La fellation, une activité bdsm?
Certes non. Mais l’insérer à part entière dans un scénario bdsm peut devenir une idée porteuse.. :- )
Monsieur : après tout
Monsieur : on n’apprend ça nulle part la fellation
Monsieur : personne ne nous montre
Monsieur : faut pas en parler, tut tut
mademoiselle : très vraiMonsieur : et si tu fais mal, on rit de toi
Monsieur : ou on ne dit rien
Monsieur : gêne
Monsieur : honte
Monsieur : malaise
Monsieur : plutôt que lui montrer
Monsieur : oser en parler
Monsieur : établir une communication intime
Monsieur : occasion de rapprochement
Monsieur : prendre le temps de
mademoiselle : oui vous avez raisonmademoiselle : moi c’est dans la masturbation que je suis pourrie
Monsieur : l’abstinence n’est pas une réponse aux questionnements légitimes
Monsieur : ni le silence
mademoiselle : en effetMonsieur : (a des images de mademoiselle à quatre pattes très loin dans une chambre de motel de la Rive-Sud… et moi qui se caresse en la regardant..)
mademoiselle : hihi je me souviens très bien de ça
Combien de femmes se sentent maladroites en matière de fellation? Combien d’hommes insatisfaits de la prestation de leur partenaire?
- Oui mais Monsieur, parler de fellation dans un site consacré au bdsm ?
- Pourquoi pas ? On n’apprend pas la fellation nulle part. D’autant que l’écoute, le don, l’essai, le plaisir de jouer, prendre le temps de s’amuser, savoir ralentir pour mieux se faire plaisir — autant dire l’érotisme –, tout ça ne s’apprend pas dans les films porno… sinon ça se saurait.
Faut pas en parler. En parler ? Oh le vilain mot. Oh l’image dégradante. Oh l’innommable. Chut !
Lui montrer ? Ben oui, lui montrer. C’est gênant? Hoooon.
Lui montrer, la prendre par la main… Lui apprendre à connaître les plaisirs de son maître, ses envies d’exploser, son animalité..
D’un côté, il y a des femmes qui jurent de ne pas révéler le secret de leur remède anti-rides… et de l’autre… il y en a un paquet qui se dépensent en crème de concombre… et qui n’y prennent aucun plaisir voire du dédain.
Peuchère, vous allez me dire que publier un texte sur la fellation, c’est défoncer une porte ouverte ?
P.S. La demoiselle est pourrie dans la masturbation ? Il me vient une idée.
Je n’ai jamais compris toutes ces chicanes entre l’inné et l’acquis, chicanes qui prennent feu dans toutes les sphères de la vie humaine.
Je comprends encore moins quand on (se) pose la question en matière d’échange de pouvoirs érotiques, ni à quelles fins cela peut bien réellement servir.
Quel que soit la réponse qu’on souhaite donner à cette question, il n’en demeure pas moins que dans toutes les sphères, l’humain cherche à améliorer ses connaissances, à augmenter ses capacités, à corriger ce qui ne va pas et à rendre meilleur ce qui va déjà bien.
Pourquoi il en serait différent dans la sphère sexuelle?
Tous les matins, les sportifs du monde entier (y compris des millionnaires qui gagnent leur pain de cette façon) se lèvent pour pratiquer, garder la forme, se remettre en train. Des gens d’affaires assistent à des séminaires de formation sur le leadership, la résolution de conflits, les styles de gestion. Des gens de tous les horizons suivent des ateliers sur xyz intérêt. Des mamans et des papas ont l’humilité de reconnaître qu’ils n’ont pas tous les outils pour encadrer leur marmaille et recourent à l’aide disponible.
Pourquoi il en serait différent dans la sphère sexuelle?
Il y a de ces discours continuellement émaillés des termes “naturel”, “instinctif”, “naturellement”, lesquels reflètent le courant de pensée le plus largement partagé dans la mouvance bdsm, courant de pensée selon lequel la domination est naturelle, l’autorité est naturelle, la soumission est naturelle, obéir est naturel, servir est naturel.
On peut avoir de très bonnes intentions, on peut vouloir fort, on peut même être bon et laisser l’amour fleurir. N’empêche qu’apprendre à communiquer ses besoins et ses émotions (que l’on n’apprend nulle part) n’a rien de naturel. Gérer les légitimes et saines tensions au sein de la relation (que l’on n’apprend nulle part) n’a rien de naturel. Si l’autorité ne s’improvise pas, apprendre à distinguer les désirs des besoins de la personne soumise est un long apprentissage, autant pour la personne dominante que la personne soumise. On peut vouloir en faire l’économie, cela regarde chacun.
Oh, entendez-mouah bien : apprendre à manier les boules chinoises ne fait pas de nous un dominant. Lire tous les livres de Pat Califia ou de Jay Wiseman
ne fait pas de nous un dominant.
Entendu au début de l’été dans une conversation devant un repas aussi copieux que délectable : “être dominant ne s’apprend pas; dominer s’apprend”.
Je trouve la nuance fort intéressante.
À mon sens, tout ce débat entre l’inné et l’acquis occulte deux points vitaux dans l’approfondissement de la relation basée sur l’échange de pouvoirs érotique :
- dominer s’apprend,
- dominer requiert du travail, sur soi et sur l’autre.
Non Janus, le bdsm n’est pas une fin en soi.
Il faut être capable d’en sortir de l’échange de pouvoirs. De faire autre chose. Du moins dans un cadre relationnel.
C’est d’ailleurs la condition principale établie par le DSM IV de l’American Psychiatric Association sur le caractère sain des pratiques bdsm. Ne pas pouvoir sortir du cadre bdsm, être incapable d’établir la relation d’intimité sur d’autres bases que l’échange de pouvoirs et tout le bataclan, il y a peut-être un problème, Houston.
Photo : Eric Charles.
La première mission que je vous confie, geekette, est la suivante : vous rendre à l’adresse http://www.delicious.com. Si vous ne le connaissez déjà, il s’agit d’un site de partage de signets (social bookmarking).
Pour information, on trouve dans ce site le carnet de signets de cercle O, une collection de pages et sites web que je conserve sur les échanges de pouvoirs érotiques, la sexualité et l’érotisme at large. En voici d’ailleurs le nuage de mots-clés :
Le site Delicious est une excellente manière de partager nos trouvailles, en faire de nouvelles et de faire circuler l’info. Hormis la carpette, personne dans la francophonie bdsm ne semble oser utiliser ce service phare du web 2.0, ce qui est bien dommage.
Bref, votre première mission, geekette, consiste à indexer chaque billet paru dans cercle O dans le compte cercleo.blogue de Delicious (les accès vous sont transmis par courriel). À chaque article correspondra un signet. Chaque signet comporte les éléments d’information suivants :
- l’url (l’adresse) de la page
- le titre de la page
- une description
- un ou des mots-clés
Lorsque vous ajoutez un signet, l’url et le titre de la page sont déjà renseignés dans le formulaire. Essentiellement, votre travail consiste donc à faire une description du billet et y accoler les bons mots-clés. Le carnet compte déjà quelques signets. Svp dépoussiérer, tout n’est pas au point. Il ne faut pas hésiter à remanier si cela ne vous semble pas approprié.
Sachez que Delicious met à la disposition des internautes des outils pour ajouter aisément de nouveaux signets dans un carnet. Je vous laisse le soin d’aller chercher le bon outil pour vous assister dans votre tâche.
Pour le moment, je ne fixe pas de date de remise de votre travail, soumise. Monsieur avisera en temps opportun.
Enfin, lorsque vous aurez terminé de lire ce billet, je vous invite à vous mettre à quatre pattes et à embrasser le sol, en disant à voix haute : “merci Monsieur Valmont de me confier cette première mission”.



