Par Valmont le 08.11.2007 @ 4:37 pm

La personne dominante n’est pas à l’abri des mauvaises rencontres. Dans le bdsm comme ailleurs, on peut tomber sur une personne soumise qui joue à des jeux psychologiques qui ne sont pas sains, ou qui éprouve des difficultés relationnelles importantes.

Dans les sites de rencontres, les forums et les salles de clavardage à saveur bdsm, combien de soumises ne croise-t-on qui se déclarent des victimes. Victimes de dominants peu scrupuleux, victimes de dominas qui se défoulent sur elles sans égard envers leurs préoccupations et leur santé, victimes de situations désavantageuses, victimes dont personne ne tient compte, sinon pour les inviter à un diner une soirée de cons connes en guise de chair à fessée.

Les victimes de la vie sont nombreuses dans la sphère bdsm.

J’ai déjà abordé brièvement dans ce blogue la question de la confiance, une condition psychologique essentielle à mon sens, et dont le dominant doit tenir compte lorsqu’il souhaite asservir une soumise sur une période plus ou moins longue, au lieu de s’en tenir uniquement aux formes de son cul ou à ses promesses de docilité et de perversités.

Il y a quelque temps à la Grande Bibliothèque, je suis tombé par le plus grand des hasards sur un tout petit bouquin au titre sans équivoque : Victime, bourreau ou sauveur : comment sortir du piège ?. Son auteur, Christel Petitcollin, y écrit des trucs fort tripatifs, comme dirait l’autre.

Oui, je sais, vous me direz que les dominants ne se font jamais prendre à aucun piège de la sorte.

“Le rôle de la victime consiste à être pur, innocent et réduit à l’impuissance. La victime est une personne fragile en apparence, plaintive voire pleurnicharde, malheureuse et passive. Pleine de bonne volonté, mais poursuivie par des catastrophes, elle est de surcroit gaffeuse et si énervante qu’on ne peut s’empêcher de la remettre à sa place.

Cela vous semble si loin du bdsm, j’aurais dû m’en douter. Et pourtant, read on por favor.

Elle cherche à vous culpabiliser d’aller bien quand elle est si mal. Elle insinue que vous avez de la chance (et pas elle), niant les moyens que vous vous donnez pour avoir ce que vous avez. Son objectif : vous inspirer de la pitié pour que vous la preniez en charge et vous rendre responsable de sa souffrance comme de son éventuel futur bonheur.

Toujours pas convaincu ? Comme dirait le jeune clerc amouraché d’Emma Bovary, “continue cocher, continue!”

“Pour arriver à ses fins, elle peut aussi se faire séductrice et vous flatter : « Tu es la seule personne qui me comprenne » ou « Je ne sais pas ce que je deviendrais sans toi ! » Si elle est adroite, elle arrivera même à vous faire croire que vous avez beaucoup à gagner à vous occuper d’elle.

J’attire votre attention sur le fait que grammaticalement, le terme de victime n’existe qu’au féminin. Pourtant, de nombreux hommes sont tout aussi capables que les femmes d’être passifs et gaffeurs, tout aussi doués pour se faire prendre en charge et savent aussi très bien inspirer de la pitié et de la culpabilité.”

Bien entendu, vous n’avez jamais croisé une telle personne soumise victime dans votre vie.

Les bénéfices d’être une victime

Il existe de nombreux bénéfices à jouer le rôle de la victime, et non des moindres.

“Le rôle de victime attire la sympathie et la pitié. Il permet donc de monopoliser beaucoup d’attention. Il assure aussi une impunité totale et donne la possibilité de ne pas répondre de ses actes, puisque le postulat de base est qu’une victime est pure et innocente. La plupart des transactions de victime consistent à faire porter la responsabilité aux autres.

«  C’est la faute de ce cruel bourreau (ou celle de ce mauvais sauveur) si j’en suis là aujourd’hui. Moi je n’y suis pour rien. »

S’il n’y a pas de bourreau à incriminer, la victime pourra s’en tirer en jouant à Stupide : « Je ne l’ai pas fait exprès. Je ne savais pas. Je n’avais pas compris. » En refusant de faire face à ses actes et à leurs conséquences, la personne qui se place en victime cherche surtout à échapper à la honte. Car lorsqu’on ne sait pas s’évaluer avec objectivité et que l’estime de soi est très basse, la prise de conscience de ses imperfections et de ses erreurs est extrêmement cuisante. Heureusement, il n’est nul besoin de faire son auto-critique, dans le coin de la victime !

Dans les bénéfices secondaires du rôle de victime, il faut aussi tenir compte de ce masochisme dont Éric Berne disait qu’il était un « faute de mieux ».

Jacques Salomé va plus loin et nous invite à reconnaître avec honnêteté l’aspect jouissif de la position de victime.

« , Il y a, dit-il, un grand plaisir à geindre, à se plaindre et à se croire réduit à l’impuissance. »”

Le mécanisme de la culpabilisation

Il y a quelque temps, dans le forum BDSM ou Abus : parlez-en ! qui se présente comme un forum d’aide destinées aux victimes de violences physiques et psychologiques liées aux dérapages du bdsm, je fus assez surpris par la violence des réactions à mon propos sur les prédateurs et les prédatrices dans l’univers bdsm.

Après tout, mon discours depuis toujours en est un de responsabilisation de nos actes.

En lisant Petitcollin, je n’ai pu m’empêcher de repenser à cette “discussion” :

“Le victime est d’une certaine façon un gardien de but : le ballon « responsabilité  ne doit absolument pas passer par son coin. Puisqu’une victime est pure et innocente, elle n’a forcément aucune responsabilité dans ce qui lui arrive.

C’est pourquoi, dès qu’on va insinuer qu’elle pourrait peut-être avoir une implication dans ses ennuis, elle va vivement s’indigner, c’est-à-dire bloquer puis relancer le ballon le plus loin possible. Comment osez-vous l’accuser si cruellement alors qu’elle a fait de son mieux et que tout est de la faute d’un bourreau qui la persécute ou d’un sauveur dont l’aide inadéquate l’a mise en difficulté !

Je vous invite à observer l’habileté des victimes à rejeter toute part de responsabilité dans leur propre malheur. C’est quelquefois du grand art, surtout quand elles vous font la prise du judo morale d’abonder dans votre sens en s’autodénigrant. Vous vous sentirez très vite monstrueux d’avoir accablé cette si fragile personne en lui rappelant à quel point elle est nulle, stupide, incapable… Mais si votre victime est une véritable professionnelle du triangle, l’idée qu’elle puisse avoir une quelconque part de responsabilité dans son malheur ne vous effleurera même pas.

Que devient le ballon « responsabilité  lorsque la victime l’a si adroitement bloqué et renvoyé ? Eh bien, il atterrit dans les bras du bourreau ou dans ceux du sauveur. Et l’essai ainsi transformé convertit comme par magie la « responsabilité  en « culpabilité » : culpabilité d’être un si mauvais sauveur qui enfonce sa victime au lieu de la secourir ou culpabilité d’être si cruel avec une personne si vulnérable.

C’est d’ailleurs un avantage non-négligeable de la position de victime : elle est « désarmante », c’est-à-dire qu’elle permet réellement de désarmer l’ennemi.

La culpabilisation consiste à rendre l’autre responsble de ce que l’on vit. La culpabilité, en retour, provient du fait d’accepter de se rendre responsable de ce que vit l’autre. Le grand oublié de ce trafic de responsabilités est le pouvoir d’agir qui devrait y être systématiquement associé.”

Je ne peux que recommander à tout personne dominante de lire Victime, bourreau ou sauveur : comment sortir du piège ?, avant de lui donner son premier rendez-vous à cette garce.

Que voilà quelques soirées de lecture bien investie.

Je reviendrai sur les jeux psychologiques. Ce sont des mécanismes qui à défaut d’être plaisants à vivre, sont très intéressants à “voir” et à démonter.

Par Valmont le 06.11.2007 @ 11:04 am

Je reprends ici un billet pondu dans une mare quelque part.

La distance est un outil extraordinairement utile dans la relation bdsm.

Aimer ou ne pas aimer la relation bdsm à distance me semble un faux débat. C’est comme se demander si on préfère jouer au foot un jour de canicule ou un jour de pluie.

La vraie question me semble plutôt être : s’il pleut, on fait comment pour pas échapper le ballon? :*)

Par liberté{+} le 29.10.2007 @ 6:23 am

“Fidèle ou infidèle” est un interview de Paule Salomon dont la source se trouve sur le site http://1libertaire.free.fr.

Réel : A partir de quel moment les amants forment-ils un couple?

Paule Salomon : Dans son acceptation la plus courante, le mot amant implique un très fort désir sexuel et une relation intense qui mobilise le niveau hormonal, celui de la reproduction, de la séduction, du territoire, du “comment posséder l’autre”, “comment se rassurer par sa possession”, “comment entretenir le feu du désir, le sien et celui de l’autre pour soi.”

Le désir pose la question de la distance. On croit toujours que le désir est physique alors qu’il est sous-tendu aussi par beaucoup d’autres facteurs psychologiques, notamment l’admiration, la fascination de la différence que l’autre incarne. Par exemple je peux être séduite par le côté organisé, ponctuel, sécuritaire de l’autre alors même qu’il m’envie ma fantaisie, mon aspect bohème, artiste et désorganisé. Il y a là un programme d’échanges. Chacun s’efforce de ressentir comment l’autre fait pour être ce qu’il est, quel secret de vie se cache derrière son comportement et porte le projet souvent inconscient de s’enrichir, de se compléter dans cette alliance.

Réel : A quel moment ça va faire couple?

P. S. : Quand les amants s’installent, créent une structure plus permanente, ils s’institutionnalisent. La différence cesse d’être seulement attractive, elle fait le jeu de la complémentarité. Chacun se repose un peu sur l’autre. C’est là qu’il y a danger… car au lieu d’échanger, on risque alors de s’installer dans une différence qui devient peu à peu menaçante.

D’ailleurs nous nous quittons pour les mêmes raisons que celles qui nous ont poussés l’un vers l’autre : la différence de l’autre devient insupportable, comme une privation de liberté et d’espace pour évoluer. Et le désir s’évanouit.

Réel : Et pourrait-on être là, infidèle?

P. S. : Oui. On croit souvent qu’on est infidèle par manque d’amour, mais en fait on l’est pour retrouver un espace de croissance et de liberté. La conception du couple dans la culture actuelle est romantique, fusionnelle, comme telle elle implique un enfermement dans le deux et une exclusion du tiers.

Réel : Par peur?

P.S. : Par peur et par devoir. L’injonction sociale reste celle-ci “Dans la vie de couple, le désir doit être circonscrit sur une seule personne”.

Or la question se pose : Le désir peut-il s’entretenir dans l’exclusivité sexuelle ? N’y a-t-il pas une antinomie entre désir et fermeture ? N’y a-t-il pas dans l’essence du désir une nécessaire liberté de choix ? Le désir implique la distance, sauf chez un couple qui a évolué vers une attraction plus subtile, une relation d’âme. C’est alors un facteur de confiance qui se joue car éventuellement nous mutons au cours de notre existence et la notion d’amour s’ouvre alors vers quelque chose de plus intérieur, de moins clivé autour du sexe et du désir.

Réel : Comment être fidèle à l’autre, fidèle à soi et être libre?

P. S. : C’est une exigence très moderne. Dans le couple, aujourd’hui, il y a cette triple invitation : être fidèle à soi, à l’autre et à ses engagements.

Pour réaliser ce programme, chacun doit accepter un parcours d’évolution, une éclosion créative vers plus d’autonomie et moins de possessivité conflictuelle. Tout se passe comme si nous héritions d’un émotionnel archaïque qui ne connaît que la réactivité de la guerre des sexes.

Aimer s’apprend par un double mouvement d’acceptation de soi et de l’autre. Ma différence s’affirme, celle de l’autre aussi et pourtant nous nous comprenons toujours davantage. La relation d’alter ego suppose un dépassement de l’un et de l’autre. Seule la relation d’alter ego peut créer un espace de liberté dans l’amour.

Réel : Cette évolution fait-elle s’estomper la jalousie?

P. S. : Notre propre liberté est une conquête qui peut être assez facile, mais aimer la liberté de l’autre est quelque chose de plus difficile car elle signifie ne plus être jaloux. La jalousie est-elle une question de nature ou de culture ?

Serge Chaumier a introduit en sociologie la notion de couple fissionnel. Nous sommes tous les deux d’accord pour considérer la jalousie comme une question de culture. Par expérience, j’ai vu qu’une partie de moi-même reste toujours possessive, archaïquement possessive, essayant de se rassurer par son territoire. Mais une autre partie de moi évolue vers plus de liberté. En aimant ma propre liberté, je me suis rendu compte que le sentiment de jalousie n’était plus aussi violent. C’était comme si ma mâchoire intérieure se desserrait. Finalement, assez naturellement, la jalousie s’en est allée. Que l’autre puisse aimer, regarder ou même faire l’amour avec quelqu’un d’autre ne m’exclut pas nécessairement. La fidélité du cœur peut aller de pair avec un nomadisme sexuel.

Réel : Cette polyfidélité que vous proposez, est-ce une nouvelle culture?

P. S. : Effectivement. La polyfidélité suppose de pouvoir rester fidèle à plusieurs passions, amoureuses, artistiques ou autres. Elle est une ouverture sur l’amour non exclusif. Mais tout le monde n’est pas “polyfidèle”. Il y a des gens qui sont plus “mono” que “poly”. Certains hommes ont plus une structure de Tristan que de Don Juan. Tristan est l’homme d’une seule femme, Don Juan l’homme de plusieurs.

De même certaines femmes sont plus Eve que Lilith ou inversement, Eve incarnant la femme d’un homme et Lilith celle qui n’appartient à personne.

Nous sommes tous structurés mono ou poly selon les conditions de notre éducation et nous cherchons une marge de sécurité. Mais il nous faut en même temps une marge d’insécurité. La personne ” mono ” sera amenée à beaucoup plus dramatiser une infidélité que ne le fera la personne ” poly ” mais dans les deux cas c’est finalement l’amour de soi et l’autonomie qui garantiront le mieux une sécurité affective quoi que fasse l’autre.

C’est pour traduire cette complexité paradoxale que j’ai adopté ce titre “Bienheureuse infidélité” dans mon dernier livre. L’infidélité est une insécurité, et en même temps, une occasion de grandir. Beaucoup de personnes ont pu évoluer à travers leurs infidélités, et des couples ont mûri en traversant cette épreuve.

On peut même se demander parfois si les couples ne se créent pas des occasions d’infidélité pour se redonner des conditions d’éveil.”

Par Valmont le 17.09.2007 @ 9:15 pm

Parlant de protocole bdsm et d’étiquette et de règles et de savoir-vivre et de… ce billet relate un dialogue “fictif” entre deux personnes dites dominantes dans une salle de clavardage bdsm. Seule l’orthographe a été changée pour la compréhension de l’échange…

- Si elle n’est pas libre, la soumise, pourquoi ne pas l’indiquer dans son nom ?
- Comme si l’indication de l’appartenance dans la façon qu’a la soumise d’écrire son nom, allait changer quelque chose dans l’approche bovine de certains dominants…

- Tu es son maître ou non ?
- Au risque de me répéter, elle est libre la soumise, bien qu’elle explore son asservissement avec un dominant. Elle est libre de ses désirs, de ses choix, de sa démarche. Elle le sera toujours d’ailleurs.

- Une soumise sans collier, ben, on peut lui parler. Elle t’appartient pas. Personne peut empêcher un Maitre d’entrer en contact avec elle.
- Je n’empêche personne d’entrer en contact avec la soumise, c’est quoi cette pression ? C’est quoi cette hargne ? Quelle est donc cette notion absurde de protection de la soumise ?

- C’est comme ça en bdsm.
- “C’est comme ça en bdsm…” ah oui ? C’est une blague ou quoi ? Et si on pouvait prendre le temps de bien se connaître avant de se lancer dans les colliers et les marques au fer rouge au bout d’un mois de discussions ?

- Tu dis ça c’est parce que c’est pas ta soumise et qu’elle t’intéresse pas tant que ça.
- Comme si la soumise avait besoin de quelqu’un pour la protéger. Parce qu’elle serait trop faible pour se protéger par elle-même ? Quelle approche infantilisante de la soumission. Comme si la soumise devait apprendre à être de plus en plus dépendante de son guide, au lieu qu’en sa compagnie, elle apprenne petit à petit à mieux reconnaître et orienter ses désirs, à mieux responsabiliser ses choix. Quelle drôle de façon de lui apprendre la confiance, à repousser ses propres limites.
- De quoi tu parles ?

Par liberté{+} le 21.05.2007 @ 6:17 am

Ma soumission est quelque chose qui « m’appartient et que je possède » entièrement. Donc c’est un état d’être dont je suis la seule responsable. Dans ce contexte, « choisir » un dominant, c’est un choix qui m’appartient entièrement.

Au cours de ce voyage que nous ferons à deux, j’accepte de m’en remettre à votre volonté, à votre contrôle, à vos décisions.

C’est un choix de grande importance puisque que je me remets pleinement entre vos mains.

Je me dois donc d’apprendre à bien vous connaître. Il en va de ma sécurité physique, mentale, émotionnelle. En choisissant mon Maître, je prends une dernière décision : je lui donne mon consentement de faire de moi ce que bon lui semblera.

Je prends cette décision parce que je le désire, pour vivre ma vie comme je le conçois, comme j’ai besoin qu’elle soit, afin d’être qui je suis.

Chaque personne a sa vision d’une relation « idéale » BDSM. Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises réponses. Ce questionnaire signifie simplement que je recherche une personne qui a les mêmes convictions que moi, que mes choix et ma vision sont aussi les siens.

Autorité, pouvoir, contrôle

  1. Que signifient pour vous les mots autorité, pouvoir, contrôle ?

La soumise recherchée

  1. Décrivez-moi svp une soumise idéale selon vos critères.
  2. Est-ce une occasion pour vous d’apprendre ou d’acquérir de l’expérience ?
  3. Est-ce pour le sexe ?
  4. Voulez-vous quelqu’un pour vous servir ? Quelles sortes de services ?
  5. Appréciez-vous le dressage ? Recherchez-vous quelqu’un à dresser ?
  6. Recherchez-vous quelqu’un vous permettant d’utiliser votre besoin de contrôle ?
  7. Recherchez-vous quelqu’un s’impliquant émotionnellement ?
  8. Recherchez-vous quelqu’un de fort et de déterminé ou quelqu’un de tranquille et adaptable ?
  9. Recherchez-vous quelqu’un recherchant le défi ?
  10. Recherchez-vous quelqu’un pouvant vous permettre d’exprimer votre cruauté, votre sadisme ?
  11. Recherchez-vous une soumise avec qui construire une famille ?
  12. Quels sont les degrés de responsabilités que vous voulez prendre avec votre soumise ?
  13. Combien de temps avez-vous à consacrer à votre soumise ?
  14. Quelle est la place de l’amour dans votre relation ?

La soumission

  1. Qu’est-ce que la soumission selon vous ?
  2. Est-ce que vous croyez que votre soumise est votre égale ? Expliquez svp votre contexte d’égalité ou non.
  3. Qu’aimeriez-vous enseigner à votre soumise ?
  4. Quelle est la richesse, l’expérience, que vous aimeriez léguer à votre soumise ?
  5. Quelle est votre réaction devant une résistance de votre soumise ?
  6. Quels sont vos moyens pour éliminer cette résistance ?
  7. Quelles sortes de récompenses ou d’encouragements utilisez-vous ?
  8. Quels sont vos buts ?
  9. Comment a fonctionné votre dernière relation ?
  10. Décrivez-moi votre liste de priorités d’une soumise envers vous ?
  11. Quelles tâches votre soumise devra accomplir pour vous ?
  12. Voulez-vous présenter votre soumise à des collègues ? À d’autres soumis(es) ?
  13. De quelle façon surveillez-vous le progrès de votre soumise ?
  14. Utilisez-vous des disciplines ou punitions particulières lors du dressage de votre soumise ?

Le contrôle

  1. Êtes-vous un fervent de contrôle ?
  2. Que faites-vous pour affirmer votre contrôle ?
  3. Quels sont les domaines où vous exercez le mieux votre contrôle ?
  4. Quels sont les domaines où vous devez améliorer le contrôle ?
  5. À quels moments abandonnez-vous le contrôle dans votre vie ?
  6. Quels critères utilisez-vous pour décider par quelle sorte d’actions de prise de contrôle vous débutez avec une nouvelle soumise ?
  7. Comment décidez-vous à quels moments qu’il faut y aller lentement ?
  8. Nommez-moi trois situations qui vous mettent hors de vous ?
  9. Quels sont des aspects négatifs du contrôle selon vous ?
  10. Quels sont les aspects positifs du contrôle selon vous ?

La maîtrise

  1. Croyez-vous pouvoir maîtriser l’esprit de votre soumise ?
  2. Quel(s) niveau(x) de l’esprit de votre soumise vous intéresse le plus ?
  3. Quels sont vos points forts dans une relation BDSM ?
  4. Quels sont vos points faibles dans une relation BDSM ?

La dominance

  1. Comment mettez-vous en valeur votre dominance ?
  2. Nommez-moi trois situations qui déclenchent automatiquement votre dominance en vous.
  3. Décrivez-moi le plaisir que vous ressentez lors d’une séance de domination.
  4. Décrivez-moi votre comportement dans ces situations (êtes-vous agressif, dominant, décisif, sans voix, timide… ?)
    • réunion avec la famille
    • réunion avec les amis
    • situations avec les enfants présents
    • situations avec quelqu’un de malade
    • situations avec des soumises présentes
    • une rencontre avec une soumise en tête-à-tête
    • situation qui requiert de la diplomatie
    • situation avec conflit potentiel physique ou verbal
    • situation où un don en particulier est nécessaire

(Référence : Le livre du contrôle)

La communication

  1. Quel est votre style de communication ?
  2. Est-ce que votre soumise peut vous appeler par votre prénom en dehors des jeux ?
  3. Utilisez-vous toujours un ton de voix de dominant ?
  4. Utilisez-vous toujours l’impératif lorsque vous vous adresser à votre soumise ?
  5. Quels sortes de rituels utilisez-vous pour libérer votre soumise ?
  6. Utilisez-vous le droit de veto (safeword) pour mettre fin ou ralentir une scène avec votre soumise ?
  7. Comment évitez-vous la confusion pour votre soumise lors des jeux : punitions, motivations ?
  8. Permettez-vous des discussions ouvertes avec votre soumise ?
  9. Utilisez-vous un système d’évaluation, afin de déterminer le degré de bien-être de chacun dans la relation ?

La sexualité

  1. Quelle est la place de la sexualité dans votre relation ?
  2. Qu’est-ce qui vous excite particulièrement ?
  3. Qu’est-ce que vous n’aimez pas en sexualité ?
  4. Qu’est-ce que vous aimeriez vivre sexuellement avec votre soumise ?
  5. Nommez-moi les jeux de rôle que vous préférez…
  6. Décrivez-moi deux fantasmes que vous aimeriez explorer…
  7. Quelles sont les expériences qui sont inexplorables pour vous ?
  8. Appréciez-vous que votre soumise prenne le contrôle en sexualité ?
  9. Est-ce que votre sexualité est toujours accompagnée de jeux BDSM ?
  10. Désirez-vous, recherchez-vous des relations sexuelles à trois ? En groupe ?
  11. Êtes-vous bisexuel ? Êtes-vous bisexuellement curieux ?
  12. Vous avez déjà eu une relation sexuelle avec un autre homme ?
  13. Portez-vous automatiquement un condom lors de relations sexuelles ?
  14. À quand remonte votre dernier examen médical complet ?

Les rituels

  1. Est-ce que vous aimez les discours, les cérémonies, les protocoles, les règles ?
  2. Quels sont vos rituels exigés en général ?
  3. Quels rituels avez-vous comme dominant ?
Par Valmont le 06.05.2007 @ 9:48 pm

- Annonce : “je cherche une soumise ou une esclave..”
- “C’est où la prochaine vente d’esclaves?”
- “Ah oui, vous avez quatre soumis, ô combien vous êtes admirable! ”

La soumission sexuelle, que recouvre cette expression ? Que veut-elle dire ?

Dans son texte intitulé Submission, Service, Slavery, Surrender : Examining the Terminology of Submission, que j’ai traduit il y a quelques jours par La soumise, la servante, l’esclave, la propriété : les termes de la soumission dans l’échange de pouvoir érotique, l’auteur distingue donne une vue globale des degrés de soumission dans le contexte des relations d’échange de pouvoirs érotique.

Ah je suis d’accord avec vous, on pourrait lui reprocher d’avoir oublié l’échange de pouvoirs pour le “simple” jeu (kinky sex) :- )

Cela dit, le dominant patient trouvera dans cette grille des paramètres utiles à son oeuvre… et ses limites. Tout comme la soumise trouvera là noir sur blanc l’étendue de son don.. les mots pour le dire, et ses limites.

On peut voir cette grille comme un autre outil d’identification des assises de l’échange de pouvoirs entre partenaires de bonne volonté.

Les termes de la soumission : la soumission, la servitude, l'esclavage et la propriété

Sar définit la soumise par les quatre caractéristiques suivantes :

  • L’échange de pouvoir en soi : c’est-à-dire le transfert de pouvoir entre une personne qui domine et une personne qui se soumet dans un contexte préalablement fixé et une durée déterminée. Ce cadre exige une négociation librement exercée et un accord commun entre les personnes impliquées, sur une base de confiance, de respect des besoins et désirs de l’autre, et de sa sécurité. Dans ce cadre, la personne soumise a toujours le choix de dire non.
  • l’obéissance : on parle d’obéissance quand une personne adopte un comportement différent parce qu’un autre individu, perçu comme une source d’autorité, le lui demande.
  • le respect : sentiment de considération, d’égard envers quelqu’un ou quelque chose, manifesté par une attitude déférente envers celui-ci ou celle-ci. Souci de ne pas porter atteinte à cette personne ou à cette chose.
  • la confiance : renvoie à une attitude générale, rencontrée dans des circonstances multiples, où une personne détermine son comportement sur la base d’un sentiment plus que sur un raisonnement ou sur une recherche totale de preuves. Elle peut tout aussi bien concerner la confiance en soi que celle envers les autres et celle envers la tournure que prendront les événements (optimisme).

Donc, si je comprends bien Sar, la soumission érotique c’est quatre affaires : l’échange de pouvoirs, l’obéissance, le respect et la confiance.

Je commence à aimer ça. Je trouve ça concret comme approche, moins sujette aux interprétations des uns et des autres. Je continue ma lecture.

Selon Sar, la servante offrirait les caractéristiques suivantes :

  • le don proactif : aimer autant donner que recevoir, sinon davantage.
  • le bonheur à travers les autres : « Son plaisir est mon plaisir. »
  • l’altruisme : amour désintéressé d’autrui.

Alors là, oui, je pense à nos mères qui ne vivent que par et pour leurs enfants. Des servantes sans le plaisir qui vient avec bien souvent…

Malheureusement.

Alors quelles sont les caractéristiques de l’esclave dans le cadre d’une relation d’échange de pouvoirs pleinement consentie ?

  • Soumission et servitude : l’esclave réunit les qualités de la soumise et celles de la servante.
  • l’échange de pouvoir étendu : la personne soumise soumet toutes ses décisions à la personne dominante, bien qu’elle conserve un véto ultime, contrairement à la croyance populaire. Rappelons-nous que nous parlons ici d’un échange de pouvoirs consenti et volontaire.
  • l’obéissance totale : la personne soumise accepte toutes les demandes et toutes les décisions prises par la personne dominante. Elle conserve néanmoins le privilège d’en discuter avec elle.
  • la reconnaissance : forme de marquage (visible en public ou invisible).

J’avoue m’éloigner un tantinet ici de l’original qui manque de détails utiles. Je reviendrai plus en détail sous peu sur l’échange de pouvoirs étendu et les différents paliers de l’obéissance.

Enfin, la propriété représente le stade le plus achevé dans l’échange de pouvoirs entre deux personnes. En voici les composantes :

  • une esclave : la propriété du maitre réunit les composantes de l’esclave, de la servante et de la soumise.
  • l’échange de pouvoirs total : la personne soumise soumet à la personne dominante toutes les décisions qu’elle doit prendre pour elle-même.
  • l’obéissance inconditionnelle : la personne soumise ne remet pas en cause les décisions et les demandes de la personne dominante.
  • la possession : un titre de propriété marque la possession de la personne soumise.

Ce palier de soumission, la propriété, s’obtient après quoi, quinze ou vingt ans de relation d’échange de pouvoirs suivie et de travail important ? Certainement pas après trois jours de fréquentation ni même six mois…