Par Valmont le 11.05.2007 @ 11:10 am

croquer dans la pomme, c'est bon pour la santé :- )Ce texte est tiré d’un article de la journaliste Silvia Galipeau dans La Presse du dimanche 29 avril 2007.

Je mets la mention de la source par respect pour la journaliste… et en guise d’alternative au sempiternel lien “pour accéder à nos archives payantes, cliquez ici” qui fait qu’ultimement, les francophones vont vers des sources anglophones pour s’abreuver… ou ne lisent pas.

Problème sexuel: quel thérapeute choisir ?

“Pas facile de choisir le thérapeute voulu : sexologue, psychologue, gynécologue, oncologue, alouette?

Tout dépend du problème, répondent les experts consultés. Mieux vaut d’abord interroger votre médecin de famille, qui pourra vous diriger. Si le problème est à la fois psychologique et sexuel, contactez l’Ordre des psychologues, qui pourra vous donner la liste des psychologues également sexologues. Ils sont malheureusement peu nombreux.”

Docteur, j’ai des fantasmes de ligotage et… je les réalise et… c’est très amusant et… terriblement chaud et… tout le monde en retire un bénéfice.net. Vous appelez ça avoir un problème ?

Un ordre professionnel

“Du côté des sexologues, il n’existe pas encore d’ordre professionnel. Cela ne devrait toutefois pas tarder, puisqu’un rapport d’experts [document pdf] a proposé en 2005 que la sexologie soit reconnue à titre de profession. L’Office des professions doit faire une recommandation au gouvernement en ce sens sous peu.

En attendant, l’Association des sexologues du Québec regroupe l’ensemble des diplômés à la maîtrise, en sexologie clinique. Pour vous assurer que le professionnel voulu n’est pas un charlatan, contactez l’Association pour une référence, et assurez-vous de voir son diplôme bien affiché dans son bureau, au moment de la consultation.

Attention, le Regroupement professionnel des sexologues du Québec regroupe quant à lui les sexologues ayant un baccalauréat en sexologie, non une maîtrise. Ceux-ci ne sont donc pas qualifiés pour effectuer des thérapies.”

Flashback. Nous sommes en 2001. Une dizaine de personnes sont assises autour d’une table d’un autre âge. Visée commune : créer un magazine sur la sexualité humaine. Parmi les gens présents, il y a des psychologues, des thérapeutes, des cliniciens, des journalistes, un marchand de jouets érotiques et sa pitoune femme “libérée”.

Chacun se présente, professe sa générosité et son ouverture d’esprit requises dans la réussite d’un tel projet. Lorsqu’arrive mon tour, je décline mon identité et expose ce qui m’intéresse de réaliser dans le cadre de ce projet, soit de vulgariser les échanges de pouvoirs érotiques.

Je sens sur moi et surtout sur la soumise qui m’accompagne, des regards d’incrédulité, des sourcils froncés, des bouches ouvertes, des tempes bourgognes. Les ondes dans la pièce oscillent entre l’envie furieusement refoulée et la colère. Un million de points d’interrogation tournoient en guise d’aura autour des têtes.

Je revois dans ma tête ce mec qui se croit encore au Moyen-Âge, exposant sa profession de foi dans l’éternel féminin, où les femmes sont toutes des princesses devant lesquelles il faut poser un genou au sol tout en tenant son glaive bien haut…

À ses côtés, je faisais un bien Grand Méchant Loup ! :- ))

Un luxe, la sexualité ?

“Sachez que les consultations en sexologie ne sont pas remboursées par la RAMQ ni reconnues par toutes les polices d’assurances privées.

«Malheureusement, il faut que les gens payent. La sexualité est considérée comme un luxe, mais moi, j’aime ça la relier à la qualité de vie», commente le psychologue Richard Villeneuve, cofondateur du Réseau de médecine sexuelle du Québec.”

La sexualité reliée à notre qualité de vie ? Voilà qui me rappelle les composantes de la santé sexuelle déjà évoquée dans ce blogue.

Photo : agendaquebec.ca.

Par Valmont le 14.02.2007 @ 6:06 pm

homme en corset“Longtemps symbole de l’oppression des femmes, devenu dans les années 80 un accessoire de mode leur permettant d’affirmer leur féminité, le corset a entrepris de séduire aussi les hommes.

À vrai dire, le corset pour homme n’est pas vraiment une nouveauté, «il a plus de quatre siècles», souligne Sylvain Nuffer. Il était alors utilisé par les cavaliers pour protéger leur colonne vertébrale. Plus tard, les membres de l’ordre philosophique des Saint-Simoniens le portent également: c’est un vêtement «symbolique d’entraide humaniste», une aide étant nécessaire pour le lacer dans le dos.

Réalisé surtout en camaïeux de noirs, gris, bruns parfois égayés de rouge, de violet, d’or, en lainage, soie, acétate, et même en jean, il n’est pas destiné qu’aux motards mais «remplace, avec le maintien en plus, le gilet de costume» et met en valeur les pectoraux, souligne Hubert Barrère, corsettier.

Ce corset qui s’affiche n’a plus rien à voir avec son ancêtre. Le corset a «longtemps été une meurtrissure pour le corps des femmes», rappelle M. Barrère, «maintenant, c’est une volonté, pas une soumission».”

Par Dominique Schroeder de l’Agence France-Presse, sur Cyberpresse.

Par Valmont le 04.02.2007 @ 1:23 pm

Parution initiale de ce texte : Cosmopolitan, février 2000.

Entrevue avec le docteur Pierre Marie, psychalanyste et philosophe. Il a préfacé le Dictionnaire des fantasmes, perversions et autres pratiques de l’amour, paru en 1997 aux éditions Blanche (Encyclopedia of Unusual Sex Practices).

La fessée est-elle une perversion?

Au sens propre, il y a perversion lorsqu’il y a une volonté de mettre à mal son partenaire dans une relation sexuelle. La définition originelle de Freud, qui la décrit comme un détournement de la pulsion sexuelle vers quelque chose qui ne serait pas son objet naturel, n’est plus admise aujourd’hui. Freud était encore à l’époque « piégé » par ses références morales. Lui-même s’en démarquera ultérieurement.

Il n’y a pas de perversion entre adultes consentants en matière de plaisir érotique partagé.

Fesses rougies par des coups de canneExiste-t-il une sexualité normale?

Non.

Au sens étymologique, la sexualité est fondamentalement perverse dans la mesure où elle transgresse les principes d’une société, récuse par avance toute normalisation (« pervertere », en latin : bouleverser, mettre sens dessus dessous). Toute sexualité s’organise sur un plan fantasmatique et le fantasme est par définition hostile à toute normalisation.

En ce qui concerne la fessée, elle apparaît dans de très nombreux comportements sexuels comme un élément de jeu qui, la plupart du temps, est réclamé par les hommes qui aiment être fessés comme un enfant.

Lorsqu’un homme fesse une partenaire, cela s’inscrit dans une autre problématique. Il y a une sorte de célébration de toute la dimension imaginaire et symbolique de ce que les fesses de la femme représentent pour lui.

Ce sont deux démarches différentes.

Quel est le rôle de la fessée de l’enfance?

Beaucoup d’enfants ont été fessés, par forcément sur un mode de violence, mais sur un mode de geste tendre, affectueux, avec une dimension érotique dans la relation parents-enfant. Pour les femmes comme pour les hommes, la fessée est une réminiscence d’émotions anciennes. Un peu comme la madeleine de Proust (rire).

Elle stimule la sphère anale qui est une zone érogène très importante et qui n’est pas mise en jeux uniquement par la sodomisation.

Dans une relation sexuelle, toutes les zones érogènes sont peu ou prou mises en jeu selon les goûts de chacun. La fessée est l’une des modalités les plus courantes pour exciter cette zone anale.

Peut-on dissocier la fessée de la flagellation?

Lorsque la fessée prend une tournure beaucoup plus violente, on passe dans un autre champ, qui s’apparente plus à la recherche de la douleur comme expression du désir et qui n’est plus de l’ordre du simple jeu érotique.

le Maitre avec sa soumise à quatre pattes en laisse, la cravache entre les dents, en attente de recevoir sa fesséeIl s’agit du besoin de réduire son partenaire à l’état de chose, d’objet. Des hommes et des femmes ont besoin d’être réduits à l’état de chose pour jouir. Ce sont des fantasmes que l’on retrouve souvent dans la littérature érotique et dans les films porno.

Le passage à l’acte implique évidemment le consentement des partenaires. Avec l’intervention d’un instrument, nous sommes dans une mise en scène qui ne relève plus de la fessée usuelle.

Comment expliquer le plaisir de la fessée?

La fessée active des fantasmes de punition, mais il ne faut pas perdre de vue que l’on tourne autour de la sphère anale, et la fessée ordinaire est prétexte, la plupart du temps, à sa mise en jeu. Il ne faut pas se voiler la face, la sodomisation est une pratique appréciée par certains et certaines femmes, et la fessée en est un substitut.

Vous avez écrit : « Chacun va où l’appelle son bien-être?

Chacun est organisé d’une certaine manière à partir des premières années de la vie. Mais cela peut évoluer, les fantasmes se réorganisent à notre insu.”

Photos : bdsmpalace.com, Masterem49.

Voir la fessée dans Del.icio.us.

Par Valmont le 15.12.2006 @ 10:17 pm

Comme le rappelle Deleuze : “Les choses doivent être dites, promises, annoncées, soigneusement décrites avant d’être accomplies”.

Ou encore :

“ J’ai confiance en toi au point que si je te donne le pouvoir sur ma vie je crois que tu saurais la mener mieux que moi, ou alors que tu auras la sagesse de m’en laisser certains domaines. ”

Bon d’accord. On y retrouve encore cette confusion entre SM et BDSM sur laquelle il me faudra bien préciser ma pensée un de ces quatre.

Sinon, c’est plutôt bien à lire.

Par Valmont le 05.12.2006 @ 1:49 am

«Jadis, les esclaves avaient des maîtres en chair et en os, dont ils pouvaient aimer, redouter ou haïr le sourire narquois, ou la voix glacée.

Ils leur étaient attachés à vie et à mort, à ces hommes dont la richesse résidait dans la possession de seigneuries ou de latifundia.

Comme tout a changé depuis. Le savoir fait la fortune, le travail — comme l’amour d’ailleurs — est devenu volontaire et passager, malléable à merci.

L’esclave d’aujourd’hui est l’homme qui désespère de donner un visage à son maître, lequel n’a ni yeux, ni oreilles, ni même plus d’empreinte de papier!»

Marc Chevrier, Féodalités d’argent.

Par Valmont le 29.11.2006 @ 12:11 am

Consentement

« Jamais le paysage amoureux n’a été aussi bigarré, jamais les conjoints n’ont eu une telle liberté d’invention. C’est la fin du prêt-à-porter conjugal. L’époque est à la création, au sur mesure. »

Quel est votre style de couple ?

Cela a une incidence sur votre style de couple BDSM ? Ou est-ce le BDSM qui a façonné votre couple?

Photo : Les Pelleteurs de nuage via cercle O l’album.