Par Valmont le 21.03.2008 @ 1:43 pm

bukkake by the drawing palaceLe communiqué de l’aeqsa est on ne peut plus explicite :

“Le mercredi 26 mars, Marie-Eve, 24 ans, désire vivre son fantasme de Bukkake. Elle en sera à son troisième Bukkake avec nous.

Elle recherche des hommes de tout âge et de toute nationalité, qui sauront comment la satisfaire au visage, sur ses seins, ou sur son corps, qui sera dénudé. Contrairement aux deux dernières fois où elle demeurait passive, elle désire s’activer et s’investir le plus possible avec sa bouche pour aider ces hommes à se rendre au déversement final.”

Dessin : The Drawing Palace via hornedoug.

Par Valmont le 09.01.2008 @ 9:05 pm

L’expression des sexualités alternatives est devenue un véritable fourre-tout. Si plusieurs personnes mangent à tous les rateliers (rien ne les en empêche, nous vivons dans des temps libres), rien ne différencie plus un amateur de bdsm d’un amateur d’échangisme d’un amateur de parade de mode. Réunir ces trois-là dans la même pièce entraîne des conflits regrettables dont on pourrait très bien se passer.

Ce n’est pas parce qu’on porte du cuir ou que notre cou est orné d’un collier de chien, que nous pratiquons les échanges de pouvoirs.

De la même manière que ce n’est pas parce que nous sillonnons les routes sur une rutilante Harley-Davidson of a bitch que nous sommes de facto membre d’une organisation criminelle.

Depuis une bonne vingtaine d’années, la mode des grands couturiers emprunte allègrement à l’imagerie bdsm sans partager aucune de ses pratiques, sauf à de très rares exceptions, souligne Mona Sammoun dans Tendance SM – Essai sur la représentation sadomasochiste, publié à La Musardine en 2004. Cela génère par le fait même des malentendus et des incompréhensions chez les gens qui abordent le bdsm. Par la force des choses, beaucoup en arrivent à confondre le signe et la pratique.

Il est si facile de se laisser tromper par les apparences.

« Dans la liste des comportements sexuels répertoriés par Krafft-Ebing, le fétichisme apparaît entre le sadisme/masochisme et l’exhibitionnisme. Il est caractérisé comme la “prédilection prononcée pour une partie déterminée du corps de l’autre”.

Comme cela est bien expliqué dans Le Fétichisme dans la collection Que sais-je? de Paul-Laurent Assoun, l’usage de ce mot est d’abord ethnologique : “L’enquête historique révèle l’élaboration progressive d’une conception de la croyance aux fétiches entre la seconde moitié du XVIe siècle – date ou le terme ‘fétichisme’ s’impose.” D’origine portugaise, le mot est inventé en France par de Brosses en 1750. Il se réfère au “culte… de certains objets terrestres et matériels appelés Fétiches chez les Nègres africains, parmi lesquels ce culte subsiste, et que pour cette raison, j’appellerai Fétichisme”.

Ce mot désignait pendant longtemps “un comportement social religieux primitif”, il subira une mutation au début du vingtième siècle pour indiquer “un comportement individuel sexuel moderne”.

Redéfinie par Freud, la notion de fétichisme allie les deux origines, ethnologique et sexologique, produisant un concept psychanalytique concernant aussi bien une réinterprétation de la perversion sous son angle pathologique qu’une définition de quelque chose d’essentiel propre à l’amour dans un comportement normal. »

Aujourd’hui, quand une personne aborde le bdsm et cherche autour d’elle les signes de cette présence, elle croisera ici et là des annonces du type “bar fetish”, “soirée fetish”, “fetish night”, “Latex Night”. Elle y verra plus souvent qu’autrement des femmes aux formes étourdissantes que moulent des tenues affriolantes où règnent le cuir, le latex et le pvc, et où les uniformes et le look gothique sont à l’honneur. C,est là le fameux “strict dress code” que l’on traduirait simplement par tenue vestimentaire si l’on cessait de singer les anglos-saxons.

Le hic dans ces soirées, c’est que très souvent les échanges de pouvoirs sont mal vus!

Sammoun encore :

Le fétichisme se distingue par deux interprétations actuelles.

Une première interprétation évoque l’attirance de certaines personnes pour un vêtement ou un costume (lingerie fine, nuisettes, costume d’infirmière ou de flic), une matière (cuir, latex, pvc, etc.) ou un accessoire particulier, les plus souvent des escarpins à talons aiguilles ou des bottes.

La deuxième interprétation est plus générale. L’adjectif « fétichiste » s’emploie pour désigner tout objet, lieu, support, concernant des personnes pratiquant le sado-masochisme et/ou des personnes simplement intéressées par la mode fétichiste. Cet adjectif renvoie aux codes esthétiques liés au sadomasochisme et au fétichisme. »

Les amateurs de bdsm ont intérêt à se débarrasser du mot « fétichiste » au plus sacrant, car il engendre plus de problèmes qu’il n’en résoud. Entre apprécier la mode et pratiquer de façon effective les échanges de pouvoirs, il y a un pas immense que la majorité des fashionitas ne franchissent pas.

Des problèmes? Les soirées et événements “fétiches” se tenant ici et là sont dans la majorité des cas organisés par… des boutiques qui ont des fringues à vendre. Naturellement, ce genre de soirée attire davantage de gens attirés par les tenues affriolantes que de joueurs bdsm. Pourquoi donc? Pour des raisons plus pratiques que philosophiques : jouer dans un espace rempli à craquer ne favorise pas les élans de martinet. Aussi, jouer dans un espace où la musique est assourdissante ne favorise pas la communication entre la personne dominante et la personne soumise. Or, une scène bdsm sans communication… Sans oublier la présence de l’alcool qui, si elle a le bonheur de désinhiber la timidité naturelle chez certaines, elle a aussi l’horreur de faire apparaître des comportements désagréables chez d’autres.

D’un autre côté, rares sont les événements strictement bdsm car économiquement non viables. Si une soirée annuelle peut faire ses frais sans trop forcer, les soirées mensuelles ou hebdomadaires connaissent leur part de difficultés. Je ne sais si c’est ainsi à Prague ou à Bordeaux, mais à Montréal, c’est nettement le cas. Deux facteurs principaux semblent expliquer ce manque de viabilité financière. D’abord le nombre plutôt restreint de joueurs. Si les amateurs de bdsm sont peu nombreux, il existe encore moins de gens en mesure de se lancer dans une scène bdsm devant public.

L’autre facteur qui rend la viabilité financière d’un bar à vocation bdsm est l’absence de vente d’alcool. Cela évite aux organisateurs (du moins au Québec) d’avoir des comptes à rendre à l’église la Régie qui régit les permis d’alcool. Le hic, c’est avec l’alcool que les bars font leur beurre.

Par Valmont le 02.11.2007 @ 1:03 pm

C’était à l’automne 2000, je crois.

J’étais à ce moment-là fort déçu. Non, pas déçu autant que de très mauvaise humeur. Pour ne pas dire fâché.

Fâché envers une personne, une soumise. Fâché envers un tas de croustelevez qui se réclament du bdsm, et qui sont en réalité des clowns tristes et des pitres insignifiants. Des gens qui manifestement n’ont pas la moindre idée de la difficulté réelle et des périls de la relation fondée sur les échanges de pouvoirs érotiques, mais qui ont l’outrecuidance de se mêler allègrement des affaires des autres, parce que leur vie…

Comme si tout était simple quand il s’agit de dominer, n’est-ce pas? Comme si tout était facile, où les problèmes se résolvent d’un seul claquement de doigts. Car on le sait bien, un dominant n’a qu’à exiger pour obtenir.

Que le maulubec vous trousque viets d’aze!

Je venais de donner son 4 % à une soumise, après des semaines à tenter laborieusement un atterrissage en douce. À vouloir recadrer ses énergies et ses priorités. À ralentir la cadence des interactions bdsm avant d’arriver tête première dans le mur.

Parce que dans mon livre à mouah, une femme prête à larguer mari et enfants pour partir avec son Maître sur un tapis volant, c’est le genre de scénario charmant qui fait les délices de la programmation cinéma de Canal-Vie, mais une fois la télé éteinte…

Parce qu’une soumise mariée qui habite à douze heures de route et qui refuse à son maître de se faire une copine, ce n’est plus une question de double standard ou de mauvaise foi, c’est une perte flagrante de perspective et du sens des réalités.

C’est perdre de vue que le bdsm ne doit jamais mettre en péril notre vie quotidienne, nos acquis familiaux, professionnels et amicaux. Voire nos repères amoureux.

Fréquentant assidûment à l’époque le palace Québec-BDSM où j’avais créé un grand nombre de pièces à l’intention des visiteurs désireux de se familiariser avec les activités et la philosophie bdsm, et même une petite page web sur feu Multimania (ô doux souvenirs), ce sont des conversations avec deux soumises d’expérience qui me sauvent de la déroute. D’un certain découragement face aux comportements et agissements d’un grand nombre de femmes se disant soumises, où les désespérées du cœur ou du cul foisonnent.

On entend souvent dire que les bons maîtres sont plus rares que de la marde de pape. On peut en dire autant des soumises, ma très chère sœur.

Ces deux soumises donc, chloé et bijou, me font voir que je ne dois pas généraliser. Que les soumises sérieuses dans leurs démarches, elles existent. Qu’au bout du compte, au lieu de blâmer xyz pour mes déboires et revers, ou de tout lâcher, je suis peut-être mûr pour passer à un autre palier dans ma découverte des échanges de pouvoirs érotiques.

Jusque là, mes expériences bdsm s’étaient toujours déroulé dans la sphère privée, avec des conjointes, des copines ou de pures inconnues rencontrées dans un cadre vanille qui virait au chocolat.

Mais jamais je n’étais sorti en public. À jouer devant des personnes inconnues. Passer de la pratique bdsm privée à la pratique bdsm devant public est un grand pas qui ne se franchit pas aisément, même pour un dominant. Beaucoup ne le franchissent jamais d’ailleurs.

C’est dans la foulée de ces conversations avec les deux soumises susmentionnées qu’un bon soir, l’affriolante chloé (plus masochiste que soumise) m’offrira avec l’accord bienveillant de son maître, une jeune soumise libidineusement délicieuse et allumée pour la durée d’une soirée au Club L’Orage International, le fameux club échangiste à Montréal qui organisait à l’époque des soirées « fetish » de temps à autres.

Comme je me sentais gauche, impressionné. Ébloui par les lieux et son atmosphère ludique. Ébloui par la possibilité de s’offrir sans gêne ni pudeur (enfin, si… un peu). Ébloui par le don de cette femme qui m’accompagnait dans ces plaisirs parallèles. Ébloui par la truculence de mon chaperon. J’étais à ma place, il n’y avait plus de doute possible, bien que ma place restait à faire. Aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau, mais ce n’était pas encore le large.

Ce moment fut néanmoins pour mouah un nouveau départ qui marquait la fin de quelque chose. Une étape cruciale dans mon cheminement bdsm.

Samedi soir dernier, lors d’une soirée privée, tous ces moments me sont revenus à la mémoire en apercevant parmi les convives ladite bijou devenue entretemps Hera. Ciel c’est… bijou Hera !

Un inconnu se présente à moi : ” Bonjour Comte, heu?”…

” Ah non Monsieur, pas Comte… Ce n’est pas encore l’heure du duel. Vicomte, je vous prie. Monsieur le Vicomte de Valmont. (Apercevant bijou du coin de l’oeil) Attendez pas que bi… Hera vous reprenne mon cher ami, elle est assez à cheval sur les dénominations et elle connaît ses classiques…”

Ah qu’il fait bon manier le rire au lugubre d’une soirée sous le signe des vampires.

Plus tard dans la soirée, je me suis dis que le moment était venu de la remercier la Hera alias bijou pour ses judicieux conseils au tournant du millénaire. Je n’avais aucune espèce d’idée du comment lorsque la lumière vint. Et quelle lumière. Ce fut un petit moment d’improvisation pure comme je les aime.

Écoutez-moi bien, mademoiselle : je veux que vous nettoyiez toute la surface des souliers de la dame avec votre langue, sans oublier un seul recoin. Est-ce que mademoiselle a bien compris ce que Monsieur lui demande?Je lui ai tendu la laisse au bout de laquelle se trouvait une soumise masquée, agenouillée à mes pieds. Ai mis ladite soumise en contexte et lui ai gentiment proposé de nettoyer les souliers de la dame avec sa langue.

Si je me fie aux non-dits, je crois bien que Hera a apprécié grandement l’hommage avec la langue prodiguée à ses beauuux souliers par une plus-que-charmante nana docile.

À vrai dire, ladite nana a apprécié tout autant la situation, se permettant d’aller légèrement plus loin avec sa langue que le cuir du soulier pour déborder sur le bas de la dame qui ne s’en est pas formalisée, on se demande bien pourquoi.

Elle aurait dû.

Ce qui me fait penser que je devrais songer à quelque chose pour remercier chloé.

Photo : Captive Girls.

Par Valmont le 24.10.2007 @ 8:05 am

“At first I thought he was walking a dog. Then I realized it was his date.”

- Edith Massey in ‘Polyester‘.

Par Valmont le 10.09.2007 @ 5:47 am

La nuit des masques, au Montreal Fetish Weekend 2007Je ne suis pas un fan des soirées fetish, ces parades de mode latex-cuir-etc. Ces rencontres entre amateurs de bdsm et fetish dolls ne sont jamais très constructives.

Il convient néanmoins de souligner des événements ayant lieu au Québec, comme ce Montreal Fetish Weekend 2007. Ces événements sont la partie visible du iceberg kinky.

Photo : ErosArtist.