tendre. J’avoue sentir dans leurs compliments le réconfort que peut leur apporter ma modeste contribution à la découverte d’eux-mêmes.

Il y a alors là un courant qui passe, et qui dépasse les mots. Et cela me suffit très bien.

Des fois, il me vient l’envie de tout balancer la carrière par-dessus bord et d’orienter mes énergies vers ce mouvement kink-aware professional qui rassemble des gens ayant les ressources appropriées sur le plan médical, psychologique et juridique pour répondre à certaines questions que les uns et les autres peuvent avoir touchant les échanges de pouvoirs érotiques et leurs implications dans la réalité.

Il y a quand même tout près de 15 % de la population qui gravite autour du bdsm sous ses différentes formes.

Dans tout le branle-bas lié à la séparation d’avec la mère de mes enfants, par exemple, je me suis bien rendu compte à quel point les spécialistes du milieu de la santé et des services sociaux québécois étaient bien peu outillés pour appréhender et comprendre les échanges de pouvoirs érotiques.

Me semble qu’il y aurait quelque chose à faire de ce côté-là.

Par Valmont le 12.03.2007 @ 6:39 am

La question de la distance revient souvent dans les forums bdsm. Par exemple (en anglais) et .

Pour moi, la distance est un outil extraordinairement utile dans la relation bdsm.

Est-ce qu’une relation bdsm “sérieuse” à distance peut marcher? Très certainement. Parcourant la vaste toile bdsm depuis 1998, combien de fois ai-je croisé des soumises québécoises avec des Goréens de l’Ouest canadien ou des doms du Vieux-Continent?

Ayant connu la vie de couple avec bdsm sous le même toit et la relation bdsm à distance avec une soumise mariée à un autre, je constate avec le recul à quel point la distance est bien utile pour creuser les motivations au bdsm de l’autre et d’abord les siennes.

Selon mon appréciation, la distance sert les quatre éléments suivants de la relation d’échange de pouvoir érotique : la mise en place du cadre, l’adaptation des parties, le temps requis et le recul nécessaire.

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Par Valmont le 01.03.2007 @ 11:56 pm

N.B. Désolé pour le repostage.

Florent écrit :

En général, les relations D/s sont régies par un code tacite qui pourrait se résumer brutalement ainsi : Le Maître fixe le “cadre” et la soumise doit s’y soumettre, faute de quoi elle est punie.

Quoi ? Le Maître tient une boite de cadres dans ses poches et il applique l’un de ceux-là selon sa fantaisie à la première soumise qui se pointe ?

Le Maître fixe le “cadre”… quel cadre? Il existe un cadre unique pour toutes les soumises? Vous rêvez mon ami.

Ah vous voulez dire un contrat bdsm peut-être ? Tous les contrats bdsm sont pareils ? Le Maître se promène avec un contrat dans ses poches au cas où une soumise se pointe… “allez, au pied salope… voilà notre contrat… c’est à ça que je veux que notre relation Dominant-soumise ressemble… Et je ne tolère pas les questions, garce !”

Je veux bien croire que la soumise est la toile et le maitre le… pinceau, mais cadre ou contrat, cette structure ne s’élabore-t-elle pas conjointement ?

N’y a-t-il pas tableau au contact de l’un et de l’autre ?

Avec les matériaux de l’un et de l’autre ?

Et non, suivant un “idéal” déjà tout fantasmé, construit, fixé à l’avance ?

Sinon, ce n’est pas comme si le metteur en scène arrivait à la première répétition avec sa mise en scène déjà toute faite ? On imagine la tête des acteurs.

L'emprise, peinture de Marc SainteulAprès tout, l’échange de pouvoirs érotique devrait englober à la fois les besoins et désirs de la personne dominante et les besoins et désirs de la personne soumise.

J’irais plus loin : il me semble sage de partir d’elle pour monter vers lui, et non l’inverse.

Après tout, la relation d’échange de pouvoir commence avec le pouvoir que la personne soumise veut bien donner au dominant. Le voilà le socle, la structure de base. Le noyau.

Qu’est-ce qui me faire dire ça?

De un, donner tous les pouvoirs n’est évidemment pas quelque chose qui se fait d’un simple claquement de doigts.

Photo : L’Emprise, par Marc Sainteul. Huile sur toile. 81 x 100.

De deux, pour appliquer le cadre de soumission qui convient à une soumise x, encore faut-il alors bien la connaître cette soumise x. Lui tailler le “programme d’apprentissage” qui lui fera à elle à cet instant précis.

Quand on sait aussi qu’un tel cadre peut convenir à un moment y de la vie de cette soumise, mais pas à un moment z. Et quand on sait combien de temps ça prend pour connaître quelqu’un…

Est-ce que ce cadre est vraiment fait d’une structure rigide ? J’aurais envie d’écrire que ce cadre est fluide, volatile, comme une montre molle.

Bref, cadre de soumission ou de relation bdsm… contrat bdsm.. programme d’apprentissage… de quoi parle-t-on ?

Musique : Chris Isaak via RadioblogClub.

Par Valmont le 09.02.2007 @ 6:52 am

Dans un forum il y a quelque temps était posée la question de la faisabilité de la relation bdsm à distance…

Il y a les pour et les contre, forcément… et cette poésie de la plus belle plume vivante au Québec… un journaliste typographe… pis un spaghetti en plus… :- )

Mathias Brunet demande à Pierre Foglia dans son livre Paroles d’hommes…

>Qu’est-ce que ça prend pour réussir sa vie amoureuse bdsm?

«Tu veux dire en plus de tout le reste? Je dirais que ça prend de l’espace. De l’espace réel, en mètres carrés, une grande maison, au moins une pièce à soi, où tu peux te retirer pour lire ou écrire, et de l’espace virtuel, des territoires où tu vas seul, moi c’est le vélo, le jogging, la lecture; elle c’est le jardin, le bricolage, les minous font les liens… C’est un luxe, remarque.

Quand t’as trois enfants, l’espace est forcément moins grand. Faut s’en aménager absolument. Des plages de temps où tu te fais bronzer tout seul. C’est peut-être drôle à dire, mais la vie à deux c’est mieux quand tu peux en faire des grands bouts tout seul.»

Par Valmont le 11.01.2007 @ 3:52 pm

Je suis de l’école où la Ds est l’ossature de la relation d’échange de pouvoir érotique entre la soumise et son Guide.

La Ds comme le jardinage domestique où l’on mange nos herbes et nos petits fruits. C’est une activité très concrète, utilitaire, thérapeutique, très simple.

Le BDSM pour guérir les bobos du corps et de l’âme… enfin, disons que c’est plus de la prévention.. :- ))

le plant de tomate et son tuteurDans ce contexte, les activités BD et SM sont des outils à ma disposition pour apprendre à la soumise à s’abandonner. Mes tuteurs de bambou pour mes tomates ont finalement plus d’une utilité, voilà qui est bien.

C’est là pour moi le but ultime de la démarche : lui apprendre à s’abandonner corps et âme, petit à petit.

Il se peut très bien d’ailleurs que de temps à autres, je n’utilise ni le BD ni le SM pour y parvenir. Ce ne sont pas des fins en soi ces machins-là.

Par ailleurs, malgré mon goût prononcé pour la mise en scène et la mascarade, le conformisme guignolesque pseudo-fétichiste black’n'leather me laisse de marbre.. je trouve la lumière infiniment plus stimulante que les ombres de la nuit, plus révélatrice, risquant d’en livrer davantage…

Mais enfin, à chacun son style et ses jeux, et les troupeaux seront bien gardés, dit l’adage.

Mais au delà du style fréquemment invoqué pour justifier certaines pratiques, j’ai toujours beaucoup de difficulté avec cette mystique de la faute (réelle ou imaginaire) et de la punition/rédemption exprimée presque partout dans l’internet bdsm francophone.

Quand je lis des propos selon lesquels la soumise doit rechercher la punition, voire transgresser les règles afin d’obtenir sa punition (formulé sur le mode et le ton de la récompense), je ne peux faire autrement que de (me) demander à quoi on joue.

Si la soumise souhaite apprendre à s’abandonner, cet apprentissage demande de la part du dominant du temps, de la cohérence, un suivi lent, progressif, où la punition possède son utilité dissuasive, un peu l’équivalent de la bombe atomique à l’échelle des nations, je dirais.

Mais cette punition n’est jamais l’outil de renforcement principal, quotidien. Du moins si on veut induire un renforcement positif.

Si le renforcement négatif fonctionnait, ça se saurait. Les prisons seraient moins pleines.

un beau banc d'église Saint Christophe... qui serait parfait au jardin...C’est avec la récompense, outil de renforcement par excellence, que le dominant sanctionne le comportement, l’attitude, les paroles et les gestes de la personne soumise.

Il n’est pas dit d’ailleurs que cette récompense ne puisse être de la douleur… transmutée en plaisir.. :- )

S’il peut s’avérer excitant d’être injuste et arbitraire d’utiliser ce pouvoir discrétionnaire délicieux de malice que nous confère notre rang propriétaire (allons nous engager dans la police mexicaine), il me semble que son application doive être bien rare, et même circonstancielle.

Si l’arbitraire devient la norme, je me suis toujours demandé quel signal on envoyait alors à la soumise qui ne pourra que se sentir de plus en plus confuse :

    - que dois-je corriger et que dois-je répéter pour complaire à mon seigneur?

Vous me direz que dans un contexte SM sweet & pure, tout cela est bel et bien bon, et qu’on en a cure de l’apprentissage de la soumission. On veut s’amuser, sous les pavés la fessée, à bas les règles, life is short. C’est rien que des jeux entre adultes consentants.

C’est tout à fait vrai et juste. La masochiste obéit à d’autres ressorts…

Reste qu’out there, il y a beaucoup plus de soumises que de masochistes, et c’est plein de doms-mes qui veulent faire des masochistes avec des soumises, et des soumises avec des masochistes…

… et c’est ce qui crée le plus de difficultés pour beaucoup de gens.

Par Valmont le 22.12.2006 @ 12:10 pm

Untamed little bitch losing herself in meanless impudicity seeks sexual redemption and servitude.

… dit bellement la petite annonce qui renvoit à ce blogue coquin.

J’aime bien cette idée de cum doll, que je traduis dans un premier jet par poupée à jus : sperme, cyprine, urine, séminal, crème fouettée…

The cum dollPoupée de cire, poupée de sons.

On dirait un petit jouet tout léger mais pas fragile.

Ou encore un vibrateur à deux, à quatre ou même sans pattes… :- )) obéissant à différentes vitesses… osso bucco buccal, accessoire anal, fourreau à bites..

Nous avons le choix des âmes.

What about some meaningful impudicity ?

Photo : Mignolli.