Skin TWO Films Presents London Fetish Girls
Par Valmont le 28.05.2009 @ 9:31 am

Hier je discutais avec une femme soumise que j’aime bien, avec laquelle j’ai déjà eu dans le passé une interaction basée sur l’humiliation au cube.

Cette femme, mariée, a un maître qui n’est pas son mari et qui de son côté a d’autres soumises. Elle n’est qu’un jouet parmi d’autres.

Jusque là, rien de très anormal. Ce mode relationnel en vaut bien d’autres.

Or, elle me racontait la carpette qu’une de ces soumises, qui s’avère ne pas aimer partager, la traitait dans la boue publiquement dans un site web. Comme son maître s’en fout un peu, disait la carpette, au lieu de répondre aux médisances elle préférait se retirer, bien qu’elle estimait qu’elle demeurait sa soumise “puisque je suis soumise et je ne suis que son jouet”.

La belle provocation.

Je n’avais pas trop envie de sauver la pauvre carpette en question, ni de lancer des roches au… mais j’avais envie d’élaborer sur cette question quand je suis tombé ce matin sur un commentaire lié aux règles de la maison Valmont. Je pense que tout est là (dans le commentaire, pas dans la maison… quoique…) :

La relation bdsm est une relation égalitaire. Ce sont les rôles qui diffèrent. Chaque rôle a ses droits et ses devoirs.

Sauf erreur, si la relation bdsm n’est pas égalitaire, elle est vouée à l’échec… ou à la névrose de l’une des parties.

De la personne soumise, en l’occurrence.

Par Valmont le 06.02.2009 @ 7:24 pm

Ça fait plusieurs fois que je vois passer dans les espaces bdsm le propos selon lequel la relation bdsm et la relation vanille, c’est schtroumpf-bouteille et tire-bouchtroumpf. Il me souvient de m’être fait rabrouer dans un forum à ce propos, étant donné que je n’étais pas d’accord avec cette confusion.

Dans son commentaire au billet sur le complexe de Cendrillon pondu il y a quelques lunes, liberté{+} écrivait :

“Que l’on soit en bdsm ou en relation vanille, il n’y a pas de différence dans la perception d’une relation harmonieuse.”

La relation dite vanille et la relation bdsm sont deux modes relationnels fort différents l’un de l’autre. À mon sens, c’est une grave erreur de vouloir en faire des modes relationnels semblables, obéissant aux mêmes règles.

Je veux bien que les codes sociaux des relations humaines se ressemblent. Pourtant, je considère que cette confusion ne peut qu’engendrer les malentendus les plus regrettables, lorsque nous oeuvrons dans un cadre bdsm.

Dans la relation bdsm, je ne suis pas l’ami de la soumise, au sens où l’amitié ne fonde pas la relation. Cela ne m’empêche nullement d’éprouver de l’amitié pour la soumise, ou de l’empathie, ou de la compassion, ou que sais-je. Dans la relation parentale, comme parent, je ne suis pas l’ami de mes enfants. Cela ne m’empêche nullement d’avoir un rapport amical avec mes enfants.

C’est pareil avec le patron. Ou l’enseignant ou tout autre professionnel en relation de pouvoir (médecin, psy, etc.).

L’échange de pouvoirs érotique n’est pas comme n’importe quelle autre relation. C’est un mode relationnel ayant son code spécifique n’ayant a priori rien à voir avec l’amitié, la relation amoureuse, l’élevage de nos enfants ou l’organisation du travail au bureau ou à l’usine, bien qu’il partage des éléments avec chacun de ces codes.

Par Valmont le 29.01.2009 @ 10:17 am

Le titre de l’article était pourtant prometteur, “Les adultes aussi ont droit à leur salle de jeux“.

Je m’attendais à… Non mais à quoi je pouvais m’attendre d’un grand média généraliste un peu matante, même si on y trouve parmi les meilleures plumes au Québec et le plus grand caricaturiste au monde, bâtard? Bon d’accord, un journaliste y pond des textes touchant les déviances libidineuses de temps à autres, mais encore?

croix de Saint-AndréUne salle de jeux. Il est socialement acceptable de transformer une pièce de la maison en salle de jeux pour les enfants : un endroit pour jouer (et entreposer) les jeux de table, les cassettes vidéo, les jeux de consoles d’une génération à l’autre, les articles de sport, les autos, poupées et monstres en tous genres.

Une salle de jeux pour les adultes? Oh, d’accord pour la table de billard et le bar (on se croirait revenu aux années 70), le cinéma maison et le système audio-ambio-coquelicot. Mais quid de la croix de Saint-André, du système de poulie pour la suspension et du chevalet où installer la coquine en vue de lui chauffer sérieusement les fesses?

“Oh, cette pièce? C’est notre salle de jeux à mon mari et moi”, lance l’amphytrionne aux invitées ébahies (et un peu envieuses). “Oui, toujours verrouillée. Les enfants ont leur salle de jeux, nous avons la nôtre. Et je n’ai aucune envie de retrouver ma roue de Wartenberg dans le bac des Barbie, tsé…”

Photo : michel-artisan-menuisier.com.

Par Valmont le 23.01.2009 @ 6:45 am

« Nous sommes un jeudi; Julien ne viendra chercher Marie (sa femme) que dimanche. Si les séances représentant un simple intermède d’une ou deux heures dans la vie d’une soumise ne souffrent pas d’une organisation préméditée de ma part, laissant une large place à l’improvisation, les longues périodes, comme celle que je m’apprête à vivre, nécessitent mûre réflexion et exacte planification.

Marie ignore tout, ou quasiment, de ce qui l’attend, et c’est à ce programme dont je tiens à maîtriser chaque rouage que je songe, alors que nous sommes attablés dans un restaurant chinois, où nous dînons innocemment, comme n’importe quel couple anodin. Mais anodins nous ne sommes pas. Il ne faut jamais oublier, en dépit des sentiments amoureux qui peuvent nous animer, que nous ne sortons à aucun moment du rapport de domination : c’est l’essence même, le moteur de notre relation, laquelle n’existerait pas sans cela. »

Patrick Le Sage dans Journal d’un maître, récit, Flammarion, 2005.

Par Valmont le 22.01.2009 @ 12:55 am

J’aime bien cette réponse de tacit, un membre de Fetlife et polyamoureux, à une soumise qui déplorait l’incapacité de son Maître et elle à trouver une deuxième partenaire.

“If you start out by creating what you want the relationship to look like, then trying to fit someone into that slot, you will likely not find what you’re looking for. Relationships don’t work that way. People like having a voice in their own relationships.

What would you say if someone said “I’m looking for a husband, and we’re going to have three kids, and I’m going to be a stay at home mom, but I haven’t met anyone yet”? You’d probably say that trying to set up the relationship before even meeting someone is kind of silly, and that you need to meet people first, right?

When couples look for a “third,” they always have it all figured out–how the relationship will go, what she will do, how she will interact with them, everything. People–even people who are open to multiple relationships and poly families–don’t like being treated like fantasy fulfillment objects.”

Relation d’abord et structure plus tard. Voilà une démarche qui me rejoint.

Mettre en place la relation d’autorité, puis aviser au gré des fruits qui en résultent.

On pourrait d’ailleurs remplacer dans ce texte “When couples look for a third…” par “Quand une soumise cherche un amoureux doublé d’un Maître…”, ou par tout autre objet de recherche par trop précis, et la réponse de tacit garderait encore toute sa pertinence et sa validité.

Photo : tapeyomouf2007.

Par Valmont le 17.12.2008 @ 7:37 pm

Le bonheur fait peur, c’est connu.