Skin TWO Films Presents London Fetish Girls
Par Valmont le 15.10.2009 @ 7:54 pm

La NCSF, la National Coalition for Sexual Freedom, a lancé il y a près d’un an une pétition en ligne dans le contexte de la révision du DSM IV, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux («Diagnostic and Statistical Manual of Psychiatric Conditions») qui de manuel de référence aux membres de l’American Psychiatric Association (APA).

Depuis 1994, le DSM-IV estime que les échanges de pouvoir érotiques sont jugés comme une déviance pathologique notamment s’ils représentent le seul moyen qu’a un individu d’obtenir une excitation sexuelle. Autrement, le bdsm peut se révéler une activité sexuelle absolument saine.

Or, dans le contexte de la révision du DSM prévue pour 2011, des comités ont été formés, lesquels soutiendraient selon la NCSF des interprétations reposant davantage sur des biais idéologiques que scientifiques. Ce qui risque d’invalider à terme la “protection scientifique” dont jouissent actuellement les échanges de pouvoirs érotiques, à défaut d’une reconnaissance juridique formelle.

D’où la pétition lancée par la NCSF qui a par ailleurs publié un livre blanc sur la question.

Si vous lisez l’anglais, lire et signer cette pétition sur la révision du DSM IV est une bonne idée.

Par Valmont le 10.09.2009 @ 9:18 am

Non Janus, le bdsm n’est pas une fin en soi.

Il faut être capable d’en sortir de l’échange de pouvoirs. De faire autre chose. Du moins dans un cadre relationnel.

C’est d’ailleurs la condition principale établie par le DSM IV de l’American Psychiatric Association sur le caractère sain des pratiques bdsm. Ne pas pouvoir sortir du cadre bdsm, être incapable d’établir la relation d’intimité sur d’autres bases que l’échange de pouvoirs et tout le bataclan, il y a peut-être un problème, Houston.

photo par Eric Charles

Photo : Eric Charles.

Par Valmont le 27.07.2009 @ 11:51 am

Le bdsm n’est pas le sm. Ce n’est pas la même chose.

Ce n’est pas un ou l’autre. On ne peut pas écrire “Le bdsm ou le sm, c’est…”. C’est un contresens, une méconnaissance des dynamiques, au pire, un parti-pris tendancieux et manipulateur.

Le bdsm recouvre l’ensemble des activités placées sous le parapluie des échanges de pouvoirs érotiques : les jeux de restriction (bd pour bondage-discipline), les jeux de rôle (domination-soumission) et les jeux de douleur/plaisir (sm ou sado-masochisme) entre adultes avertis et consentants.

On le voit bien, le sm ne représente qu’une partie des jeux bdsm.

Car voilà, beaucoup de gens jouent sans douleur physique. La douleur physique n’est pas requise, ce n’est pas un must dans l’échange de pouvoirs entre la personne dominante et la personne soumise. Ce n’est pas une obligation. Et ce n’est pas parce qu’une personne soumise refuse les jeux de douleur que cela fait d’elle une personne moins soumise, moins docile, moins obéissante.

C’est irritant lassant à la longue de voir des imbéciles personnes se décrivant comme dominantes dire à des femmes attirées par la soumission que si elles n’acceptent pas la douleur, elles ne sont pas de “vraies” soumises, qu’elles n’ont pas à faire là.

Oui mais pourquoi dire qu’on fait du bdsm si on ne touche pas à la dimension sm?

Beaucoup de gens jouent sans douleur physique, dis-je, ou très peu. Une bonne fessée chaude, nous sommes bien dans le registre sm, mais nous sommes loin de l’apport d’une brique de trois livres sur chaque sein. Beaucoup de gens dans la chambre à coucher s’adonnent aux plaisirs de la fessée bien qu’ils refusent catégoriquement de dire qu’ils font du bdsm, encore moins du sm.

Oui mais pourquoi dire qu’on fait du bdsm si on ne touche pas à l’une de ses dimensions?

Il existe une multitude d’activités et de perversions sexuelles sous le parapluie bdsm, est-ce que ne pas pratiquer l’une ou l’autre de ces activités nous disqualifie pour autant?

Par Valmont le 21.11.2008 @ 3:27 pm

Bonne nouvelle, Mona Sammoun, l’auteure derrière l’essai Tendance SM : Essai sur la représentation sadomasochiste, paru à La Musardine en 2004, a ouvert son propre blogue, appelé Tendance SM.

Tendance SM : Essai sur la représentation sado-masochiste, par Mona SammounDès le premier billet, elle reprend cette belle profession de foi faite à un journaliste des Inrockuptibles à la parution de son livre : “Pour moi, le SM est plus qu’un plaisir : c’est un apprentissage de la liberté.”

J’ai déjà évoqué ici quelques aspects soulevés par Tendance SM, un bouquin utile à plus d’un titre. Notamment ce besoin de nouveaux mots dans nos pratiques, la mode fétichiste, et la part du bdsm dans le contexte de la garde des enfants après la séparation du couple.

Hum, si je n’avais pas égaré mes notes de lecture, j’en aurais pour encore 75 billets à pondre tant cet essai soulève des questions d’intérêt pour les amateurs de bdsm. M’enfin. Ça r’viendra.

Le geste de Sammoun est à ma connaissance le second auteur dans la mouvance bdsm francophone qui fait preuve d’une certaine “ouverture éditoriale” (le premier étant le blogue sur Dominique Aury, par sa biographe Angie David). “Ouverture éditoriale” au sens d’ouverture au dialogue entre l’auteur et le lecteur, et à la mise en commun de sources, ce que permettent des outils sociaux comme le format blogue et des plateformes réseaux telles Facebook et Fetlife, pour ne nommer que celles-ci.

Dans l’anglophonie, deux initiatives semblables ont attiré mon attention depuis quelques semaines dans Fetlife, celles de Laura Antoniou, l’auteure de la réputée série “Marketplace” (The Marketplace, The Slave, The Trainer, The Academy, The Reunion), et Jay Wiseman, un auteur américain de plusieurs livres de recettes et d’essais sur les enjeux et les pratiques des échanges de pouvoirs érotiques.

Enfin, il sera intéressant de voir comment le blogue de Mona Sammoun va évoluer. Je présume qu’elle ne s’en tiendra pas qu’aux représentations des codes et des signes à consonnance érotique et bdsm dans la culture populaire.

[Via Rue Bricabrac.]

Par Valmont le 04.11.2008 @ 10:30 am

Qu’est-ce qui distingue le fétichisme, dans son acceptation récente du terme, des jeux d’échanges de pouvoirs érotiques?

La top-modèle montréalaise Bianca Beauchamp l’explique dans ses mots à l’ineffable Denis Lévesque qui se comporte comme beaucoup de gens face à ces sujets : terriblement curieux, et tout aussi inquiet qu’excité dans son malaise.


Par Valmont le 12.09.2008 @ 3:19 pm

Au détour d’un lien brisé, le clic me mène ce matin vers la découverte d’un autre texte de Peter Masters, l’auteur du bouquin The Control Book. Il s’agit ici d’un essai dépoussiéré (il date de 1998) intitulé “Understanding Submission” (Comprendre la soumission).

L’auteur déclare d’entrée de jeu : “I like to understand things. I like to know what is really going on. I like to be as good as I can in what I do. To this end, being the analytical type that I am, I like to have a model, or theory, which helps me to understand what I am doing and what is going on around me. “

Traduction libre : “J’aime comprendre les choses, savoir ce qui se passe réellement. J’aime être bon dans ce que je fais. Étant un analytique, j’aime disposer d’un modèle ou d’une théorie, ce qui m’aide à comprendre ce que je fais et ce qui se passe autour de moi.”

Photo : jpfgallery.com via cercle O - l’album.