Skin TWO Films Presents London Fetish Girls
Par Valmont le 10.09.2009 @ 9:18 am

Non Janus, le bdsm n’est pas une fin en soi.

Il faut être capable d’en sortir de l’échange de pouvoirs. De faire autre chose. Du moins dans un cadre relationnel.

C’est d’ailleurs la condition principale établie par le DSM IV de l’American Psychiatric Association sur le caractère sain des pratiques bdsm. Ne pas pouvoir sortir du cadre bdsm, être incapable d’établir la relation d’intimité sur d’autres bases que l’échange de pouvoirs et tout le bataclan, il y a peut-être un problème, Houston.

photo par Eric Charles

Photo : Eric Charles.

Par Valmont le 22.01.2009 @ 12:55 am

J’aime bien cette réponse de tacit, un membre de Fetlife et polyamoureux, à une soumise qui déplorait l’incapacité de son Maître et elle à trouver une deuxième partenaire.

“If you start out by creating what you want the relationship to look like, then trying to fit someone into that slot, you will likely not find what you’re looking for. Relationships don’t work that way. People like having a voice in their own relationships.

What would you say if someone said “I’m looking for a husband, and we’re going to have three kids, and I’m going to be a stay at home mom, but I haven’t met anyone yet”? You’d probably say that trying to set up the relationship before even meeting someone is kind of silly, and that you need to meet people first, right?

When couples look for a “third,” they always have it all figured out–how the relationship will go, what she will do, how she will interact with them, everything. People–even people who are open to multiple relationships and poly families–don’t like being treated like fantasy fulfillment objects.”

Relation d’abord et structure plus tard. Voilà une démarche qui me rejoint.

Mettre en place la relation d’autorité, puis aviser au gré des fruits qui en résultent.

On pourrait d’ailleurs remplacer dans ce texte “When couples look for a third…” par “Quand une soumise cherche un amoureux doublé d’un Maître…”, ou par tout autre objet de recherche par trop précis, et la réponse de tacit garderait encore toute sa pertinence et sa validité.

Photo : tapeyomouf2007.

Par Valmont le 15.12.2008 @ 4:11 pm

Le groupe BDSM Domination et soumission d’obédience Latine étant sur le point de fermer ses portes (MSN Groupes annonçait il y a quelques semaines la fermeture de tous les groupes en vue de réaligner ses énergies autour de Windows Live), j’ai pensé qu’il serait bon de reproduire certains extraits pertinents qu’on y trouve, bien que malheureusement peut-être un peu hors-contexte.

Au risque de me répéter, ce groupe des Amis de Germanicus offre (offrait) un regard sain sur les échanges de pouvoirs qui tranche singulièrement avec l’atmosphère de music-hall que l’on retrouve un peu partout. Volontiers taxé d’élitiste avec ses rites rébarbatifs, ce groupe est tout de même l’un des rares endroits dans l’internet où le bdsm rime avec autre chose qu’une certaine violence gratuite au nom d’un certain consentement plus ou moins éclairé.

Je reprends l’extrait tel quel, sans aucune modification.

“Votre deuxième question porte sur les soumises qui doivent faire la démarche de courtiser des Maitres. Vous vous demandez si en devenant ainsi des proies faciles elles ne tuent pas l’instinct de chasseur de l’homme.”

“REPONSE:

Vous raisonnez en bien-pensante. Je vous rappelle qu’il y a des soumis hommes et des soumises femmes, il y a des Maitres hommes et des Maitresses femmes. Le clivage qui est le nôtre n’est pas le clivage homme/femme. Notre clivage est Dominant/dominé.

Un Maitre qui aurait des instincts de chasseur serait un bien curieux Maitre ne croyez-vous pas ? et si l’on suit votre raisonnement un soumis qui courtiserait une Maitresse préserverait ses instincts de chasseur de l’homme. Un soumis chassant un gibier qui serait sa Maitresse cela donnerait aussi un bien curieux soumis à l’arrivée n’est-ce pas ?…

C’est bien aux soumis et aux soumises de faire les démarches de courtiser les Maitres et les Maitresses et c’est tres bien ainsi, ça fonctionne parfaitement bien, le mode de séduction n’a rien en commun avec quelque instinct de chasseur que ce soit, ni conquête, ni notion de proie facile. Les gens qui se trouvent et se reconnaissent ainsi, le font en vue de réaliser de objectifs ambitieux, ils ne versent pas dans le jeu classique de la coquetterie puérile.”

Par Valmont le 09.11.2008 @ 3:44 pm

Tiens, un commentaire que j’ai formulé en juin 2007 que je retrouve dans le site de m au hasard d’un clic.

> Est-ce que se donner, laisser l’autre décider, c’est renoncer à ses envies, ses rêves, son plaisir ?

Bien au contraire.

C’est d’abord accepter de les reconnaître en soi, ces envies, ces rêves, ce plaisir. D’oser se dire d’abord oui à soi-même. Avant de les partager comme on chuchote dans la pénombre.

Par Valmont le 08.09.2008 @ 7:05 pm

Le forum “Bdsm ou Abus” inaugure sa nouvelle salle de clavardage ce mercredi 10 septembre à 21h, heure de Paris, je présume.

Par Valmont le 14.05.2008 @ 7:26 pm

J’ai confectionné à l’automne 2006 un petit tableau sous format tableur dans Googledocs, à partir du texte La soumise, la servante, l’esclave, la propriété : les termes de la soumission dans l’échange de pouvoirs érotique.

Je reprends dans ce tableau les termes de la soumission proposés par Sar, chacun avec ses composantes spécifiques et sa définition usuelle.

En y ajoutant la possibilité de noter chaque composante, je me suis rendu compte que cette typologie pouvait m’aider à mieux identifier les besoins et désirs de mademoiselle, à structurer son apprentissage de la soumission sur des bases simples et concrètes, et à orienter mes propres énergies en ce sens.

Dans ce contexte, ce qu’on appelle usuellement les activités bdsm se révèlent alors pour ce qu’elles sont réellement : des moyens à la disposition du guide et non des fins en soi.

En fait, ce tableau m’a confirmé ce que je savais déjà : aussi divertissantes puissent-t-elles être, les activités telles l’usage du fouet ou le ligotage, m’intéressent beaucoup moins que les principes qui les sous-tendent. Exemple, le degré de confiance échangé.

Pour moi, c’est là que ça se passe, le plaisir de la domination.


un ange de corde

Photo : via queenswolf.

En distinguant les activités bdsm de ce que j’appelle les principes à la base de la soumission, cela permet notamment à la personne soumise de savoir si elle est réellement à sa place dans un échange de pouvoirs suivi et encadré, ou si elle est plus attirée par la dimension jeu du bdsm. Cette dimension jeu est tout aussi louable et légitime, mais fort différente et beaucoup moins englobante qu’une relation plus encadrée.

Je considère d’ailleurs qu’il est de ma responsabilité, comme personne dominante, d’établir rapidement où se situe la personne soumise face à ces enjeux, en l’aidant à éclaircir ses besoins et ses désirs.

Ce tableau me donne les moyens de faire cet exercice incontournable. Je peux identifier plus clairement ce que signifient les mots de l’autre : “je veux être une soumise”, “j’aimerais servir un maitre”, “j’ai des fantasmes de reddition”, etc.

Ce tableau trace par le fait même l’étendue des pouvoirs de la personne dominante, ce qu’elle peut attendre de la personne soumise.

Les composantes liées à chaque terme donnent un sens aux mots et aux aspirations de la personne soumise. Ce sont des balises concrètes. Au lieu de n’être qu’un vague mot-clé aux contours très flous et sujets aux fluctuations des humeurs et des personnes, chaque composante devient alors un objectif relativement simple à définir.

Je peux soulever les points sur lesquels je la ferai travailler, la soumise. Je m’en sers du tableau pour gérer sa progression. Pour l’aider à mesurer les changements qui s’opèrent au fil du temps dans sa soumission.

Enfin, ce tableau me permet d’établir les nuances importantes à faire entre l’échange de pouvoirs tout court, l’échange de pouvoirs étendu et l’échange de pouvoirs total. Je sais que d’un point à l’autre, il y a de l’espace, beaucoup d’espace. Le tableau montre concrètement ce qui en est. Cela a pour effet de rassurer la personne soumise sur le fait que l’échange de pouvoirs absolu, ce n’est pas pour demain matin. Que ces choses prennent du temps, de l’énergie, du travail. Qu’obtenir cet état rapidement est une vue de l’esprit. Ou un leurre.

Le tableau

Un petit mot sur l’utilisation du tableau.

le repos du guerrierLa colonne A présente les composantes de chaque terme de la soumission proposé par Sar.

La colonne B sert à indiquer la note (sur 10) que la personne soumise attribue à sa conformité à la composante énoncée.

La colonne C sert à indiquer la note (sur 10) que la personne dominante attribue à la conformité de la personne soumise à la composante énoncée.

La colonne D situe chaque composante à l’aide d’une définition courte tirée de Wikipedia pour la plupart.

Bien entendu, cette note ne doit pas être vue comme une note d’examen à un concours, “zut j’ai 3 sur 10″. C’est davantage un palier à atteindre par la soumise en compagnie de son guide. Commencer à 1, voire à 0 n’a rien de déshonorant.

D’autre part, si la personne dominante et la personne soumise attribuent des notes différentes à une composante donnée, cela leur donne l’occasion de discuter, de vérifier, de valider, ce que l’un et l’autre pense et fait, et comment il le fait.

C’est un bel outil en ce sens.

Photo : via human_livestock.

Trois “plausibilités”

  1. Il est possible qu’au fil du temps, cette note augmente, tout comme il y a lieu de croire qu’elle peut descendre.
  2. Il est permis de croire aussi que cette note va évoluer très lentement. Exemple : la confiance d’une personne envers une autre ne passe pas de 0 à 10 en trois mois. Et honnêtement, commencer une relation avec la note 5 sur le plan de la confiance me semble un tantinet exagéré.
  3. Quelques mois après la première “évaluation”, les chiffres vont subir le “test de la réalité”. Ils risquent alors un mouvement vers le bas, de façon à mieux refléter le palier auquel se situe réellement la personne soumise.

Enfin, ce tableau est pour la personne soumise un bon outil de voir si elle est capable d’évaluer sa soumission objectivement, sans se raconter de blagues à elle-même. Et ainsi d’avoir une vue assez précise de sa soumission.

[Prochaine étape : découper davantage chacune des composantes. Par exemple, distinguer la confiance que la soumise a envers son guide de sa confiance en elle-même.]