Skin TWO Films Presents London Fetish Girls
Par Valmont le 07.02.2008 @ 11:05 pm

un homme traitant une femme avec tous les égardsUn homme fantasmant sur la domination avec sa partenaire de vie écrit dans son blogue :

“Je me sent complètement incapable de devenir un tant soi peu « maître » et pourtant soumettre Evéa me plait dans l’idée. Voila le dilemme !”

Je serais bien curieux que Monsieur développe sa pensée sur le dilemne auquel il dit faire face. Quel est donc ce dilemne? Qu’est-ce qui l’empêche réellement de donner forme à son désir?

Soumettre l’autre à ses désideratas et en prendre soin sont-ils tant incompatibles?

Photo : betoeseses.

Par Valmont le 22.11.2007 @ 11:03 pm

L'érotisme de Georges Bataille au pays du soleil levant“Tout d’abord, l’érotisme diffère de la sexualité des animaux en ce que la sexualité humaine est limitée par des interdits et que le domaine de l’érotisme est celui de la transgression de ces interdits.

Le désir de l’érotisme est le désir qui triomphe de ces interdits.”

Georges Bataille dans L’Érotisme.

Par liberté{+} le 03.07.2007 @ 3:57 pm

“Si la grosse se donne, la belle se vend.”

Dans Éloge de la graisse d’Olivier Bardolle.

Lorsque j’ai débuté en BDSM, j’imaginais que les soumises étaient toutes de belles femmes minces.

D’ailleurs les sites pornos regorgent de ces beautés à couper le souffle. Comment ne pas être complexée devant de si beaux corps ? Comment ne pas envier le désir qu’elles provoquent ?

Puis je fis connaissance avec des soumises en réel. Ce fut la surprise totale.

Éloge de la graisse d'Olivier BardolleJe ne sais pas si cela est un hasard, mais je constate que sur les canaux de discussions, une très grande majorité de ces femmes sont en surplus de poids. Elles se décrivent comme étant bien en chair, plantureuses, enveloppées, grassettes, et tous les autres synonymes servant à éviter de prononcer le mot obésité.

La plupart ne diront pas leur poids ou passeront sous silence ce léger détail. Du moins elles tairont ce détail jusqu’à ce que des liens se tissent et peut-être ainsi donner une chance que la relation se développe au fil du temps.

Pour d’autres qui font partie des chanceuses, c’est-à-dire celles qui ont un corps selon les critères de beauté actuels, elles seront quand même complexées, comme si 100 % des femmes n’aimaient pas leur corps. On peut constater cela par leurs discours et leurs écrits dans différents blogues.

Aujourd’hui, on offre de soigner la femme au corps plantureux, celle-là même qui faisait tourner les têtes voilà moins d’un siècle. Combien sommes-nous à avoir dit en soupirant, suant et soufflant sur nos appareils de mises en forme : « Je suis née un siècle trop tard » ?

Dans les salles de discussions, on entend un nouveau discours de ce Maître “Soigneur”, spécialiste des troubles du comportement alimentaire. Il ordonne et exige à la soumise de perdre du poids dans un bref délai.

Nouvelle lubie : Si tu es vraiment soumise, tu perdras du poids pour Lui. Et même que tu seras heureuse de le faire pour lui, à la limite tu trouveras cela facile. C’est la première condition et parfois c’est “la” condition pour lui appartenir, porter son collier.

En attendant elle demeurera « soumise en probation ».

Ainsi, elle pourra donner la preuve de sa bonne volonté à développer sa soumission, comme si cette femme n’avait JAMAIS essayé de perdre du poids avant de rencontrer ce Maître Soigneur qui ignore tout de la restriction cognitive, des troubles du comportement alimentaire et de la souffrance que cause les diètes alimentaires.

Malgré que l’on prône allègrement que le Maître sait mieux que sa soumise ce qui est bon pour elle, il ne cherchera nullement à comprendre ce problème, car tout le monde le sait, maigrir ce n’est qu’une question de volonté (comme obéir) et le Maître “Soigneur” a de la volonté à revendre.

Comment peut-on avoir de l’estime pour soi-même, s’aimer un tant soi peu, alors que l’on se sent laide et sans grâce, perpétuellement soupçonnée du péché de gourmandise, de passivité, de manque de volonté ?

Perdre du poids ne suffit pas pour qu’on s’aime et qu’on s’estime davantage.

C’est à ce niveau que les dominants devraient travailler pour faire cheminer leur soumise, mais cela peu le comprennent malheureusement.

Fixer un objectif plus ambitieux que celui de seulement perdre du poids, viser à devenir mince aussi à l’intérieur de soi modifient radicalement les perspectives, l’occasion d’évoluer dans un sens favorable.

Volonté, détermination, discipline, dites-vous Messieurs les Dominants? Et si tel n’était pas le problème?

Tant qu’à la soumise, elle affirmera qu’elle n’a aucune volonté, mais avec l’aide de son Maître elle y arrivera. Plus rien ne sera comme avant. Elle aura donné la preuve qu’elle est capable d’accomplir quelque chose de grand, d’admirable. Elle ne sera plus l’esclave de son corps. Elle culpabilisait et se dévalorisait bien avant, maintenant elle saura définitivement que si la relation ne fonctionne pas, c’est à cause de son poids et de son manque de volonté.

Certains admirateurs de grosses (les FA pour les initiés) sont sous le charme de corps féminins ronds, épanouis, bien en chair. Merci à vous, vous donnez l’occasion à des jeunes femmes aux rondeurs exacerbées de prendre leur revanche.

la soumise mince et la soumise rondePar contre, je ne ressens que mépris pour les dominants qui clament haut et fort qu’ils préfèrent jouer avec une grosse soumise. Car ils ont trop peur de blesser une soumise mince, comme si la grosse pouvait tout endurer et qu’il était impossible de la blesser.

Discours méchants qui blessent bien davantage.

Photo : www.saudek.com via cercle O - l’album.

Devons-nous comprendre que les caresses, l’affection, la tendresse et le respect sont réservées à la soumise mince, et la fessée et le fouet et toutes ces douleurs très dures et humiliantes pour la grosse soumise ?

Et si c’était vous et votre façon d’être à l’écoute de votre partenaire qui était en faute, et non la grosseur de votre compagne de jeux?

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Par Valmont le 11.05.2007 @ 11:10 am

croquer dans la pomme, c'est bon pour la santé :- )Ce texte est tiré d’un article de la journaliste Silvia Galipeau dans La Presse du dimanche 29 avril 2007.

Je mets la mention de la source par respect pour la journaliste… et en guise d’alternative au sempiternel lien “pour accéder à nos archives payantes, cliquez ici” qui fait qu’ultimement, les francophones vont vers des sources anglophones pour s’abreuver… ou ne lisent pas.

Problème sexuel: quel thérapeute choisir ?

“Pas facile de choisir le thérapeute voulu : sexologue, psychologue, gynécologue, oncologue, alouette?

Tout dépend du problème, répondent les experts consultés. Mieux vaut d’abord interroger votre médecin de famille, qui pourra vous diriger. Si le problème est à la fois psychologique et sexuel, contactez l’Ordre des psychologues, qui pourra vous donner la liste des psychologues également sexologues. Ils sont malheureusement peu nombreux.”

Docteur, j’ai des fantasmes de ligotage et… je les réalise et… c’est très amusant et… terriblement chaud et… tout le monde en retire un bénéfice.net. Vous appelez ça avoir un problème ?

Un ordre professionnel

“Du côté des sexologues, il n’existe pas encore d’ordre professionnel. Cela ne devrait toutefois pas tarder, puisqu’un rapport d’experts [document pdf] a proposé en 2005 que la sexologie soit reconnue à titre de profession. L’Office des professions doit faire une recommandation au gouvernement en ce sens sous peu.

En attendant, l’Association des sexologues du Québec regroupe l’ensemble des diplômés à la maîtrise, en sexologie clinique. Pour vous assurer que le professionnel voulu n’est pas un charlatan, contactez l’Association pour une référence, et assurez-vous de voir son diplôme bien affiché dans son bureau, au moment de la consultation.

Attention, le Regroupement professionnel des sexologues du Québec regroupe quant à lui les sexologues ayant un baccalauréat en sexologie, non une maîtrise. Ceux-ci ne sont donc pas qualifiés pour effectuer des thérapies.”

Flashback. Nous sommes en 2001. Une dizaine de personnes sont assises autour d’une table d’un autre âge. Visée commune : créer un magazine sur la sexualité humaine. Parmi les gens présents, il y a des psychologues, des thérapeutes, des cliniciens, des journalistes, un marchand de jouets érotiques et sa pitoune femme “libérée”.

Chacun se présente, professe sa générosité et son ouverture d’esprit requises dans la réussite d’un tel projet. Lorsqu’arrive mon tour, je décline mon identité et expose ce qui m’intéresse de réaliser dans le cadre de ce projet, soit de vulgariser les échanges de pouvoirs érotiques.

Je sens sur moi et surtout sur la soumise qui m’accompagne, des regards d’incrédulité, des sourcils froncés, des bouches ouvertes, des tempes bourgognes. Les ondes dans la pièce oscillent entre l’envie furieusement refoulée et la colère. Un million de points d’interrogation tournoient en guise d’aura autour des têtes.

Je revois dans ma tête ce mec qui se croit encore au Moyen-Âge, exposant sa profession de foi dans l’éternel féminin, où les femmes sont toutes des princesses devant lesquelles il faut poser un genou au sol tout en tenant son glaive bien haut…

À ses côtés, je faisais un bien Grand Méchant Loup ! :- ))

Un luxe, la sexualité ?

“Sachez que les consultations en sexologie ne sont pas remboursées par la RAMQ ni reconnues par toutes les polices d’assurances privées.

«Malheureusement, il faut que les gens payent. La sexualité est considérée comme un luxe, mais moi, j’aime ça la relier à la qualité de vie», commente le psychologue Richard Villeneuve, cofondateur du Réseau de médecine sexuelle du Québec.”

La sexualité reliée à notre qualité de vie ? Voilà qui me rappelle les composantes de la santé sexuelle déjà évoquée dans ce blogue.

Photo : agendaquebec.ca.

Par Valmont le 21.10.2006 @ 12:40 pm

Sur quelques idées reçues à propos de la sexualité est la préface du docteur Pierre Marie de la version française du Dictionnaire des fantasmes, perversions et autres pratiques de l’amour de Brenda B. Love, Laurence Étienne, Pierre Marie et Franck Spengler, paru initialement en 1997 (Encyclopedia of Unusual Sex Practices). Pierre Marie est philosophe et psychanalyste.

“Sous ce rapport, il y a une grande proximité entre la perversion et le moralisme kantien.

Le lecteur se rappelle que pour Kant, le sujet, lors de l’accomplissement de la loi (dictée par la raison), afflige à son moi les sacrifices qu’impose la réalisation de la morale : le sujet est là tout à la fois l’auteur de la loi, son exécuteur et celui qui s’y soumet.

Dans la perversion, il y a un éclatement des trois rôles sur des entités différentes :

– celui qui prescrit la loi : cela peut-être une morale religieuse, un règlement administratif, une autorité (chef politique, gourou d’une secte…), une hallucination, un délire…
– celui qui l’exécute : le sujet pervers ;
– celui qui la subit : la victime.

Tripartition dont se sont réclamés les criminels nazis pour leur défense : ils n’avaient accompli que leur devoir, de sorte que leur action était complètement morale.

En somme, dans la perversion, la prescription du fantasme se présente comme une règle universelle d’action qui s’impose à tous les êtres humains : agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d’une législation universelle.

Or, toute règle universelle d’action se fonde sur la croyance en une nature humaine (opinion partagée par Kant et Sade) ; elle est la négation de la singularité de chaque subjectivité, c’est-à-dire la négation de tout désir, marque même de cette singularité.

Il y a là, comme dans le moralisme kantien, un effacement absolu du désir au profit du pur devoir ; avec pour conséquence une abrasion de la réalité du partenaire, car si la réalisation du désir suppose et nécessite toujours l’acceptation du désir de l’autre, la réalisation du devoir n’impose nullement son consentement.

Et si le devoir implique l’exclusion du désir et donc l’apathie la plus radicale – puisqu’il exclut toute autre motivation que sa propre injonction –, il s’ensuit que le pervers – comme le sujet kantien – accomplit son forfait dans l’ignorance de la pitié comme de la compassion et qu’il ne vise ni son plaisir ni son bien-être, mais la réalisation de l’impératif qui le régit dont il retire seulement un contentement de soi : la satisfaction du devoir accompli.

D’où il résulte qu’une sexualité conforme aux prescriptions d’une morale est sûrement perverse dans son essence puisqu’elle est la négation tant du désir de l’intéressé que de celui de son partenaire, le premier imposant au second une forme de relation sexuelle qui ne tient pas compte de leurs attentes.

La perversion n’est donc pas là où il est coutumier de la chercher, mais bien plutôt là où on se fait fort de régler les conduites humaines à l’aune des principes dont on est le prosélyte. Tout missionnaire d’une doctrine religieuse, politique ou philosophique est potentiellement un pervers, puisqu’il nie par son action la singularité et le désir irréductible de ceux auxquels il s’adresse.

De cette forme sociale de perversion dont l’histoire est riche à la forme individuelle, celle du psychopathe qui finit par occuper la rubrique des faits divers des journaux, il n’y a qu’une différence d’ampleur : le nombre des victimes de l’Inquisition, du goulag, de l’épuration (raciale, religieuse, politique) ou de la solution finale sera toujours supérieur à celui du pédophile pervers, du violeur d’occasion ou du père abusif. Mais les uns comme les autres agissent selon la même logique : ils considèrent leurs victimes comme une chose qu’ils peuvent maltraiter sans réserve, et pourquoi pas anéantir, et non comme une personne.

Aussi, si la seule loi qui tienne comme loi symbolique inconditionnée est le respect d’autrui, loi qui est aussi et nécessairement celle du désir, on peut convenir – comme je le laissais entendre plus haut – que celui désigné ici sous le terme de pervers répond au mieux à l’étymologie du mot qui le nomme : il met effectivement sens dessus dessous la loi.

D’où il résulte que la perversion guette chacun dès qu’il réprime son désir, n’étant pas prêt à en assumer l’accomplissement, préférant se soumettre à une autorité extérieure pour organiser ses conduites, autorité à laquelle il voudra aussi assujettir tous ses proches pour assurer à ses principes une (pseudo) validité universelle.

Dans une tout autre dimension, on peut rappeler que les philosophies politiques et religieuses totalitaires ont réalisé chacune à leur manière l’univers de la perversion, comme on peut ajouter que le propos de la science n’en est pas très éloigné. N’oublions pas que la science, en niant la singularité et le désir, nous promet un monde complètement ordonné, entièrement prévisible, délivré de toute émotion, un monde froid ; demain, ditelle, la procréation se fera dans des éprouvettes et par clonage, elle produira des sujets tous semblables qui, par des techniques de conditionnement, seront déterminés à des comportements programmés. Mais ce monde nous le connaissons déjà, c’est celui vanté par les ouvrages de science-fiction dont le succès traduit bien cette aspiration secrète de beaucoup d’être dispensés enfin de la responsabilité de leur désir.

C’est en cela que la science est la religion de notre temps : nous lui confions, aveuglément, le soin de diriger notre existence comme nous nous plions sans retenue à ses préceptes, oubliant que comme tout discours elle repose sur des présupposés, des hypothèses, dont la légitimité est relative à la croyance de ceux qui la servent.

La question est bien celle-ci : jusqu’où sommes-nous prêts à sacrifier notre désir et notre plaisir pour obtenir le contentement d’être conforme aux attentes de la morale ?

En cela, les pratiques de l’amour sont sûrement le meilleur antidote à ce risque.

Tant que des hommes oseront assumer leur sexualité dans la diversité de sa manifestation, non seulement ils connaîtront la joie, comme le disait déjà Épicure, mais ils seront le ferment nécessaire au rappel de la loi : assumer la responsabilité de son désir, c’est accepter la loi qui régit notre condition : si le désir nous porte vers le bien-être, il échappe à toute prévision, à toute maîtrise et nous rappelle ainsi notre destin inéluctablement mortel.

Car la vie n’a pas un sens qui vaudrait pour tous ; elle n’a que le sens que le désir singulier de chacun lui imprime dans le moment où il apparaît.

Si les religions polythéistes ménageaient une certaine place aux pratiques de l’amour – leurs dieux eux-mêmes en donnaient l’exemple – et si leur codification de la sexualité avait à coeur d’ouvrir au plaisir (ainsi du célèbre Kama Sutra), les religions monothéistes, centrées sur un dieu sans affect autre que le courroux ou l’amour désincarné, asexuel, ont eu à coeur, au contraire, d’extirper le plaisir et d’imposer à la sexualité soit le renoncement – les fidèles doivent se plier au modèle divin – soit une pratique visant exclusivement la procréation.

À peu de choses près, les philosophies politiques utopiques (Platon, Augustin, Campanella, More, etc., sans oublier, bien sûr, les idéologies fascistes, le stalinisme, le maoïsme…) ont repris les attendus du monothéisme, à l’exception notoire de Fourier – et encore…

Comme, sous un certain rapport, les philosophies morales (Descartes, Kant, Schopenhauer, etc…) se sont coulées dans le même moule.

Et aujourd’hui la science…

C’est donc tout le mérite de ce Dictionnaire des fantasmes, perversions et autres pratiques de l’amour de rappeler le caractère incontournable de la sexualité et d’appeler à son respect ; il y va de la qualité de la vie de chacun…

Puisse-t-il être lu.”

Par Valmont le 28.03.2006 @ 9:53 am

Je viens de terminer la mise en ligne du questionnaire sur les motivations de la personne soumise qui permet de tracer le contour de ses attirances pour la soumission et le BDSM en général. Ce qui me donne l’occasion de revenir à cette vieille idée d’en confectionner un à l’usage des personnes dominantes. Un tel questionnaire pourrait s’avérer fort utile aux personnes soumises sérieuses qui souhaitent cirsconcrire à qui ils ou elles ont affaire.

(Quelques minutes plus tard.)

Le concours de personnes soumises me serait fort précieux dans l’élaboration d’un tel questionnaire. Interest anyone? Si oui, simplement commenter ce billet en me laissant votre courriel qui n’apparaîtra nulle part.

Après quelques lunes, voici donc le questionnaire sur les motivations de la personne dominante, gracieuseté de liberté.