Par Valmont le 23.11.2008 @ 10:12 am

For many years, it was assumed that the erotic novel Story of O
had been penned by a man: What woman could—or would—write with such love about female mortification?

Albert Camus stated defiantly, definitively, “A woman could not write this book.” As a male fantasy of domination, the story makes Sadean sense, but as a woman’s fantasy, it would threaten two thousand years of prevailing notions about female sexuality — and upset numerous husbands.

“Women are as immoral as men,” says the author, Dominique Aury (aka Pauline Réage), in American filmmaker Pola Rapaport’s fascinating documentary Écrivain d’O (Writer of O), newly released on DVD. “But,” she continues, her eyes twinkling with girlish mischief, “no one has noticed.”

Toni Bentley | Bookforum via LIP Media Blog.

Par Valmont le 09.08.2008 @ 8:51 pm

Pauline Réage vue par PanchoJ’ai créé il y a peu une page Facebook consacrée à Pauline Réage, l’auteure du roman Histoire d’O.

Beaucoup de gens ont “débuté” leur parcours bdsm par l’entremise de cette oeuvre, sans doute l’une de celles qui influencent le plus l’idée que les gens se font du décor bdsm authentique avec ses châteaux somptueux et ses geôles humides à l’écart du monde. Son côté “société discrète” n’est pas sans rappeler celui exposé un demi-siècle plus tard par Stanley Kubrick dans son film Eyes Wide Shut.

La page Facebook a pour but premier de permettre aux gens qui le souhaiteraient de publier leur témoignage sur ce qui les a marqué dans leur lecture d’Histoire d’O, l’une des rares oeuvres à caractère bdsm ayant le statut de littérature et figurant dans les bibliothèques publiques.

Second but de cette page : mieux faire connaître cette femme étonnante qu’est Pauline Réage, secrétaire de rédaction à la maison d’édition Gallimard et amateure de poésie religieuse.

Par Valmont le 02.07.2008 @ 2:35 pm

Dans cette critique de la lecture de la pièce Les Liaisons dangereuses de Heiner Müller, où Jeanne Moreau et Sami Frey y prêtent tout leur être, cette citation de Descartes :

“L’animal fait voir souvent les signes de la joie, de la colère, ou de la peur; quelquefois même, quand il s’agit d’un animal familier comme un chien, nous croyons qu’il exprime par ses mouvements soit la reconnaissance, soit la honte, soit le repentir.

Les liaisons dangereusesToutefois il y a plus d’une raison de juger que nous lui prêtons ici des pensées qu’il n’a point; et l’idée opposée, qui est que l’animal produit par le seul mécanisme tous ces signes éloquents, éclaire beaucoup, au contraire, les passions de l’homme…

… si nous arrivons à comprendre que, même sans y penser du tout, nous ne produirions pas moins au dehors la plupart des signes de la pitié, de l’indignation, du dégoût, sans en rien éprouver.

D’où l’on conçoit deux choses; la première, qui a été ci-dessus exposée, c’est que tout ce qu’il y a de déraisonnable dans les passions a pour cause la mécanique de notre corps; la deuxième, c’est qu’il n’y a de passions que dans l’âme, c’est-à-dire qu’autant que ces aveugles mouvements du corps changent nos opinions et nos résolutions.”

Par Valmont le 31.12.2007 @ 2:45 pm

Faisant actuellement une recherche dans l’internet sur Patrick Lesage et son récit publié en 2005, Journal d’un maître, que j’ai terminé de lire il y a quelques jours, je tombe sur cette contribution d’Un cri dans la nuit dans Les forums de discussion du Chat BDSM que je ne connaissais pas t’encore :

“Ayant un peu de temps libre, je me promène sur le web à la découverte des webs plus spécialement orientés sur le BDSM. Je suis frappé de la quantité d’articles dont le seul objectif est de dénigrer ce que fait ou dit ou écrit le voisin, descendre tout ce qui n’est pas conforme à sa propre pratique. Ces bloggueurs se renvoyant les uns aux autres, comme un concours à la critique la plus acerbe et la plus violente.

Est ce propre au BDSM? Je n’en sais rien. Il est toujours plus facile de défaire que de faire. Mais à quoi cela sert il?”

Je ne me prononce pas sur Lesage pour le moment. Je ne connais pas le personnage public, ayant seulement lu son livre sur lequel je compte revenir sous peu.

Toujours est-il que j’aime bien la réponse que fait sienne et Lui au propos d’Un cri dans la nuit :

“La maîtrise, de soi, de ses actes, de ses dires est l’essence de nos relations. La violence, contrôlée, n’est qu’un outil. Celui (celle) qui accorde plus d’importance à cette violence qu’au choix de se construire ensemble dans le plaisir partagé ne peut être qu’une personnalité dangereuse pour elle même et sa (son) partenaire. Justement car elle ne maîtrise pas ses pulsions.

Il est vrai alors que la violence verbale sert de révélateur: si tu ne sais pas maîtriser tes mots tu ne sauras maîtriser la douleur, qu’elle soit offerte ou subie.”

Vous m’enlevez les mots de la bouche, Monsieur et sa soumise.

soumise livrée à la maitrise de soi

Photo : Captatio.

Par Valmont le 13.12.2007 @ 11:11 pm

“Une singulière révolte ensanglanta, dans le courant de l’année mil huit cent trente-huit, l’île paisible de la Barbade.

Deux cents Noirs environ, tant hommes que femmes et tous récemment promus à la liberté par les Ordonnances de mars, vinrent un matin prier leur ancien maître, un certain Glenelg, de les reprendre à titre d’esclaves. Lecture fut donnée du cahier de doléances, rédigé par un pasteur anabaptiste, qu’ils portaient avec eux. Puis la discussion s’engagea. Mais Glenelg, soit timidité, scrupules, simple crainte des lois, refusa de se laisser convaincre. Sur quoi il fut d’abord gentiment bousculé, puis massacré avec sa famille par les Noirs qui reprirent le soir même leurs cases, leurs palabres et leurs travaux et rites accoutumés.

L’affaire put être assez vite étouffée par les soins du gouverneur Mac Gregor, et la Libération suivit son cours. Quant au cahier de doléances, il n’a jamais été retrouvé.

Je songe parfois à ce cahier. Il est vraisemblable qu’il contenait, à côté de justes plaintes touchant l’organisation des maisons de travail (workhouse), la substitution de la cellule au fouet, et l’interdiction faite aux « apprentis » — ainsi nommait-on les nouveaux travailleurs libres — de tomber malades, l’esquisse au moins d’une apologie de l’esclavage.

La remarque, par exemple, que les seules libertés auxquelles nous soyons sensibles sont celles qui viennent jeter autrui dans une servitude équivalente. Il n’est pas un homme qui se réjouisse de respirer librement. Mais si j’obtiens, par exemple, de jouer gaiement du banjo jusqu’à deux heures du matin, mon voisin perd la liberté de ne pas m’entendre jouer du banjo jusqu’à deux heures du matin. Si je parviens à ne rien faire, mon voisin doit travailler pour deux. Et l’on sait d’ailleurs qu’une passion inconditionnelle pour la liberté dans le monde ne manque pas d’entraîner assez vite des conflits et des guerres, non moins inconditionnelles.

Ajoutez que l’esclave étant destiné, par les soins de la Dialectique, à devenir maître à son tour, l’on aurait tort sans doute de vouloir précipiter les lois de la nature.

Ajoutez enfin qu’il n’est pas sans grandeur, il ne va pas non plus sans joie, de s’abandonner à la volonté d’autrui (comme il arrive aux amoureux et aux mystiques) et se voir, enfin ! débarrassé de ses plaisirs, intérêts et complexes personnels.

Bref, ce petit cahier ferait aujourd’hui, mieux encore qu’il y a cent vingt ans, figure d’hérésie : de livre dangereux.”

Par Valmont le 16.10.2007 @ 7:47 am

Martin Luther« Pecca fortiter »… pèche avec courage

j’aime bien cette phrase attribuée à Luther par Pauline Réage lors de son fameux entretien avec Regine Desforges.

J’y sens beaucoup d’humilité.