Par Valmont le 16.09.2006 @ 5:05 pm

Avant de jouer avec une nouvelle personne ou Quelques règles de gros bon sens dans le monde BDSM, est une traduction en français par libertas du texte COME HITHER: A Commonsense Guide to Kinky Sex de Gloria G. Brame, avec quelques retouches par Valmont.

Dans ce texte, l’expression BDSM désigne une relation fondée sur les échanges de pouvoir érotiques at large. Les jeux de DS (domination-soumission) étant plus spécifiquement des jeux de rôles sans que n’interviennent les jeux de douleur/plaisir et les jeux de restriction.

Ce texte sur la sécurité dans le monde BDSM aborde six questions essentielles pour toute personne qui débute une nouvelle relation BDSM, ou qui assiste à des réceptions et événements où des étrangers jouent ensemble.

1. Qui est cette personne avec qui je suis sur le point de jouer ?
2. Comment savoir à qui je peux faire confiance ?
3. Comme c’est compliqué ! Ne puis-je jamais jouer avec des étrangers ?
4. Est-ce que ça signifie que je ne peux jamais jouer avec quelqu’un que je viens tout juste de rencontrer ?
5. Alors comment me protéger jusqu’à ce que je connaisse bien quelqu’un ?
6. Mais mon droit de veto ne me protège-t-il pas ?

le dragon

1. Qui est cette personne avec qui je suis sur le point de jouer ?

Vous vous souvenez de ce que maman et papa nous disaient lorsque nous étions gamins, à propos des étrangers ?

Maintenant, parlons de la question de participer à une scène BDSM avec eux.

Eyes Wide ShutLa question fondamentale et la plus simple de TOUTE relation en est une que bien des novices ne se donnent même pas la peine de se poser. Plusieurs personnes supposent automatiquement que s’ils vont dans un club renommé ou assistent à une réception organisée par un groupe réputé, tous ceux qu’ils vont rencontrer sont dignes de confiance. MAUVAIS PRINCIPE.

Les plus grands désastres en BDSM arrivent inévitablement quand les gens impliqués n’ont pas une connaissance claire de l’autre personne, ce qu’elle est, son histoire dans le monde du BDSM, si c’est une personne honnête et digne de confiance, à tous points de vue.

Nous avons récemment entendu parler d’une soumise qui avait rejoint, avec optimisme, un groupe amical BDSM, y avait établi certains contacts et qui a subi, sous l’apparence trompeuse de BDSM, une fin de semaine de torture non consentie de la part de sadiques prédateurs qui se présentaient eux-mêmes comme des dominants sérieux et respectés.

Elle avait naïvement supposé que s’ils appartenaient à ce groupe, et étaient bien connus de ce groupe, ils devaient être forcément dignes de confiance.

Elle se trompait.

Il y a des gens qui exploitent la Scène - et ses naïfs novices - afin d’exprimer leurs violentes impulsions. Bien que leur comportement, lors des rencontres du groupe, étaient tout à fait respectable, dès qu’elle s’est retrouvée seule avec eux, ils ont dévoilé leur aspect dangereux.

C’est un fait malheureux. La Scène étant devenue de plus en plus populaire, bien des gens joignent des clubs et assistent à des réceptions, tout en ne sachant fichtrement rien de rien sur le BDSM et ses implications, ni sur la manière de mener une relation BDSM de manière sûre et consentie, bien qu’ils savent parfois quelques «formules» de base.

S’IL-VOUS-PLAIT, RAPPELEZ-VOUS : le BDSM et l’abus ne sont pas plus apparentés que les relations sexuelles et le viol ne le sont.

La seule différence entre un Dominant qui vous force à faire des choses bouleversantes et terrifiantes pour vous, et un criminel, c’est que personne jusqu’ici n’a appelé la police contre le dominant. Les gens responsables de la Scène déplorent tous les cas d’usage de force non consentie.

Photo : attribuée à Magritte.

Par Valmont le 20.04.2006 @ 2:16 pm

Ce texte paru initialement sur le site cercleO.com en juillet 2003, est une adaptation en français par mademoiselle nayz{J} du texte Aftercare, avec la permission de l’auteur Chris M. La source originale n’existe plus, mais le texte original se trouve notamment dans le site de SlaveTribute.

«Elle m’emmena au bord du paradis puis me lâcha.»

«Ça aurait été bien s’il s’était occupé de moi par la suite.»

«Oh, dommage. J’ai un rendez-vous dans 30 minutes. Bye.»

L’après-séance est le dernier acte du drame BDSM.

C’est la culmination, la mise en commun de tous les pendants, la touche finale, la dernière communion des partenaires du rituel. C’est la phase où les participants (généralement la personne dominante) donnent formellement un contexte de réalité quotidienne à la scène du fantasme.

L’objectif technique de l’après-séance est la transition des deux partenaires vers une sorte de normalité après les états élevés de la séance, reprenant conscience de certaines réalités, par exemple devoir conduire sur le chemin du retour à la maison, une fois que tout est terminé.

Mais tout praticien du BDSM vous le dira, c’est beaucoup plus que cela.

L’après-séance, c’est le temps après l’acte où les participants affirment mutuellement que quelque chose de spécial a été créé et partagé. C’est quand l’affection et l’intimité sont offerts. Et c’est, pour le moins, le moment propice pour exprimer sa gratitude envers la personne qui a partagé avec nous ce court mais intense segment de notre vie.

Cela peut être, et c’est souvent, la plus belle partie de la séance; l’un de ses moments forts, entièrement partie prenante de la séance. Ignorer cette partie est aussi brutal que par exemple aller dîner chez un ami et déguerpir une fois le repas achevé.

Le soin après-séance est essentiel à la planification de toute séance de BDSM, spécialement celles qui sont intenses et où les participants vont loin.

Un jeu physiquement lourd, émotionnellement intense, improvisé ou non, avec beaucoup de contorsions et de détours, peut laisser votre partenaire secoué, tremblant, vulnérable et exposé, d’où le besoin crucial de le guider pour revenir sur terre.

Certaines personnes, même après un jeu satisfaisant, peuvent passer par des états de choc : sentiments d’anxiété, embarras, culpabilité ou trop-plein émotionnel. Bref, ce moment serait l’équivalent BDSM du blues post-coïtal.

La façon avec laquelle vous prendrez soin de votre partenaire dévoilera le vrai sens de la séance que vous venez de vivre avec, à savoir si celle-ci était juste une va-vite ou une belle et profonde expérience qui vous lie encore davantage l’un à l’autre.

Le soin après-séance permet également une part de récupération au cas où les choses ne se seraient pas aussi bien passées qu’elles auraient dû. Lors d’une séance “brisée”, un soin sensible, compréhensif et intelligent est tout ce qui vous sépare d’une mauvaise réputation.

Le soin après-séance est particulièrement important à la suite de :

  • Séances demandantes et intenses.
  • Séances impliquant de nouveaux partenaires ou de nouvelles techniques.
  • Séances qui impliquent des punitions, de l’humiliation ou des suggestions de non-consentement.
  • Séances qui résultent en larmes, cris, orgasmes ou autres manifestations émotionnelles.
  • Séances interrompues par un accident, une blessure, un évanouissement ou tout autre imprévu.
  • Séances qui ont mal tourné et ayant comme résultat la colère, la contrariété. Ou encore des séances qui se seraient achevées par l’utilisation du droit de veto (safeword), le dominant comme le soumis pouvant apprécier un réconfort au cas où cela arrivait.

L’après-coup émotionnel qui résulte des séances BDSM ressemble au bourdonnement post-coïtal suivant l’acte sexuel, et vos actions et paroles y parleront cinq fois plus fortement qu’à l’habitude.

Vous pouvez joliment encadrer la séance avec de la tendresse et du respect ou la faire sauter complètement. Et comme le coup cinglant d’un fouet peut-être une calamité s’il suit un veto, une merveilleuse séance peut être détruite par une attitude inexperte, inattentionnée ou cavalière, une fois que la phase du jeu proprement dite est terminée.

Un mauvais soin après-séance, ou l’inexistence de celui-ci, peut causer des dommages incalculables. Pouvant laisser votre partenaire mal à l’aise, insatisfait, abusé. Cela peut ruiner une séance qui, par ailleurs, était superbe, ou endommager la confiance et l’affection que votre partenaire avait pour vous, au cas où vous seriez perçu comme une personne arrogante, inaffectueuse ou inconsciente dans les moments où une grande tendresse et une grande ouverture seraient requis.

Mais si le soin après-séance est bien fait, cela peut doubler l’impact d’une bonne séance. Il vient en quelque sorte confirmer que la séance qui vient d’avoir lieu avait un sens, et que l’offrande de la domination et de la soumission a une valeur.

Cela peut faire de la séance une expérience de vie signifiante et en rendra le souvenir bon, même si ça fait diablement mal !!

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