Par Valmont le 03.09.2007 @ 1:39 pm

Le dominant face à la place de l’amour dans l’échange de pouvoirs… en ce qui me concerne, la chose est entendue : je considère désormais l’échange de pouvoirs érotique comme un prérequis à l’amour.

Je souhaite que le bdsm fasse partie intégrante de ma vie de couple. Il en est la condition première, la pierre de fondation. L’amour surviendra en cours de route… s’il a à survenir.

Enfin, il faudrait définir les mots amour et couple et leurs nombreux avatars, afin de ne pas nous quiproquopater vainement comme des escrimeurs dans le jello.

Je considère de plus en plus avantageux on the long run de découvrir une personne sur d’autres bases que les canons esthétiques ou les critères sociologiques usuels. Je suis sensible à ces rencontres où deux étrangers défient les lois de la probabilité, lorsqu’ils entrent en contact, s’ouvrent et s’entrouvent l’un à l’autre avec la majesté lente des escargots pudiques, ouvrant une fenêtre à la fois, apprenant à se connaître, à s’apprécier par petites touches.

Kevin Costner est le Colonel Dunbar dans le film Dance with wolvesÇa me rappelle cette scène d’un film de cow-boy célèbre où le colonel Dunbar rencontre le loup qu’il tient en joue avant de se raviser, le laissant simplement s’approcher si tel est son souhait.

Pour avoir tenté quelques expériences au fil de l’eau, je pense de plus en plus qu’il est beaucoup plus facile de partir du bdsm pour se rendre à l’amour que de partir de l’amour pour se rendre au bdsm.

Mais je peux me tromper.

Paradoxalement, je n’ai pas besoin du bdsm pour vivre. Je peux très bien me passer de ligoter, de cravacher, d’humilier ma douce deux jours, deux mois, deux ans.

Quand mon garçon est venu au monde il y a (déjà) cinq ans, puis ma pitchounette des neiges, je n’ai eu aucune difficulté à mettre le bdsm de côté. J’ai mis tous les moyens en oeuvre afin que la petite putain puisse goûter les joies de la maman sans aucunes entraves. Que le bum de bonne famille prenne le temps de goûter les joies de la paternité as well.

C’était le moment d’équilibrer les diverses identités qui nous habitaient à ce moment-là, il faut croire.

Il n’y avait pas de bdsm à proprement parler durant cette trêve, pas de séances, pas de jeux érotiques communément étiquetés de pervers. Que de la servitude et du dévouement comme on en trouve chez toutes les bonnes petites beauceronnes. Que de la tendresse et de la clownerie. Que de l’écoute patiente et active. Vivre, quoi.

Je n’étais pas pressé. Nous avions la vie devant nous. Nous avions amplement le temps de revenir au bdsm et poursuivre l’exploration de nos âmes sous toutes leurs coutures.

Bon, les mauvaises langues me diront que je m’étais trompé sur les motivations profondes de ladite petite putain, puisque nous ne sommes jamais revenus au bdsm. Nous nous sommes plutôt retrouvés en Cour Supérieure. How charming.

Pourtant, si c’était à refaire, je referais la même chose, Monsieur le Juge.

Vous savez pourquoi, Son Éminence ? Les pratiques bdsm ont beau prendre naissance dans la chambre à coucher voire dans une pièce obscure appelée donjon, elles irradient tout notre être. Nos pratiques bdsm ont beau être ancrées dans notre sexualité, elles équilibrent notre vie dans plusieurs de ses facettes, et pas nécessairement celles auxquelles vous pourriez spontanément penser dans votre grande expérience des aventures humaines.

N’est-il pas merveilleux d’apprendre à canaliser l’agressivité naturelle normale de l’humain pour en tirer des sucs enivrants et sains pour notre santé, Ô Négus Roi des Rois ?

Avoir eu des enfants a fait de moi un bien meilleur guide pour la soumise, il n’y a pas de doute possible. Que n’apprend-on pas lorsque l’amour inconditionnel est présent ? C’est Foglia avec sa verve coutumière qui disait qu’aimer ses enfants était important lorsqu’ils nous faisaient chier… surtout lorsqu’ils nous faisaient chier… :- ))

Mes expériences bdsm font de moi un papa soucieux de ne pas chercher à contrôler la vie de mes tout-petits de A à Z. Ce n’est pas rien, Grand Schtroumpfissime.

Concilier les rôles de la maman, de la vierge et de la putain dans la même femme n’est-il pas le plus beau projet qu’un homme puisse concevoir pour sa douce, Sa Grandeur ? Ce me semble une démarche tellement saine, drôlement inspirante et nettement plus confortable que de céder à l’hypocrisie de ceux et celles nombreux qui semblent chercher constamment à nier leur animalité par orgueil, honte ou frayeur.

Intimité cacao à la vanille. Eh quoi ? C’est si bon le cacao… et la vanille dans le yogourt sur une peau délicate.

Vivre sans cacao ? Oh ce n’est pas impossible à considérer. Mais pourquoi se priver des bonnes choses de la vie ?

Et puis, quelle est donc cette pudeur idiote autour des plaisirs simples de la sexualité ? Les tenants de l’”idéologie bdsm” auraient-ils des difficultés à partager leur intimité au delà de leurs performances olympiques ?

Image : Ben Glass/Orion Pictures via The New-York Times.

Par Valmont le 26.07.2007 @ 7:07 pm

C’est bien difficile de dire à une soumise avec laquelle on chemine depuis plusieurs mois un an que ça suffit. Qu’il faut lui remettre les clefs de sa soumission, tous les pouvoirs qu’elle a consenti à ce jour de nous offrir, non un à un, mais d’une seule traite. Ce qui en soi est un exercice bien casse-cou. Car la lenteur est certainement aussi importante sur le chemin de la descente qu’au moment de l’ascension.

C’est bien difficile de dire à une soumise que l’on estime et respecte qu’il vaut mieux prendre du recul, à défaut de quoi on s’en va dans le mur. Qu’une trêve est salutaire pour elle, pour son équilibre, pour soi. Pour la suite du monde comme dirait Perreault. Question de ralentir, de voir plus clair en étant en mesure de dépasser l’incroyable charge d’énergies que draîne l’échange de pouvoirs érotique consenti.

C’est bien difficile de dire à une soumise qui travaille “bien et fort” qu’elle doit compter désormais se replier sur elle-même, qu’elle doit se concentrer sur elle, sur ses besoins et ses enjeux véritables. Que le repli peut parfois être bénéfique et salutaire, positif, et non une position de faiblesse, ni un aveu d’échec. Que ce repli est nettement préférable à la fuite en avant.

Je trouve tout ça bien ardu, mais salutaire. Sain. Vivifiant. Il faut croire qu’être capable de dire non à l’autre a des vertus thérapeutiques insoupçonnées.

Ça doit être à ça que référait Trudeau durant la campagne référendaire en 1980, quand il disait aux Québécois que leur Non était plutôt un Oui… :- /

D’un autre côté, se pourrait-il que comme dominant, nous puissions apprendre de nos erreurs ? C’est-à-dire par exemple d’apprendre à cesser de “jouer au sauveur”? Après tout, le dominant aussi a ses limites. Devant une soumise ayant des enjeux importants, il serait bien présomptueux de notre part de croire que nous puissions être capable de régler pour elle ce qu’elle ne serait pas capable de faire par elle-même.

(Il faudra bien qu’un jour je dresse la liste des erreurs commises au fil des interactions en tant que dominant.)

Par Valmont le 16.05.2007 @ 10:25 pm

“J’arrive chez moi et tu es là, dans ma boite un magnifique message, plein de désir et de tendresse. Je te sens présent et ça me réjouit. Aujourd’hui je t’ai senti flotter autour de moi comme une brise avec le printemps.

Si tu savais comme j’ai envie d’être ta garnemente. Juste y penser et je faiblis. Nous sommes loin mais tellement proche. Je pense à tout ce que tu m’as dis hier, ça résonne encore dans ma tête. Je suis curieuse de toi et partirais te rejoindre là sur le champ, en excessive que je suis.

Je suis un volcan … il dormait, je sens que tu seras celui qui réveillera ce feu… Un homme doté d’une sensibilité à faire “pleurer les putains de la rade”, il me tarde qu’il pose ses mains sur mon corps. Ce corps sera pour toi, j’ai envie d’être à toi.

je crève d’envie de t’appeler… je me retiens..

tendre baisers

Ta garnemente

xxx”

Par Valmont le 11.05.2007 @ 11:10 am

croquer dans la pomme, c'est bon pour la santé :- )Ce texte est tiré d’un article de la journaliste Silvia Galipeau dans La Presse du dimanche 29 avril 2007.

Je mets la mention de la source par respect pour la journaliste… et en guise d’alternative au sempiternel lien “pour accéder à nos archives payantes, cliquez ici” qui fait qu’ultimement, les francophones vont vers des sources anglophones pour s’abreuver… ou ne lisent pas.

Problème sexuel: quel thérapeute choisir ?

“Pas facile de choisir le thérapeute voulu : sexologue, psychologue, gynécologue, oncologue, alouette?

Tout dépend du problème, répondent les experts consultés. Mieux vaut d’abord interroger votre médecin de famille, qui pourra vous diriger. Si le problème est à la fois psychologique et sexuel, contactez l’Ordre des psychologues, qui pourra vous donner la liste des psychologues également sexologues. Ils sont malheureusement peu nombreux.”

Docteur, j’ai des fantasmes de ligotage et… je les réalise et… c’est très amusant et… terriblement chaud et… tout le monde en retire un bénéfice.net. Vous appelez ça avoir un problème ?

Un ordre professionnel

“Du côté des sexologues, il n’existe pas encore d’ordre professionnel. Cela ne devrait toutefois pas tarder, puisqu’un rapport d’experts [document pdf] a proposé en 2005 que la sexologie soit reconnue à titre de profession. L’Office des professions doit faire une recommandation au gouvernement en ce sens sous peu.

En attendant, l’Association des sexologues du Québec regroupe l’ensemble des diplômés à la maîtrise, en sexologie clinique. Pour vous assurer que le professionnel voulu n’est pas un charlatan, contactez l’Association pour une référence, et assurez-vous de voir son diplôme bien affiché dans son bureau, au moment de la consultation.

Attention, le Regroupement professionnel des sexologues du Québec regroupe quant à lui les sexologues ayant un baccalauréat en sexologie, non une maîtrise. Ceux-ci ne sont donc pas qualifiés pour effectuer des thérapies.”

Flashback. Nous sommes en 2001. Une dizaine de personnes sont assises autour d’une table d’un autre âge. Visée commune : créer un magazine sur la sexualité humaine. Parmi les gens présents, il y a des psychologues, des thérapeutes, des cliniciens, des journalistes, un marchand de jouets érotiques et sa pitoune femme “libérée”.

Chacun se présente, professe sa générosité et son ouverture d’esprit requises dans la réussite d’un tel projet. Lorsqu’arrive mon tour, je décline mon identité et expose ce qui m’intéresse de réaliser dans le cadre de ce projet, soit de vulgariser les échanges de pouvoirs érotiques.

Je sens sur moi et surtout sur la soumise qui m’accompagne, des regards d’incrédulité, des sourcils froncés, des bouches ouvertes, des tempes bourgognes. Les ondes dans la pièce oscillent entre l’envie furieusement refoulée et la colère. Un million de points d’interrogation tournoient en guise d’aura autour des têtes.

Je revois dans ma tête ce mec qui se croit encore au Moyen-Âge, exposant sa profession de foi dans l’éternel féminin, où les femmes sont toutes des princesses devant lesquelles il faut poser un genou au sol tout en tenant son glaive bien haut…

À ses côtés, je faisais un bien Grand Méchant Loup ! :- ))

Un luxe, la sexualité ?

“Sachez que les consultations en sexologie ne sont pas remboursées par la RAMQ ni reconnues par toutes les polices d’assurances privées.

«Malheureusement, il faut que les gens payent. La sexualité est considérée comme un luxe, mais moi, j’aime ça la relier à la qualité de vie», commente le psychologue Richard Villeneuve, cofondateur du Réseau de médecine sexuelle du Québec.”

La sexualité reliée à notre qualité de vie ? Voilà qui me rappelle les composantes de la santé sexuelle déjà évoquée dans ce blogue.

Photo : agendaquebec.ca.

Par Valmont le 10.04.2007 @ 6:02 pm

J’ai vu passer aujourd’hui le résultat d’une recherche dans Google avec les mots “position pour donner la fessée a son enfant”, ce qui a soudainement eu l’heur de faire monter la température de mon corps de quelques degrés.

Je ne sais pas ce que cherche la personne avec cette requête. Et je ne veux pas le savoir.

Tout ce que je sais, c’est qu’elle s’est retrouvée dans ce blogue.

Ce que je sais aussi, c’est que cercle O est destiné aux amateurs de bdsm, ces jeux de pouvoirs entre adultes consentants.

Ce site est conçu à l’intention des personnes qui sont curieuses d’en savoir plus sur les pensées liées aux échanges de pouvoirs érotiques, et où la fessée peut devenir une expérience extrêmement érotique, sensuelle et magnifique à vivre entre gens qui s’apprécient et se respectent.

Ce sont des jeux adultes, avec des jouets adultes, dans des contextes adultes, matures et responsables.

Les ados n’ont pas d’affaire là. Ni les enfants. Vous serez adultes assez vite et longtemps, les kids. Profitez-en ! Et sortez de ce site, sacripants !

Dans ces jeux adultes, il n’y aucun rapport entre le châtiment corporel et le bdsm, bien que certaines personnes pratiquant le bdsm ait déjà été battues ou abusées étant plus jeunes.

Pour en croiser à l’occasion, je me demande toujours quel cadre de soumission j’appliquerais à une personne ayant vécu ces moments difficiles. Je me demande quel chemin j’emprunterais pour lui apprendre à me rendre à cette limite et tenter de la dépasser. Car il est très clair dans mon esprit qu’elle n’aurait pas de moi la “violence” qu’elle recherche comme preuve d’amour.

Ça me semblerait pas très sain.

Pour en revenir donc à la source de ce billet, cette recherche dans Google…

… je réprouve au plus haut point la violence verbale et physique faites à des tout-petits qui n’ont aucun moyen de se défendre contre des “géants adultes”, même si on m’a déjà prêté de tels agissements envers mes propres enfants sous le prétexte que je pratique le bdsm.

Frapper une personne incapable d’opposer ni force, ni consentement, c’est proprement lâche et inacceptable. Et ce l’est encore davantage quand l’interlocuteur brandit par exemple la Bible pour justifier les châtiments infligés :

    “Allez, tournez-vous ma bonne soeur. Je vais vous la donner cette cuisante fessée sans votre consentement, juste pour voir comment vous allez aimer ça.”

Ce n’est pas l’objet de ce blogue, mais clarifions notre propos si d’aventure une personne n’aurait pas encore saisi : tout comme on n’a pas besoin de violence pour apprendre à la personne soumise à suivre sa voie, on n’a pas besoin de violence non plus pour élever des enfants.

Peut-être de l’attention? Des soins? De l’amour? Un cadre simple et clair?

En consultant le résultat de la recherche sur les mots clés évoqués plus haut, je suis tombé sur un bouquin du psychiatre Pierre Mailloux, intitulé Pour l’amour des enfants : Non aux châtiments corporels!.

Pierre Mailloux, une vedette contestée et contestable du cirque médiatique québécois qui passe ces temps-ci un sale quart d’heure avec le Collège des médecins et certaines poursuites judiciaires fort salées, dit parfois des choses bien bizarres du haut de son statut de psy-animateur de radio. C’est fou ce que l’usage d’un micro semble à l’occasion faire perdre à la personne qui en fait l’usage, l’humilité et la politesse requises pour exercer ce difficile métier.

Dans ce bouquin, il dit néanmoins cette phrase qui mérite d’être lue et relue : “Quand on gifle un enfant, on lui passe comme message, extrêmement convaincant, qu’il faut frapper pour se faire obéir.”

Par Valmont le 02.04.2007 @ 4:15 pm

Pour parler web 2.0, le guide (expression que je préfère à celle de maitre) est celui qui tague les besoins, les désirs et les fantasmes de la soumise… et les siens ! :- )