Par Valmont le 23.12.2006 @ 12:51 pm

Domme avec sa soumiseLes activités BDSM peuvent faire intervenir des sensations et des émotions déstabilisantes, puissantes.

Des sensations, nous parlons ici de la langueur, le frisson, le réchauffement des membres, les vibrations de la main, l’engourdissement, les montées d’énergies, l’euphorie, le corps moite, la fatigue, le vertige, l’abandon…

Des émotions, nous parlons ici de la peur, le dégoût, l’humiliation, le ridicule, la colère, les tensions, des angoisses, la rage contenue, détournée : on dira ce qu’on voudra, jouer avec ces émotions n’est pas à la portée de n’importe qui n’importe quand n’importe comment et avec n’importe qui.

«L’expérience directe de la domination et de la soumission nous fait toucher du doigt des techniques puissantes qui, si elles ne sont pas utilisées lentement (le temps d’intégration psychique est fondamental) et distanciées À chaque fois par une réflexion qui suivra immédiatement les sensations et les émotions étranges de la mise en scène SM, peuvent amener certains sujets (les personnes soumises) à une ruine psychique sévère (mais momentanée), un dégoût et un rejet fort préjudiciables.»

«Car cette expérience directe, c’est l’acceptation de se mettre en danger réel de déstructuration.»

(Source : melusine sm.)

Photo : eroticgem.

Par Valmont le 26.10.2006 @ 8:57 pm

“La soumission est cet état paradoxal d’immense plaisir, de confort cérébral et intellectuel par la disparition de la volonté de se diriger, de choisir, de juger.

Bien sûr cette absence de volonté de décision ne peut pas être obtenue facilement, il s’agit du résultat d’un long processus, d’un long travail, passant par de nombreuses phases successives devant être pleinement vécues, comprises et acceptées.

Il est à la portée de tous de se résigner ou de s’inférioriser. Il est très aisé de prendre une position de victime. Il est très simple de subir. Tout ceci ne correspond pas et ne correspondra jamais à l’état d’esprit dans lequel doit se plonger le (la) soumis(e) pour œuvrer valablement.

Pour que les futur(e)s soumis(e)s comprennent l’état mental dans lequel ils (elles) devront se trouver pour œuvrer avec efficacité, il existe une expérience simple que tous peuvent réussir et qui donne une assez bonne idée de la position d’abandon et de confiance qu’il conviendra d’adopter.

Après avoir choisi un boulevard ou une avenue à forte circulation automobile, le (la) candidat(e) à la soumission ferme les yeux et prend le bras de son guide qui lui (la) fera traverser la rue, au milieu du trafic, à la manière d’un aveugle.

Puis l’expérience est renouvelée mais cette fois sans prendre le bras. Le (la) candidat(e), les yeux toujours fermés, traversant seul(e) la rue, en obéissant à la voix de son guide qui se tient proche mais pas trop et qui donne ses instructions tout en traversant lui aussi.

Les yeux fermés au milieu des autos qui roulent et qui klaxonnent parfois, sentant le danger devant, derrière, partout, les bruits, les déplacements d’air, tout devient terrifiant.

Le (la) candidat(e) peut rouvrir ses yeux à tous moments comme lui commande son instinct mais, bien sûr, ce serait un échec.

Il est aussi important, dans cette expérience, de réussir à traverser la rue que de l’avoir fait en combattant l’irrésistible envie d’ouvrir les yeux, en combattant son instinct de survie, son instinct primaire et animal, en combattant ce que la raison rationnelle et convenable commande…

Faire cette expérience avec un bandeau sur les yeux serait une erreur car faciliterait trop l’aveuglement et exigerait moins de volonté de soumission et de placement de la confiance. Un bandeau sur les yeux rendrait, en outre, l’épreuve très dangereuse.

Il s’agit, là, d’une expérience d’authentique soumission et rares sont celles et ceux qui parviennent à garder les yeux fermés dès la première tentative. Chaque seconde passée les yeux fermés sera une victoire, sera un don de soumission sincère.

Tentez l’expérience et vous comprendrez que la soumission n’est pas inactive ou passive, n’est pas captive mais est offerte et confiante.

L’état d’esprit qu’il convient d’adopter est positiviste et militant. Le danger existe vraiment, les autos sont bien réelles. Jamais ce danger ne devra être minimisé mais il sera dominé et maîtrisé par le guide.

Dans cette expérience simple, comme dans les scénarios les plus élaborés, la confiance que le (la) soumis(e) place en son Maître, est déterminante pour le succès du franchissement d’une étape.

La soumission n’est absolument pas une position mentale de renoncement. Elle s’apparente davantage à l’endormissement d’une partie de la personnalité pour favoriser l’épanouissement d’une autre partie.

Comme un aveugle compensera sa cécité par un développement naturel de son ouïe, de son odorat et de son toucher, il est possible de favoriser le développement des ces sens en ne perdant que quelques heures le sens de la vue.

C’est l’utilité des scénarios et celle du Cadre des Œuvres.

Les initiés, après avoir affûté leurs sens, développeront d’autres des possibilités humaines, d’autres « sens ».”

C’est lumineusement dit par maître Bob des Amis de Germanicus.

Ces propos sont peut-être ce que j’ai lu de plus intelligent sur le BDSM. Il y a tant de perroquets qui répètent des phrases toutes faites sans prendre le temps de goûter leur sens…

Photos : Issey Niwa et had3sia.

Par Valmont le 24.09.2006 @ 10:56 pm

Voici quelques textes de base ayant été publiés dans le blogue cercle O sur les échanges de pouvoir érotiques entre adultes consentants, ces activités communément appelées les relations bdsm.

la soumise un papillon... ou est-ce le Maître le papillon?J’ai publié certains de ces textes dans le magazine Corps & Âme en 2003.

Ces textes vous permettront de vous familiariser avec les philosophies BDSM at large, et de découvrir certains des principes qui sous-tendent cet ensemble hétéroclite de pratiques sexuelles et de jeux sociaux.

Vue d’ensemble du BDSM

Qu’est-ce que la soumission érotique

Qu’est-ce que la domination érotique

Photo : R-ound The World….

Par Valmont le 10.09.2006 @ 1:40 pm

Comment distinguer la relation d’échange de pouvoir érotique sain et pleinement consenti des cas d’abus et d’assaut ?

La National Coalition for Sexual Freedom propose aux médecins, forces de l’ordre et travailleurs sociaux une grille de questions permettant de faire les distinctions qui s’imposent.

Outre l’existence d’un droit de veto pour la personne soumise, les cinq questions suivantes peuvent vous aider à déterminer si le consentement est présent dans l’activité :

  • Est-ce que l’expression du consentement fut expressément niée ou retirée ? Si l’un des partenaires retire son consentement durant l’activité, cela doit être respecté. Sinon, il est possible que nous soyions en face d’un cas de viol.
  • Y aurait-il eu des facteurs qui auraient pu avoir un impact négatif sur l’obtention du consentement (facultés affaiblies par l’alcool, l’usage de drogues, personnes d’âge mineur) ?
  • Quelle est la relation entre les partenaires (première rencontre ou relation à plus long terme) ?
  • Quelle était l’activité en cause ? (a-t-elle causé des lésions permanentes, était-elle non sécuritaire, plaisante) ?
  • Quelle était l’intention de la personne présumée abuseur (donner du plaisir, prendre le contrôle, faire mal) ?

BDSM ou assaut ?

Le cadre sain, sécuritaire et consenti mis de l’avant par les pratiquants et organisations liés au BDSM, constitue une réponse face à l’importance des cas de violence conjugale.

scène du film L'amour fou de Jacques RivetteLes échanges de pouvoir érotiques devenant de plus en plus «mainstream», certaines personnes en profitent pour tirer avantage des hommes et les femmes qui apprécient ces pratiques, ce qui complexifie la tâche de ces derniers tout comme celle des professionnels de la santé, des forces de l’ordre et des services sociaux qui ont à gérer les cas d’assaut et d’abus physique.

Si la personne porte des marques physiques, vous pouvez les évaluer à la lumière des indications suivantes :

    1. Les activités BDSM causent rarement des marques faciales ou sur les avant-bras (gestes de défense).
    2. Généralement, les marques résultant de jeux BDSM sont de forme assez régulière, une indication que la personne soumise gardait sa position.
    3. Les marques causées par la canne et le martinet sont souvent bien localisées, alors que dans les cas d’abus, les marbrures se retrouvent plutôt ici et là sur le corps.
    4. Les endroits les plus communément stimulés durant les interactions sado-masochistes sont les fesses, les cuisses, le dos, les seins et les organes génitaux.

BDSM ou abus ?

Quel que soit son rôle (dominante ou soumise), une personne pratiquant le BDSM qui répond par non à l’une des questions suivantes, présente de fortes chances de souffrir d’abus :

    1. Est-ce que vos besoins et limites sont respectés ?
    2. Est-ce que la relation repose sur l’honnêteté, la confiance et le respect ?
    3. Êtes-vous en mesure d’exprimer vos sentiments de culpabilité, de jalousie ou de tristesse ?
    4. Etes-vous capable de fonctionner au quotidien ?
    5. Pouvez-vous refuser de participer à des activités illégales ?
    6. Pouvez-vous insister pour avoir des relations sexuelles protégées ?
    7. Avez-vous choix d’interagir en toute liberté avec d’autres personnes en dehors de votre relation ?
    8. Pouvez-vous quitter la situation sans craindre d’être victime de violence ou que l’(es) autre(s) participant(s) se fasse(nt) violence par elle(eux)-même(s) ?
    9. Pouvez-vous prendre des décisions par vous-même touchant votre argent, votre travail ou votre vie en général ?
    10. Vous sentez-vous libre de discuter vos pratiques et sentiments avec qui vous voulez ?

Photos : Lampeduza, L’Amour fou de Jacques Rivette (1968). Collection Cahiers du cinéma.

Par Valmont le 20.06.2006 @ 2:42 pm

Je lis ce texte et je ne peux m’empêcher de ramener son propos à ma façon de voir et de pratiquer les échanges de pouvoir érotiques… même si l’auteur parle de toute autre chose.

Enfin, parle-t-il vraiment de toute autre chose ? :- )

I’ve been thinking a lot about control and design.

People who design experiences often believe that in order to succeed they must exert complete control. And while in extremely rare instances they might be afforded the opportunity to dictate an entire environment (say, in a casino, or a theme park), when designing for the real world, for the ebb and flow of actual lives, such control is impossible. Often, the designer’s response is to exert as much control as possible on their portion of this world.

In fact, the best thing a designer can do is dictate *as little as possible.* Because the point isn’t to control, it’s to connect–to weave your offering into the complexity of people’s life experiences, to allow them to figure out how to make sense of your offering within their world.

In my head, I’ve been calling this “designing for the sandbox.” This acknowledges a space for content, tools, and people to interact and create their own meaningful experience. This is not a monolithic creation, that dictates how the content, tools, and people best interact. This is instead reminiscent of David Weinberger’s phrase “small pieces loosely joined” — things that connect, but aren’t bolted onto one another.


Par Valmont le 16.06.2006 @ 3:23 am

Voici une liste de documents utiles en matière d’échanges de pouvoirs érotiques.

[Dernière mise à jour : 12 septembre 2008.]

  • Understanding Submission
    Peter Masters écrit : “I am going to present the framework in which I see and play with BDSM. I am optimistic that submission and submissives, in all their BDSM forms, will fit into this framework. This document is one man’s evolving opinion, ie. mine, and not an academic work. It is the result of experience and much thought and discussion with others in the BDSM scene.”
    Billet | Document
  • The Control Book
    Peter Masters a écrit ce bouquin qui porte sur la notion de contrôle dans la relation d’échanges de pouvoirs, incluant le transfert de contrôle, la communication requise pour y parvenir, et la gestion de ce contrôle.

    « Ce livre est principalement écrit pour les Dominants. Ils ont le contrôle et sont les mieux placés pour donner de l’effet au changement, ce que l’on attend [d’eux] de toute manière. »

    The Control Book, by Peter MastersCette dernière traduction est celle de la carpette qui offre également sur son site sa version française intégrale de l’ouvrage de Peter Masters. Particularité, il est écrit du point de vue de la Domina et de son soumis.. C’est-ti charmant rien qu’un peu.. :- )

    Il faut tout de même féliciter sa Reine pour ce service rendu aux gens curieux d’en apprendre plus sur l’un des points-clés de l’échange de pouvoirs entre adultes consentants. Merci mlle ariane de nous avoir signalé cette traduction.

    Billet | The Control Book (fichier pdf) | Le Livre du contrôle (fichier pdf)

  • Les Amis de Germanicus
    Un groupe présente une approche Latine de l’art de la domination/soumission.
    Billet | Document (fichier MS Word)
  • Les attirances au BDSM - questionnaire sur les motivations de la personne soumise
    46 questions pour la personne soumise, préparées par Miss Anne, traduites de l’anglais par MsGenofefa et publiées initialement par Valmont sur www.cercleO.com avec leur accord respectif.
    Billet | Document (fichier Googledocs partagé)
  • Les attirances au BDSM - questionnaire sur les motivations de la personne dominante
    Ensemble de questions pour la personne dominante, qui permettent à la personne soumise d’en tracer une esquisse utile.
    Billet | Document (fichier Googledocs partagé)
  • Questionnaire sur les désirs et limites de la personne soumise
    Point de départ aux négociations entre la personne dominante et la personne soumise. Il constitue un bon inventaire des «jeux» auxquels les partenaires peuvent s’adonner dans leurs explorations «parascolaires».
    Billet | Document (fichier MS Word)