Les mots sont des fenêtres (ou des murs)… J’aime bien cette phrase qui me relie à des situations vécues : on ne peut pas répondre à une demande non formulée.
J’ai écris ce texte en juillet 2005.
Le BDSM versus la violence, en particulier la violence sexuelle?
Est-ce que les Dominants/es sont des gens violents?
En BDSM, pour moi, une femme fouettée n’est pas une femme battue. Étant cette femme fouettée de temps à autres, rien ne m’a jamais été imposé. Je ne me suis jamais considérée comme une femme battue, ni comme une femme humiliée dans le cadre de ma relation amoureuse et BDSM.
Jamais une relation érotique BDSM ne sera déséquilibrante, si notre compagnon que nous avons choisi est un homme qui a comme conviction l’égalité des sexes dans tous les domaines de sa vie. On peut alors, en toute confiance s’abandonner, lui accorder ce pouvoir. Il en fera bon usage.
Dire de sa relation avec son Dominant, ‘’je m’en vais me faire battre'’, cela implique que mon partenaire est violent.
Personne ne devient violent du jour au lendemain. Il s’agit d’un long processus, où l’on retrouve différents facteurs, tels que le manque de respect, le besoin de se sentir puissant ou dominant, et de fausses idées au sujet de la sexualité humaine. La violence envers les femmes trouve ses racines dans la haine de l’altérité et la croyance que la domination est un mode de survie viable.
Bien sûr, il existe au sein de notre communauté des relations violentes. Ces ‘’dominants'’ à la petite semaine, qui ne cherchent qu’à avilir la femme, ou même qui la menace de violence, cela a principalement comme conséquences de maintenir les femmes dans un état de peur ou de vulnérabilité constante.
Dire ‘’je m’en vais me faire battre'’, c’est aussi minimiser la violence envers des femmes qui la vivent cette violence à tous les jours. Les répercussions qu’endurent les femmes victimes de violences ne sont jamais anodines. C’est toujours une personnalité entière qui est ébranlée, une remise en cause totale qui s’opère.
Paradoxalement, quelles que soient les circonstances et les formes de violences subies, les femmes ressentent honte et culpabilité. Honte de ce qu’elles ont subi comme effraction de l’intime, comme négation de leur libre arbitre et de leur intégrité physique et psychologique. Culpabilité de n’avoir soi-disant opposé aucune résistance (la réalité est en fait un peu plus complexe). Et ce, dans tous les coins et recoins du monde au sud comme au nord, à l’est comme à l’ouest.
C’est aussi inculquer une image fausse du BDSM, une image malsaine, où les dominants sont des personnages violents sans moralité ni principes, où les soumises sont des femmes dépendantes, subissant leurs vies.
Il est temps que nous nous posions comme question : quelle est l’image du BDSM que je veux transmettre à mon entourage, à la société ? Est-ce une image de violence, de souffrance, de jeux pathologiques ?
À mes yeux, le principal reste que la soumission est une volonté de la femme soumise et non une soumission imposée par un homme violent. Je préfère parler de femmes qui aujourd’hui, peuvent tout simplement se libérer et vivre librement leur sexualité, de cette sexualité qui était considérée auparavant comme marginale.
Ce texte sur le subspace, dont on n’a pas trouvé de mot équivalent satisfaisant en français pour le moment, trouve sa source dans le défunt site de gwenda, un artisan important de la scène bdsm internet québécoise. Son texte s’inspire d’un texte en anglais intitulé Sub Space de Mistress Steel.
J’aimerais bien un jour connaître les sources utilisées par Steel qui lui permettent d’en arriver à ses assertions.
J’ai laissé le texte tel quel, sauf la correction de quelques coquillettes ici et là.
Dom : La personne dominante, maitre ou maitresse.
sub : La personne dominée, soumis ou soumise.
Le subspace est un état intensif physique et psychique atteint par la personne soumise pendant ses interactions avec son dominant.
Cette interaction va au delà des plaisirs physiques et psychologiques habituellement éprouvés. Pendant cet état, le sub expérimente une surdose chimique d’endorphines. La quantité d’endorphines secrétées intensifie la circulation sanguine généralement.
Le but de la plupart des subs est à la sensation protégée, voulue et contrôlée, de sorte qu’ils puissent tomber dans le subspace.
Le sub devient doux, affectueux et tendre, et très heureux. Cela prend habituellement du temps et de l’expérience pour que le sub puisse s’abandonner au dom et atteindre le subspace. Le point important pour atteindre le subspace est la confiance entre le dom et le sub.
Les sensations que les subs ressentent sont purement le plaisir, donc n’importe quelle douleur infligée (c.-à-d. des flagellations, des coups, l’électricité, etc.) est alors transféré à leur cerveau comme du plaisir.
C’est pour cette raison même que la confiance est primordiale.
Pendant cet état de subspace de différents niveaux, le sub peut ou ne peut pas pouvoir dire son veto ou même ne pouvoir articuler des mots. Le sub sera dans un état de transe, incapable de distinguer le danger.
La confiance est un ingrédient principal dans la réalisation du subspace, la communication entre le dom et le sub est importante et doit être précise. S’ils sont cependant incapables de communiquer, la confiance devient le facteur principal.
La méthode la plus souvent utilisée est celle du fouet progressif, pour permettre à l’endorphine de transformer la douleur en plaisir.
L’intensité des coups sera alors augmentée progressivement pour garder le seuil de plaisir. La progression des coups s’obtient par la diversité des instruments utilisés en partant de martinet doux à fort, battoir (paddle) doux à fort, pour terminer optionnellement avec une cravache ordinaire, une canne ou une cravache à fil.
Il y a quelques niveaux de base de subspace.
TOP SPACE
Le sub est en plein contrôle de lui-même et agit comme bon lui plait.
MARGINALLY DOWN SPACE
Cet espace se produit quand le dom dirige l’attention du sub.
Ceci peut se produire aussi délicatement qu’un regard, un contact léger, un petit bruit ou n’importe quelle combinaison de ces derniers. Le sub est en continuelle attention, souvent par le regard ou l’audition de la prochaine commande venant du dom.
Si l’interaction entre dom et sub est recherchée, il est préférable de rester dans cet espace.
Aux deux prochains niveaux de subspace, le sub est incapable de transmission, étourdi et incapable d’articuler le plus simple des mots.
BLONDE SPACE
Dans cet état, le Q.I. du sub tend à diminuer progressivement, mais revient à la normale à la fin de la séance. Il se sent devenir plus lent mentalement.
À ce moment le sub ne peut pas distinguer le danger, incapable d’utiliser un veto car il lui est devenu incompréhensible. Encore, une autre raison pour laquelle la confiance du dom est essentielle.
Le sub ne peut pas penser pour lui-même, incapable de décider s’il en a assez, s’il est temps d’arrêter. C’est dans cette situation que le dom devra utiliser son jugement.
PRIMAL SPACE
Parfois les doms et les subs pénètrent dans cet état ou le sub perd sa nature soumise. Tandis qu’à ce niveau, la volonté du sub tend à reprendre son comportement normal. La volonté du sub diminuant beaucoup sa nature docile, celui-ci devient primitif comme un animal, dangereux, puissant.
La parole ne vient plus par des mots compréhensibles mais par grognements comme des tonalités et des bruits. Le sub se connecte sur le langage primitif du corps, devenant un prédateur, se soumettant à peine. Si le sub sent la faiblesse, tout comme un félin en panique, il essaie de se libérer du dom. Dans cet état, il est préférable pour la sécurité du dom de ligoter le sub.
Les subs peuvent connaître un degré variable de ces niveaux tout en éprouvant le subspace, mais ils seront tous d’accord pour dire que c’est une sensation merveilleuse, de flotter et de se trouver dans un plaisir constant. Le subspace tend à intensifier les sens. En raison de ce plaisir, les subs seront à la recherche d’un état plus profond, suppliant souvent leurs doms de les envoyer plus loin.
C’est fou comment l’histoire de Geneviève Jeanson, cette championne mondiale de cyclisme engluée dans le dopage et le mensonge, me fait penser à ces cas de soumises qui jouent les victimes. Où les accusations d’emprise et de manipulation fusent de toutes parts. Parce qu’il faut bien un coupable. Et une victime.
Dans la chronique de Foglia d’aujourd’hui portant sur cette affaire qui fait grand bruit de ce côté-ci de la grande mare, je relève cette phrase terrible : “ Victime ne veut pas dire innocente. ”
En parcourant un forum sexualité Doctissimo qui comporte un lien vers cercle O, je fus frappé par une contribution que je sors totalement de son contexte ici, car le restant du propos ne touche pas du tout à ce qui est relevé dans cette contribution.
On y lit ce qui suit :
“
Je m’en fiche royalement. je répondais une domina qui disait une chose terrible à propos des soumises.Nous avons peur parait-il de modifier notre apparence corporelle en n’assumant pas les coups. Mais toi sûrement es-tu une soumise qui accepte de sortir avec des bleus sur ton visage. C’est cette opinion qui m’intéresse. En tout cas, moi, je préfère garder mon visage intact. Mais je t’admire d’être ainsi soumise, accepter d’être défigurée par ton maitre ou tes maitres.”
On entend ça souvent de la bouche souris de tortionnaires mexicains dominants dans des salles de clavardage à saveur bdsm, voire dans des annonces, à l’effet que beaucoup de soumises n’assument pas les coups. Qu’elles sont obsédées par leur apparence. Qu’elles se prennent pour des bibelots de porcelaine.
Encore faudrait-il savoir pourquoi les coups en question. Dans quel but. À quel usage.
Parlant de coups, quand je demande dans un forum bdsm spécialisé si quelqu’un connaît les effets à long terme des jeux de douleur, eh bien à mon très grand étonnement (le suis-je vraiment ?), quatre mois après avoir posé la question, je n’ai toujours pas reçu de réponse précise, hormis des témoignages.
Quand on sait que la majorité des “adeptes” bdsm sont plus portés vers les jeux de douleur que d’autres choses…
À faire : parcourir les fils de discussions des forums bdsm portant sur l’incidence des jeux de douleur sur le corps.

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