Par Valmont le 09.11.2008 @ 3:44 pm

Tiens, un commentaire que j’ai formulé en juin 2007 que je retrouve dans le site de m au hasard d’un clic.

> Est-ce que se donner, laisser l’autre décider, c’est renoncer à ses envies, ses rêves, son plaisir ?

Bien au contraire.

C’est d’abord accepter de les reconnaître en soi, ces envies, ces rêves, ce plaisir. D’oser se dire d’abord oui à soi-même. Avant de les partager comme on chuchote dans la pénombre.

Par Valmont le 22.11.2007 @ 11:03 pm

L'érotisme de Georges Bataille au pays du soleil levant“Tout d’abord, l’érotisme diffère de la sexualité des animaux en ce que la sexualité humaine est limitée par des interdits et que le domaine de l’érotisme est celui de la transgression de ces interdits.

Le désir de l’érotisme est le désir qui triomphe de ces interdits.”

Georges Bataille dans L’Érotisme.

Par Valmont le 30.09.2007 @ 8:34 am

Cet article écrit par Christian Geiser et paru dans Cyberpresse il y a un bon moment, parle de l’apprentissage de la sexualité par les adolescents, mais… est-ce si différent dans le cas des adultes ?

“ Ils n’ont pas encore eu de relations sexuelles, mais ils veulent tout savoir. Quoi de mieux que de regarder un film XXX ? Un nouveau livre sur la question s’inquiète des conséquences de cet apprentissage maison. La pornographie est en train de devenir le mode d’emploi amoureux des adolescents. On y voit tout ce que l’on veut voir et c’est facile à trouver. Mais attention! la leçon privée peut s’avèrer incomplète et… perverse.

Coauteure de Alice au pays du porno. Ados: leurs nouveaux imaginaires sexuels, Michela Marzano, philosophe et chercheuse française au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), trace un portrait inquiétant de l’impact qu’a la pornographie sur le développement de la sexualité des adolescents.

Il y a eu une évolution de la sexualité des jeunes, note-t-elle d’emblée, en entrevue téléphonique de Paris. « Avant, ils avaient peur d’en parler. Aujourd’hui, ils craignent de ne pas être à la hauteur. » Ils sont alors en quête d’informations. Ne voulant pas se tourner vers leurs parents et considérant que ce qu’on leur enseigne à l’école ne répond pas à leurs questions, ils cherchent ailleurs; imaginant trouver des réponses dans les produits de l’industrie XXX.

Pas un phénomène isolé

La consommation adolescente de pornographie n’est pas un phénomène isolé. « En effet, 99,9 % des adolescents en ont regardé plusieurs fois », s’alarme Michela Marzano. Nul besoin d’être un crack de l’informatique ou d’avoir des contacts pour se rincer l’oeil. Il est facile d’en trouver. Les sources sont nombreuses. Que ce soit à la télévision, sur les chaînes spécialisées auxquelles leurs parents sont abonnés, dans la vidéothèque particulière de ceux-ci, sur Internet ou dans les sex-shops, le choix est vaste.

Ce qui inquiète également la chercheuse, c’est la précocité du premier contact. Selon l’étude qu’elle a menée, 58 % des garçons et 45 % des filles ont vu leur premier film porno entre 8 et 13 ans. « L’accès est trop facile, ils tombent souvent par hasard sur ces images », prévient-elle.

Alors qu’ils n’en sont qu’aux balbutiements de leur vie amoureuse, le principal danger de ce contact virtuel avec le sexe est une distorsion de la réalité.

Près de 68 % des adolescents regardent de la pornographie par curiosité ou en croyant qu’ils pourront apprendre quelque chose. « La pornographie est devenue une source de renseignements. Mais c’est faux, prévient-elle. Il s’agit d’une représentation stéréotypée et codifiée de la sexualité. »

Résultat: il n’y a plus de liberté propre à la masculinité et à la féminité. « Les bases de la sexualité reposent sur la capacité d’avoir des fantasmes. Mais ils oublient ou ne savent pas qu’ils peuvent aller au-delà de ce qu’ils ont vu. » L’imaginaire sexuel est alors bloqué.

Risque de déconvenues

Filles et garçons ne réagissent pas de la même façon. Constatant le plaisir que semblent tirer les actrices de leurs relations sexuelles, les filles peuvent avoir l’impression que leur partenaire ne les satisfait pas pleinement. Mais l’évidente exploitation de la femme comme objet les embarrasse. « Les adolescentes ne savent alors plus à quoi s’attendre de la sexualité. »

Les garçons, quant à eux, font une distinction entre la fille facile (des vidéos) et celle qu’ils veulent aimer. Considérant le sexe comme quelque chose de sale (qu’ils associent aux filles aux moeurs légères), ils peuvent avoir de la difficulté à vivre une relation amoureuse épanouie.

L’adolescent qui a « appris » par la pornographie risque aussi d’avoir des déconvenues lorsque le « grand jour » viendra. Se fiant à ce qu’il a vu, il sera surpris quand sa partenaire lui refusera ce qu’il croyait normal. « Il peut alors vouloir s’isoler ou forcer la relation par la violence. »

Il y a également un risque de banaliser des comportements extrêmes. Les scènes de viol collectif sont traitées comme la normalité. « Ça peut amener l’adolescent à ne plus se rendre compte que ce qu’il fait n’est pas normal. »

L’effet pervers de la distorsion de la réalité que provoque la pornographie est entretenu par l’aspect réel des films. Les adultes qui consomment de la pornographie savent que ce qu’ils regardent n’est pas une représentation de la réalité. L’affaire est plus délicate dans le cas des apprentis amoureux. La pornographie laisse planer une ambiguïté. Fiction et réalité y sont mélangées.

Même si les adolescents savent qu’il s’agit d’un film, ce n’est pas suffisant. « Comme on voit les parties génitales et même l’éjaculation, qui sont réelles, cela amène de la confusion. » L’histoire serait fictive, mais les relations sexuelles conformes à la réalité.

Les parents sont rarement considérés par leurs enfants comme la ressource à aller consulter quand vient le temps de trouver des explications sur la sexualité. Mais si leur enfant leur pose des questions à ce sujet, il ne faut pas qu’ils tombent dans la censure, croit Michela Marzano. Ils doivent avoir l’honnêteté de répondre.

Les adultes doivent les aider à faire la part des choses entre la réalité et la fiction. Ils doivent leur apprendre que le désir n’est pas une sorte de besoin. « Ce n’est pas comme un morceau de pain que l’on mange et élimine par la suite. Le désir, c’est de se rendre compte qu’on a un manque et que l’autre est là pour nous accompagner. » Les adolescents vont vers la pornographie pour se renseigner. Il faut donc les rassurer en les informant, « mais sans se limiter au biomédical. Ils veulent surtout qu’on les rassure sur leur façon de se comporter avec les autres. »

Mais attention: « Il n’y a pas de recette. » Si on en proposait une, on retomberait dans le piège de la porno en fixant des limites à ce que doit être la sexualité. ”

Alice au pays du porno. Ados: leurs nouveaux imaginaires sexuels, Questions de familles, Éditions Ramsay, 2005, 250 pages.

Source : Cyberpresse.

Par Valmont le 16.06.2007 @ 9:34 pm

Une femme fantasmant sur la soumission écrit :

> Est-ce que se donner, laisser l’autre décider, c’est renoncer à ses envies, ses rêves, son plaisir ?

Bien au contraire.

C’est d’abord accepter de les reconnaître en soi, ces envies, ces rêves, ce plaisir. D’oser se dire d’abord oui à soi-même. Avant de les partager comme on chuchote dans la pénombre.

Par Valmont le 15.06.2007 @ 12:24 pm

Je vois parfois passer des requêtes de recherche qui mènent à cercle O, du genre “que faire avec une personne soumise”.

Je vois également passer parfois dans des forums et ailleurs des questions du même genre.

Je ne dois pas comprendre le sens de la requête parce que…

Je ne sais pas, mais quand on (se) pose ce genre de questions, j’aurais envie de répondre que si vous ne savez pas quoi faire avec une personne soumise, ne faites donc rien. Abstenez-vous et orientez-vous donc vers le tricot ou l’échangisme.

Apprendre comment réaliser un ligotage, que faire en cas de zébrures intempestives sur une peau délicate, oui je veux bien, nous sommes dans le faire, dans le comment, les conditions de réalisation. Un travail de fond est déjà réalisé.

Mais savoir que faire?

Ces personnes devraient plutôt se demander ce qu’elles cherchent dans le bdsm, ce qu’elles viennent y faire, pourquoi le bdsm. Autrement, pourquoi pas le parapente ou aller traire une vache?

Par Valmont le 16.01.2007 @ 3:40 pm

« Le désir, lié à des moments clés comme le plaisir, la tendresse, la joie, le bonheur ou l’émotion, est un facteur d’accomplissement de soi à travers l’autre.

L’autre m’est utile pour réaliser ce qu’il y a de plus convivial dans le désir, à savoir le partage. Il m’est utile, comme je le suis également à sa quête de bonheur.

Aussi l’émoi le plus singulier et le plus secret de tous, à savoir le désir d’être, ne se parfait-il vraiment qu’à ces conditions : la présence du sujet, la présence de son alter ego, sûrement, et l’émergence d’une volonté initiale qui serait de l’ordre de l’appétence, du besoin d’être, de l’envie, pour les englober et les dépasser. Si l’une de ces conditions venait à manquer, l’émotion s’acheverait d’elle-même.

Parler du désir, c’est en quelque sorte parler de soi, mais parler de soi ne signifie rien d’autre, hormis le soliloque, que cet autre moi-même, alter, y soit inclus. »

Plus loin :

« Parler du désir, c’est fondamentalement parler d’autrui; parler d’autrui n’est rien d’autre que de se dire soi-même par un autre biais, indirectement, se jouer dans le miroir joyeux que l’autre me tend; enfin, parler de soi par l’entremise de l’autre n’est que le début d’une socialisation, l’instauration d’un lien de culture, la représentation de soi donnée en partage.

La boucle est bouclée : le désir de l’autre m’est nécessaire dans la mesure où il me ramène à la seule énigme que je n’arrive pas à résoudre complètement, à savoir l’être-en-soi, l’humain autre et tellement semblable qui, à chaque instant, fait de moi une exception ontologique et un cas d’espèce, une philogénie.

L’être-en-soi, c’est la part que je dois à l’univers tout entier d’avoir fait de moi cette singularité particulière qui ne se survivrait pas à elle-même dans la mesure où elle tient sa vie de l’en-soi-des-autres en moi, de leur inclusion permanente, de leur présence charnelle et de leur fantôme qui ne cesse de me hanter.

Ce n’est pas l’autre qui m’intrigue ou me fascine en tant qu’individu particulier, c’est cet être-en-soi qui s’applique à le rendre tel, et sur lequel il pose son énigme à ciel ouvert : l’éventrer pour mieux l’exposer.

Car il se projette sur moi autant que je projette sur lui la part insondable de tout être singulier, à commencer évidemment - mais pas seulement - par le désir.

Le regard que je pose sur cet autre trahit mes convictions de la même manière qu’un miroir aurait réfléchi l’image défaite du vaincu qui ne veut pas s’avouer vaincu. Je suis toujours impressionné par la force des vaincus. Être vainqueur est sans doute une situation exigeante qui implique une grande responsabilité, mais être vaincu c’est plus fort encore.

Le vainqueur est-il suffisamment sensible à l’humilité, au cheminement lent et aux nombreux échecs que requiert sa victoire ?

Ou, pour parler comme les taoïstes, le vaincu serait-il le vrai “vainqueur” ? »

Lu dans Du désir, par Malek Chebel, Manuels Payot, 2000, ISBN : 2-228-89276-9, pp. 40-42.

couverture du livre Du désir de Malek Chebelcouverture du livre Du désir de Malek Chebel